DEUX CENT VINGTIEME JOUR : LE 6 JUIN 2018






























Aujourd'hui ,nous reprenons notre progression vers l'Ouest ,
il n'est donc pas question de trainer au lit d'autant qu'hier soir je
n'ai pas eu le courage de boucler la rédaction du blog . Il y a aussi
le plein d'eau à faire ainsi que les vidanges car ce soir nous risquons
de bivouaquer sur un parking à Québec . Après le petit déjeuner j'essaie
d'envoyer les deux derniers chapitres avec la wifi du port fluvial
sans résultat . Un petit coucou aux voisins et nous décollons juste
derrière eux .Dès que nous sortons du camping , c'est pour emprunter la
petite rue qui suit le Saint Laurent . Arrivés au bout nous loupons la
contre allée qui permet de prendre la bretelle d'autoroute qui nous
intéresse . Comme nous sommes coincés dans un bouchons , je décide de
tenter une petite marche arrière d'une trentaine de mètres ,pour pouvoir
rattraper mon erreur .Des autochtones s'écartent pour me facilité la
manoeuvre . Arrivé à proximité de l'issue de secours , une voiture de
flic arrive à pleine vitesse et son chauffeur m'apostrophe aussitôt par
sa fenêtre ouverte . Je ne comprends pas bien ce qu'il crie, mais je
vois tout de suite qu'il n'a pas l'air content de moi . Résultat je
laisse tomber mon improvisation pour retourner droit dans le bouchon .
"Et dire qu'à un moment donné , j'ai franchement cru qu'il venait
m'aider à finir ma manoeuvre ! A cause de ce tordu , tu ne vois pas ce
qu'il va falloir faire pour rattraper l'autoroute , Dominique !
Estimes-toi heureux de ne pas avoir eu de prune sur ce coup là
,Pierre!" Il faut continuer tout droit jusqu'à la prochaine sortie ,
puis trouver un pont afin de pouvoir revenir sur nos pas , du côté de
Longueuil ,et enfin prendre à droite l'autoroute de Quebec . Avec
l'opération escargot des départs au boulot dans laquelle nous sommes
plongés jusqu'au cou , nous perdons une petite demi-heure dans cette
affaire . Heureusement que lorsque nous récupérons les bords du fleuve
que nous suivons sur quelques kilomètres , je resquille à mort en
remontant les deux files d'attente interminables qui stagnent avant
l'entrée du grand pont enjambant le Saint Laurent . Par chance je tombe
sur un autochtone courtois qui me laisse m'incruster devant lui ! Malgré
un début difficile , la traversée de Montréal du sud vers le nord se
révèle assez aisée dans l'ensemble .
Après une trentaine de bornes nous quittons enfin les
quatre voies de la N 25 pour nous retrouver sur une petite route de
campagne qui nous amène à Rawdon . Juste à l'entrée de la ville ,nous
nous arrêtons au Parc des Chutes de Dorwin , où nous rejoignent un peu
plus tard Jean Marc et Monique ; résultat nous faisons ensemble la
petite ballade à pieds proposée le long de la rivière pour découvrir
dans un premier temps une série de violents rapides , bouillonnant
d'écume du mieux qu'ils peuvent en dégringolant une volée de grandes
marches . En nous nous enfonçant dans le sous bois nous tombons alors
sur une grande chute d'eau d'une bonne vingtaine de mètres de dénivelé .
A son sommet, on dirait qu'elle jaillit de la roche tant elle est
coincée entre deux parois très rapprochées . Un énorme nuage d'embrun
s'élève depuis le fond du gouffre , masquant au passage les contours de
sa partie moyenne . Après cette jolie ballade à pieds ,nous allons faire
le plein dans la première station service du bourg, avec l'arrière
pensée de profiter de leur wifi pour passer le blog . Comme ils en sont
dépourvus , ils nous envoient au supermarché IGA voisin . Après un échec
depuis le camping car , je me décide à refaire un essai sur le parking
directement , profitant d'une palette de sacs de terreaux comme bureau .
Après deux nouveaux échecs , ça finit par passer , enfin ! Une vendeuse
du magasin, d'origine française ,a pitié de moi et me propose d'utiliser
les tables de la cafétéria pour m'installer . Comme nous discutons un
petit quart d'heure , j'apprends qu'elle était lyonnaise au départ et
qu'elle a suivi son mari jusqu'ici il y a une trentaine d'années . Elle
avoue avoir encore bien du mal à supporter la météo pourrie de la région
. Puis elle nous questionne sur notre voyage avec beaucoup d'intérêts .
En reprenant notre route, nous trouvons la ville de
Rawson très agréable à traverser avec ses jolies maisons en planches ,
peintes de couleurs claires et dotées de beaux balcons et de belles
terrasses couvertes soutenues par des colonnades en bois . Dès la sortie
de la ville , le paysage devient plus vallonnés avec des forêts de
feuillus qui en couvrent les pentes .Nous suivons un moment les berges
de la rivière Assomption . Avec tout ce déballage de verdure ,on voit
tout de suite que nous approchons du Parc du Mont Tremblant : nous le
laissons de côté , faute de temps , pour obliquer vers l'Est en
direction de Saint Gabriel de Brandon , spécialisée dans la culture de
la vigne . Nous décidons vers 11h00 d'arrêter dans l'une des caves du
secteur : la maitresse des lieux , dont les souches familiales sont
poitevines , nous reçoit très aimablement en nous faisant goûter les
sept vins de sa production : un rosé , un blanc sec , trois rouges et
une vendange tardive .Le blanc et le rosé sont acceptables , les rouges
tirent d'avantage du jus de groseille que du vin et pourtant il y en a
un qui vient d'obtenir une médaille d'or d'après la taulière! Comme
Jean Marc et Monique nous y rejoignent un peu plus tard , nous
décidons de manger une assiette de cochonaille ensemble sur place . En
cours de dégustation nous faisons la connaissance d'un couple gay de
camping caristes , originaire de Québec, qui nous donne un tuyau pour
nous loger ce soir : il parait que sur le port, à proximité du basin
Louise, on peut stationner pour la nuit . L'avantage , c'est que ça se
situe juste au pied de la vieille ville et du château !
Après avoir dégommé notre assiette de fromages et de
charcuteries accompagnée d'une bouteille de blanc de la réserve , appelé
"Légende d'Automne", nous reprenons la route en direction du Parc
National de Mauricie . Les paysages sont de plus en plus sauvages : ici
la forêt devient mixte , mélangeant moitié feuillus , moitié résineux .
Les monts deviennent plus hauts et les vallées plus profondes . Il y a
de petits lacs aux eaux tourbeuses , éparpillés un peu partout, de
part et d'autre de la route , offrant au passage , de magnifiques
reflets . Nous passons Saint Paulin pour prendre ensuite la direction
de Saint Mathieu . Le plus difficile est de trouver l'entrée du parc car
le GPS a une furieuse tendance à nous envoyer directement vers l'Est
,sur Grand Mère . Il faut ruser en fixant un point au nord pour qu'il
accepte enfin de nous guider correctement . Arrivés au visitor Center ,
nous apprenons que nous ne pourrons pas faire la boucle nord ,comme
prévue, pour redescendre ensuite sur Grand Mère à cause d'un pont coupé
par les intempéries . Il va falloir se contenter d'un aller et retour à
travers le parc . Comme nous sommes un peu pris par le temps, nous
décidons de monter sur Shewenegan pour faire un sentier de randonnée
d'une heure , permettant de longer plusieurs lac aux eaux tourbeuses et
entourés de sapins qui s'y reflètent avec beaucoup de zèle, au même
titre que les nuages . Nous longeons ensuite un torrent qui cascade le
long d'un vaste pan incliné rocheux ,lissé par l'érosion . C'est superbe
et surtout peu fréquent comme disposition .
Nous reprenons ensuite le camping car pour grimper un
peu plus haut dans le parc, afin de découvrir des tourbières envahies de
plantes carnivores , en forme de godet doté de cils et de nectar gluant
qui empêchent aux insectes de sortir de ces pièges végétaux . De couleur
rouge sombre, elles pullulent parmi les herbes qui peuplent les zones
non inondées des tourbières . Comme il est déjà 17h15 , il faut avoir la
sagesse d'en rester là pour ce qui est de la découverte du parc de
Mauricie car il nous reste 250 bornes à tirer jusque Québec . Le temps
de sortir de la zone montagneuse et de faire le plein de gasoil , je
donne ensuite le volant à Dominique pour pouvoir commencer à m'occuper
du blog . Comme après Trois Rivières , nous reprenons l'autoroute 55 ,
je n'ai pas de remord à avoir les yeux rivés sur l'écran . Vers 19h00
nous commençons à traverser Québec sans aucun problème de circulation ,
la seule chose désagréable étant l'état déplorable des routes , mais
nous avions été prévenu par le couple de Canadiens , Michèle et Michel,
rencontré à Custer . Comme prévu, nous nous installons sur le parking du
port , à proximité du bassin Louise, d'où la vue sur la ville est
formidable, d'autant que ce soir le soleil est au rendez vous . Par
contre, nous avons une très mauvaise surprise : le prix du stationnement
pour 24 heures est de 70 dollars canadiens , ce qui est énorme par
rapport à ce que nous payons habituellement surtout qu'ici nous n'avons
aucune commodité : pas d'eau , pas d'électricité , pas de toilette , le
seul avantage étant la proximité du centre historique : nous trouvons
tous que c'est quand même cher payer cette proximité !!
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