CENT SOIXANTE TROISIEME JOUR : LE 10 AVRIL 2018




























to                   Hier soir nous nous sommes mis en avance en faisant
le plein d'eau propre , la vidange des toilettes et en envoyant le blog
avec le téléphone de Dominique . Aussi ce matin nous pouvons le prendre
cool , surtout que nous avons une petite étape de 200 km au programme
avec juste la visite de Valladolid en extra et aussi l'obligation de ne
pas arriver à l'étape avant 16h30 car nous couchons sur le parking d'un
cénote ouvert au public . Résultat nous prenons le temps de déjeuner en
terrasse sous les cocotiers , comme avant hier . Une bonne douche avant
de partir , histoire de se rafraichir avant le bain de sueur qui nous
attend tout au long de la journée . Et puis, il faut profiter  une
dernière fois du confort du camping car ensuite nous sommes trois jours
en bivouac .

                    Après une petite tournée des popotes pour
souhaiter le bonjour aux membres du groupe , nous décollons vers 7h30 ,
direction Tulum vers le sud , puis à droite vers Coba ; c'est la route
que nous avions faite il y a deux jours pour aller visiter le site .
Nous retrouvons la monotonie des grandes lignes droites à travers une
forêt d'arbres chétifs et les nombreux marchands de souvenirs sur les
bas côtés . Dominique insiste pour que j'arrête chez le plus kitch
d'entre eux, car lors de notre premier passage il y a 2 jours, elle
avait repéré des sapins de Noël en terre cuite rouge émaillé
particulièrement flashy ; le pire est qu'elle n'en démord pas, et 
pourtant c'est hideux . Par chance pour moi , ils n'ont pas de petite
taille , ouf ! Je me régale à faire quelques photos trach, du style une
rangée de cuvettes WC couleur maya , des lavabos et des miroirs avec des
motifs indiens . Il y an a pour tous les goûts . En route, nous
décidons  d'un commun accord ,d'essayer d'atteindre Chichen Itza pour le
milieu de journée et de visiter le site dans la foulée , sans attendre
la visite prévue en groupe demain matin avec Janette . De plus, cela
aura l'avantage de le faire à notre rythme sans les dictats d'un guide
qui fait ça à minima et surtout sans entendre les soupirs de ceux qui y
vont avec les pieds de plomb .

                Résultat nous taillons les cinquante dernières bornes
qui nous séparent de Valladolid à fond les manettes pour y être à 10h00
. Nous nous stationnons au parking indiqué par Janette qui a l'avantage
d'être gardé, gratuit et à proximité de la Place d'Armes , appelée
Zocalo au Mexique . Les petites rues voisines s'annoncent fort
sympathiques avec les façades des maisons très colorées et les fenêtres
encadrée d'un liseré blanc qui les soulignent avantageusement . Nous
traversons ensuite le "zocalo,ombragé par de gros arbres et décoré en
son centre d'une belle fontaine . C'est amusant de voir les petits
sièges installés deux par deux en vis à vis pour converser ou pour
flirter , question de tranche d'âge ! Nous apprenons que Valladolid a
longtemps été la capitale du Chiclet ( l'ancêtre du chewin gum ) inventé
par les Mayas à partir de la sève d'un arbre de la même famille que
l'hévéa d'où on tire le latex . De 1850 à 1930 c'était la ressource
principale de la ville qui employait plus de 5000 personnes . Nous
avançons ensuite jusqu'à l'église de type coloniale avec deux clochers
et un crépis blanchi à la chaux  . Son grand portail est encadré de
bas-reliefs sculptés dans une pierre couleur chamois . L'intérieur est
surprenant de sobriété avec par contre des Christs dégoulinant de sang ,
les genoux et les coudes arrachés , couverts de plaies, bref à la Bruce
Willis . Nous faisons la connaissance de Santo Nino de Antocha     , un
saint qui  enfant distribuait de la nourriture aux prisonniers . Puis il
forma un ordre  monastique fait d'enfants de  13 ans destinés à venir en
aide aux prisonniers dans un premier temps , puis par extensions aux
handicapés et aux malades . Nous allons ensuite visiter un centre
d'artisanat installé dans une espèce de cloitre . Le Yucatan a la
réputation d'être très spécialisé dans l'artisanat ,  et Valladolid
encore plus   , surtout dans la confection de bijoux en argent et en or
, dans la création de tissus et de vêtements tels que les huipils brodés
(chemisiers) par exemple et aussi la  fabrication des hamacs et des
chapeaux en palmes .  Nous achetons de belles petites robes brodées pour
nos deux petites filles , le plus dur étant de trouver des modèles pour
ninos , et bien sur un huipil pour Dominique. Par contre, nous sommes un
peu déçu par le travail des orfèvres locaux , dont les modèles sont
souvent lourds et de lignes fortement classiques : il ne faut pas
chercher de style "design" ici !

                En sortant de la ville, nous faisons le plein de gaz
dans une station spécialisée  que nous avions repérée à l'aller: pour
finir il ne manque que 10 litres sur les 20 de la Gaslow pour 12 jours
d'utilisation . J'en prends pour 90 pésos soit 5 dollars US. Nous
taillons ensuite les quarante bornes restantes pour Chichen Itza le plus
vite possible, en prenant le temps toutefois de faire le plein de gasoil
et en évitant l'autoroute à péage . Nous stationnons sur le parking du
site vers midi moyennant 40 pésos et nous attaquons la visite  dans la
foulée , espérant bien que la chaleur étouffante, avec 40 degrés à
l'ombre, en découragera plus d'un , ce qui se révèlera exact jusqu'à
15h00 ! Moyennant 508 pésos pour deux personne plus 100 pésos de plan ,
nous pouvons enfin remonter l'allée bordée de camelots qui mène
directement à la fameuse Pyramide du Soleil , celle que tout le monde
connait depuis le film "la vengeance du serpent à plume " avec Coluche
et Lino Ventura qui n'arrête pas de manger des cébettes crues . On a
beau l'avoir vu , revu et archi vu , cette pyramide reste merveilleuse
d'équilibre avec ses quatres escaliers de 90 marches , soit 360 au total
comme les jours du calendrier maya et quatre arêtes arrondies qui
indiquent les points cardinaux . Et je ne parle pas des pierres taillées
qui en parent les pentes , ni les médaillons sculptés de bas reliefs qui
en assurent la décoration . Maintenant, une barrière empêche l'accès aux
escaliers que nous avions gravis il y a 35 ans . Grâce à la chaleur
accablante, je parviens à faire des clichés acceptables sans horde de
touristes dessus . Je n'y croyais pas avant de tenter  la visite! Après
l'avoir vu sous toutes ses faces et avoir admirer les énormes têtes de
serpent qui  décore le bas des rampes d'escaliers , nous passons à la
structure voisine ,tout aussi célèbre à cause du même film , le Temple
des Mille Colonnes , perché en haut d'une petite pyramide . C'est de
là-haut , quand on avait encore le droit de monter dessus ,que l'on
pouvait faire le superbe cliché du Chacmol (pierre à sacrifice) avec  la
Pyramide du Soleil en toile de fond : par chance j'avais pu le réaliser
à deux reprises au cours de mon existence, il y a 35 ans et il y a 20
ans lors d'un second voyage avec nos enfants . En fait chaque piliers ,
de section carré , est décoré de bas reliefs de guerriers sur les quatre
faces .Le fronton du temple exhibait une frise représentant une
procession de jaguars séparés par des bouquets d'arbres  . Au dessus, ce
sont des serpents à plumes qui se suivent comme dans une interminable
farandole très décorative , l'ensemble ayant été descendu de son
piédestal pour  notre plus grand plaisir . Nous contournons ensuite la
façade du temple des Milles Colonnes pour tourner à gauche et déboucher
sur le Plaza Centrale, toujours bordée de deux immenses patios ,
soutenus par des piliers carrés et  des colonnes rondes décorée de bas
reliefs . Le sous bassement arbore , tout le long de la place , des bas
reliefs représentant des jaguars et des serpents à plumes . Ces
bâtiments , d'une facture très soignés datent de l'époque classique, au
même titre que la Pyramide du Soleil .

                Nous continuons nos investigations en suivant un petit
sentier qui nous mène ensuite au Mercado : installé sur une plateforme
que l'on atteint en grimpant une volée de marches , le "mercado" était
également équipé de nombreuses colonnes cylindriques de taille moyenne
devant et beaucoup plus hautes derrière . Celles-ci servait à soutenir
le toit : on voit d'ailleurs, au sommet de certaines, une espèce de
chapiteau , plus large, sur lesquels venaient se poser les linteaux de
pierres . Il faut alors revenir sur nos pas jusqu'à la Pyramide du
Soleil, pour tourner à gauche vers une petite structure, qui ressemble à
une plate-forme très finement décorée , avec un escalier sur les quatre
faces , et appelé" Temple de Venus" : il servait pour les cérémonies
religieuses . En face, c'est l'Ossuaire : il s'agit d'une pyramide assez
haute avec un immense escalier sur chaque face, dont les limons sont
ornés de serpents entrecroisés , leurs énormes têtes reposant sur le sol
, la gueule ouverte et la langue sortie . Sur la plate-forme supérieure
se trouvait un temple décoré de médaillons en l'honneur du dieu Chac ,
reconnaissable à sa trompe qui fait saillie sur les arêtes du bâtiment .
Les trois derniers des sept étages de la pyramide sont également
agrémentés de magnifiques bas-reliefs .

                Nous continuons nos investigations en suivant le
sentier qui  mène maintenant à une vaste construction dotée d'un large
escalier qui débouche sur une grande plate-forme surélevée d'une tour
cylindrique d'une facture remarquable avec deux étages de fenêtres : il
s'agirait à un observatoire astronomique d'après l'orientation des
ouvertures qui correspondent à Venus , au Soleil et à d'autres astres
connus des Mayas . Plus loin, sur la même esplanade, nous avons le
souffle coupé par un petit bâtiment baptisé "l'Eglise" dont les quatre
faces sont richement décorées de sculptures et de bas-relief .  C'est un
véritable bijoux ! Sa petite taille a fait penser qu'il pouvait s'agir
d'une sépulture . Les deux autres constructions qui le jouxtent sont
également d'une finition remarquable  , ce qui correspond à la période
classique temprano . Nous continuons notre exploration en nous dirigeant
un peu sur la gauche de l'esplanade  ,pour découvrir une petite pyramide
surmontée du Templo del Venado , le Temple du Cerf ,en raison de la
fresque qui le décorait à l'époque de sa découverte et qui est détruite
maintenant . Sur le côté droit , on retrouve un petit jeu de  pelote en
cours de restauration . On peut malgré tout admirer au passage les
"grecques" qui en décorent les façades .

                Il faut alors rebrousser chemin jusqu'à la Pyramide du
Soleil pour découvrir un ensemble de constructions comportant plusieurs
plates-formes dont les soubassement sont richement décorés de bas
reliefs représentant des jaguars , des aigles et des guerriers mayas en
armes . En les contournant, on tombe sur le principal jeu de pelote de
Chichen Itza ,qui doit bien être dix fois plus grand que ce que nous
avons pu voir jusque là sur les autres sites : ici nous sommes au pays
de la démesure, aussi bien en longueur , qu'en largeur et en hauteur .
Les deux anneaux sont magnifiquement décorés de bas reliefs , eux aussi
. Ce qui surprend le plus sur ce site, c'est la finition des
constructions , le moindre pan de mur étant une véritable oeuvre d'art :
on voit que Chichen Itza correspond à l'apogée de l'Empire Maya . En
quittant le jeu de pelote , notre chemin nous offre en guise de cadeau
d'adieu, une série de magnifiques points de vue sur la Pyramide du
soleil et sur le Temple des Mille Colonnes, admirablement éclairés par
les rayons du soleil qui commencent à rosir ; eh  oui, il est déjà 15h00
, ça fait déjà 3 heures que nous crapahutons sous le cagnard , nous
n'avons vraiment pas vu le temps passé bien que nous soyons trempés de
sueur de la tête au pieds . Une fois au camping car nous nous mettons en
quête d'un coin à l'ombre dans la forêt pour nous rincer , nous
réhydrater et aussi déjeuner car nous commençons à avoir les crocs !

                Le temps de ranger un peu le matériel de camping
puisque  nous avons manger en terrasse et de plier l'auvent , il est
temps de rejoindre le parking du Cénote Ix-Kil où nous devons passer la
nuit . Nous y retrouvons le reste de la troupe, juste à temps  pour le
briefing de Janette, avancé à 17h15 . Elle nous parle des trois futures
étapes jusqu'à Palenque puis nous allons nous baigner dans l'eau verte
et fraiche du cénote . Il faut descendre en empruntant une succession
d'escaliers afin d'atteindre le niveau de l'eau . Il parait que ce
cénote fait 150 pieds de profondeur, soit une cinquantaine de mètres .
"Dominique , fais attention , tu n'as pas pied ! C'est malin de dire çà
, Pierre , tu sais bien que je n'aime pas trop ça ...!" Quel bonheur de
voir le halo  de lumière  parfaitement rond au dessus de nos têtes et de
pouvoir se rafraichir de la sorte après le bain de sueur que nous avons
subi aujourd'hui . Puis chacun rentre à sa roulotte pour installer sa
terrasse , histoire de manger dehors ,et d'essayer de capter un peu de
fraicheur avant d'aller se coucher .




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