CENT SOIXANTE DOUZIEME JOUR : LE 19 AVRIL 2018

























                Malgré la proximité du Golfe du Mexique et la brise
marine, il fait trop chaud à bord pour avoir un sommeil de bonne qualité
. Pourtant hier, nous nous sommes couchés tard avec la sortie au resto
sur Veracruz puis le blog à finir ainsi que les photos à transférer .
Comme aujourd'hui l'étape est assez longue, avec 320 bornes , mieux vaut
ne pas trainer au lit . Je descends vers 6h00 pour faire le café et
préparer le petit déjeuner que nous prenons une fois de plus à
l'intérieur à cause de l'obscurité ; c'est d'autant plus bête que dehors
ça sent bon la marée ! Dommage... ! Ensuite , nous parvenons à passer le
blog par modem en une fraction de seconde ; c'est d'autant plus
surprenant qu'hier soir,  ça ne passer pas du tout mais il faut dire que
le téléphone de Dominique était fortement déchargé . Après les
rangements habituels , je prends malgré tout le temps de faire le plein
d'eau de la réserve qui était descendue à 25% .Un petit coucou chez les
Gruffat et les Bories et nous quittons ce sympathique camping installé
face la mer .

                Nous prenons la direction de Veracruz et notre premier
soucis et de faire le plein de gasoil car nous roulons sur la réserve .
Par chance , pour une fois j'arrive à payer avec la carte bleue , c'est
super car notre stock de pésos fond à vue d'oeil . Si la vie de tous les
jours n'est pas très chère au Mexique ,  par contre le carburant nous
fait un sacré trou dans le budget , surtout que notre brave camping car
est comme son patron , il consomme ....Et puis hier ,je me suis fait
plaisir en achetant ma cave à cigares au matin et deux coffrets de 25
churchill  fabriqués à  Veracruz après midi , soit 1700 pésos au total
(85 euros , la ruine ...!) . Nous prenons ensuite la direction de Xalapa
en ayant soin d'emprunter la cuota , l'autoroute payante , selon les
conseils de Janette . Cela nous permet d'avoir un revêtement correct  et
de pouvoir rouler à 110 km/h  , voir 120 km/h.  Comme en plus , sur la
première partie de l'étape, le paysage n'a rien d'extraordinaire , ce
n'est ^pas grave de tirer la bourre : nous traversons une vaste plaine,
spécialisée dans la culture de la cannes à sucre . Après 120 bornes ,
nous prenons la direction de Peroté et là , nous commençons à grimper
parmi de petites montagnes couvertes de forêt . En enjambant de longs
viaducs , nous survolons d'étroits canyons coincés entre de hautes
parois rocheuses qui prennent de jolies couleurs avec la lumière blonde
du début de matinée .  Sur notre gauche, nous voyons un magnifique cône
volcanique avec son superbe capuchon de neige qui doit correspondre
d'après la carte au Pico de Orizaba qui culmine à 5760 mètres , quand
même ! Il est d'autant plus beau que devant lui s'étend un vaste plateau
couvert de yucas géants et de cactus . Grâce à l'excellent revêtement de
l'autoroute, nous avalons les kilomètres de façon impressionnante : nous
arrivons à maintenir une moyenne de 80 km/h , ce qui n'est pas arrivé
depuis bien longtemps . Par contre, les péages se multiplient; sept au
total , et à force nous atteignons quand même 1026 pésos , soit 50 euros
, ce qui est énorme par rapport au niveau de vie du pays .

                En obliquant ensuite vers le sud , en direction de
Puebla , nous voyons droit devant nous , le magnifique cône du
Popocatepelt , qui culmine à 5405 mètres et qui fume de façon
inquiétante par le sommet mais aussi par une cheminée secondaire à
mi-pente . Encore un nom qui fait rêver , en tout cas qui m'a fait
rêver  personnellement depuis ma plus tendre enfance  étant donné que
j'avais de la parenté qui a vécu au M exique pour des raisons
professionnelles  .Un peu plus à droite , couvert de neige, il y a 
aussi le Iztaccihualt (5230m) et son très large cratère . Voilà des
voisins fort peu sympathiques à mon goût . Après avoir contourné la
mégalopole qu'est devenue Puebla , nous prenons la direction de Cholula,
où nous arrivons vers 11h00 . Nous décidons d'aller aussitôt visiter la
pyramide la plus grande du monde, avec ses 300 mètres de côté , couverte
de végétation , qui la fait ressembler à une colline plus qu'à une
construction humaine . A son sommet , les Espagnols ont construit , avec
les pierres du temple aztèque qui en occupait le sommet ,une superbe
église , dès 1598 et qui fut terminée en 1666 . Lorsque Cortès est
arrivé ici en 1519  ,il a fait aussitôt rassembler la population pour la
massacrer : 1000 habitants du village , gouvernants et prêtres compris
!Un saint homme selon l'Eglise de l'époque !

                Après avoir trouvé un parking gardé pour 80 pésos ,
nous attaquons la visite des lieux, en commençant par un réseau de
galeries  faites de voûtes trapézoïdales ,qui sillonnent la pyramide sur
des centaines de mètres , menant à de nombreuses cryptes et desservant
des escaliers auxquels le commun des mortels n'a pas accès ,
malheureusement. Une fois sortis de cette souricière , nous attaquons
l'ascension du monstrueux édifice . De la plate forme supérieure, la
vue  sur la ville est magnifique avec sa quarantaine d' églises et sur
les volcans voisins aussi .Bien qu'une équipe de cinéma occupe les lieux
pour un tournage en extérieur , nous parvenons à grimper jusqu'à
l'église Virgen de Los Rémédios , qui avec son crépi jaune d'or rayonne
sous le soleil de milieu de journée . A l'intérieur , avec les dorures
de l'autel et de la moindre moulure , l'effet est encore pire : là , il
faut me croire sur parolen car les photos , même sans flash , sont
interdites . Une fois redescendus de ce promontoire , nous commençons la
visite du site archéologique attenant : ce sont les soubassements et les
premiers étages de pierres de la pyramide qui ont été mis à nus .
L'occupation aztèque de Cholula peut se diviser en deux périodes
successives : de 0 à 850 ce fut le développement agricole , la
construction du site et la mise en place d'échanges commerciaux avec la
cité de Téotihuacan , distante d'une centaine de bornes . La seconde 
période ,de 850 à 1519 , correspond à un apport de population, venue du
nord, qui va étendre les échanges commerciaux avec le Yucatan , et même
avec le reste de la Méso-Amérique . Au bout de la vaste esplanade qui
mène aux premiers gradins de la pyramide  ,on a trouvé trois autels
ronds sculptés de bas reliefs dont deux étaient accompagnés d'une stèle
dressée verticalement . Au pied de celles-ci  ,on a retrouvé des
sépultures d'enfants , accompagnées de nombreuses offrandes sous formes
de coquillages , d'escargots ,d'objets en jade et en obsidienne . On
découvre également un vaste système de récupération de l'eau avec
bassins , rigoles qui collectaient les précipitations  ruisselant sur
l'immense pyramide . Le temple ,qui surmontait celle-ci , était 
d'ailleurs dédié au dieu de l'eau .

                Après avoir récupéré le camping car , nous tournons un
peu  en rond dans les petites rues de Cholula  avant de trouver la porte
de notre camping où nous récupérons une belle place à l'ombre bien que
la plupart des équipages soient déjà arrivés. Comme il est déjà 14h30, 
nous installons le salon de jardin pour casser la croûte puis j'invite
Jeremy pour le café accompagné d' une dégustation de cigare : un
churchill mexicain qui se révèle très agréable , avec peut être une
combustion un peu trop  rapide  à mon goût, du fait que le torcédor ne
l'a pas assez serré . Un cigare linéaire , sans surprise , on n'est pas
à Cuba , c'est sûr , mais qui fait parfaitement l'affaire pour un
néophyte . Un parfum un peu pain d'épice au niveau du divin , mais pas
trop sucré , je lui mettrais entre 12 et 14 sur 20 . Puis il faut quand
même blogger un peu jusqu'à17h30 , l'heure fatidique du briefing
consacré à la visite de Cholula et éventuellement de Puebla ! Ceci ne
nous concerne pas . Nous prévenons toutefois Janette que demain nous
partons visiter un site en périphérie de Mexico pour ensuite monter
plein nord vers Tula , un autre site que nous comptons voir le lendemain .

                Comme Roger est décidé à faire barbecue ce soir , nous
lui confions notre viande  à griller en tant que  maitre rôtisseur :
nous  la mangeons en terrasse  juste avant la tombée de la nuit . Puis
je termine le blog en dégustant mon café mais après avoir  soin enfilé
un pull car il commence à faire frais : j'avais oublié que nous sommes à
2500 mètres d'altitude !

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