DEUX CENT VINGT TROISIEME JOUR : LE 9 JUIN 2018























                    Comme ce matin c'est relâche , je laisse dormir
Dominique pendant que j'essaie de rattraper mon retard au niveau du blog
dès 6h00 du matin, étant donné qu'avec l'invitation de Raymond-Louis et
de Josette d'hier soir , je n'ai rien fait la veille . A 7h30 ,
Dominique a pitié de moi et prépare le café .Dehors Jean Marc a déjà
était faire une grande ballade à pieds à la cascade , histoire de lui
tirer le portrait avec la chaude lumière du levant . Une fois que tout
le monde est prés , nous laissons nos épouses respectives faire la
lessive pendant que Raymond nous emmène visiter le secteur . Nous
commençons par remonter la vallée de la "Rivière des Rats Musqués" nous
offrant une série de jolies cascades ; c'est impressionnant de voir le
contraste entre le blanc de l'écume et le noir de l'eau très tourbeuse .
Raymond nous montre par la même occasion , les coins où il aime venir
pêcher la truite . Au passage il nous explique que le plateau que nous
traversons est réservé à la culture des bleuets ( les myrtilles  de chez
nous ) . La propriétaire faisait venir jusque là un apiculteur avec ses
ruches qui lui demandait 15 000 dollars pour un mois de pollinisation
jusqu'à ce que Raymond , il y a une dizaine d'année ,lui ouvre les yeux
sur l'énormité de la chose . Depuis, elle s'est formée à l'apiculture et
nous la voyons à l'oeuvre ce matin, aidée de sa fille déguisées toutes
les deux avec leur scaphandrier blanc . Tous les deux ans ,elles font
broyer les pieds de myrtilliers qui sèchent sur place pour fertiliser la
terre . Il parait que le cours du bleuet a baissé depuis quelques
années, du fait qu'il est beaucoup cultivé en Amérique du Sud . Nous
continuons notre ballade en passant dans les trois fermes dont les
terres servent de territoire de chasse à Raymond . Il nous explique que
lui s'est spécialisé dans la chasse à l'oie sauvage qui passe depuis peu
dans le secteur , ce qui fait que les autochtones les ignorent 
totalement. Par contre ,eux ,pratique la chasse à l'élan : en fait la
technique ne demande aucun effort puisqu'ils chassent aux postes, avec
un pack de 24 cannettes de bière à portée de main , assis sur une chaise !

                    Une fois rentrés nous mettons en route la plancha
pour faire frire des crevettes apportées par Monique et Jean Marc .
Raymond commence à dépecer le lièvre que nous avons trouvé mort sur la
route pour le mettre à la casserole dans la foulée . Josette s'occupe de
faire cuire le choux fleur et prépare la salade . De mon côté je
m'occupe du vin blanc , un Chateau Méricourt (comme chez nous) et une
des dernières bouteilles de Chillian rouge, achetée chez le producteur
où nous avons fêter Noël à Mendoza, en Argentine  .Nous en faisons
profiter ,Daniel qui fête son anniversaire aujourd'hui ; c'est un  
voisin qui a servi de chauffeur à Raymond pendant la semaine  qu'il a
passé dans le nord . Dominique finit de s'occuper de sa lessive avant
que nous mangions tous dehors , au soleil , face aux cascades . Puis ,
pendant que certains font la sieste , je commence à m'occuper du blog et
des photos .

                    Vers 15h30 , nous partons voir un des plus grands
fourreurs du Québec à Normandin situé à une trentaine de borne vers
l'Est . Agé actuellement d'une cinquantaine d'années , il a commencé
comme simple trappeur ,puis  il s'est spécialisé dans la fabrication de
bottes en fourrure, et il possède maintenant un atelier où travaillent
quatre vingt employés . Pour plus de convivialité , nous prenons notre
camping car où nous pouvons monter tous les six . En route Raymond nous
montre plusieurs grandes fermes où il vient chasser également .Il nous
explique que les oies sauvages viennent se nourrir dans les immenses
champs de céréale juste après la moisson quand la terre est à nue pour
mieux voir arriver les prédateurs :elles ne se posent jamais dans une
parcelle qui n'est pas encore récoltée . Chez Bodileau , le fourreur  ,
nous pouvons admirer tous les animaux du Canada  car il est taxidermiste
: il y a des ours blancs , des loups , des élans , toutes sortes de
cervidés , des tas d'oiseaux ,   des renards , ....c'est un véritable
zoo , figé , pour l'éternité . Bien que ce soit un peu macabre à mon
goût , l'avantage est qu'on peut observer pour une fois les animaux de
prés , donc  en détail , comme par exemple les bois des cerfs ou des
élans , la dentition des loups ou les griffes d'ours , ... Côté magasin
, on peut toucher et évaluer la douceur des différents pelages de ces
animaux du grand nord . Il y a aussi des tas de bonnets , de moufles ,
de gants et de bottes proposés à la vente à des prix  assez élevés .

                    Avant de quitter la ville j'en profite pour faire
le plein de gaz , une des deux bouteilles m'ayant lâché cette nuit , 
puis le plein de gasoil et enfin nous vérifions également la pression de
mes pneus avants que je trouvais trop écrasés . Nous arrêtons ensuite
dans une ferme de 2600 hectares menée actuellement par la troisième
génération d'une famille qui serait d'origine bretonne , de Saint Malo
exactement . Après avoir visité le hangar à matériel où stationnent cinq
énormes tracteurs ,la fille ainée , âgée de 21 ans , nous montre
l'étable entièrement automatisée où les vaches se promènent de boxe en
boxe , avancent d'elles-mêmes vers l'une des quatre trayeuses .Grâce à
leur boucle d'oreille , la machine identifie l'animal , lave le pie ,
puis branche les quatre têtes de succion , enregistre la quantité de
lait et en fonction de ça ,détermine la dose de complément alimentaire
qu'elle doit donner à la vache . Puis celle-ci quitte le boxe pendant
que la suivante entre de son plein grès . C'est vraiment impressionnant
à voir . La litière de paille, pour le repos des animaux est remplacé
par des matelas . Un robot tourne en permanence pour pousser le foin
devant les mangeoires pendant qu'un autre nettoie le sol en faisant
tomber tout ce qui traine par terre dans les espaces libres du
caillebotis qui couvre la totalité des lieux . Les animaux ont l'air
très heureux dans cette univers du 21 ème siècle  et se laissent
caresser sans crainte . C'est incroyable de  voir évoluer  ces gros
animaux au milieu de toutes ces machines, en toute liberté , allant là
pour boire en appuyant sur le fond de l'abreuvoir automatique , là pour
manger sans craindre le robot qui leur pousse le foin devant la gueule
et passant à la traite 3 fois par 24 h00 quand bon leur semble ! Nous
discutons ensuite un long moment avec le père de famille, âgé d'une
cinquantaine d'année : il nous confie qu'il a beaucoup de mal à trouver
du personnel étant donné que le Québec ne compte que 8 millions
d'habitants pour une surface égale à quatre fois la France .
Actuellement ,il n'y a que 12 employés pour faire tourner une
exploitation de cette taille !

                Il est déjà 19h30 lorsque nous rentrons au campement
après avoir admiré au passage les grosses cascades  de la "Rivière des
Rats Musqués" qui écument au beau milieu  de Dolbeau-Mistassini , notre
port d'attache . Ce soir Raymond a préparé , pour nous mettre en
appétit, une fricassé de castor qui est excellente  puis une fondue
bourguignonne avec des magrets d'oies sauvages qu'il a abattu la semaine
dernière , très sympathique aussi . Un vrai festin de trappeur qui se
prolonge jusqu'à minuit !

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