DEUX CENT VINGT DEUXIEME JOUR : LE 8 JUIN 2018































Comme ce matin nous quittons Québec pour une
étape de 350 km vers le nord , il faut se résoudre à descendre de la
chambre de bonne heure ,d'autant que l'on nous a prévenu que des
manifestations risquent de perturber la circulation dans la ville dès
7h30 . Nous sommes soutenus dans notre effort par le retour du grand
beau avec un ciel bleu immaculé comme nous n'en n'avons pas vu depuis
quelques temps . Habitant sur un parking sans aucune commodité malgré un
prix de nuit à 70 dollars , nous ne sommes donc pas retardés par le
plein d'eau ni par les vidanges . Même la poubelle collective est
disparue depuis hier après midi !On ne peut même se délester de nos
déchets , c'est un scandale ! Heureusement que le billet délivré par la
machine était équivoque: il précisait bien le prix exorbitant de la
nuit mais il se trompait sur la date puisqu'il nous donnait
l'autorisation de rester sur place jusqu'au 11 juin . Résultat nous nous
sommes bien gardés de ne pas régler une seconde fois , ce qui ramène la
nuitée à 35 dollars canadiens , soit 28 euros , ce qui est beaucoup plus
acceptable! Encore une autre bonne raison pour partir de bonne heure ce
matin , avant qu'un fonctionnaire zélé ne débarque pour contrôler .
Comme nous ne voulons pas arriver chez le cousin
de Jean Marc les mains vides , nous décidons d'imiter les Bories en
passant par le Walmart installé à la sortie de Québec . Après une
dernière photo du campement devant le bassin Louise dominé par le
château Frontenac et la vieille ville tout illuminés par le soleil
levant , nous prenons la N175 en direction du nord . Malheureusement
,comme il est à peine 7h00 les supermarchés sont encore fermés , il faut
se résoudre à continuer la route et faire les courses à Alma , à
proximité du Lac Saint Jean . Très vite nous nous retrouvons en pleine
nature , avec de la forêt à 360 degrés tout autour de nous . Comme les
jours précédents, celle-ci marie avantageusement des zones de feuillus
et des zones d' épineux , formant des tâches de différentes nuances de
vert ; c'est superbe . Nous serpentons parmi de petits monts, séparés
par de profondes vallées occupées par une multitude de lacs et de
rivières aux noms enchanteurs : la rivière des Hurons , la rivière
Jacques Cartiers ,... . A peine roulons-nous depuis une demi heure que
Dominique aperçoit un ours de l'autre côté de la quatre voies . Après
une marche-arrière un peu hasardeuse sur la bande d'arrêt d'urgence ,
nous commençons à lui tirer le portrait dans tous les sens . Mais le
coquin s'amuse à nous compliquer la tâche en jouant à cache-cache
derrière un gros rocher , ne laissant dépasser que le sommet de son
crâne et ses deux petites oreilles rondes . De temps en temps la
curiosité est trop forte et le voilà qui réapparait de l'autre côté du
rocher pour mieux disparaitre à nouveau, dès que nous le mettons en joue
. Comme le Canon est toujours en rideau depuis son bain forcé de
Montréal , nous n'avons que le petit Lumix en dépannage, avec un zoom de
mauvaise qualité . Résultat, je me décide à sortir une première fois
jusqu'au terre-plein central , puis voyant que le résultat
photographique est très moyen , une seconde fois en traversant carrément
l'autoroute pour pouvoir le tirer plein cadre . Mais c'est qu'il y prend
goût , le bougre et voilà qu'il prend la pose ! Malgré sa coopération ,
je reste sur mes gardes , prés à traverser les voies de gauche et à
sauter les glissières centrales ! De retour au camping car , nous
restons là un bon moment à l'admirer au milieu de sa clairière , occupé
à manger des herbes et des fleurs avec avidité . Il faut se faire
violence pour reprendre notre route en direction du nord . Nous
multiplions les arrêts photos le long des lacs sur les berges desquels,
on voit de temps en temps des maisons en planches peintes de couleurs
claires , qui donneraient facilement l'envi de rester là quelques jours,
à admirer le reflet des sapins et des nuages à la surface de l'eau .
Vers 10h00 nous prolongeons l'un de ces arrêts photos par une pause café
bien sympathique dans un tel cadre .
Après une petite heure de route nous traversons
Hebertville où nous tombons sur un supermarché IGA particulièrement bien
achalandé : nous ne résistons pas longtemps à l'offre du jour ,, des
homards portions vendus 7 dollars canadiens , soit cinq euros ! Nous en
profitons aussi pour acheter du vin blanc pour le cousin de Jean Marc
.Puis en gourmand que nous sommes dès que nous atteignons les rives du
Lac Saint Jean , nous nous dépêchons de trouver un petit coin au bord
d'une crique, pour déguster notre "pêche" de fin de matinée : les
homards , pourtant achetés déjà cuits mais du matin soit disant, se
révèlent aussi bons que ceux de Montréal achetés vivant ceux-là . Après
un tel festin , je m'octroies un bain de soleil pendant d'une heure,
face au lac ,tout en commençant la rédaction du blog . Nous reprenons la
route en suivant la côte ouest de l'immense Lac Saint Jean jusqu'à
Roberval où nous nous mettons à la recherche de Mashteuiatsh , un
village peuplé uniquement d'indiens Ilnu . Nous y retrouvons Monique et
Jean Marc qui se sont déjà procurés la documentation chez le responsable
du village . Malheureusement le musée artisanal est fermé . Il faut se
contenter de l'église de style moderne dédiée à Sainte Catherine ,de
deux magasins d'artisanats et de quatre sculptures en forme de tipi qui
décorent la rive du lac : chaque tipi correspond à une saison et les bas
reliefs en béton qui en décorent les quatre faces symbolisent les choses
importantes qui s'y rapportent . Par exemple le travail de fabrication
des vêtements et le loup pour l'hiver ; la pêche , la chasse et l'élan
pour l'été ...
Comme il se met à pleuvoir brutalement , nous
écourtons notre visite du village pour reprendre la route en direction
de Dolbeau Mutassini où nous trouvons le petit de coin paradis , au bord
d'une chute d'eau énorme au milieu de la forêt qu'habitent Raymond-Louis
et Josette , les parents de Jean Marc . Ils arrivent eux aussi d'un
voyage d'une semaine , à 1300 km plus au nord le long de la côte
atlantique, où ils ont été pêcher . Depuis la retraite ils viennent ici
deux fois par an , au printemps et en automne pour pêcher et chasser .
Pour cela ils ont acheté une énorme caravane à l'américaine qu'ils ont
installés sur une parcelle de terrain , louée à une famille autochtone .
Nous commençons par une ballade à pieds jusqu'à l'énorme cascade aux
eaux tourbeuses avant d'attaquer l'apéro . Puis Raymond-Louis , nous
emmène à travers bois et tourbières pour voir des castors . Après nous
avoir montré de gros arbres coupés par leurs soins avec leurs dents
affutées , nous découvrons un immense barrage fait d'un amas de branches
et de troncs . Avec un peu de patience nous finissons par en voir trois
ou quatre qui nagent en tous sens dans le petit lac en amont , plongeant
d'un violent coup de queue lorsqu'ils estiment que nous approchons un
trop prés . C'est merveilleux de les voir batifoler de la sorte à
quelques mètres de notre objectif .
De retour à la caravane nous goûtons du "crabe
des glaces" : il s'agit en fait d'araignées de mer qui pullulent là-haut
,où ils viennent d'aller pêcher une semaine . Puis Raymond-Louis nous
fait goûter de petits poissons , des "capélans" ,pas beaucoup plus gros
que des anchois , qu'il a pêché en grande quantité au point de remplir
son congélateur pour leur prochain séjour ici, en fin d'été . Frits à
la poêle , c'est délicieux et sans arêtes , ce qui décuple le plaisir
gustatif ! Avec le Chardonnay bien frais que nous avons ramené , nous
faisons une fois de plus un festin dans un cadre enchanteur face aux
superbes chutes . Encore un dur moment de la vie de retraité ...!
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