DEUX CENT QUINZIEME JOUR : LE 1 ER JUIN 2018
































Ce matin nous nous réveillons sur les berges de la
Rivière des Français ,noyées dans une nappe de brouillard , à travers
laquelle filtre une lumière blafarde . La silhouette des arbres semblent
se dérober dès qu'on les fixent du regard, au gré du souffle de la brise
qui effiloche les nuages . On se croirait vraiment dans un film à la
Hitchkoch , au point que nous ne serions pas étonné de voir arriver
Anthony Perkins , les yeux exorbités et les mains tachées de sang,
sortir de derrière un buisson ! A coups de sur-exposition , j'essaie de
fixer le tableau du mieux que je peux : et vas -y que je réduit d'un
diaphragme , non c'est pas assez c'est un et demi qu'il faut carrément
,c'est vrai que le soleil commence à filtrer , maintenant ! Dire qu'hier
soir , le taulier proposait de m'y baigner ! Par forfanterie je lui
expliquais que la veille nous avions nagé dans le Lac Supérieur : il
était vraiment épaté par notre courage !
Bien que nous soyons en solo ce matin , nous
gardons quasiment les mêmes horaires : réveil à 5h30 , petit déjeuner
dans la foulée , puis préparatifs habituels pour un départ vers 7h00 .
Sur la French River on entend déjà des bruits de moteur sans pour autant
apercevoir les embarcations , cachées dans la brume , toujours aussi
épaisse . Les pêcheurs ,c'est comme les moustiques , rien ne les arrête
, pas même les caprices de la météo : ils sont toujours aussi nombreux
qu'hier soir et aussi virulents , du moins autour de Dominique . Moi ,
ils m'ignorent et ça me va très bien comme ça ; par contre il n'en va
pas de même avec les tiques , j'en ai retrouvé une au bout de 24h00
au moins sous mon bracelet montre , résultat j'ai eu un mal de chien à
l'extraire .
Dès que nous émergeons des bois , nous reprenons
la grand route à gauche , vers le sud , en direction de Niagara Falls .
Nous suivons les berges de Georgian Bay qui fait partie du Lac Huron ,
un des cinq géants des USA (Supérieur , Ontario , Erié , Michigan et
Huron comme on apprenait à l'école) . De la route nous dominons de
jolies criques rocheuses , bordées de forêts de sapins où se nichent de
petits ports de pêches . Sur la rive s'alignent des chalets en rondins
à proximité des pontons de bois . Lorsqu'il s'agit de l'estuaire d'une
rivière , on remarque même des autochtones venir faire des échanges
commerciaux à bord de petites embarcations chargées jusqu'à la gueule .
C'est curieux de découvrir toute cette vie lacustre, au milieu de
l'immense forêt canadienne ,qui les coupent du reste du monde . Pas
étonnant qu' ici on vit en autarcie . Avec les rayons du soleil , enfin
levé , les couleurs des bateaux tranchent sur les eaux noirâtre tant
elles sont tourbeuses . Résultat, nous faisons une succession d'arrêts
photos ,étant donné que nous ne sommes pas pressés aujourd'hui , nous
n'avons que 430 bornes au menu . Et puis les Bories viennent d'envoyer
un sms en précisant qu'ils ne pourrons pas partir avant 10h30-11h00 de
Sudbury , donc pas besoin de courir ! Nous traversons un petit parc dont
le nom fait rêver , le Sturgeon Bay Provincial Park . Ca sent le
caviar à plein nez , tout ça !! Hier , le taulier du camping en nous
montrant la photo de ses trophées de pêche, nous avait expliqué qu'il
s'agissait surtout d'esturgeons .
Nous nous régalons ainsi des paysages jusqu'à
Barrie ,où nous devons sortir de l'autoroute pour faire le plein de
gasoil . Eh oui ,ici il n'y a pas de station service sur la South Higway
400 , ce n'est vraiment pas pratique . De même , qu'il n'y a pas d'aire
de repos : tout à l'heure , nous avons dû prendre une petite route sur
le côté pour faire notre pause café de 9h30 . A partir de Barrie, nous
commençons à traverser une zone très urbaine qui réunit un paquet de
grandes villes, telles que New York(canadien) , Scarborough , Toronto ,
Etobicoke et Missisauga . La circulation devient très dense mais nous
n'avons pas de bouchon , juste quelques ralentissements au niveau des
énormes noeuds autoroutiers . Il y a des bretelles qui passent par au
dessus , par au dessous de nous : c'est gigantesque . Par contre, nous
sommes très déçu par la qualité de l'architecture ; ici il n'y a que des
tours cubiques . Rien à voir avec les jolis buildings aux formes
odacieuses de Calgary, fait de verre et d'acier . Ici , c'est le domaine
du béton .Il faut attendre Hamilton , puis Sainte Catherines pour
recommencer à revoir un peu de verdure . Nous arrivons à Niagara Falls
vers 13h00 où nous trouvons notre camping Koa sans difficulté grâce au
GPS qui nous amène devant la porte . Moyennant 120 dollars canadiens
nous retenons deux nuits . Nous nous installons au milieu de camping
cars monstrueux , notre sept mètres quarante paraissant bien minus parmi
ces monstres de plus de 12 mètres avec au moins trois slides qui en
doublent la largeur . Après avoir pris le repas en terrasse , Dominique
profite du confort de ce camping de luxe pour attaquer une grande
lessive pendant que je commence la rédaction du blog . Mon immobilisme
devant l'écran doit plaire aux écureuils car les voilà tous qui
viennent tous nous voir . Dominique en profite pour leur tirer le portrait .
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