CENT QUATRE VINGT DIX SEPTIEME JOUR :LE 14 MAI 2018































                    Comme il y a deux jours de cela , je vous écris
assis au bord d'un torrent de l'Idaho avec un cigare au lèvres , un café
bien chaud à portée de main et une magnifique chaine de montagnes
enneigées devant les yeux . Le plus dur  dans l'histoire est de lutter
contre la somnolence post-prandiale dans ce lieu idyllique , avec la
tiédeur du soleil qui me caresse le visage et la douce musique de la
rivière qui me berce . Encore un grand moment de bonheur que déguste à
petites gorgées  pour faire durer le plaisir . Et puis nous venons de
passé à Ketchum , nous recueillir sur la tombe de ce brave Ernest
Hémingway ; sans aucune prétention de ma part , je ne peux pas
m'empêcher de penser que se sont ces  mêmes paysages qui l'ont inspiré .
Pas étonnant qu'il ait gravi les échelons de la hiérarchie littéraire
pour en atteindre les sommets !

                    De façon plus terre à terre ce matin nous avons
quitter notre parking de supermarché à Idaho Falls après une nuit très
calme , partagée avec une quinzaine d'autres camping cars et caravanes
d"Américains qui vivent comme les gens du voyage chez nous , travaillant
un peu ici , puis quelques mois plus tard un peu là-bas . C'est
certainement pour des raisons sociales qu'ils en sont là  ,je   pense ,
mais il y a peut être aussi une petite part de nostalgie, de la grande
exode vers l'ouest qui sommeille en eux et qui les poussent à vivre
comme leur ancêtres . Bon c'est sûr , ce n'est pas le même niveau de
confort ! Hier les voisins de Monique et Jean Marc leur ont montré leur
caravane de 12 mètres avec trois slides qui doublent presque la largeur
du véhicule, équipé d'une cuisine centrale ! On est loin des charriots
bâchés du far-west !

                    Après un changement de programme de dernière
minute proposé par Roger , nous décidons de grimper un peu plus au nord
pour nous rendre à Boise , histoire d'aller visiter les montagnes de ce
côté là de l'Idaho . Il faut d'abord traverser une vaste plaine qui
s'étend sur 150 miles en passant par Butte puis par Carey  . Nous
retrouvons un peu les paysages du Montana avec des immenses prairies
clôturées de barbelés où paissent d'important troupeaux de bovins . Ici
aussi l'habitat est très dispersé ; on ne risque pas de se disputer avec
les voisins dans le secteur . La région semble riche , à en juger par la
qualité des ranchs , avec de superbes fermes toujours perdues au bout
d'une interminable allée : l'entrée de celle-ci est sont dotée d' un 
grand portique en bois souvent décoré de roues de vieilles charrettes , 
de sculptures d'animaux voir  même de trophées de chasse . Depuis notre
départ l'horizon est barré par une chaine continue de montagne encore
très enneigée pour la saison , ce qui veut dire qu'elles dépassent
largement les trois mille mètres .

                Un peu avant Carey ,nous traversons  la région de
Crater of the Moon , une zone volcanique couverte de scories noirâtres ,
pas très photogénique , qui a servi de zone d'entrainement pour la NASA
, notamment pour mettre au point l'alunissage des LEM et pour parfaire
l'entrainement des astronautes . Arrivés à Carey , notre premier soucis
est de faire le plein de gasoil car ensuite nous attaquons une petite
route de montagne où nous risquons de ne pas rencontrer beaucoup de
villages . Nous suivons la vallée d'un joli torrent dont les eaux vertes
écument à chaque fois qu'elles rencontrent des rochers obstruant le lit
sinueux . Un première rangée de montagnes , assez basses ,  couvertes de
forêts de sapin masquent le pied de leurs grandes soeurs couvertes de
neige . Des troupeaux de bovins paissent sur les rives de la rivière :
pour un peu ,on se croirait en Suisse, ma parole !. Nous ne tardons pas
à arriver à Ketchum où nous avons beaucoup de mal à trouver la tombe
d'Ernest Hemingway qui est venu se suicider ici à l'âge de 62 ans après
son retour de Cuba . Pour finir c'est Dominique qui la trouve , nichée
sous un bouquet de sapins . Avec son Prix Nobel de 1954 et son Prix
Sullitzer en 1957 , on lui devait bien ce petit arrêt . A la sortie du
village nous tombons sur une aire de pique-nique superbe installée au
bord du torrent que nous suivons depuis Carey . Dix minutes plus tard
nous cassons la croûte dans une ambiance très printanière : des fleurs
partout , des arbres à peine feuillus d'un vert tendre , les rapides qui
bouillonnent à trois mètres de la table et une magnifique chaine de
montagnes neigeuses qui domine le tout : du 5 étoiles au Michelin !

                Après un entracte  d'une petite heure ,consacré à la
rédaction du blog et à la contemplation des lieux , nous reprenons la
route en direction d'Obsidian . Nous découvrons alors de part et d'autre
de la chaussée, nichées dans la nature , de somptueuses demeures dont
les propriétaires doivent être richissimes à en juger par la qualité et
le luxe  qu'elles arborent . Après avoir suivi encore sur une dizaine de
bornes notre sympathique torrent , nous lui faisons nos adieux comme à
un vieux camarade, pour  attaquer ensuite l'ascension d'un col . La
route ,en serpentant parmi les sapins , offrent une succession de
magnifiques panoramas sur les monts neigeux voisins .  Une fois parvenus
au sommet qui culmine à 2500 mètres environ , nous plongeons sur l'autre
versant beaucoup moins neigeux , mais qui offre malgré tout de superbes
vues sur une autre chaine montagneuse, toute blanche également : un 
petit arrêt au niveau d'un belvédère installé à mi-pente nous apprend
que ces géants encapuchonnés de blanc dépassent tous les 10 000 pieds
(plus de 3000 mètres) . Nous nous arrêtons à Stanley dans une Liquor
Shop où nous trouvons du bourbon fabriqué en Idaho et un Gin avec une
étiquette de la fameuse "Rivière sans retour" : nous venons de la suivre
pendant toute la descente et c'est elle qui a donné son nom au célèbre
film avec Marilyne Monroë et de Robert Mitchum où ils sont juchés sur un
radeau ,au beau milieu des rapides . A 17h30 nous retrouvons le reste de
la troupe pour nous installer dans une superbe clairière au bord d'un
autre magnifique  torrent où nous voyons passer quelques kayakistes
talentueux . Aujourd'hui c'est nous qui sommes d'apéro-briefing que nous
penons en terrasse au beau milieu de la clairière , devant les rapides
qui bouillonnent d'écume. Encore une sacrée journée qui nous laisse une
foule d'images dans la tête !


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