TRENTE CINQUIEME JOUR : LE 13 NOVEMBRE 2019


       Trente cinquième jour , nous voilà  déjà parvenus au milieu de notre périple , c'est incroyable comme cela passe vite ! Cela traduit que nous n'avons pas eu le temps de nous ennuyer ! Aujourd'hui nous quittons l'île de Khong pour monter plein nord en suivant la vallée du Mékong . Nous nous dirigeons vers le plateau de Boloven  qui tire son nom de l' éthnie Lavens  , pour aller voir Vat Phu le temple khmer le plus spectaculaire du Laos qui date du XI ème siècle . Cette nuit a été moins réparatrice que la précédente car mes quintes de toux ont fini par réveiller Dominique .On va arrêté de traiter cette crève par le mépris et prendre les choses en mains avant de contaminer le reste de la troupe  . Comme hier , nous descendons suffisamment tôt pour pouvoir prendre notre petit déjeuner devant le Mékong ,où persiste quelques reflets orangés du lever de soleil . Rien à voir avec la brouillasse de la veille qui s'effilochait sur les petits récifs peuplés de buissons .

            Un petit mot concernant le blog : comme apparemment les commentaires sont difficiles à enregistrer , les lecteurs assidus envoient directement leurs réflexions sur ma boite  mail .Pour les lecteurs qui font parti de notre groupe , je les ai en direct au petit déjeuner , ce qui me permet de corriger quand c'est nécessaire . C'était le cas avant hier quand Gérard me fait remarquer que je me suis trompé entre et Est et Ouest à la sortie de Préah Vihear ou aujourd'hui lorsque Annie et Christian me font remarquer que j'ai interverti le nom de nos deux derniers guides en remplaçant Ki par Ka ! Il faut dire qu'avec de tels prénoms j'ai le droit aux circonstances atténuantes ! Notre fameux Ki , laossien pur souche , est venu travailler en France pendant 20 ans entre 1980 et 2000 , fuyant les désordres politiques de son pays . S'il en a gardé la double nationalité  il n'en pas profité pour perfectionner son  français  , ces explications tournant au langage "bouana-bouana"  avec confusion du style bouddha à la place de routard ou baleine à la place de carême ! En effet il nous a expliqué qu'ici les bouddhistes observent un carême de trois mois qui vient de se terminer avec la pleine lune . Il a travaillé chez Citroën ,puis chez Negma dans la fabrication des moteurs d'avion avant de terminer comme veilleur de nuit . Son épouse , française originaire des Landes , est restée en France ainsi que deux de ses enfants , lorsqu'il a décidé de revenir au Cambodge pour y finir ses jours . Agé de seulement 57 ans , il en parait 10 de plus que nous , ce qui fait que nous l'avons baptisé "grand père" . Il a d'ailleurs du mal à suivre lorsqu'il faut marcher ! Malgré tout , nous l'aimons bien tel qu'il est et nous sommes satisfait par son travail de guide .

            Sur les conseils de Ki ,nous prenons la route vers 8h00 . Dès que nous sortons de l'hôtel , nous nous mettons à traverser un jolie damier de rizières jaunes  , parfois déjà moissonnées avec une grosse meule de paille à l'entrée de la parcelle . Dès champs de cannes à sucre d'un vert tendre offre une magnifique alternance au camaïeu de jaune des rizières . Partout dans les chaumes paissent des buffles . On remarque que contrairement au Cambodge , ici la plupart des femelles sont accompagnées d'un petit , pendu à leurs mamelles  . Nous ne tardons pas à emprunter un grand pont , construit par les Chinois d'après Ki , qui nous permet de quitter définitivement l'île de Khong .Parvenus sur l'autre rive , nous apercevons des tas de chapeaux coniques dépassant à peine de la haute paille des rizières . En y regardant de plus prés nous voyons que  ce sont des paysans : ils moissonnent la faucille à la main , posant les gerbes d'épis en  petits tas, à espaces réguliers , sur le sol où il reste un beau tapis de chaumes . Après une heure de route nous faisons un petit arrêt photo pour fixer ces scènes de la vie rurale . Entre les villages et les zones cultivées qui s'égrainent le long de notre route nous traversons des forêts d'arbres relativement chétifs .Depuis notre départ la route semble tirée au cordeau , traversant une plaine monotone à peine limitée par quelques minuscules monts sur notre droite . Dans certains villages , les autochtone font sécher des tiges de riz , parfaitement coupées et alignées  sr le bas côté , certainement pour en faire des balais .Le peu de villages que nous rencontrons confirme bien que le Laos est un pays peuplé de seulement six millions d'habitants

            Vers 9h30 nous quittons la route pour prendre à droite une petite piste de terre ocre sur quelques kilomètres pour aller visiter le village de Nong Beng spécialisé dans la sculpture sur bois : nous pouvons enfin circuler parmi des maisons sur pilotis où des autochtones se reposent dans des hamaacs accrochés sous le plancher . Ils sculptes beaucoup de masques qu'ils teintent en noir avec du charbon de bois . Nous leur achetons une cloche à vache pour 20 000 kips soit un peu plus de deux dollars US . C'est amusant de voir les jeunes enfants , les chiens , les canards et les poules circuler librement entre les maisons . Nous voyons même une femme occupée à tailler un morceau de bois pour en faire une statuette . Plus loin , on voit également un autre atelier , déserté par l'artisan , celui-la  .Nichés au milieu des bananiers , le village a  vraiment de l'allure .
            Nous reprenons la grand route pendant une bonne demi heure avant de prendre à gauche une petite piste de terre qui mène au Mékong : nous arrivons face à un embarcadère où il faut attendre un bac très rustique fait de vieilles tôles sommairement assemblées pour former troques sur lesquelles sont posées de grosses planches disjointes en guise de ponton .Dès qu'il a déchargé le motoculteur attelé à une charrette bâchée qui ressemble à celle des westerns , nos 4x4 grimpe à bord et nous leur emboîtons le pas .Une grosse fumée noire et le rugissement d'un vieux diésel annonce notre départ de la berge . Il faut biaiser pour éviter une longue île sableuse sur notre droite tout en évitant un bouquet de récifs rocheux à gauche pour atteindre Champasak sur l'autre rive .Nous continuons ensuite à suivre le Mékong pour atteindre le pied d'une petite montagne appelé Phu sur laquelle a été construit le temple Vat Phu .
            Une fois sur le parking du site il faut emprunté une navette électrique pour atteindre l'entrée du temple  qui est dédié à Shiva . Une immense allée pavée de grosses dalles de pierre se dirige droit vers la montagne . Elle est bordée de chaque côté d'une rangée de Linga , le phallus des hindouistes , qui s'alignent à perte de vue . De part et d'autre de l'allée on voit les vestiges d'une gigantesque pièce d'eau . Celle de droite est encore peuplée de lotus , alors que celle de gauche est asséchée . Parvenus au bout de cette première allée , il faut grimper quelques marche pour arriver sur une esplanade encadrée par deux corps de bâtiment baptisés Palais sans en connaitre vraiment les fonctions .Chaque édifice est décorée de fenêtres à balustres et de frontons en gré où l'on peut admirer de magnifiques bas relief où l'on reconnait Shiva juché sur un bovin . Après avoir visité le "Palais"  , il faut emprunté une seconde allée bordée également de deux rangées de Linga qui grimpe en pente douce presque aussi longue que la première . A partir de là , il faut s'armer de courage pour grimper des volées de marches successives séparées par d'étroit palier .C'est ruisselant de sueur car il fait 32 degrés à l'ombre , que nous arrivons face à un magnifique bâtiment baptisé "Sanctuaire" où nous découvrons des linteaux superbement décorés de bas reliefs représentant Shiva . Parvenus au pied d'une falaise polie par l'érosion , nous apercevons une caverne qui a du servir aux ermites ayant occupé le site dès le VII ème siècle . En nous promenant à l'ombre de grands arbres parmi d'énormes blocs descendus de la montagne nous voyons plusieurs sculpture d'animaux sacrés : un éléphant , u n serpent et un crocodile . Bien que moins fatigante , la descente se révèle périlleuse avec ces marches très hautes et très étroites . Mieux vaut se tenir aux parois latérales pour éviter de partir la tête la première dans le vide !
            Maintenant nous retournons sur Champasak que nous retraversons quasi complètement pour trouver la taule où Ki nous a retenu une table tout à l'heure sur la terrasse qui domine le Mékong ; avec le soleil qui brille plein pot , nous voyons  les eaux du grand fleuve d'un bleu intense pour la première fois : c'est d'autant plus joli qu'en face les rives arborent d'immenses plage de sable blond . Nous commençons le repas par un bouillon de légumes parfumé avec de curieux champignons qui ressemblent à des spaghettis . Puis on nous sert des nems , du poisson grillé et une sorte de fricassé de porc avec une sauce parfumée à la citronnelle . On nous sert ensuite une assiette de fruit avec de la mangue de la papaye , de la pastèque et des fruits du dragon , le tous pour 7 dollars US par personne avec bière et café .

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