DEUX CENT VINGT SIXIEME JOUR: LE 12 JUIN 2018

































                    Malgré notre soirée un peu agitée, avec la visite
d'un rangers un peu bas de plafond et surtout très malhonnête , qui nous
a ponctionné 105 dollars , nous dormons comme des bébés dans le coin
pourri de forêt où il nous a  relégué , loin de toutes commodités . D'un
commun accord avec Monique , hier  nous avons fixé l'heure départ entre
7h30 et 8h00 , aussi je ne quitte la chambre qu'un peu après 6h00 pour
préparer le café et le petit déjeuner . Comme la veille , j'ai l'esprit
tranquille  ce matin car j'ai réussi à boucler le blog et le transfert
des photos hier soir . Dès que nous avons pris le petit déjeuner , nous
décidons de nous rapprocher de l'entrée du camping pour faire le plein
d'eau et les vidanges indispensables . Suite aux conseils de Jean -Marc
, nous évitons l douches des sanitaires à 4 dollars pièce pour la
prendre à bord  tout en faisant le plein  d'eau .Le temps étant couvert
ce matin , ce n'est pas la peine de s'attarder dans le secteur pour
faire les photos que nous n'avons pas pu tirer hier à cause de notre
trouble-fait .

                    Résultat dès 7h30 nous reprenons la N132 sur la
gauche pour continuer notre visite des côtes de Gaspésie .Comme la
circulation y est infernale et que celle-ci ne suit pas vraiment le
littoral , un peu avant Rimouski nous prenons  une petite route à gauche
, qui mène au Cap des Pères, où nous avons la surprise de voir un
sous-marin échoué sur les galets de la grève . D'après le film qui passe
dans la salle d'attente du musée , ils ont eu bien du mal à le renflouer
dans les années 2004-2005 . Dans le même secteur , après le naufrage
d'un navire Irlandais en 1904 , le gouvernement canadien a mis en place
une compagnie de pilotes dont l'intervention est obligatoire pour
remonter le Saint Laurent à cause des courants très dangereux pour le
capitaine qui ne connait pas le coin . D'après les panneaux explicatifs
installés sur le site , il parait que les oiseaux migrateurs font escale
technique ici pour se nourrir avant de continuer leur grand voyage vers
la Sibérie , aussi bien à l'allée qu'au retour . Puis nous allons  jeter
un oeil au grand phare à toit rouge qui annonce le cap aux navires qui
croisent au large .

                Après la traversée de Rimouski que nous effectuons en
suivant scrupuleusement la côte , nous nous mettons en quête de Sainte
Flavie où nous voyons le vieux moulin à eau au passage: il abrite
maintenant un musée de l'apiculture et une fabrique de vin de miel dont
nous faisons volontairement l'impasse pour continuer sur Sainte Lucie : 
nous admirons les superbes maisons installées en front de mer qui
illuminent le paysages avec leur façade de couleurs vives. Nous nous
arrêtons aussi sur les lieux où on a orchestré un sabordement volontaire
de destroyer des forces navales canadiennes ,qui sert  maintenant de
site d'entrainement pour les plongeurs . Puis nous rentrons un peu dans
les terres pour aller voir Mont Joli , un village dont la plupart des
maisons sont décorés de fresques  .Après une bonne demi-heure passée à
ballader la tête en l'air pour admirer les oeuvres d'artistes locaux
retraçant la vie de différents corps de métier et aussi l'histoire de la
région , nous reprenons la route pour aller voir les fameux "Jardins de
Métis" .Nous les devons à Elsie , une grande bourgeoise née en 1872  et
décédée à l'âge de 95 ans qui hérita de ce domaine de son oncle Stéphens
, un anglais pur souche . Pendant plus de trente années de sa vie , elle
se consacra personnellement avec l'aide de jardiniers à l'implantation
et à l'acclimatation  de nouvelles espèces de plantes vivaces n'existant
pas auparavant sous ces climats , telle que rhododendrons , azalées et
bien d'autres espèces . Nous tombons au cours de la visite des jardins
sur deux vieilles canadiennes qui nous expliquent que chez eux il y a
une dizaine de zones climatiques étiquetées, la numéro 1 étant la plus
froide et la 10 la plus chaude . Ici , dans ce coin de la Gaspésie , qui
bénéficie d'un micro climat favorable, on serait dans la zone 4 à 5 .
Elles nous apprennent aussi que chez eux , ils ont déterminé un
coefficient obtenu en multipliant la température minimale supportée par
une plante et le nombre de jours nécessaire à celle-ci pour  qu'elle se
développe  : ainsi par exemple une plante qui ne peut pas supporter
moins de 10 degrés pendant trois mois bénéficie d'un coefficient égal à
1000 . En respectant un tableau préalablement établi , on ne risque pas
de repiquer une plante non adaptée à la région . Ici au Canada ils
utilisent beaucoup ce système . Après avoir arpenté en long et en large
les magnifiques jardins du domaine , nous allons jeter un coup d' oeil à
la maison, transformée en musée consacré à cette fameuse Elsie . Riche
héritière de la compagnie ferrovière Canadian Pacific par ses parents ,
elle épousa un industriel qui travaillait dans l'agro-alimentaire . Elle
eut deux garçons ; en 1954 elle céda le domaine à son fils ainé qui dût
vendre au bout de 4 ans faute du savoir-faire  de sa mère et aussi de
moyens financiers . Le domaine devint alors propriété de l'Etat Canadien
qui l'ouvrit aux touristes . Depuis peu , l'Etat l'aurait vendu à une
association de soutient à Elsie, dont l'arrière petit fils en serait le
président !

                   Après deux heures de visite passionnante , nous
reprenons notre découverte de la côte de Gaspésie pour nous arrêter à la
Baie des Sables dans un joli petit coin , face au Saint Laurent , pour
casser la croute . A peine  sommes-nous sortis de table que Monique et
Jean Marc s'installent un peu plus loin derrière nous . Ils ont trainé 
en route pour chercher d'abord de la wifi et ensuite une jante pour
pouvoir récupérer une roue de secours . Arrivésau café , je m'installe
sur la plage, entre deux rochers pour être à l'abri du vent, histoire de
commencer la frappe du blog tout en dégustant un cigare nicaraguayen .
Vers 14h00 ,nous décidons de reprendre notre chemin vers le  notrd car
il reste plus de deux cent bornes pour atteindre le bivouac fixé hier
soir au briefing . Le soleil étant revenu timidement , nous pouvons
mieux apprécier les petites criques et les caps qui avancent dans les
eaux du Saint Laurent : arrivés à ces latitudes , le fleuve devient si
large que nous ne voyons plus la rive d'en face , même par temps clair .
Dans beaucoup de petits villages que nous traversons le long de la côte,
nous sommes surpris de voir que les autochtones ont construit leur
église juste sur la berge, presque les pieds dans l'eau  . A Matane ,
nous parcourons la ville dans tous les sens à la recherche d'un  musée
consacré à la vie des saumons : il est malheureusement fermé jusqu'au 15
juin . Nous nous contentons donc de regarder l'eau cascader au dessus du
barrage de la rivière du même nom( Matane) ainsi que l'échelle à saumon
construite à côté : une bien maigre compensation , après une bonne
demi-heure de recherche des lieux !!

                 A peine sommes-nous sortie de Matane  que le temps se
dégrade brutalement . Un violent coup de vent descend du nord du Saint
Laurent à tel point que le thermomètre chute de 14 degrés en quelques
minutes , c'est incroyable :  nous passons de 25 à 10 degrés et demi !
Le ciel , très sombre , charrie de gros nuages, presque noirs .De ce
fait ,nous roulons aux phares pendant que la pluie cingle le pare brise
; les essuies-glaces semblent à bout de souffle ! Il faut ralentir la
cadence pour ne pas faire d'aqua-planing dans les bâches qui se forment
sur le bord de la chaussée . A ce rythme nous finissons par arriver avec
5 minutes de retard au point de rendez vous : celui-ci se révèle
inexploitable . D'un commun accord avec Jean Marc , nous revenons sur
nos pas sur 5 bornes , persuadés d'avoir vu un squatte possible à côté
d'une église, construite au bord du Saint Laurent . Pour finir c'est une
mauvaise impression , il faut se résoudre à continuer la route sur une
dizaine de bornes avant de trouver un petit parking en terre  battue
,dans le village de Sainte Madeleine de la Rivière Madeleine . Comme la
pluie continue à tomber très drue , nous communiquons à l'aide des
Talkies Walkies avec Jean Marc et Monique , stationnés de l'autre côté
du parking . Il n'y a que l'obligation du briefing du soir qui parvient
à nous faire sortir de notre tanière .


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