CENT SOIXANTE HUITIEME JOUR : LE 15 AVRIL 2018































                Un violent orage nous a occupé une partie de la nuit
, éclairant la forêt tropicale de nombreux éclairs . Par deux fois je
n'ai pas le temps de compter jusque un , la foudre tombe à coté du
campement sur de gros arbres ,suivi d'un fracas indescriptible de tronc
cassé et de branchages qui se brisent en tombant sur le sol . Puis au
petit matin, ce sont les singes hurleurs qui nous offrent un concert
malgré la pluie qui recommence à tomber .  Beaucoup  dans le campement
n'ont pas trop supporté le déchainement des éléments avec la chute de
baies et de rameaux sur le toit des camping-cars . J'avoue que notre
côté nous avons plutôt bien dormi et ce matin nous jouons même les
prolongations jusqu'à 7h30 , ce qui n'est jamais arrivé depuis le début
du périple .Il faut dire que nous avions une sacrée fatigue accumulée
ces derniers jours avec les longues visites de site en plein cagnard et
aussi un peu avec les nuits écourtées par la rédaction du blog et le
transfert des nombreuses photos . Comme le sol est détrempé et que par
précaution j'avais rangé le salon de jardin hier soir , nous décidons de
prendre le petit déjeuner à bord . Puis je m'occupe de l'envoie du blog
par modem avant de me préparer car ce matin nous partons en excursion 
en bus avec Janette  pour visiter les cascades de Agua Azul que nous
avions déjà eu l'occasion de voir lors de nos deux précédents voyages .

                A 9h00 tapantes, nous grimpons à une petite quinzaine
dans un minibus , la plupart des équipages suisses ayant déclaré forfait
. Dès la sortie de Palenqué , nous prenons la direction de San Cristobal
de las Casas , magnifique capitale du Chiapas . Très vite la route
attaque les coteaux de petites montagnes couvertes de végétation
tropicale luxuriante . Malheureusement la météo déplorable de ce matin
ne nous permet pas de profiter pleinement des panoramas qui s'offrent à
nous avec la brouillasse qui couvre les sommets . Nous traversons
quelques petits villages perdus dans cette jungle qui nous paraissent
bien pauvres . Les huttes mayas en torchis et au toit de palme ont
laissé la place à de vulgaires cabanes faites de larges planches
disjointes . Ici les tôles ondulées en ferraille remplacent
désavantageusement les toits de chaumes . Bien souvent on voit courir
des cochons tout autour  des habitations ,quand ils ne rentrent pas
carrément par la porte grande ouverte . Les intérieurs , à peine
éclairés par de petites fenêtres et  avec de la terre battue en guise de
plancher , n'ont rien d'engageant ! Des enfants courent pieds nus dans
la boue , c'est vrai que nous sommes domingo (dimanche) . Des femmes ,
suivies de leur progéniture , marchant en file indienne sur le bas côté
de la route ,reviennent des champs avec quelques légumes dans les bras
ou avec un chargement de bois sur la tête .

                Au bout de trente bornes, nous prenons à droite une
petite route qui mène dans le parc naturel  de Misol Ha pour aller voir
une chute d'eau . Il faut enfiler un k-way car il recommence à pleuvoir
. Après avoir suivi un sentier qui s'enfonce sous les arbres , nous
débouchons face à un belvédère d'où la vue panoramique sur une très
grande chute d'eau est de toute beauté . Dommage que le manque de soleil
nous empêche de goûter pleinement les bouillons d'écumes qui envahissent
le bassin de réception et aussi de pouvoir admirer l'énorme nuage
d'embruns qui monte au dessus de la chute . Nous continuons le sentier
sur 500 mètres pour descendre jusqu'au pied , puis nous prolongeons en
suivant un faille rocheuse pour passer carrément derrière le mur d'eau .
Il parait que lorsque le niveau est plus bas on peut même aller jusqu'à
l'entrée d'une grotte sur l'autre rive . Comme nous avons le temps ,
j'en profite pour faire quelques essais photographique en jouant sur la
vitesse , histoire d'obtenir l'effet drapé de l'eau qui tombe au ralentie .

                La pluie nous lâche la grappe juste pour remonter
dans le bus ! Nous reprenons à droite la route en direction du Haut
Chiapas . Les montagnes qui nous entourent deviennent de plus en plus
hautes mais par chance la brouillasse disparait des sommets et de temps
en temps on pourrait même parler d'éclaircies, avec un peu d'optimisme .
Beaucoup de grosses pierres et de troncs d'arbres encombrent la chaussée
, le plus souvent bien sûr au détour d'un virage . L'orage de cette nuit
a vraiment fait beaucoup de dégâts avec le ravinement qui a aussi
grignoté le bord du macadam avec même des zones d'effondrement . Notre
chauffeur reste très vigilant d'autant que nous rencontrons un maximum
de "topes" dans les villages traversés . Résultat nous n'arrivons à Agua
Azul  que vers 11h30 . Janette nous laisse jusqu'à 14h00 pour profiter
du site . Il s'agit d'une rivière  au eaux bleues turquoises qui
cascadent parmi la végétation luxuriante . Un petit panneau explique que
le Rio Agua Azul se charge de pigments en empruntant un étroit canyon en
amont qui lui donne cette couleur particulière . La brumisation par les
embruns soulevées par des centaines de cascades ont permis la
prolifération d'une végétation tropicale anormalement développée pour la
région . Ce fragile écosystème très  particulier serait menacé par les
interventions de l'homme dans le secteur . Nous commençons à suivre la
berge du rio ,pour admirer  au passage ce débordement d'écume un peu
partout, et ces vasques d'eau variant du vert au bleu selon leur
profondeur , disséminées entre les bouquets de bambous ou derrière des
massifs de  bananiers . C'est toujours aussi superbe qu'il y a 35 ans
,même si la luminosité d'aujourd'hui reste moyenne . Avec Roger et
Dominique , nous décidons de commencer par la baignade . C'est
paradisiaque de se baigner dans une eau aussi colorée au pieds de chutes
qui bouillonnent de la sorte . Claire préfère rester sur la berge pour
faire les photos de l'événement . Puis nous décidons d'aller casser la
croûte dans une petite taule au bord de la rivière : nous goûtons les
ensiladas au fromage , au jambon et au pollo(poulet) avec des frijoles
et un peu de sauce piquante , le tout avec une "corona" ,bien sûr ! 
Puis nous reprenons la grimpette d'un sentier pour goûter pleinement les
magnifiques points de vue sur le rio jusqu'à l'heure du départ . Claire
et Dominique prennent quand même le temps d'acheter une nappe qu'elles
avaient trouvé belles au resto  . Nous en prenons plein les yeux pendant
encore une heure , essayant de tirer le cliché du siècle en faisant
varié le temps de pause , l'ouverture ou la sensibilité .

                A 14h00 tout le monde est prés à grimper à bord du
bus après avoir acheter de petites bananes aux marchandes ambulantes
pour 10 pésos soit 1/2 euros pour une quinzaines de bananes . Pendant le
retour beaucoup de têtes ne tardent pas à balancer dans tous les sens
dans les nombreux virages de cette route de montagne . De retour au
camping nous nous mettons en avance en faisant le plein d'eau propre et
la vidange des toilettes . Puis pendant que Dominique se lance dans un
grand rangement de la soute , j'attaque le blog . A 18h00 nous
retrouvons Janette pour le briefing où elle nous annonce froidement que
nos papiers pour l'assurance aux USA ne sont pas arrivés chez Seabridge
! Franchement elle aurait pu nous le dire avant , ce sont des papiers
qui ont été faits fin février !

                Vers 19h00 nous sommes conviés à un apéritif
dinatoire au bord de la piscine avec l'accompagnement d'un orchestre .
C'est l'occasion de regoûter la cuisine mexicaine avec ses tacos , ses
sauces bien relevées , tout en sirotant un punch .



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