DEUX CENT TROISIEME JOUR : LE 20 MAI 2018





























Hier soir nous avons décidé de nous lever tôt pour
descendre au port dans la foulée , histoire de se positionner dans les
files d'attente devant le ferry qui dessert Vancouver . Cela nous permet
de prendre notre ticket à 5h30 pour un départ une heure plus tard . Nous
pouvons ensuite faire notre toilette tranquillement et prendre le petit
déjeuner sur le parking . J'ai juste le temps d'aller fermer les
bouteilles de gaz et de coller la banderole de sécurité sur le
compartiment avant de stationner le camping car dans la cale . Nous
gagnons ensuite le pont supérieur pour nous installer dans le salon
avant , juste derrière les hublots pour assister à la manoeuvre de
sortie de port . Comme les jours précédents ,le ciel plombé laisse à
peine filtrer quelques rayons de soleil , faisant courir des halos de
lumière sur la surface grise de la mer , à peine ridée . Aujourd'hui la
traversée de Nanaimo à Vancouver est deux fois plus longue que celle de
Port Angeles à Victoria ; nous en prenons pour plus de deux heures, que
nous occupons en tapant et en envoyant le blog , en allant faire un tour
au duty-free , en allant balader dans les coursives ou en tirant
quelques clichés sur le pont .
Après avoir contourné un chapelet d'iles , nous
commençons à voir la côte nord de Vancouver , très montagneuse et
couverte de forêts de sapins . Nous débarquons vers 8h30 dans une petite
crique très sauvage où nous prenons aussitôt une petite route , la 99 ,
qui monte vers le nord ouest , en direction de Squamish .Nous grimpons
aussitôt à flanc de coteau cette chaussée très pentue , creusée dans la
paroi rocheuse qui tombe à-pic dans l'océan . Malgré un léger crachin le
paysage se révèle très joli , avec des nuages de brouillasse qui
s'effilochent au dessus des sapins ou à la surface de petits fjords.
Les arrêts photos sont quasi impossibles à cause du manque de
stationnement . Un peu avant Squamish ,nous arrêtons pour aller voir la
cascade Shannon ; Nous y sommes rejoints par Claire et Roger avec qui
nous grimpons le petit sentier qui mène au pied d'une immense chute
d'eau , tombant en ligne brisée . Autre particularité , ses embruns
vernissent la falaise de roche volcanique déjà polie par l'érosion .
Bien que la lumière soit un peu timide ce matin , le résultat est de
toute beauté .
A peine avons-nous repris le camping car que nous
nous arrêtons pour faire notre premier plein de gasoil canadien : ici on
peut mettre directement la carte de crédit dans la pompe mais il faut
choisir des tranches de 25 dollars , donc évaluer auparavant ce dont on
a besoins . Résultat nous y allons progressivement ,une tranche à la
fois ; c'est un peu plus long mais au moins on ne gâche pas . Le litre
de gasoil est à un peu moins d'un euro , apparemment . Nous en profitons
pour faire le plein d'eau et Dominique achète aussi une carte routière
du Canada . Nous reprenons la route en direction de Whistler ; entre
deux averses , nous essayons de prendre quelques photos du magnifique
torrent dont nous suivons la vallée depuis un bon moment . Puis nous
arrêtons à la seconde cascade proposée dans les guides appelée
Brandywind où cette fois nous arrivons juste derrière Roger. Un rangers
un peu tatillon nous fait changer de stationnement car nous faisons
mauvaise figure sur le parking réservé au voiture ! Un petit sentier
assez court débouche au bord d'un abime à faire deux pas en arrière dès
qu'on approche un peu trop du bord . Sous une voûte naturelle , nous
tombons nez à nez avec une énorme chute d'eau offrant de magnifiques
reflets verts au niveau de l'épaule .
Nous traversons ensuite Whistler qui se révèle
être une station de sport d'hiver sans caractère particulier au niveau
architectural . Ce qu'il y a de curieux c'est que nous sommes à 500 m
d'altitude au bas des pistes . On voit que nous sommes dans une zone
froide du globe car nous sommes pratiquement à la latitude de Bordeaux
, c'est à dire à proximité du 45 ème parallèle . Nous continuons notre
progression vers le nord Est pour tomber sur la troisième cascade,
appelée Nairn ,un peu avant Pemberton . Un premier arrêt sur le bord de
la route à droite nous permet d'en voir l'épaule puis nous continuons
sur deux bornes avant de tomber sur le parking où Jean Marc est déjà
stationné . Roger et Claire arrivent juste derrière nous cette fois . Il
faut emprunter un petit sentier qui court à travers bois le long du
torrent sur 1,5 kilomètres : nous admirons au passage quelques beaux
spécimen de pins Douglas dont certains sont à moitié tombés sur la
rivière . La randonnée se termine par la traversée d'un pierrez puis
l'escalade d'une vaste plage rocheuse inclinée à 30 degrés.Heureusement
la récompense est à la hauteur de l'effort : le spectacle est vraiment
grandiose . Entre de hautes parois rocheuses à peine distante de cinq ou
6 mètres ,les flots tumultueux du torrent s'engouffrent pour tomber
cinquante mètres plus bas , virer à quatre vingt dix degrés pour
repartir vers un second plongeon un peu moins haut ,dans un nuage
d'embruns gigantesque . Un autre accès permet d'atteindre la seconde
épaule pour un spectacle aussi époustouflant, avec les vibrations du sol
en plus .
Comme il est presque 13h00 lorsque nous revenons
au parking , Claire et Roger décident de manger sur place comme Monique
et Jean Marc . L'endroit étant trop animé et surtout sans vue , nous
préférons avancer un peu pour essayer de trouver mieux . Pour finir
nous galérons car les coins ne se bousculent pas et nous tombons même
dans le bouchon occasionné par un rodéo . Nous finissons par trouver un
coin sympathique au bord d'un lac où j'installe la table dehors , au
soleil pour déguster les dernières huitres hama-hama qui restent dans
le frigo . Deux vieux indiens venus pêcher , après m'avoir observé un
bon moment à manger mes cailloux, viennent me questionner sur notre
périple . Pendant que nous prenons le café dehors au soleil en admirant
le lac entouré de sommets neigeux , Claire et Roger passent pour nous
prévenir que Monique et Jean Marc se sont arrêtés au rodéo et qu'il
serait prudent de raccourcir l'étape prévu jusqu'à 70Miles House ,
curieux nom pour un patelin ! Du coup nous décidons de nous arrêter à
Cache-Creek , histoire de gagner 60 km pour leur permettre de nous
rejoindre ce soir .
Le soleil étant enfin de la partie , nous pouvons
enfin jouir pleinement des paysages de montagne où se bousculent lacs ,
torrents , sommets neigeux et forêt de sapins . Nous arrivons vers 17h30
à Cache Creek où notre premier soucis est de faire le plein de gasoil .
Puis nous trouvons un resto qui peut nous offrir une table pour six ce
soir et qui nous permet de dormir sur son parking moyennant 10 dollars
par camping car . Après le repas nous nous retrouvons chez Roger pour
clôturer nos sept mois de vie commune une coupe à la main .
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