DEUX CENT TRENTE NEUVIEME JOUR : LE 25 JUIN 2018















                        J'avoue que la journée de nettoyage et de
rangement du camping car m'a bien fatigué et hier soir nous sommes
tombés sur le lit comme des mouches . Etant donné qu' il a plu une bonne
partie de la nuit ,  une fraicheur humide  assez désagréable règne dans
le camping car . Qu'à cela ne tienne , j'allume le chauffage : "zut , il
n'y a plus de gaz Dominique ! Tu as  dû calculer un peu trop juste
,Pierre , avec cette histoire de bateau où il faut que les bouteilles
soient vides ! Non , je crois que c'est hier en nettoyant le
compartiment du gaz , j'ai été obligé de débrancher une des deux
bouteilles pour pouvoir passer le chiffon derrière et je pense que le
système de bascule d'une bouteille sur l'autre n'est plus étanche !
C'est pour çà que ça sentait le gaz aussi fort !" C'est dur en tout cas
de se contenter d'un nescafé froid ce matin . Pas de pain grillé non
plus pour le petit déjeuner!. Déjà qu'il n'y a plus de  miel de trèfle
depuis la veille , ce matin c'est plutôt sobre ! Il faut se contenté
d'un verre de lait  et de quelques biscuits .

                    Avec la pluie battante dehors et les gros sacs de
voyages dans le passage , la vie à bord devient compliquée . Aussi dès
que nous nous sommes acquittés de la toilette , nous allons faire le
plein d'eau et les vidanges au dumping du camping . Puis nous allons
jusqu'à la réception pour récupérer notre caution en échange de la carte
à puce qui permet d'ouvrir le portail . Nous mettons alors le cap sur le
transitaire , 165 avenue Burbridge à Darmouth où nous faisons enfin
connaissance avec Kim Marriott , une canadien bien plantée et fort
sympathique, qui nous déleste quand même de 150 dollars canadiens au
passage . Nous décidons ensuite de chercher du gaz . Nous commençons par
revenir sur nos pas, presque jusqu'au camping , parce que je croyais
avoir vue une bombonne  de propane au passage . Le taulier nous indique
la station Costcow sur Country-view Drive où nous nous rendons aussitôt
. Il faut  d'abord attendre  l'ouverture à10h00 en buvant un café , puis
démonter la bouteille et faire la queue sous une pluie battante pour s'
entendre dire : " it's not the good noise , it's not the good noise
,...!" Je ne sais pas pourquoi , mais tout à coup la moutarde me monte
au nez , et je repars sans même dire au revoir à mon interlocuteur qui
reste bouche bée . Est-ce la pluie , est-ce le fait de démonter la
bouteille ,  est-ce la perspective d'un second petit déjeuner loupé , il
n'y a franchement pas de quoi s'énerver mais c'est comme ça , je n'aime 
pas  les situations d'échec , surtout lorsqu'on a l'impression qu'une
volonté supérieure a décidé de nous mettre les bâtons dans les roues .
Je crois qu'en fait c'est surtout le cafard du retour qui fait
sournoisement un travail de sape chez moi . Heureusement , Monique aidée
par sa tablette magique , nous trouve une station service équipée d'une
pompe propane à 7 bornes de là  . Ouf ! Le moral revient !

                    Nous décidons alors d'avancer vers l'aéroport pour
casser la croute au niveau de l'air de jeux pour enfants où nous avons
passé la nuit lors de notre arrivée sur Halifax : en effet  il faut
attendre 13h00 pour se rendre au guichet West Jet afin de pouvoir
récupérer nos cartes d'embarquement et ensuite déposer nos bagages à la
consigne . Comme les fonds son bas aussi bien chez les Adèle que chez
les Bories , nous décidons de manger les restes ensemble : Dominique
prépare du potage et des pâtes , Monique cuit des saucisses  venues du
sud-ouest et il nous reste un peu de pain et de fromage . Un vrai festin
! Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas : rien à voir avec les
homards d'hier , ni le foie gras et les magrets d'avant hier !
Heureusement que la dynamique de groupe compense avantageusement la
médiocrité de la météo et le manque d'originalité de la bouffe .

                    Après le café ,nous prenons la direction de
l'aéroport où notre premier soucis est de nous délester de nos gros sacs
de voyage à la consigne , installée au sous sol . Puis nous allons au
comptoir de West Jet chercher nos places. Par chance nous tombons sur
une hôtesse sympa , parlant français de surcroît , qui nous trouve des
places pour grandes jambes devant la porte de sécurité , sans supplément
de tarif . Par contre elle ne peut pas s'occuper du problème de Monique
et de Jean Marc étant donné que nous avons pris nos billets chez E-dream
et pas directement chez West-Jet  .Elle leur conseille toutefois
d'annuler deux de leurs quatre réservations pour mieux pouvoir essayer
de se faire rembourser par la suite . Une fois dégagés de nos
obligations à l'aéroport , nous rejoignons le centre ville distant de 40
bornes, pour faire quelques ultimes courses . Nous descendons ensuite au
port, car nous avons encore du travail au niveau des véhicules . Jean
Marc doit reposer sa cloison intérieure, qu'il avait fabriquait pour la
traversée Anvers-Buenos Aires ; de mon côté, je dois remettre mes barres
de défense de soute, en les enfilant par dessous le camping car , et ce
n'est pas une opération facile, surtout avec le froid polaire et le vent
glacial que nous avons sur le port . Puis il faut bloquer le tous en
boulonnant de petites plaquettes métalliques , autre opération délicate
car les écrous à serrer sont cachés entre deux tôles . Nous profitons
ensuite d'avoir du gaz ,pour nous réchauffer à bord en tapant le blog et
en préparant le repas de ce soir ,que nous prenons en commun chez nous
,par la force  des choses  : chez Jean Marc, avec la cloison, il n'y a
plus de place autour de la table . Chez nous il y a bien de la place ,
mais nous n'avons plus de table puisqu'elle est dans la soute ,qui est
condamnée maintenant ! Heureusement que Jean-Marc a encore sa petite
table de salon qui est accessible . Ce soir malheureusement il n'y a pas
de briefing étant donné que demain le cap c'est le bout du quai ! On se
contente d'un apéro , mais pas n'importe lequel puisque c'est le dernier
sur le sol du continent nord américain ! Snif , snif ...! Puis nous
finissons les restes des deux frigos , bercés par la tempête qui sévit
dehors . Un repas bien sympathique au cours duquel nous ne manquons pas
de relater quelques moments fort de notre périple de huit mois .


Commentaires

  1. C'est la fin ! vous voilà arrivés au bout de ces 8 mois de ce fameux périple . Que de souvenirs à emmagasiner . Un gros travail vous attend l'hiver prochain : classer les photos ( en fumant le cigare, ça devrait aller ...)
    En tout cas, votre blog a été très intéressant . On en a bien profité pour découvrir ce continent .
    Bonne réintégration chez vous !

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