DEUX CENTIEME JOUR : LE 17 MAI 2018































                    Eh oui ,déjà... ! Nous n'avons vraiment pas
l'impression d'avoir bourlingué depuis autant de temps ! Ce n'est
qu'après réflexion que nous voyons défiler toute cette farandole de
pays  laissés derrière nous , que nous prenons conscience que la France
nous parait bien loin . Aujourd'hui nous avons décidé d'explorer la côte
de l'Orégon qui a une excellente réputation selon les guides . Les
Bories comme les Gruffat ne partagent pas trop notre enthousiasme ,
aussi ils envisagent de grimper directement vers le nord pendant que
nous allons nous offrir une boucle sud d'une centaine bornes pour
revenir sur nos pas jusqu'à Newport et rejoindre le reste de la troupe
du côté de Seaside en fin de journée . Ce matin il y a toutes les
vidanges à faire ainsi que le plein d'eau avant le départ , histoire de
profiter à fond du confort du camping . J'utilise même leur wifi pour
envoyer le blog .

                    Comme il est déjà presque 8h00 lorsque nous
quittons le camping , nous décidons de passer par le port de pêche où
nous sommes accueillis par les aboiement des phoques et des lions de mer
alignés sur les rochers qui servent de soubassement à la jetée .; il
parait qu'à cette heure on peut acheter des tourteaux vivants sur le
dock numéro 5 ,au capitaine du bateau Orca .Après avoir tiré une belle
série de clichés de chalutiers et arpenté les quais dans tous les sens ,
nous levons le camp sans avoir pu acheter quoi que ce soit .De vieux
autochtones profitent de la marée basse pour gratter avec un râteau les
hauts fonds sableux du port à la recherche de coquillages: des palourdes
, des coques et des clams . D'autres cueillent des moules sur la partie
émergée des rochers . Après avoir récupéré le camping car , nous prenons
la direction du sud vers Florence .Pour cela , il faut franchir un
énorme pont qui enjambe toute la baie .; ce qui nous permet de découvrir
le long chenal qui mène à l'océan , la plage de Newport et plusieurs
autres campings que notre "Harbor Village "préféré . A peine avons-nous
retrouvé le plancher des  vaches que nous découvrons de magnifiques
maisons en bois ,construites sur une étroite bande de terre ,coincée
entre l'océan et une lagune envahie de roseaux et d'arbres morts qui se
mirent dans l'eau : c'est vraiment un cadre  idyllique que les
propriétaires ont du payer un max à en juger par la taille et le luxe
des demeures .

                   La 101 se met alors  à grimper dans une forêt de
pins d'Orégon pour déboucher sur un vaste plateau qui tombe à-pic sur
l'océan : nous nous arrêtons au bord des falaises pour admirer les
rochers déchiquetés par l'érosion ,là-bas tout en bas, le long de la
plages . Beaucoup d'autochtones s'y activent pour cueillir des paniers
de moules : un vieil amerloque  ,installé à coté de nous sur le parking
,me demande mon appareil photo pour voir si son copain est bien sur la
plage en  utilisant le zoom comme une longue vue , puis il détale comme
un fou ! Curieux personnage ! En continuant vers Waldport , nous
multiplions les arrêts photos , perchés en haut des falaises , admirant
les gerbes d'écume qui recouvrent inlassablement les rochers à chaque
assaut de la houle . Par moment nous assistons aussi au ballet ces
phoques qui montrent leur numéro d'acrobatie dans les vagues tout en 
aboyant à tue-tête . Après avoir traversé la baie de Waldport sur un
pont qui peut rivaliser avec celui de Newport , séparant le vieux port à
gauche de l'océan à droite , nous regrimpons sur un plateau qui offre
une série de panoramas à couper le souffle sur la côte déchiquetée .
Nous laissons  à plusieurs reprises le camping car au parking pour
emprunter de petits chemins  qui descendent parmi des buissons couverts
de fleurs  roses et longeant des pare-terres d'iris mauves : on découvre
un vaste plateau rocheux dans lequel l'érosion a taillé trois étroits
chenaux d'une cinquantaine de mètres de long , perpendiculairement à la
côte . Lorsque la houle pénètre dans ces étroits couloirs , nous
assistons à une explosion d'écume qui jaillit jusqu'à trois ou quatre
mètre de hauteur  .Mais le pire reste à venir , lorsque la houle
rebondit au fond de la nasse et revient sur ses pas pour affronter de
face la vague suivante qui a pénétré dans le corridor .Le grondement est
terrible au point que nous sentons le sol vibrer sous  nos pieds . Nous
restons là un moment à regarder ce phénomène cyclique et admirer les
dégoulinures d'écume qui strient la paroi rocheuse ,  tout le long du
corridor . L'appareil photo est mis à rude contribution .

                A partir de Yachats , où nous achetons deux pains
rustiques dans une Backery pour 14 dollars , la route est carrément
taillée dans la falaise .La forêt de pins d'Orégon vient brusquement
mourir à la limite du vide . C'est amusant de voir comment le vent a
sculpté les plus hardis, qui restent accrochés au bord : ils prennent
souvent une forme de casquette . Ici les arrêts photos deviennent
difficiles à cause de l'étroitesse des lieux, empêchant souvent le
stationnement . Pour les plus courageux des sentiers sont aménagés tout
le long de la côte, jusque un peu avant Florence . Là , brutalement les
rochers et les falaises laissent la place aux dunes sur lesquelles des
bouquets d'oyats ondulent dans le vent . Arrivés à Florence, nous
arrêtons pour faire le plein de gasoil et nous enchainons avec les
courses de bouche étant donné la proximité des supermarchés. Comme il
est presque midi , nous décidons d'arrêter là notre descente vers le sud
, laissant derrière nous les grandes dunes de la région de Reedsport qui
doivent ressembler à celle du Pilat avec leur soixante mètres de hauteur
. Au retour nous arrêtons sur le front de mer de Yachat pour casser la
croûte : nous y faisons la connaissance d'Elisabeth et de sa copine :
c'est une française  , originaire de Lyon qui s'est marié avec un
américain de Portland et qui  vit donc ici , aux USA, depuis  l'âge de
22 ans . Comme notre périple les enchantent , nous leur montrons la
carte du Paris-Pékin-Istambul affichée sur la porte de la soute et là
c'est l'explosion :"oh my god ...oh my god ...c'est extraordinaire ,
moi  je ne connais que la Turquie et l'Inde !" Après avoir discuté plus
d'un quart d'heure ensemble , nous échangeons nos  adresses mails .

                Résultat, il est près de 14h00 lorsque nous reprenons
la route . Arrivés à Newport , nous prenons cette fois la 101 vers le
nord .Arrivés à Yaquina , nous arrêtons au belvédère pour admirer un
immense cap qui pénètre loin dans l'océan et pour photographier la
magnifique découpe de la côte que le soleil éclaire enfin , mettant en
valeur l'ocre des falaises : on ne peut pas dire qu'il nous ait pas fait
mal aux yeux depuis ce matin! Avec   en plus le jaune vif des genets en
fleurs au premier plan , c'est superbe . Malheureusement la route
s'éloigne ensuite du bord de mer : j'en profite pour refiler le volant à
Dominique pour commencer à taper le blog dans des conditions difficiles
car il y a beaucoup de virages . Heureusement que nous avons fait la
côte sud , le nord de Newport est vraiment décevant  comme nous avez
prévenu le guide Michelin .De temps en temps  , lorsque le Pacifique
pointe à nouveau le nez , je relève la tête pour prendre en photo une
série d'éperons rocheux par exemple ou bien un pittoresque petit port de
pêche très coloré , mais ça ne casse pas trois pattes à un canard quand
même . Arrivés à Seaside , nous avons la surprise de constater que le
parking prévu pour notre hébergement n'est pas valable . Roger , arrivé
sur site un peu plus tôt a commencé à prospecter . Jean Marc est encore
en route . Pour finir nous nous retrouvons tous sur un RV (parking) un 
peu tristounet mais qui a le mérite de ne coûter que 25 dollars la nuit.
Ce soir c'est briefing-apéro chez Roger .

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