DEUX CENT QUATORZIEME JOUR : LE 31 MAI 2018




























Un violent orage nous réveille vers 4h00 du
matin , nous obligeant à nous lever pour fermer les trois aérateurs de
toit . Par chance la fatigue occasionnée par la trans-canadienne a vite
fait de nous replonger dans un sommeil profond . Heureusement que ce
matin le bruit de la N17, avec les nombreux gros camions qui passent à
proximité ,me réveille vers 5h30 . Ce n'est pas très motivant de se
préparer si tôt lorsqu'il pleut et que le ciel est plombé comme jamais à
tel point qu' il fait presque nuit noire dehors! C'est vraiment dommage
de ne pas pouvoir profiter d'une aire de pique nique aussi jolie ,avec
de grands arbres et une petite plage de sable blanc tirant sur le rose
à cause de la présence de rochers de granit de la même couleur . Nous
avons bien fait d'en jouir pleinement hier soir en nous baignant dès
notre arrivée et en prenant ensuite l'apéro face au large, tout en
préparant l'étape suivante .
Comme Jean Marc n'a pas beaucoup de gasoil et
qu'il reste 150 bornes pour sortir du parc , nous décidons de le suivre
au cas il tomberait en panne sèche . Malgré le va et viens des essuies
glaces nous pouvons quand même contempler la côte du Lac Supérieur qui
n'a certes plus le même éclat qu'hier mais qui reste sympathique avec
des nuages de brume accrochés sur les rivages rocheux , laissant juste
dépasser la cime des grands sapins . C'est féérique! Par contre, côté
grand large , c'est complétement bouché : un mur de brouillard très
dense empêche même de voir la surface du lac . Au bout de 75 km , Jean
Marc trouve enfin une station service ,fermée malheureusement .Comme il
est à peine 7h45 , il attend l'ouverture pour qu'on lui dise que la
pompe à gasoil est défectueuse . Nous continuons donc en direction de
Sault Sainte Marie pour en trouver enfin une autre ,ouverte et équipée
d'une pompe à gasoil qui fonctionne cette fois . Pendant ce temps , avec
Dominique, nous achetons du poisson, fumé de façon artisanale : d'après
la taulière de la pompe, ce serait de la truite rose du Lac Supérieur .
Un peu plus loin, nous tombons sur une zone de travaux assez longue à
,traverser où la route s'est muée en piste caillouteuse complétement
défoncée . Juste à la sortie de ce passage délicat, nous voyons
Monique sur le bas côté entrain de nous faire de grands signes . Un
peu plus loin nous apercevons son camping car stationné sur le bord d'un
chemin . Jean Marc vient d'éclater le pneu arrière gauche : celui-ci
est en lambeaux et la jante est cassée . Un groupe de cantonniers
s'affaire déjà autour du véhicule pendant que Jean Marc supervise .Comme
sa soute est particulièrement encombrée , je lui propose de sortir mon
cric , plus accessible que le sien . Comme les ouvriers ont tout leur
matériel de chantier et surtout qu'ils sont en tenue adéquate pour se
coucher dans la boue , ils finissent le dépannage en sortant même la clé
pneumatique et le compresseur pour regonfler la roue de secours .
Une fois que Jean Marc les a remercié en leur
offrant une bouteille de vin , nous reprenons la route de Sault Sainte
Marie où nous nous mettons en quête d'un marchand de pneu : au Walmart
, ils n'en ont pas mais ils nous conseillent d'aller chez Kal Tire,
installé un peu avant sur la zone commerciale , comme nous l'avions vu
au passage ,tout à l'heure . Là non plus, malheureusement , ils n'en ont
pas sur place, mais le modèle est disponible à Québec où nous devons
passer , mais seulement dans six ou sept jours ! Cette fois nous
reprenons ensemble la N17 mais de façon plus rapprochée car ils n'ont
plus de roue de secours . La longue ligne droite de l'autoroute parait
encore plus monotone avec la grisaille et et le battement régulier des
essuies glaces . Après une heure de route Jean Marc nous trouve une aire
de pique nique sur la gauche . Nichée dans les arbres , l'endroit est
assez sympathique malgré les conditions météo . Après le repas nous
prenons le café ensemble , histoire de discuter du programme de l'après
midi . Ils vont partir en avant étant donné que nous ne sommes pas
encore prêts et que je dois m'occuper de la vidange . Cela leur
permettra de prendre un peu d'avance ,histoire d'aller chercher un
marchand de pneus éventuel sur Sudbury ,distante encore de deux cent
bornes . Nous reculons d'une heure notre rendez vous de ce soir étant
donné le retard accumulé avec les différents événements de la matinée .
En partant une demi heure plus tard , nous assurerons la sécurité en cas
de nouveau pépin .
Un peu avant d'arrivée au point de rendez-vous ,
nous recevons un sms des Bories nous annonçant qu'ils ont trouvé un
garage qui peut changer les deux pneus arrières pour demain matin , mais
par contre ils n'ont pas de jante de rechange , donc pas de roue de
secours pour la suite du périple ! Monique et Jean marc décident donc de
rester sur Sudbury pour passer la nuit , afin d'éviter de la route
inutile . De notre côté , comme ne sommes plus qu'à 8 kilomètres de la
fin d'étape , nous décidons de dormir dans le secteur . Après avoir
remonté une route forestière sur une dizaine de bornes , nous tombons
sur un campground désert au bord de la French River ,tenu par un vieux
couple très sympa : papy nous montre aussitôt ses trophées de pêche et
la photo du loup tué par son fils cet hiver . On se croirait arrivés
chez des trappeurs à en juger par la cabane qui sert d'office . Nous
avons aussitôt le coup de foudre pour les lieux et les personnages haut
en couleur . Ils nous laisse nous installer au bord de l'eau où nous
voulons nous autorise à utiliser les sanitaires ,et à faire le plein
d'eau , tout ça pour 22 dollars canadiens , soit 15 euros , le panard!
Ce soir c'est notre premier apéro briefing à deux, face à la Rivière des
Français, sur laquelle nous assistons à un joli coucher de soleil .
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