CENT QUATRE VINGT DIXIEME JOUR : LE 7 MAI 2018































                Nous nous réveillons au milieu de champs de neige et
des pistes de ski après une nuit hyper calme passée à 2700 mètres
d'altitude . Avec le chauffage qui a bien fonctionné et la couette ,
nous avons fait du cocooning jusqu'à 6h00 . Ce matin nous partons vers
7h15 , direction Granby . Nous descendons un moment parmi les tas de
neiges de part et d'autre de la route jusqu'à un vaste plateau entouré
de monts neigeux .Nous prenons ensuite la direction de Gran Lake : là
,les arrêts photos se multiplient étant donné que nous suivons la rive
d'une série de lacs dans lesquels se reflètent tous les sommets  neigeux
des alentours : c'est superbe avec la chaude lumière du matin . Puis
nous prenons la direction du Rocky Moutains Park où nous avons la
mauvaise surprise de découvrir que la route est coupée 10 miles plus
loin . Nous allons voir le rangers au visitor center : celui-ci est
formel , il faut rebrousser  chemin sur au moins  100 bornes , c'est à
dire redescendre sur l'autoroute de Denver pour remonter ensuite sur
Estes Park , l'entrée Est du parc pour continuer notre route sur
Loveland . Une affaire comme ça risque de doubler le nombre de
kilomètres de l'étape et ceci par de petites routes de montagne
tortueuse où la moyenne chute de façon vertigineuse . Notre premier
soucis est de parvenir à prévenir Roger et Jean Marc partis après nous
afin de leur éviter de la route inutile . Pour finir nous nous
retrouvons à Granby pour décider d'un commun accord de monter plein nord
sur Walden et de rattraper notre itinéraire en passant par Laramie et
plonger ensuite directement sur Wheatland , notre terminus prévu pour
cette sixième étape américaine .

            Après avoir gravi un petit col en suivant les nombreux
méandres d'un torrent parmi les joncs nous plongeons vers un vaste
plateau , également limité par des sommets neigeux dans toutes les
direction . Ici c'est le domaine de la prairie où paissent d'énormes
troupeaux de bovins . On se sent vraiment au pays des cow-boys avec
c'est portiques en bois matérialisant des entrées de vastes ranchs . De
grandes fermes isolées occupent les fonds de vallons . Partout des
enclos en  bois , des clôtures en barbelés , des éoliennes pour rappeler
que nous sommes bien au far-west .La route , tirée au cordeau , joue les
toboggans sur des dizaines de kilomètres avant de disparaitre à
l'horizon . Par endroit des plaques de neige rappellent que nous sommes
tout juste sortis de l'hiver par ici . D'ailleurs les cheminées fument
un peu partout sur les toitures des magnifiques maisons faites
d'assemblages de troncs . Nous arrêtons dans l'un de ces hameaux , perdu
au milieu de l'immense prairie car Dominique a vu un renard . En
approchant avec le zoom en main  , je m'aperçois qu'il s'agit d'une
renarde accompagnée de ses  neuf petits : une sacrée famille, bien
turbulente, qui de temps en temps vient encore téter malgré tout . Avec
mon approche pourtant discrète , la mère faire le guet . Un autochtone à
cheveu long , installé sur le bas côté d'en face , m'appelle à plusieurs
reprises . Après avoir mitraillé la famille goupil , je finis par le
rejoindre : il m'explique alors qu'il a capturé un élan , que celui-ci
est dans son  jardin et que je peux le photographier à mon gré . Sur ces
entrefaites , Dominique et une autre autochtone, nous rejoignent .
Celle-ci nous explique qu'elle est veuve et que depuis le décés de son
mari , elle voyage beaucoup , qu'elle aime la France et surtout Paris .
Du coup je vais lui chercher une Tour Eiffel et un plan de notre périple
. Après son départ, l'homme aux cheveux longs nous attire dans son
saloon pour nous offrir un café . Dominique en profite pour lui acheter
une chemise de cow-boy à carreaux  pour 10 dollars . Il nous explique
qu'ils sont 16 habitants dans le village et qu'il y a eu un règlement de
compte au pistolet devant son établissement à la fin du XIX ème siècle :
pour confirmer ses dires , il nous montre les photos de l'événement et
les coupures de presse . Il veut ensuite nous préparer un Irish Coffee :
nous lui expliquons que comme nous conduisons , nous ne pouvons pas
boire d'alcool . Il nous répond que ce n'est pas grave car son fils est
le chef de la police du district ! Il nous fait visiter son saloon avec
son coin musique garni de nombreux instruments , son billard , des
trophées de chasses , des livres , et  nous avons même droit au jardin .
Si nous nous laissons faire, on est là jusqu'à ce soir ; ce n'est pas
que ça nous dérange mais nous avons d'autres engagements à respecter  .

                Après des adieux interminables , nous reprenons la
traversée du haut plateau encadré de montagnes neigeuses et parsemés de
ranchs : on rencontre pas mal de cervidés qui côtoient les vaches dans
les pâtures sans le moindre problème . Nous envoyons avec d'énormes bois
sur la tête. Vers 12h30  , nous trouvons un parking au milieu de nul
part pour casser la croute . Comme d'habitude Dominique prend le volant
en début d'après midi pour terminer la route de Wheatland qui se révèle
très monotone avec une campagne particulièrement pouilleuse . Cela me
permet de commencer le blog sans le moindre remord puisque dehors c'est
très moche .En arrivant à Wheatland , nous apprenons que Jean Marc et
Roger sont encore du côté de de Laremie , retardés par des problèmes de
chargement d'unités sur leur téléphone . Pour finir ils arrivent à 16h30
. Nous nous mettons alors en quête d'un autre camping , celui-ci étant
complet . Après plusieurs essais infructueux , nous finissons par nous
rabattre sur un parking d'hôtel où la taulière accepte de nous recevoir
sans paiement en contrepartie !



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