DEUX CENT DIXIEME JOUR : LE 27 MAI 2018























                    Malgré la proximité du lac  , ce matin il fait
très bon dans le camping car avec 18 degrés affichés au thermomètre
intérieur .Pourtant cette nuit ,par les fenêtre ouvertes de la chambre,
nous avons perçu des rafales de vent glacées . Quel bonheur de se
réveiller dans un tel décor ! Nous ne regrettons pas le sacrifice
d'avoir prolongé notre route jusqu'ici , hier soir . Déjà le soleil du
matin illumine la vallée de sa douce lumière dorée . Pas étonnant que
les autochtones de la région viennent ici se reposer comme ce canadien
de Régina qui est venu taper la discute lorsque nous étions en plein
briefing . Il nous a appris qu'ici les parcelles agricoles font minimum
1 mile de long (soit 1,6 km) sur bien souvent autant de large , ce qui
fait que les tracteurs et autres moissonneuses sont guidés par GPS et
que le chauffeur est prévenu par une sonnerie lorsqu'il parvient  au
bout du sillon pour reprendre les commandes en main ! Entre deux il joue
sur leur téléphone ou carrément sur leur ordinateur ! On est loin de la
charrue tirée par des boeufs ou des chevaux avec le paysan qui marchait
derrière en appuyant de tout son poids sur le socle ! Il nous apprend 
également que si la campagne parait bien pouilleuse , c'est parce que la
moisson des blés d'hiver est faite et qu'actuellement ils terminent les
semis de printemps , notamment les lentilles , le colza et quelques
céréales . Il vient régulièrement en France pour faire de grandes
randonnées en vélo jusqu'en Italie ou en Espagne . Nous parlons aussi un
peu des premiers occupants de la région les indiens Assiniboine qui
vivaient essentiellement de la chasse et de ce fait suivaient les
troupeaux de bisons à travers la prairie .

                    Bien que nous n'ayons prévu qu'une étape de 450
bornes , les 750 d'hier ayant laissées des séquelles , nous démarrons
relativement tôt, d'une part parce que nous n'avons guère de préparatifs
à faire et aussi parce que la lumière du jour nous a réveillé dès 4h00
du matin . Une fois sortis du parc par une interminable petite route ,
nous regagnons l'autoroute N°1 distant de 25 kilomètres pour prendre à
gauche vers l'Est , direction Régina où nous décidons de faire le plein
de gasoil avant d'attaquer la petite route N°10 que nous devrons suivre
toute la journée jusqu'à notre destination finale , le petit parc de
Riding Mountain ,au sud de Dauphin . Dans un premier temps, nous
retrouvons le monotone paysage du Saskatchewan avec des champs à l'état
de chaume , des semis laissant la terre à nue , et ceci à perte de vue .
De temps en temps au milieu de la morne plaine on aperçoit une ferme
cachée derrière plusieurs haies concentriques de peupliers et de
conifères , histoire de s'abriter un peu du vent infernal qui souffle
violemment en permanence dans cette immensité dépourvue d'obstacle .
Quelques étangs aux eaux noirâtres, certainement très tourbeuses ,
disposés en chapelet s'égrainent le long de la route : des bouquets de
roseaux séchés en peuplent les rives .

                A partir de Fort Qu'appelle ,dont l'entrée est décorée
par la reproduction d'un retranchement militaire en rondins  , le
paysage devient plus vallonné , toutes proportions gardées, s'entend; ce
n'est quand même pas les Rocheuses , mais de petites collines chauves
dont les moindres repris sont occupés par des buissons et des arbustes ,
zébrant de rubans verts le jaune de l'herbe rase . C'est assez sympa de
voir ces coteaux colorés encadrer l'ancienne ville de garnison . C'est
vrai que  nous venons de changer d'état , nous sommes maintenant dans le
Manitoba , le quatrième que nous traversons après la Colombie
Britannique , l'Alberta et Saskatchewan . En plus des modifications de
reliefs , nous rencontrons maintenant d'avantage de bosquets , voir de
petits bois , on ne peut toujours pas parler de forêt , il ne faut pas
rêver . Vers midi , nous trouvons un petit coin de nature au bord d'une
piste de traverse, pour casser la croute . Le vent , relativement
violent , nous oblige à manger à l'intérieur : nous nous contentons de
la prise du café en terrasse . Nous recevons avec beaucoup de plaisir un
e.mail de Michèle et Jean Marie toujours aux USA entrain de passer d'un
parc national à l'autre et il y a du boulot ! Nous apprenons aussi par
l'intermédiaire du blog que  Claire et Roger viennent d'être victime
d'un nouvel accrochage par l'arrière  cette fois mais qui heureusement
ne les immobilisent pas . Nous sommes de tout coeur avec eux pour les
soutenir moralement dans ces moments de stress et de contrariétés :
encore des complications en perspective avec l' assurance ! Je profite
de l'installation de notre salon de jardin pour commencer à taper le
blog au milieu de la nature , c'est plus sympa .

                Vers 15h00 il faut se décider à reprendre la route car
nous nous sommes donnés rendez vous vers 16h00-16h30 à l'entrée du parc
avec Monique et Jean Marc . A peine 10 bornes plus loin , nous tombons
sur un magnifique lac où nous aurions été beaucoup mieux pour
pique-niquer ce midi !! Nous profitons de traverser Dauphin pour faire
le plein de gasoil . Comme prévu nous retrouvons les Bories au point GPS
fixé avec un peu de retard car nous avons oublié de corriger l'heure qui
change au Manitoba ! Nous avançons d'une quinzaine de bornes à travers
le parc pour nous installer sur une aire de pique nique au bord d'un
petit lac , bien sympathique que nous nous dépêchons d'aller explorer
.Pour finir les berges se révèlent un peu touffues à notre goût ,
surtout pour les photos . Et bien sur comme chaque soir , nous nous
retrouvons pour le briefing , histoire de préparer l'étape de demain qui
doit nous approcher de Winnipeg .



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