DEUX CENT QUARANTIEME JOUR : LE 26 JUIN 2018




























                    On ne peut pas dire que le parking du port soit le
squatte le plus calme que nous ayons eu  ces derniers temps . Dès 4h00
du mat c'était "ambiance périphérique à 18h00 " ! De gros  camions qui 
font crisser leurs pneus en manoeuvrant , des chariots élévateurs qui
passent et repassent , précédés de leur inimitable "bip ...bip ...bip
....!", des énormes pick-up avec leur moteur V8  surdimensionné qui
grognent sourdement, du personnel au sol qui hurlent d'un bout à l'autre
du parking , rien n'échappent à nos oreilles tendues de gens réveillés
en sursaut . Par chance l'effervescence finit par se calmer , à moins
que ce ne soit  tout simplement la fatigue qui nous fait replonger dans
les bras de Morphée , en tout cas ce qui est sûr c'est que nous scions
du bois jusqu'à 6h30 . Quel bonheur d'avoir pu faire le plein de gaz
hier afin de pouvoir préparer un café ce matin . Nous pouvons même
griller notre pain , le luxe ! Puis nous nous attaquons aux derniers
préparatifs : d'abord  nous profitons de la proximité d'une bouche
d'égout pour faire discrètement nos vidanges en positionnant les deux
camping cars de part et d'autre de la grille . Ensuite nous mettons du
Micropure dans la réserve d'eau qui risque de subir des pointes de
température à 50 degrés d'après Janette . J'entortille les sièges avant
de film alimentaire pour en protéger le cuir des salopettes graisseuses
des dockers . Il faut aussi protéger le sol avec du carton ondulé dont
nous avons retrouvé un rouleau  il y a deux jours en faisant la grande
toilette de notre maison roulante . Ensuite nous nous attaquons au frigo
dont il faut bloquer les portes entre- ouvertes  par des morceaux de
mousse avant de les immobiliser avec des sangles .Je ne me souvenais
plus que nous avions eu  autant de boulot pour préparer le véhicule pour
la traversée de l'Atlantique , même si cette fois il ne naviguera que 12
jours au lieu de cinq  semaines comme à l'aller .

                    Vers 8h00 ,nous décidons d'avancer jusqu'à la
barrière indiquée par les employés lors de notre premier passage au 
port . Un responsable  , après avoir vérifié notre identité en nous
examinant nos passeports  ,nous demande de porter nos vestes fluo quand
nous serons sur les quais et d'y agrafer un badge " visiteur" .Ensuite
son collègue grimpe à bord d'un gros pick-up pour nous escorter jusqu'au
niveau d'un grand parking où nous stationnons devant le bureau des
douanes . Nous y retrouvons un couple de jeunes Français qui finissent
également un périple de onze mois avec leurs trois enfants et leur chien
. En l'espace de trois quart d'heure les formalités sont réglés et le
gros pick-up vient nous rechercher pour nous déposer à l'entrée du port
; on nous appelle même un taxi qui arrive dans les cinq minutes  . Tout
est huilé comme ce n'est pas possible d'imaginer , et tout ça avec le
sourire et dans la bonne humeur . Nous n'en revenons pas après toutes
les tracasseries que nous avons connu au niveau de la plupart des autres
frontières passées lors de notre périple que ce soit en Amérique
Centrale ou en Amérique du Sud .

                    Nous nous faisons déposer devant le musée de la
marine après avoir fixé rendez vous à notre chauffeur pour 15h00, au
même endroit . Nous avançons alors jusqu'au centre d'information situé
sur le port de plaisance , à deux pas d'ici , histoire de récupérer un
plan de la ville . Nous décidons de suivre les quais vers le sud .
Plusieurs vieux voiliers y sont amarrés . Une petite ile dotée d'un
phare blanc à toit  rouge et d'une forteresse, occupe le milieu de la
rade  où nous assistons à l'arrivée d'une régate de hauturiers . Nous
découvrons également un peu plus loin, de curieux navires de pêche ,type
gros chalutier, avec un plus petit bateau incliné sur leur tableau
arrière . Je me demande si ce ne sont pas des embarcations spécialisés
dans la pêche à la morue . Nous visitons ensuite des halles où les
fermiers de la région peuvent venir vendre leur production . Nous y
faisons une petite pause car Jean Marc a reçu un message de E-dream
toujours concernant son affaire de remboursement de billets d'avion qui
se présente plutôt mal . En revenant ensuite sur nos pas , nous trouvons
un restaurant installé sur le port qui nous plait . On nous sert  en
entrée des moules  au vin blanc et au poivron suivies de pâtes aux
fruits de mer .

                    Après une petite demi-heure d'attente , calés dans
des relax en bois, sur le trottoir en face d'une distillerie de rhum ,
au soleil , eh oui ça existe à Halifax , notre chauffeur vient nous
chercher comme prévu . Après avoir emprunté le grand pont Mac Donald qui
enjambe la rade , payant aussi comme son homologue le Mac Kindley que
nous avions pris il y a deux jours , nous traversons des quartiers
résidentiels qui s'effilochent entre les nombreux lacs que compte la
ville . Notre chauffeur nous explique au passage, que l'hiver, les
autochtones font du patin sur le Dollar Lake dont nous longeons les
rives actuellement  . Une fois parvenus au terminal de l'aéroport , nous
commençons par récupérer nos bagages en consigne , avant de les peser
pour mieux répartir la charge et éviter la surtaxe . Pendant que je
m'occupe un peu du blog , les autres vont récupérer les cartes
d'embarquement  et essaient une ultime démarche de remboursement des
billets en surnombre . Puis Dominique et Monique se lancent dans une
interminable partie de rami pendant qu'avec Jean Marc nous essayons de
profiter de la wifi de l'aéroport pour envoyer les blogs .
Vers 19h00 nous allons casser la croute dans le seul troquet de
l'aéroport où l'on puisse boire de l'alcool , histoire de prendre une
bouteille de blanc de Nouvelle Ecosse en guise d'apéro avec des calamars
panés . Le "fish and chips" que nous commandons ensuite se révèle très
fast food . Il ne nous reste plus qu'à passer la police où nous sommes
bien fouillés pour rejoindre ensuite notre salle d'embarquement tout en
traversant la zone duty free qui n'a rien d'alléchante . Il n'y a plus
qu'à espérer trouver le sommeil malgré l'inconfort des fauteuils d'avion .


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