CENT SOIXANTE ET ONZIEME JOUR : LE 18 AVRIL 2018




























Je pense que c'est le manque de sommeil de la nuit
dernière et la fraicheur de la région qui nous ont permis de dormir
jusqu'à 6h30 . Il y a aussi l'obscurité totale jusqu'à 7h00 , avec les
horaires mexicains , qui nous aide aussi dans ce domaine . Il faut quand
même se décider à descendre préparer le café si nous voulons partir
assez tôt car nous devons visiter la ville de Tlacotalpan , recommandée
par Janette au briefing d'hier, faire les 180 bornes de l'étape et
arriver au camping avant 16h00 . Nous avons rendez vous pour visiter la
ville de Veracruz et y passer la soirée . Comme il fait encore noir ,
nous prenons le petit déjeuner à bord du camping car et comme j'ai
réussi à passer le blog hier soir avec la wifi du camping depuis notre
terrasse ,nous gagnons pas mal de temps ce matin dans nos préparatifs .
Nous partons juste après François , vers 7h15, à part
que lui fonce chez Fiat à Veracruz directement ,car hier en passant dans
un trou il a entendu un gros bruit au niveau de sa roue arrière gauche
: il parait que c'est tout le système de frein à main qui est endommagé
. Pendant toute la sortie du bourg de Catemaco ,nous avons droit devant
nous , en ligne de mire, un superbe cône volcanique , le Volcan San
Martin Tuxtla . Puis nous contournons le superbe lac Catemaco pour
prendre la direction de Veracruz .Par chance, les dix premiers
kilomètres sont un véritable billard jusqu'à San Andres mais il ne faut
surtout pas se faire d'illusion , dès la sortie de la ville , nous
retrouvons les abominables ornières , les affaissements , les
déformations de la chaussée qui font tremplins et bien sûr , il ne faut
pas oublier les topes , qui font légion sur la N180 .Par endroit la
route se met à grimper de petites montagnes couvertes de forêt tropicale
, enfilant virage sur virage et offrant de jolies vues panoramiques sur
de petites vallées encaissées . C'est superbe avec la lumière chaude du
matin . Des autochtones nous arrêtent à l'aide d'une corde tendue en
travers de la chaussée pour réclamer de l'argent en échange des quatre
ornières qu'ils ont bouchées avec un peu de terre . Ce n'est pas une
démarche très logique d'autant qu'il s'agit d'adultes jeunes en parfait
état physique pour travailler ; de plus ils ne s'adressent qu' aux
étrangers et laissant passer les méxicains à leur guise . Arrivés au
niveau d'un haut de côte , nous avons la surprise de voir que sur
l'autre versant la chaussée est décalée latéralement , en baïonnette ,de
l'équivalent de sa largeur . Ca surprend quand on arrive à 70 km/h ,de
se retrouver nez à nez avec la nature ! Je ne vous explique pas le coup
de volant que cela occasionne et le concert de bruits de casseroles , de
verres et de timbales que ça entraine ! Il faudra faire attention en
ouvrant les placards du haut, de ne pas prendre une avalanche de tasse
sur le nez !
Nous traversons maintenant une zone marécageuse situé
juste derrière la côte du Golfe du Mexique . Comme nous sommes encore
perchés sur une crête , nous nous arrêtons pour faire quelques clichés
de ce curieux paysage fait d'une multitude de plans d'eau , ,séparés
par de larges bandes de terre , envahies de cocotiers . Sur les pentes
herbeuses de notre promontoire c'est le domaine des cactus ; il y a des
figuiers de barbarie à perte de vue mais leurs fruits sont encore verts
. A peine avons-nous repris la route, que nous atteignons Alvarado où il
faut tourner à gauche, pour emprunter une petite route qui ,après avoir
enjamber le Rio Papalcapan, se met à slalomer parmi les marais .Nous
nous arrêtons plusieurs fois pour faire des clichés de pêcheurs , de
cabanes au bord de l'eau , de groupe de barcasses amarrées à un arbre et
d'alignement de cocotiers . L'arrivée sur Tlacotalpan est superbe aussi,
avec tout un alignement de maisons de pêcheurs , très colorées sur les
berges du rio . Nous stationnons sur le parking indiqué par Janette et
nous nous mettons aussitôt à remonter le petites rues bordées de maisons
aux crépis très colorés : ici on passe du rose au vert en passant par le
violet ou le bleu des mers du Sud . C'est vrai que , du coup , on
pourrait se croire à Cuba , sur le Malecon à La Havane . Comme nous
avons la chance d'être arrivés tôt , il n'y a qu'une poignée
d'autochtones dans les rues occupées à jouer aux cartes ou à balayer le
trottoir , quand ils ne se dandinent par sur leurs vieux vélos . On ne
résiste pas à l'envie de rentrer dans une tortilleria où çà sent bon les
tortillas tout frais pour en acheter à 5 pésos , soit 1/4 d'euro , pour
pour 10 . Dominique , en gourmande impénitente , se dépêche de les
goûter tout en continuant nos errances . Nous commençons par tomber sur
la Plazuela Dona Marta , un petit bijoux qui date de la fin du XVI ème
siècle , c'est à dire lors de la création de Tlacotalpan . Entourée de
maisons de conquistadores , elle fut déclassée au XVII siècle au profit
de la Plaza Mayor , puis réhabilitée au XIXème siècle grâce à Dona Marta
,une mexicaine apparemment au caractère bien trempé ,qui mena son
domaine agricole et ses affaires toute seule .
Toujours en musardant un coup à l'ombre de
sympathiques arcades , un coup en rasant les murs , nous allons jusqu'à
l'église , dont la haute silhouette blanche dépasse au dessus des
cocotiers du Parque de Las Madres . Là aussi c'est un bijoux , richement
colorée , qui nécessite plus d'une dizaine de clichés pour me rassasier
. Comme de là , nous apercevons de loin , un autre clocher , nous en
prenons la direction et nous tombons sur l'église de la Candélaria , de
couleur rose qui domine la Place Hidalgo , peuplée d'arbres et de bancs
et entourée d' arcades de toutes les couleurs . C'est ici , dans une
boutique d'artisanat que je trouve une magnifique boite en cèdre dotée
de pieds, qui pourrait faire office de cave à cigares pour 650 pésos ,
soit 32 euros ! Chargé de nos paquets , nous tournons à droite, pour
tomber sur la Plaza Zaragoza , avec son superbe kiosque à musique vert,
dominée par l'église paroissial San Cristobal , de couleur blanche
soulignée de bleu . Là aussi ,une ceinture d'arcade très colorées
entoure la place .
Pour finir, nous mettons deux heures pour parcourir
le centre de cette magnifique ville hispanisante ,sans voir le temps
passer . Ce débordement de couleurs , ses rues pavées , ses trois
superbes églises , ses places , ses arcades , tout y est enchanteur :
une invitation à reprendre son pinceau d'aquarelliste , c'est sûr , je
m'y remets en rentrant ! En plus , les habitants sont très sympathiques
: ici, tout le monde dit bonjour et essaie même de lier conversation .
C'est le Méxique authentique , loin des tourisme à outrance ,que nous
avons connu il y a 35 ans . C'est vraiment génial ! En repartant ,nous
achetons une dizaine de bananes au marché pour 9 pésos (1/2 euro) !
Comme à l'aller nous retraversons la zone de marais et le rio Papalcapan
, pour retomber sur la route de Veracruz . Par moment ,nous commençons à
voir la mer à droite . Arrivés à La Piédra , nous prenons une petite
route à droite , en bonne état celle-là , qui nous amène à Anton
Lizardo , petit village de pêcheurs où nous voyons ceux-ci remonter
leur barcasse en les tirant sur le sable . Des filets sèchent , tendus
sur des piquets de bois plantés sur la plage . Nous nous contentons de
quelques photos avant de finir l'étape et de nous installer face au
Golfe du Mexique ,pour d'abord casser le croute , puis nous baigner dans
un premier temps en mer et ensuite à la piscine du camping . Puis
j'essaie d'exploiter au mieux l'heure de battement qui me reste avant le
départ pour Veracruz en taxi , pour taper le blog .
Comme prévu, Janette nous a commandé six taxis pour
dégommer les trente bornes qui nous séparent du centre ville . Veracruz
est le premier port du Mexique et compte un demi million d'âmes . Bien
que ce soit une des plus anciennes agglomérations de ce pays , fondées
par Cortes au XVI ème siècle , elle ne possède pas de véritable centre
historique . Nous nous contentons de visiter le Zocalo , c'est à dire la
Place Centrale bordée d'un côté par la Cathédrale assez jolie avec son
crépi blanc et son dôme couvert de céramique . Sur le côté
perpendiculaire , nous admirons au passage un vaste bâtiment
administratif dotés de superbes arcades. Sous les grands arbres de la
place , au lieu de trouver l'incontournable kiosque à musique on
découvre ici une vaste estrade circulaire sur laquelle des groupes
folkloriques viennent danser quotidiennement . Nous allons ensuite
visiter le Malécon , c'est à dire la promenade qui longe le port , vaste
esplanade où les gens viennent faire du sport ou tout simplement prendre
l'air en admirant au passage le phare et les énormes sculptures exposées
sur le côté . De retour sur le Zocalo ,nous allons dégommer une bière en
terrasse . J'en profite pour acheter avec Christian une boite de cigares
mexicains fabriqués dans la région (soit à San Andres soit à Veracruz
même) .Nous en profitons également pour trouver un distributeur de
billets car notre stock de pésos baisse à vu d'oeil avec le carburant
que nous sommes obligés de payer en liquide . Puis nous retrouvons le
reste de la troupe, toujours assis à la même terrasse , pour y goûter un
filet de poisson à la sauce Veracruz , c'est à dire avec des oignons ,
des tomates , du poivron , du piment et des olives . Ce n'est pas
mauvais ,mais assez relevé pour des papilles d'européen moyen ! Pendant
ce temps, des groupes folkloriques se produisent sur l'estrade au milieu
de la place et aussi un peu partout dans la ville . Comme nous avez
prévenu Janette , ce n'est pas une ville particulièrement belle par ses
bâtiments , mais elle est très agréable par l'atmosphère qui y règne et
la douceur de vivre qu'elle dégage . Nous sommes enchantés d'avoir fait
l'effort de ressortir de notre trou le soir ,une fois bien installés
en bordure de mer .
La cave à cigare est magnifique ! Surtout à ce prix ! Et la multitude de couleurs des maisons rappelle en effet les rues de Cuba sur le Malecon ou à Trinidad.
RépondreSupprimerBravo au photographe !