DEUX CENT DEUXIEME JOUR : LE 19 MAI 2018





























Bien que nous soyons sur le quai d'embarquement du
ferry pour Victoria , nous passons une nuit très calme . Dès 6h00 nous
reconnaissons les employés maritimes que nous avions vu hier soir ,qui
arrivent au boulots . Ils nous ouvrent même le hall de la gare pour
pouvoir profiter des toilettes . A peine avons- nous terminé le petit
déjeuner que nous devons avancer sur le parking ? devant le ferry ,
alignés sur des colonnes parallèles . En nous retournant , nous
découvrons avec surprise que derrière les nuages qui bouchaient la vue
hier , nous découvrons une magnifique chaine de montagnes neigeuses qui
correspond à l'Olympique National Park . Par contre , côté port les
rayons du soleil ont bien du mal à filtrer parmi les nuages , illuminant
juste par endroit la surface de l'océan comme des halos magnésiens .
Avec les hangars très colorés des docks, sur pilotis, en premier plan ,
ça rend pas mal sur le plan photographique . Pendant l' inévitable
attente sur le parking , nous nous faisons interpeler par une foule
d'Américains , très étonnés de voir des véhicules immatriculés en France
. Lorsque nous leur montrons notre parcours, qu'ils ont souvent déjà
aperçu sur nos autocollants décorant la carrosserie , ils poussent des
exclamations pas possible en levant les bras . C'est vrai que depuis
Tombstone , nous avons été interpellés au moins trois ou quatre fois par
jour par les autochtones , emballés par notre périple et souvent très
admiratifs que nous ayons osé affronter les dangers de l'Amérique
centrale et l'Amérique du Sud .
Après ce bain de foule , nous avançons le camping
car dans la cale du ferry pour grimper nous installer dans le salon du
pont supérieur . Puis ,la manoeuvre de sortie du port nous oblige à
gagner les coursives pour tirer quelques clichés de Port Angeles et ses
montagnes enneigées qui s'éloignent dans le sillage du ferry . Nous
retrouvons une lyonnaise avec qui nous avions sympathisé sur le parking
tout à l'heure et qui accompagne son mari, conférencier .Elle nous
explique que ce n'est pas la peine de remplir les formulaires de douane
car nous passons au Canada avec notre véhicule . Et puis surtout elle
nous met en garde quant aux problèmes de circulation qu'il y aura
aujourd'hui à Victoria étant donné qu'avec la fête, l'artère principale
, la N°1 qui monte vers le nord, risque d'être fermée ; il faudra
emprunter la 17 jusqu'à la sortie de la ville . En continuant à explorer
le bateau , nous tombons sur Monique et Jean Marc , installés à l'avant
; après leur avoir refiler les tuyaux ainsi recueillis , nous
continuons vers l'arrière du ferry ,où cette nous tombons sur Claire et
Roger avec qui nous allons prendre un café . Comme la traversée
commence à me paraitre longue , je descends chercher l'ordinateur dans
la cale , histoire de commencer à taper le blog .
Nous arrivons en vue des côtes de l'ile de Victoria
vers 9h30 , après une heure et demi de traversée : avec ses montagnes
couvertes de forêt ,nous la voyons déjà de très loin . Pendant que nous
remontons le chenal du port ,nous croisons deux hydravions qui amorcent
leur décollage : ce n'est pas classique comme rencontre dans un
avant-port ! De grands bâtiments de style art-déco entourent les
différents bassins et les marinas .Un gros pont à bascule permet de
rejoindre le centre ville . Une fois sortis du bateau avec le camping
car , il faut passer la douane où on nous demande si nous transportons
de l'alcool : "no , just one bottle , et à moitié vide encore ...! Have
you tobacco ? No, no fumar , sénora ! Tu te trompes de pays , Pierre !
C'est pas grave ,Dominique , elle a compris quand même !" Cinq minutes
plus tard , après un coup de tampon sur le passeport , nous remontons la
17 vers le nord . Il y a effectivement beaucoup de trafic en ville où
l'on entend à plusieurs reprises des concerts de cornemuses ; nous
croisons également beaucoup d'écossais en kilt . Après avoir récupéré
la N°1 ,nous nous mettons à grimper sévèrement à flanc de coteaux ,
surplombant rapidement un interminable fjord . Nous nous arrêtons par
deux fois sur des parkings de view-point car il est formellement
interdit de stationner le long de la route . Là encore , nous nous
faisons accoster par des autochtones , étonnés de voir que nous sommes
immatriculés en France .
Après quelques déboires pour trouver le site que nous
désirons visiter , suite à de mauvaises informations de nos guides ,
nous nous retrouvons tous les trois équipages pour visiter Duncan ," la
ville des totems" . Effectivement un peu partout dans le centre , nous
pouvons admirer de magnifiques totems taillés dans un tronc unique ,
puis peint partiellement ,pouvant faire jusqu'à 7 à 8 mètres de hauteur.
Chacun d'entre eux est accompagné d'une petite pancarte donnant le nom
de l'indien qui l'a sculpté et les motifs de son inspiration . Puis nous
allons faire un tour sur le marché du samedi où on découvre des stands
de fromages , de vins , de pâtisserie , de légumes de jardins et surtout
de plantes à repiquer , tout ça accompagné d'airs de musique de deux
orchestres diffusent .
Nous reprenons ensuite notre progression vers le nord
de l'ile mais comme il est déjà 12h30 , nous décidons d'arrêter assez
rapidement à Chemainus où il parait que nous pouvons voir des maisons
peintes . Pour finir , avec beaucoup de difficultés nous trouvons un
petit coin tranquille au bord de l'océan pour déguster le restant de nos
grosses huitres . A peine sommes-nous les pieds sous la table et le
plateau de hama-hama devant le nez que retentit un moteur : "j'espère
qu'on ne vient pas pour nous déloger,Dominique !" En fait ce sont Claire
et Roger qui par je ne sais quel hasard , arrive dans ce coin perdu .
Nous n'en revenons pas ni les uns ni les autres ! Puis nous prenons le
café en contemplant le travail d'un remorqueur qui range des troncs
d'arbres flottants sur la baie pour en faire un chaland . Nous tirons
également quelques clichés d'aigles qui tournoient au dessus de nos
têtes avant d'aller voir de plus prés les fameuses maisons peintes .
Quelle déception lorsque nous constatons qu'il s'agit de fresques et non
de motifs indiens comme nous l'avions imaginé! Aussi nous ne trainons
guère sur les lieux . Après quelques photos de baleines ou de trains ,
nous prenons la route de Nanaimo que nous laissons ensuite de côté ,
pour grimper encore plus au nord jusqu'à Parksville où là nous prenons à
gauche en direction de Port Alberni par la 4 , histoire d'aller voir un
site appelé "Cathédral" , où l'on peut admirer des pins Douglas (du nom
de David Douglas qui les étudia , chose que je ne savais pas ) . Au
cours d'une petite ballade à pieds d'une demi-heure nous découvrons des
spécimen de toutes beauté de 76 mètres de haut , de 9 mètres de
circonférence , datant de plus de 800 ans . Il parait que le plus vieux
avait déjà 350 ans lorsque Christophe Colomb découvrit l'Amérique .
C'est impressionnant de voir quelques uns de ces mastodontes , couchés
sur le sol , les racines à l'air .
Comme la pluie commence à tomber nous écourtons un
peu notre promenade . Une fois au camping car , nous reprenons la
direction de Nanaimo où nous comptons prendre le ferry demain pour
gagner Vancouver . Au bout d'une demi heure Dominique m'interpelle :" ça
sent le brûlé Pierre ! C'est pas possible, je ralentis au frein moteur ,
Dominique ! Je te dis que ça sent le brûlé ! Oh oui , la chambre... , la
chambre est pleine de fumée ! Vite , arrêtes-toi ! Vite ...!" Une fois
stationnés , je cours voir le tableau électrique dans la soute pendant
que Dominique commence à vider la chambre des oreillers et de la couette
. De retour dans la chambre , je démonte le double fond des placards du
haut : le responsable est un petit transfo 12volts/5 volts que j'avais
installé pour faire tourner de petits ventilateurs individuels . Ils
sont complétement fondus et le contre-plaqué du placard est déjà tout
noir . Une odeur de plastic et de vernis brûlé a envahi la chambre ,
c'est épouvantable . Le temps que je démonte les branchements
électriques , nous aérons le plus possible tant c'est irrespirable dans
le secteur !Une heure plus tard nous retrouvons Roger et Jean Marc sur
le port . Comme celui-ci est fermé la nuit , nous ne pouvons pas y
dormir . Roger propose d'aller chercher un resto équipé d'un parking car
ces dames n'ont pas envie de faire la popote ce soir . Pendant ce temps
j'en profite pour continuer la rédaction du blog . Pour finir , une demi
heure plus tard nous allons nous installer sur le parking d'un
supermarché que nous avions repéré en arrivant . Ce soir l'apéro se
prolonge un peu car nous travaillons sur l'itinéraire vers le nord qui
n'était pas prévu au programme . Comme nous sommes en avance , nous
décidons d'accompagner Claire et Roger un peu plus longtemps sur leur
route vers l'Alaska .
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