CENT SOIXANTIEME JOUR : LE 7 AVRIL 2018



























Nous profitons d'être réveillé de bonne heure par
le lever de soleil qui embrase la chambre ,pour embrayer tout de suite
avec la préparation du café . En effet aujourd'hui nous avons du pain
sur la planche avec le passage de la frontière mexicaine d'entrée de jeu
, le site archéologique de Tulum à visiter , des courses à faire et
malgré tout 300 bornes à tirer pour aller jusqu'à Playa del Carmen ,
situé au nord de la péninsule du Yucatan ! Heureusement qu'hier soir
j'ai fait le plein d'eau pour nous avancer dans nos préparatifs et j'ai
même passer le blog dans le noir totale , assis dans l'herbe à l'autre
bout du camping . Aussi ce matin , après le petit déjeuner , nous
n'avons pas beaucoup de préparatifs à faire ni de rangements à terminer .
Résultat nous pouvons décoller vers 6h15 , une
petite demi-heure après Roger qui a fait vraiment beaucoup de zèle
aujourd'hui ! Il faut d'abord longer un peu la mer Caraïbe , puis
traverser le village de Corozal et parcourir sept bornes pour arriver au
poste frontière ; une fois stationnés , notre premier soucis est de
payer 40 dollars US de taxe de séjour au Bélize , puis il faut passer le
bureau de migration pour tamponner le passeport et ensuite contourner le
bâtiment pour rejoindre le bureau de douane : là , l'employé doit
masquer le tampon de séjour provisoire du véhicule sur le territoire
bélizien en appliquant un autre cachet débordant d'encre ,sur lequel il
est obligé de souffler pendant cinq minutes pour le faire sécher . Il
faut alors rebrousser chemin en empruntant le même couloir , histoire de
ressortir par la même porte , pour bien montrer que nous sommes
ressortis du Bélize au premier employé .
Là , nous récupérons le véhicule pour faire un slalom
pas possible entre des quilles , des bidons et une série de barrières ,
pivotant un coup à droite , un coup à gauche pour enfin atteindre un
portion gardé par une autre douanière qui examine nos papiers une
dernière fois , vérifie que chaque tampon est bien à sa place et regarde
attentivement le reçu qui prouve que notre taxe de séjour a bien été
payée . Elle nous lâche alors la grappe pour faire quelques kilomètres
en tournant plusieurs fois autour de grands ronds-points et en
franchissant un immense pont qui enjambe la rivière servant de frontière
à proprement parler . Une fois en territoire mexicain ,nous retrouvons
Claire et Roger enquillés devant un bureau : ils sont en conflit avec
l'employée qui a jeté le passeport de Roger en travers du guichet parce
qu'il lui à demandé de mettre son tampon dans un petit coin étant donné
que son passeport aura du mal à finir le périple . En plus , dans la
bagarre , elle a rempli les papiers comme s'ils ne devaient rester au
Mexique qu'une semaine . , ce qui fait qu'ils ne peuvent pas avancer
jusqu'au bureau suivant où nous payons 62 dollars US de taxe de séjour
valable dix ans pour notre véhicule . Il faut ensuite revenir au premier
bureau pour achever les papiers de transit , pour les personnes cette
fois ,et repartir au second bureau pour payer la taxe de 26 dollars US
par personne en transit au Méxique . Elle nous demande également des
photocopies de passeport , de permis international et de carte grise
avant de nous délivrer une vignette qu'elle nous invite à coller sur le
pare-brise . Quand nous partons pour la dernière épreuve , celle de la
fumigation , Roger et Claire sont toujours encalminés devant le second
bureau et commencent à se morfondre quant à l'avenir de leur périple ,du
fait du manque de place qu'il y a dans le passeport de Roger ; nous
essayons de les réconforter du mieux que nous pouvons ,en leur
conseillant d'aller dès que possible, dans un consulat pour faire
ajouter quelques intercalaires .
De retour au camping car, nous tombons sur un
douanier qui demande à inspecter le véhicule : il le fouille de fond en
combles en commençant par le frigo et le congélateur , puis pour la
forme il confisque 3 plaquettes de Cheddar infâme et repart avec une
Tour Eiffel en cadeau car il s'est montré, malgré tout, très
sympathique . Nous avançons enfin au stand de fumigation où il faut
d'abord payer 7 dollars de frais avant de subir le traitement . Dès la
sortie du tunnel , la route de Chetumal s'offre à nous . Au bout de 5 km
nous arrêtons à la première station service Pémex pour changer de
l'argent car celle-ci est équipée d'un distributeur : nous changeons
pour 16 000 pésos selon les conseils de Janette et pour plusieurs
raisons . D'abord la vie est relativement chère au Mexique ,
deuxièmement ,nous y passons quand même trois semaine set troisièmement
ici on paie le carburant en liquide , il faut donc être large . La
parité du pésos est de 16,8 pésos pour 1 dollars US . Pour notre premier
plein nous en prenons quand même pour 750 pésos , le litre tournant
autour d'un euro .
La nationale qui monte plein nord vers Cancun ,distante
de 350 km , est souvent équipée de tronçons à quatre voies et d'un bon
revêtement , ce qui permet de rouler entre 100 et 110 km/h , ça nous
change des routes défoncées que nous empruntons depuis le canal de
Panama . Par contre le paysage de chaque côté de la route est très
monotone , souvent se résumant à une haie d'arbres relativement chétifs
. L'absence de relief et de la rectitude de notre chemin deviennent très
vite pesant . Nous nous arrêtons à 20 bornes de la frontière ,au premier
cénote appelé "Agua Azul" . Les cénotes sont de vastes trous rempli
d'eau dont on ne connait pas l'origine : peut être des cavernes avec un
puis vertical tel que notre gouffre de Padirac , ou secondaire à la
chute d'un météorite géant selon d'autres sources! Comme l'eau y est
verte-épinard et non bleue comme son nom l'indique , nous reprenons
notre route pour nous arrêter à nouveau quelques kilomètres plus loin ,
histoire d'acheter des ananas (2 pour 40 pésos , soit 1 euro pièce !) et
des petites bananes très sucrées un pour 20 pésos également !
Avec tous ces arrêts nous arrivons à Tulum vers
12h30 . Nous décidons d'attaquer la visite du site sur le champs ,
pensant qu'avec les 38 degrés à l'ombre indiqués par le thermomètre ,
nous aurions moins de monde sur le site . C'était mal connaitre les
touristes , prés à n'importe quel sacrifice pour voir de vieilles
pierres . Non , ce n'est pas vrai !En fait nous comprenons ensuite la
raison de cette affluence en voyant beaucoup de gens équipés de matériel
de baignade : l'entrée du site, de 70 pesos par personne ,donne droit à
l'accès à de jolies plages de sable blanc . Le plus scandaleux dans
l'histoire est le prix du parking pour un camping car qui s'élève à 430
pésos alors qu'un grand bus de 18 mètres de long paie seulement 180 pésos !
Enduits d'une épaisse couche de crème solaire , armés
de chapeau et d'un moral d'acier surtout , nous partons à la découverte
ou plutôt de la redécouverte du seul site maya construit en bordure de
mer .Malgré l'affluence , nous parcourons les ruines avec autant de
plaisir qu'il y a trente ans , mais certainement avec moins d'allégresse
! Nous commençons par la visite du Temple du Vent qui se dresse
bravement sur une petite falaise dominant la Mer Caraïbe , turquoise à
cet endroit . On voit tout de suite qu'il s'agit de construction faite
par une civilisation décadente , en fin d'ère maya , vers 1300 . La
petite taille des bâtiments , absence de pyramide comme sous bassement
aux édifices , la médiocrité des matériaux , le manque de finition dans
l'agencement des pierres , tout traduit la fin d'une grandeur . Certains
temples sont si petits qu'ils ne pouvaient que contenir les offrandes
que l'on donnait aux dieux , un peu comme nos chapelles de campagne en
comparaison avec nos cathédrales ! Plus loin ,'est un Temple consacré
aux Dieux de l'Inframonde , celui des Ténèbres , matérialisé par un bas
relief montrant un personnage tête en bas , apportant un cadeau dans
ses deux mains jointes . En avançant encore le long du front de mer,
nous tombons sur une construction plus imposante ,baptisée "Le Château"
; posé sur une terrasse au sommet d'une petite pyramide , il est doté
côté intérieur des terres ,d'un patio soutenu par des colonnes rondes .
Côté mer , il ne possède aucune ouverture . C'est ici , il y a pile 500
ans puisque c'était en début avril 1518 qu'un bateau espagnol , venant
de Cuba pour explorer les côtes Caraïbes , toujours dans l'espoir de
trouver la route des Indes vers l'ouest , a aperçu ces constructions
juchées en haut de petites falaises . De l'autre côté de l'allée par
laquelle nous avons traversé le site, se dresse une succession de
Temples et de bâtiments administratifs ,dotés également de larges patios
soutenus par des séries de colonnes cylindriques en pierres maçonnées .
La ville de Tulum était surtout un port maritime et fluvial : elle avait
donc un rôle capital, au niveau des échanges commerciaux pendant les
deux cent dernières années de l'Empire Maya , période dite post classique .
De retour au camping car , nous installons le salon de
jardin dans un petit carré d'ombre à proximité car la chaleur est
intolérable à bord , surtout que celui-ci est resté hermétiquement fermé
pendant la durée de la visite . Ensuite ,nous revenons sur nos pas sur
un kilomètre pour trouver un petit supermarché à l'entrée du Tulum
actuel . Bien que mal achalandé , nous parvenons à faire le plein pour
quatre ou cinq jours à condition de se mettre au régime végétarien , ce
qui ne nous dérange aucunement étant donné la chaleur ambiante . Puis
nous terminons les quarante cinq bornes qui nous séparent de Playa del
Carmen pour nous installer dans un camping au bord de la Mer Caraïbe .
Le temps d'enfiler un maillot de bain et nous faisons un plouf non pas
dans la mer qui charrie des tonnes d'algues décourageantes , mais dans
une belle petite piscine à débordement où nous retrouvons Claire et
Roger. Puis nous apprenons que Jean Marc a encore pris une prune, de 800
pésos cette fois , pour un passage piéton franchi un peu rapidement
selon le flic .A 18h00 Janette nous donne quelques renseignements sur ce
que nous pouvons voir pendant les deux jours de temps libre à venir et
nous invite ensuite pour un pot de bienvenue au Mexique avec un verre de
Téquila , of course , sur la plage de sable blanc : pour parfaire les
choses , le soleil couchant se met à dorer les cocotiers qui longent la
petite baie rocheuse . Encore un dur moment de la vie de retraité . Puis
chacun regagne son chez soi ,ou plutôt sa terrasse, car il fait une
chaleur intolérable dans les véhicules . Ca promet une nuit difficile
s'il n'y a pas une petite brise marine qui vient à notre secours !
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