CENT SOIXANTE ET UNIEME JOUR : LE 8 AVRIL 2018




























                La nuit a été très dure malgré la proximité de la mer
des Caraïbes . Hier soir lorsque je suis entré dans la chambre , il
faisait plus de 28 degrés dans le camping car et malgré l'ensemble des
fenêtres et des hublots de toit ouverts , impossible d'obtenir le
moindre courant d'air . Heureusement que nous avons le ventilo pour
palier à l'absence de brise marine et qu'en se couchant mouillé ,
l'évaporation de l'eau sur le corps permet d'obtenir une relative
fraicheur . Par contre ce matin, nous prolongeons un peu la nuit jusqu'à
6h30  ,car aujourd'hui nous avons quartier libre . Avec Dominique, nous
avons prévu la visite du site archéologique de Coba, distant de 90 km et
éventuellement de celui de Muyil situé 20 bornes plus loin , si nous en
avons  encore la force . Nous prenons malgré tout le temps de déjeuner
en terrasse sous les cocotiers , le panard , même si nous ne voyons pas
le bleu turquoise des Caraïbes depuis notre parcelle .

                Nous parvenons à décoller un peu avant 8h00 : nous
commençons par redescendre vers le nord jusque Tulum et là , nous
prenons à droite vers l'intérieur des terres , en plein Quintana Roo .
Comme hier, la route n'offre guère de paysages attrayants , juste une
forêt continue de petits arbres . Heureusement que de temps en temps un
bouquet de bananiers ou la tête ébouriffé d'un grand cocotier rappellent
que nous sommes bien sous les tropiques . Il n'y a  d'ailleurs pas
qu'eux qui nous le rappelle , il y a aussi le thermomètre, qui frise
déjà les 30 degrés ! Lors de la traversée de plusieurs petits villages,
nous assistons à un déballage indescriptible de poteries , de hamacs ,
et d'une multitudes d'autres objets de fabrication artisanale, de plus
ou moins bon goût : on voit que nous sommes sur la route d'un site
archéologique et surtout que Cancun et ses grands hôtels à touristes ne
sont pas loin . C'est bien dommage que l'industrie du tourisme à
outrance a détruit en grande partie l'accueil chaleureux que nous
avaient réservé les autochtones lors de nos précédents voyages il y a 20
et 30 ans. A cette époque , ils voyaient en nous un "amigo "venu de
l'autre côté de l'océan, pour visiter leur beau pays dont ils sont si
fiers . Maintenant leurs regards sont calculateurs , dès le premier
contact ils  jaugent , ils évaluent combien de pésos ou encore mieux de
dollars , ils vont pouvoir nous délester en vendant n'importe quelle
bricole fabriquée je ne sais où ! Heureusement que les guatémaltèques ne
sont pas encore atteints par ce fléau . Au camping où nous sommes logés
actuellement à Playa del Carmen , la plupart des emplacements sont
occupés par des ressortissants des States ,qui viennent ici  non par
goût , mais parce que la vie est moins couteuse que chez eux , pour
pouvoir jouer au "roi du pétrole" avec leur petite retraite de m...! 
Eux aussi ont une lourde part de responsabilités dans cette dégradation
de l'état d'esprit des Mexicains !

                Il est dejà presque 9h30 lorsque nous nous tartinons
de crème solaire sur le parking de Coba où nous payons 110 pésos pour
stationner . Armés de chapeaux , d'une bombe anti moustique et d'une
bouteille d'eau , nous  attaquons la visite dans la foulée après avoir
réglé les 140 pésos d'entrée pour deux personnes . Maintenant il faut 
même aller acheter le plan du site dans une boutique à souvenir
installée un peu plus loin , c'est incroyable ! Coba a la réputation
d'être un site immense, mais je ne croyait pas à ce point, puisqu'il
s'étend sur 70 km : heureusement que nous ne visitons que trois groupes
de constructions , distant chacun de deux bornes . C'est pour cela qu'il
y a possibilité de louer des vélos ou les services de triporteurs
moyennant 150 pésos . Comme nous avons des kilos à perdre , pas question
de tomber dans la facilité . En plus les chemins sont à l'ombre de la
forêt , donc aucune excuse! Coba comptait cinquante trois mille
habitants : construite  entre 600 et 800 de notre ère elle a atteint son
apogée entre 800 et 1100 . Puis elle a connu une période de déclin  de
1100 à 1450 au profit de Tulum dont la situation géographique, sur la
côte, la rendait plus compétitive pour le commerce . Les Mayas avaient
choisi le site de Coba pour sa proximité avec le lac Macanxoc et le lac
Coba .

                Le premier ensemble que  nous rencontrons est le Grupo
Coba sur notre droite : le bâtiment principal est un temple, doté de
colonnes  rondes et perché au sommet d'une petite pyramide . A côté
,nous découvrons un jeu de pelote en parfait état de conservation qui a
la particularité de ne posséder qu'un anneau en pierre de chaque côté,
pour y envoyer la balle, et non trois comme dans les autres sites . Il
faut alors prendre son courage à deux mains , pour parcourir deux
kilomètres à travers la forêt et atteindre le complexe suivant n baptisé
Grupo Macanxoc : ici , nous ne voyons pas de grosse construction ,mais
énormément de stèles et  d'autels à sacrifice en très mauvais état de
conservation, car les bas reliefs sont gravement rongés par l'érosion au
point que l'on distingue à peine le personnage principal et encore
moins  les hiéroglyphes qui l'accompagnent . Cette profusion de stèles
et d'autels fait penser que cette zone de Coba était réservée aux
grandes cérémonies religieuses comme semble le confirmer ce temple
perché au sommet d'un escalier de plus de vingt mètres de large .

                D'après notre plan , il faut revenir sur nos pas, sur
un bon kilomètre et tourner à droite, pour faire à nouveau deux bornes
vers le troisième complexe . Par chance , en route nous tombons sur un
ensemble secondaire, baptisé Grupo Pintaras  , à cause de la découverte
de fresques que nous ne pouvons malheureusement pas voir ; il a malgré
tout , le mérite de rompre la monotonie de cette interminable ballade en
forêt qui nous fait ruisseler de sueur de la tête aux pieds  . Après une
longue pause agrémentée de quelques  prises de clichés des temples à
colonnes rondes , nous terminons  ensuite le chemin qui mène au Grupo
Nohoch Mul , baptisé ainsi parce que c'est la plus grande pyramide du
site avec 42 m de hauteur , nohoch voulant  dire grand en nahualt et mul
se traduisant par monticule . Les Mayas avaient tiré profit d'une
surélévation naturelle du sol pour faciliter la construction d'un tel
édifice qui couvre 2400 mètres carrés . D'après la stèle commémorative
qui en décorait le bas et qui est la mieux conservée de Coba , la
pyramide aurait été inaugurée le 30 novembre 780 de notre ère .
Malheureusement pour nous , avec la proximité de Cancun , l'usine à
touristes qui crache tous les jours son nuage de blancos en Nike , il
est bien difficile de faire un cliché correcte de cette pyramide ! A
chacun sa pollution !

                Revenus au camping car sur le coup de midi , notre
premier soucis est une bonne réhydratation  , puis nous trouvons un
sympathique petit coin ombragé au bord du lago Macanxoc pour casser la
croute , même si ça ne plait pas au taulier d'une gargote installée en
face ! Vers 13h00 , nous reprenons la route de Tulum  pour descendre
ensuite plein sud sur 20 bornes , histoire de visiter le petit site
archéologique de Muyil que nous avions repéré hier en venant de Coraza 
. Par chance ici on ne paie pas le parking et en plus il est ombragé !
Le taulier nous parle en espagnol , quel bonheur , au lieu entendre ce
ricain à deux balles comme c'est le cas depuis deux jours ! Moyennant 45
pésos (à peine 2,5 euros) par personne , on découvre un site très mignon
dans un cadre de verdure superbe . Les mayas s'installèrent ici dès 250
après JC et se développèrent jusqu'en l'an 600 où ils amorcèrent un
déclin, inexpliqué à ce jour . Le site fut réhabilité à partir de 1250
avec toute une série de rénovations .Puis il a même continué à être
habité après l'arrivée des Espagnols et a servi de base à une certaine
rébellion vis à vis de l'envahisseur . Nous  admirons d'abord un
complexe de plusieurs petites pyramides et de petits temples , dont la
taille modeste traduit leur appartenance à la fin de l'Empire Maya ,
c'est à dire 1250 à 1450 : leur rôle était à la fois administratif et
religieux . Nous nous enfonçons ensuite dans la forêt pour découvrir une
pyramide derrière une haie d'arbres au sommet de laquelle a été
construit un temple comportant trois chambres dotées de voutes
trapézoïdales et décorées de fresques utilisant le bleu maya , le rouge
, le jaune et le noir .

                 Il faut de  nouveau marcher un petit quart d'heure
pour tomber sur un ensemble baptisé Castillo : il s'agit d'une pyramide
dont le premier aspect a le mérite d'être du "jamais vu". Avec sa
silhouette étroite et haute , ses contreforts inclinés et son cylindre
sur la tête , qui la fait ressembler selon certain à un encensoir , elle
n'a rien de conventionnelle comme ses collègues : d'après les
archéologues sa construction se serait faite en deux étapes . Une
première à l'époque dite classique et une seconde qui aurait amené cette
tour ronde sur le sommet de l'édifice ainsi que les deux bas reliefs
représentant des canards qui décorent la partie postérieure

                Il est déjà presque 16h00 lorsque nous retrouvons le
camping car pour nous réhydrater et nous éponger, car nous avons encore
eu droit à un bain de sueur en règle sur ce coup-ci . L'avantage de
refaire les 70 bornes de Playa del Carmen est de pouvoir bénéficier de
la clim de la cabine pendant un quart d'heure avant de ré-ouvrir les
fenêtres pour ne pas nous déshabituer de la chaleur ambiante . Une fois
au camping nous allons directement nous baigner  avec Monique et Jean
Marc , accompagnés de Jean Marie et Michèle , en mer  cette fois ,
malgré les algues et les récifs de coraux . Puis je m'attelle au blog
pendant que Dominique attaque une lessive monstre . Nous dinons ensuite
en terrasse devant notre roulotte ,dans le noir le plus tropical qui
soit , bercés par la brise marine ! C'est trop dur !


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