DEUX CENT UNIEME JOUR : LE 18 MAI 2018































Malgré la médiocrité du camping et la
proximité de la grand route , nous passons une nuit très calme .Le fait
d'être au bord du Pacifique apporte une relative douceur qui nous
dispense de mettre le chauffage ce matin .Ici , pas de départ aux
aurores , personne ne travaille dans le campement , il n'y a que des
épaves parmi les véhicules ainsi que parmi leurs propriétaires ! Après
avoir envoyé le blog grâce au modem du téléphone de Dominique car ici il
n'y a pas de Wifi , nous essayons de joindre notre fille, Nathalie, sur
Skype , sans résultat .Après le mini briefing du matin où Jean Marc
nous annonce qu'il va changer les pneus avant complétement lisses , nous
décidons d'aller faire le plein de gaz à la station voisine où nous
tombons sur un grand gaillard à cheveux longs , tatoué de la tête aux
pieds et barbu à souhait ,complétement shooté . Comme ses bras
s'agitent frénétiquement ,dans tous les sens , il malmène mon
branchement comme jamais au point de risquer d'arracher la patte de
fixation . Je suis surpris que nous arrivons à en mettre 5 gallons soit
20 litres : le réservoir devait être presque vide bien que nous ayons
fait le plein à Custer il y a 9 jours . C'est le chauffage de ses
derniers jours en montagne qui a du pomper beaucoup !
Après avoir fait aussi le plein de gasoil ,nous
prenons la direction d'Astoria :c'est la première ville qui fut fondée
sur la côte ouest et qui fit longtemps office de comptoir pour les
fourrures ramenées par les trappeurs . En 1804 Thomas Jefferson , le
président de la République de l'époque, demanda à Clark et Lewis ,
d'aller explorer la route de l'ouest depuis la Louisiane, en commençant
par descendre le Mississippi ,puis en continuant jusqu'à la côte
pacifique où ils créèrent le fort Clatsop en 1805 à Astoria . En route
ils échangèrent des chevaux avec les indiens Shoshone et apprirent même
à construire des canoés avec les Nez Percés . L'un d'eux mourut au
cours du retour ,de façon accidentelle ,et l'autre rentra en 1806 en
Louisiane . Après une quinzaine de bornes , nous longeons le port
d'Astoria . En levant les yeux ,la première surprise est de découvrir le
plus grand pont fabriqué en treillis du Monde ,qui enjambe la baie,
pour desservir Long Beach . Après l'avoir pris en photo sous toutes les
coutures , la seconde surprise toujours en regardant en l'air ,est la
Grande Colonne construite au sommet d'une colline qui domine la ville .
En y grimpant par des rues aussi pentues que celles de San Francisco
,nous découvrons de magnifiques maisons en bois peintes de couleur vives
et dotées d'admirables jardins débordant de rhododendrons . Je suis
obligé de passer en boite manuelle et de mettre en seconde pour
atteindre le petit parking payant (5 dollars) au pied de la colonne .
Celle-ci est décorée d'une fresque peinte en spirale, qui retrace
l'histoire de la région depuis les indiens natifs jusqu'à nos jours .
La vue sur le port et surtout sur l'immense pont est saisissante . De
l'autre côté on a également un joli panorama sur la lagune et les
forêts de pins qui s'étendent à perte de vue . La descente se révèle
aussi impressionnante que la montée ,avec l'eau du port au bout du
toboggan .
Nous grimpons maintenant la rampe d'accès au
monstrueux pont d'où la vue sur la ville et sur la baie sont magnifiques
. Arrivés sur l'autre rive, nous nous mettons à suivre la côte. L'océan
en se retirant, à marée basse ,a laissé derrière lui de vastes plages
limoneuses que des autochtones ratissent à la recherche de coquillages .
Par endroit des bâches , oubliées par la marée, offrent un parfait
miroir aux nuages qui courent dans le ciel .Nous prenons à gauche une
petite route qui mène au Cap Dissapointment où nous faisons une petite
ballade à pieds parmi les genets jusqu'au phare . Nous reprenons le
camping car pour aller dans le petit port de pêche de Llawaco afin d'
acheter des huitres et un tourteau vivant . Nous continuons ensuite sur
Long Beach où nous trouvons enfin les vraies Hama Hama , c'est à dire
les grosses huitres recommandées par Elisabeth de Portland hier . Nous
achetons également des palourdes et de l'ail pour les préparer . Nous
croisons Monique et Jean Marc qui ont fini par trouver un garagiste ,
ici à Long Beach, pour changer leurs pneus avants , ceux de ce matin à
Seaside ayant tous refusé les uns après les autres .
Comme Oyesterville (la ville des huitres ) est
malheureusement à 20 miles , à l'autre bout de la presqu'île , nous
décidons de laisser tomber et de reprendre notre route vers Port Angeles
. Il faut commencer par rebrousser chemin jusque Ilwaco pour retrouver
la route de Raymond et d'Aberdeen . Nous traversons alors une zone où
les paysages marins et ceux de montagnes se mélent curieusement : les
plages de limon et les bâches laissées à marée basses côtoient les
sapins de la forêt . Sur des chenaux restés en eaux , les barques à fond
plats des ostréiculteurs charrient leur précieux chargement d'huitres .
Un peu avant Aberdeen nous tombons sur Claire et Roger arrêtés au bord
d'une lagune , occupés à ouvrir des huitres sur la table d'une aire de
pique-nique . Nous décidons de les rejoindre pour en faire autant : dix
minutes plus tard nous voilà attablés face au lac , à déguster un
plateau de hama hama qui se révèlent excellentes .Encore un dur moment
de la vie de retraité !
Après le café pris en terrasse malgré les 14 degrés
affichés par le thermomètre ,nous continuons notre route vers le nord en
laissant Seatle , la capitale de l'Etat de Washington , sur la droite ,
pour monter à travers la péninsule Olympique tout en suivant la baie de
Puget-Sound . Ici aussi les sapins de montagne et les genets descendent
jusque sur les berges du golfe pour notre plus grand plaisir , se mirant
à souhait dans les eaux calmes du bord .Chaque cap , chaque crique
occasionnent des arrêts photos qui se succèdent à un rythme infernal
jusque Port Angeles . Là , nous allons directement sur le port pour
trouver l'embarcadère des ferry qui desservent l'ile de Victoria , qui
appartient au Canada . Eh oui , dès demain , nous faisons nos adieux aux
States ! Même pas trois semaines , c'est court pour un si grand pays .
Après renseignement pris concernant les horaires et les prix du passage
, nous obtenons le droit de rester le long du port pour la nuit , c'est
super ! D'autant plus que demain nous comptons traverser pour 7h00 du
matin . Ce soir c'est nous qui sommes de briefing-apéro , aussi
Dominique se dépêche de d'ébouillanter le tourteaux pour demain et de
faire la fricassée de palourde à l'ail pour ce soir avant que le Bories
et le Gruffat nous honorent de leur visite .
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