DEUX TRENTE QUATRIEME JOUR : LE 20 JUIN 2018







































                    Décidés à récupérer un peu , ce matin nous
profitons de l'obscurité qui règne dans le camping car pour jouer les
prolongations jusqu'à 6h30 . Quel bonheur de pouvoir profiter de la
tiédeur de la couette ! Malgré tout, j'ai la sagesse de descendre mettre
le chauffage en route une petite heure avant le lever car il fait frais
ici à Louisbourg . Ce n'est pourtant pas notre soirée un peu kitch en
déguisement du XVIII ème siècle qui nous a fatigué de la sorte en se
terminant à 21h00 , c'est d'avantage les 47 000 km affichés au compteur
qui commencent à peser , je pense . Après le petit déjeuner je rejoins
Jean Marc installé derrière l'hôtel voisin qui domine la baie pour
essayer d'envoyer le dernier chapitre du blog ainsi que deux autres qui
ont eu de la misère  à passer apparemment lors de l'avant dernière
transmission. Comme la wifi a l'air top , j'en profite pour faire la
mise à jour de l'antivirus . De retour au camping car il faut que  je
copie les photos que m'a filé Jean Marc ; en échange , je charge sur sa
clé USB ,celles des miennes qui l'intéressent . Il faut bien meubler le
temps car ce matin nous avons prévu la visite de la Forteresse de
Louisbourg qui n'ouvre qu'à 9h30 . Nous nous mettons ensuite à chercher
un coin pour vidanger et faire le plein d'eau .

                    A 9h30 tapantes nous passons le poste de garde
situé à l'entrée d'un parc immense où la route nous offre de magnifiques
points de vue sur la côte rocheuse et sur la forteresse . Un employé
nous place ensuite sur un parking spécifique pour camping car parce
qu'ils  ont l'air d'attendre du monde, apparemment . Grâce à notre carte
"castor", nous sommes dispensés de payer l'entrée du site qui est de 7
dollars pour les séniors . Nous attaquons la visite par celle des
maisons du village : la première est la demeure d'un riche commerçant
qui possédait plusieurs bateaux  de transport maritime avec son frère .
D'après l'acteur qui nous reçoit , il lui arrivait de commander,, lui
même à bord de ses navires et sa situation financière bien que
confortable était très hasardeuse avec la flotte anglaise qui
surveillait le secteur . Louisborg avait été créée en 1713 à la demande
de Louis le Quatorzième pour protéger nos possessions au Canada . La
maison, qui date à peu prés de cette époque, bénéficie déjà un relatif
confort avec trois chambres , une grande pièce commune bien meublée et
dotée d' une grosse cheminée , un bureau où l'armateur réglait ses
affaires : il y vivait avec son épouse , ses quatre enfants , sa
belle-soeur et une servante .

                    Dans une petite maison , installée en face , qui
appartenait à une famille plus simple , le conservateur de la
ville-musée a rassemblé toutes une série d'objets Micmaq : on y voit
notamment des textes en hiéroglyphes écrits sur des fragments de bouleau
de la taille d'un format A4 . Dans une vitrine ,nous admirons également
la finesse avec laquelle étaient réalisé les robes des femmes, en
cousant ensemble des rubans de toutes les couleurs . Le résultat est
magnifique . Pour le 150 ème anniversaire de la naissance du Canada ,un
concours a été organisé par le gouvernement, en vue de changer la pièce
de 5 cents et c'est un Micmaq qui l'a remporté avec un motif très
original . Dans les bâtiments d'à côté , nous découvrons des entrepôts
où étaient stockés des tonneaux avec des cerclages en bois vert , des
tas de cordages , des poulies et des cabestans sculptés dans un bois dur
, des tas d'outils de charpentiers , des armes à feu , des pièges de
trappeurs , une collection de raquettes pour se déplacer dans la neige ,
un canoé indien en écorces de bouleau cousues . Dans le second , une
autochtone en costume d'époque nous montre quelques objets particuliers
qu'elle s'apprête à faire découvrir à un groupe de scolaire : des lampes
à huile appelée "bec de corbeau" que nous avions déjà vu au village
acadiens il y a quelques jours et aussi un curieux instrument
cylindrique avec une tige plantée au milieu de son couvercle ; celui-ci
servait à la préparation du chocolat très à la mode à l'époque , appelé
artefac. En frottant la tige entre la paume des deux mains ,on faisait
tourner une sorte de fouet à oeuf à l'intérieur du récipient en cuivre,
qui était posé sur le poêle . Elle est contente de notre passage car
nous lui apprenons quelques termes techniques en français qu'elle ne
maitrise pas trop .

                Nous passons également dans la maison d'un
entrepreneur ,où on peut voir tous les détails de fabrication des
charpentes de l'époque et les outils qui s'y rapportent . On voit
également les techniques de travail de la pierre , fendue ou sciée , le
travail du métal pour la fabrication des gonds de portes , des verrous
et des agrafes qui servaient à unir deux gros moellons de pierre entre
eux . Nous descendons la rue jusqu'à porte principale où se trouvait le
piloris qui servait à exposer les délinquants . En suivant le rempart,
nous tombons sur un fortin semi circulaire appelé "Demi Bastion
Dauphin"  : il est dotés de créneaux armés de canons pointés vers le
large et d'un pont levis . Comme il est déjà 12h30 , nous décidons
d'avancer vers la taverne du village pour casser la croute : une
servante d'auberge , en habit d'époque, nous propose une soupe de
poissons , suivit d'un filer d'églefin frit avec des carottes  que nous
mangeons dans une assiette en étain avec seulement une cuillère ., le
tout arrosé d'une bière  artisanale brune qui ressemble à la Guiness .
En dessert nous avons droit à un gâteau de savoie servi avec une sauce
au rhum brun . Il parait que le rhum venant des Antilles françaises
coulait à flot ici à Louisbourg . Les bateaux qui l'amenaient ,
repartaient avec de la morue séchée pour nourrir les esclaves noirs des
plantations de cannes à sucre .

                Après le café nous passons d'abord à la boutique de
souvenirs pour acheter une bouteille de rhum brun de Louisville , un
rhum bien spécifique selon un des acteurs que nous avons vu dans les
premières maisons : il parait qu'il suit la tradition  de fabrication de
la grande époque de nos colonies américaines . Comme il est vendu au
prix raisonnable de  27 euros  , je saute le pas . En allant vers la
forteresse, nous  rendons visite au boulanger à qui nous achetons 2
boules de pain , moitié seigle moitié blé , puis au forgeron . Après
avoir salué les sentinelles qui montent la garde devant le château ,nous
pénétrons dans la cour pour visiter d'abord le cantonnement des soldats
qui dormaient dans un immense lit unique , puis un second où la
promiscuité était moindre avec des lit superposés à quatre places , avec
un petit réduit  en bout de chambrée où dormait seul le sergent  . Nous
passons par les cuisines puis l'appartement du gouverneur doté d'une
grande chambre , d'une belle salle à manger et d'une salle où se
réunissait le tribunal . Nous montons ensuite sur les remparts où des
soldats montent la garde en se relayant régulièrement car il fait très
froid là-haut en plein vent. En sortant ,nous faisons un petit crochet
par ce que l'on appelle la glacière : il s'agit d'une sorte de puis
couvert dans lequel on entassait de la glace cachée sous de  la paille
pour permettre la conservation de certains aliments et pour boire frais
l'été .

                Vers 14h30 nous décidons de reprendre la route en
direction d'Halifax en suivant le plus possible le littoral . Ici encore
la forêt vient mourir en bord de mer , entourant  de profonds fjords qui
pénètrent les terres . C'est l'occasion de voir de  beaux petits ports
de pêches , et aussi des bancs de sable parallèles ; parfois couverts
d'herbes , voir de petits arbres , qui zèbrent le font des baies . Nous
franchissons des chenaux sur d'étroits ponts métalliques et de planches
. Malheureusement les routes sont complétement déformées et pleines de
trous surtout à partir de Fourchu . Nous arrêtons faire le plein de
gasoil un peu avant la fin de l'étape ; nous tombons en plein territoire
Potlotek . Lorsque je vais payer au bureau je me retrouve seul blanc
hormis "cheveux rouge" le jeune punky qui m'a servi le carburant, parmi
une tribu d'indiens , mon voisin ressemblant furieusement à l'énorme
"peau rouge" de Vol au dessus d'un nid de coucou avec Jack Nicholson!
De nombreux arrêts photos s'imposent tout au long de la route qui mène
à St Peters où nous trouvons un superbe squatte au bord d'un canal de
jonction entre une baie profonde et l'océan ;  quelques bateaux de
plaisance y sont amarrés . Malheureusement au bout de deux heures , un
autochtone , vraisemblablement  un employé communal ,s nous demande
d'aller nous installer au camping situé un peu plus haut . Après le
briefing pris en terrasse, au soleil ,nous le satisfaisons pour éviter
d'être délogés en pleine nuit . Moyennant 25 dollars canadiens , nous
nous mettons en règle . Curieusement une voiture de police nous
accompagne jusqu'à l'entrée du camping puis repart tranquillement dès
que nous avons fini notre enregistrement .




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHAPITRE 5

CHAPITRE 9

CHAPITRE 8