DEUX CENT TRENTE ET UNIEME JOUR ; LE 17 JUIN 2018
































                    Conscient que nous avons une longue étape en
perspective avec 380 bornes au menu pour rejoindre Cap Breton  , je
descends faire le café de bonne heure . Par chance j'ai réussi à boucler
le blog et le transfert des photos hier , cela nous permet de prendre
tranquillement le petit déjeuner à bord , au soleil qui filtre à travers
le pare-brise, déjà haut bien qu'il ne soit que 6h00 . Il faut malgré
tout un bon coup de chauffage car dehors il y a un peu moins de 10
degrés . Après avoir fait mon petit tour sur le port désert à cette
heure , je retrouve Jean Marc qui a découvert un robinet en bout de quai
pour faire le plein . C'est à ce moment qu'un autochtone arrive droit
sur nous . Je crains le pire ! En fait c'est uniquement pour nous saluer
et aussi satisfaire sa curiosité : "ici ya pas de gin méchin  , parce
que'in est tous pêchin . Yesterday , j'me su marié : c'matin j'ai el
carafe qu'est lourde , in a pas l'habitud' d'boire  du vin nous aute !"
Et notre brave pêcheur se met à nous parler de son Acadie de façon
intarissable . "y faut surtout aller à grimpin , c'est très beau par là
, t'ne l'rfregrétera pas , il faut aller à grimpin !" Nous comprendrons
seulement en fin de matinée qu'il s'agit de la route de l'île du Prince
Edward , effectivement desservie par un grand pont de 10 km ! C'est la
première fois que nous tombons sur un autochtone qui marrie quasiment à
part égale le Français et l'Anglais .

                    Après avoir fait nos adieux à notre brave
pêcheur , nous mettons le cap sur Port Elgin afin de retrouver la grand
route . Après quelques kilomètres nous trouvons une petite route à
gauche qui nous permet de suivre  la côte de prés . Nous ne faisons que
virer à droite puis à gauche sans arrêt car ici l'océan rentre
profondément dans les terres sous forme d'étroits chenaux qui alimentent
des étangs et des marais  : nous sommes parfois obligés de les enjamber 
à l'aide de petits ponts . La terre , très rouge dans le secteur ,
teinte l'eau  au fond des baies : c'est amusant de voir le contraste
entre le bleu intense de l'Atlantique et  cette bande rouge qui suit les
moindres replis du rivage comme si celui-ci était souligné de rouge .
L'habitat est très dispersée dans le secteur, mais les quelques maisons
que nous voyons sont grandes et superbement bien entretenues . A voir la
perfection de la tonte des gazons on comprend  tout de suite que nous
sommes maintenant  en zone british : nous sommes en Nouvelle Ecosse !
Fini les drapeaux tricolores avec l'étoile jaune de l'Acadie , ici c'est
la croix bleu ciel sur fond blanc . Lorsque je m'arrête pour faire le
plein de gasoil , je suis regardé comme une bête curieuse par quatre
papy assis sur un banc : pas un ne vient "jacqueter" comme ce serait le
cas en Acadie .

                    Après avoir passé Pugwash , puis Tatamagouche ,
nous décidons d'aller visiter Pictou . A l'entrée de la ville nous
profitons de trouver enfin un supermarché ouvert le dimanche ,pour faire
quelques courses de bouche . Puis nous descendons sur le petit port où
nous avons la surprise de voir un vieux galion amarré au quai . C'est
l'Hector, qui amena en 1780 une centaine d'Ecossais ; ils  réussirent à
fonder  dans les années qui suivirent une petite colonie . Pour garder
la mémoire de ces faits historiques , la municipalité a décoré les
réverbères , d'écussons aux couleurs des kilts des différents clans
venus fonder cette colonie . Il règne une atmosphère très particulière
dans toute la ville, qui est dotée de superbes maisons en bois peint ,
surtout le long du port . Nous y retrouvons Jean Marc et Monique qui ont
d'abord fait la visite du centre historique et qui termine par les
courses, à l'inverse de nous . Comme nous avions décidé auparavant de
nous retrouver un peu plus au nord pour le repas de midi  , nous partons
les premiers . Il faut d'abord faire le sacrifice de suivre l'autoroute
sur une trentaine de bornes , pour rejoindre ensuite la N 4 et enfin
retrouver  le pittoresque de la côte . Suite à une route coupée à cause
d'un pont défectueux , nous éprouvons quelques difficultés à atteindre
le point GPS fixé ce matin par Jean Marc . Mais heureusement la
récompense est au bout : le coin est magnifique bien qu'il ait été
choisi au pif, sur l'écran de sa tablette . Nous nous installons sur une
aire parfaitement plate , spacieuse, au bord d'un superbe étang et
entourés de massifs de lupins . Que demander de plus ! En attendant que
les Bories arrivent , nous commençons à nettoyer les capélans offerts
par Raymond-Louis , le cousin de Jean Marc , lors de notre passage chez
lui à Dolbeau . Dès que tout le monde est là , nous installons les
salons de jardin , la plancha et Monique attaque aussitôt la cuisson des
poissons . La friture de capélans se révèle d'autant plus divine que le
cadre est à la hauteur de l'événement et le soleil au rendez-vous .
Après le café nous nous octroyons un petit repos  en terrasse , histoire
de prolonger un peu ce  grand moment de bonheur.

                Nous reprenons la route d'abord vers le nord en
suivant la côte puis vers l'Est en coupant à travers la péninsule pour
raccourcir un peu l'étape . Une fois sur l'île de Cap Breton la route se
met à suivre le bord des falaises pour nous offrir de magnifiques
panoramas jusqu'à Judique où nous trouvons un superbe squatte niché
entre un petit port de pêche et une belle plage de sable blond . Après
avoir préparé un sauce à l'américaine pour les homards que Dominique
décortique , je m'attaque au blog en attendant l'heure du briefing . Sur
la plage des autochtones s'activent autour d'un feu de camp afin d'y
griller leur repas .




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