CENT SOIXANTE DIX NEUVIEME JOUR : LE 26 AVRIL 2018






























                    Quelle  nuit de bonheur bercée par le bruit du
ressac ! Comme hier soir j'ai fait demi tour avec camping car pour que
notre rampe lumineuse éclaire notre grande table collective ,  nous
avions  la chambre côté océan , juste deux mètres au dessus des rochers
où la  houle venait se fracasser . Un régal ! Aussi ce matin je suis un
peu farcé d'autant qu'avec le changement d'horaire mes repaires sont
faussés . A peine ai-je fini la correction du blog qu'il fait déjà
clair  dehors . Comme les jours précédents , le thermomètre intérieur
reste très bas ,à 11 degrés, malgré l'absence d'altitude et la proximité
du Pacifique . En tout cas, pas question d'aller se baigner ce matin
comme l'espéraient Isabelle et Gérard hier après midi , lorsque nous
sommes sortis de l'eau après une baignade très sympathique . Une fois le
petit déjeuner dégommé , j'essuie un échec en essayant d'envoyer le
blog  avec le modem . Après le rangement et les préparatifs habituels ,
nous décidons de ne pas trainer , histoire d'arriver tôt à Mazatlan ,
distante de 320 bornes , où en principe nous avons encore un camping au
bord du Pacifique . Un petit coup d'oeil au compteur avant de démarrer
nous apprend que nous avons déjà parcouru plus de 28 000 km depuis
Buenos Aires .

                    Nous commençons par suivre la côte sur quelques
kilomètres , où le bleu de l'océan joue à cache cache derrière des
bouquets de cocotiers et des paillotes . Nous traversons  ensuite un
petit village de pêcheurs dont les barcasses ont déjà quitté la plage
pour le large , chargées de grands filets . Leurs cabanes faites de
branchages , de planches et dotées d'un toit de palmes paraissent bien
sommaires , avec leurs cours en terre battue débordantes de vieux
paniers empilés les uns sur les autres , de fauteuils plus ou moins
éventrés et de chaises bancales . Des poules courent à droite à gauche
pendant que les chiens dorment  d'un sommeil comateux  ,  vautrés
complétement à plat  dans la poussière : on se croirait devant la cabane
du"Vieille Homme et la Mer" si cher à Hemingway ! Nous prenons ensuite à
gauche vers San Blas , réputé pour sa mangrove pleine de gros crocodiles
de plus de 4 mètres de long . A la sortie du village, qui ne retient
guère notre attention du fait de son manque de caractère , le GPS nous
fait emprunter un raccourci pour rejoindre la grande route de Mazatlan .
En  regardant la carte Dominique constate qu'il s'agit d'une petite
blanche ; pas étonnant que je sois obligé de faire du slalom entre de
profondes ornières et des bosses monumentales , sans compter les
nombreux passages à gué en béton où nous descendons brutalement d'un
mètre pour mieux faire tremplin à la sortie ! De part et d'autre de la
route, ce ne sont que des marais , à différents niveaux , séparés par
des digues de terre ,et équipé de vannes pour les remplir ou les vider à
souhait . Des bancs d'aigrettes forment de magnifiques tâches blanches
qui se reflètent dans l'eau . Des haies de cocotiers jouent également
les "Narcisses" en s'y mirant copieusement .

                    Comme nous commençons à trouver le temps long ,
arrivés dans le premier village , nous demandons notre route à un
autochtone qui nous conseille de prendre à droite pour rattraper
l'autopista de Mazatlan à 30 bornes d'ici . Comme le GPS confirme les
conseils  de notre bienfaiteur, nous les suivons sans hésitation . Nous
traversons maintenant une zone richement cultivée où les champs de maïs
alternent avec les bananeraies , les rizières et les champs de cannes à
sucre dont le vert prend de jolies nuances dans la chaude lumière du
matin . A l'horizon une chaine de montagne a les pieds masqués par une
longue bande de brume. Un cône volcanique domine d'une tête ses voisins
tout en lâchant un gros nuage de fumée au dessus de son cratère .
D'après la carte ce pourrait être le Volcan San Juan qui culmine à 2103
mètres à l'ouest de Tépic . Un peu avant de rejoindre l'autoroute, nous
tombons sur d'immenses plantations de tabacs ; beaucoup de feuilles ont
déjà étaient coupées , laissant une armée de tiges squelettiques
derrière elles . Sur des tonnelles en bambou , le précieux tabac sèche
au soleil en prenant de jolies teintes brunes . Dès que nous empruntons
la Cuota (la route payante) je laisse le volant à Dominique pour pouvoir
taper le blog . Nous avons la surprise au premier péage de tomber sur un
piquet de grève qui nous demande une contribution volontaire de 50 pésos
mais qui nous dispense des 370 pésos de paiement pour ce tronçon . Après
avoir traversé une région riche en orangeraies, entourée d'une couronne
de petites montagnes , nous retrouvons une zone aride avec en premier
plan une série de vastes étangs en voie d'assèchement  . Derrière, c'est
le domaine des bosquets d'épineux , d'arbres à moitié desséchés et de
hautes herbes jaunies par le soleil  . Des monts couverts de garrigues
barrent l'horizon . A bord ça commence à chauffer , le thermomètre
indique 34 degrés !

                    Je reprend le volant à quatre vingt bornes de
Mazatlan car Dominique commence à en avoir marre d'éviter les trous et
de doubler les gros camions ,pas toujours très coopérants , d'ailleurs !
Petit à petit ,nous retrouvons un groupe de camping cars suisses avec
lesquels nous finissons l'étape  en convois par la force des choses !
Nous prenons à droite la direction de l'aéroport pour éviter le centre
ville , tout en longeant une fois de plus des énormes étangs peuplés
d'échassiers occupés à pêcher . Encore une vingtaine de bornes et nous
retrouvons la côte du Pacifique , ces palmeraies et ses paillotes . Le
GPS nous amène sans faute aux"Tres Amigos" , notre camping , où nous
nous installons face à l'océan , à côté de Roger et de Jean marc ,
arrivés un peu plus tôt . Après une petite réparation effectuée sur nos
fauteuils de camping , nous installons la table à l'ombre des auvents .
Roger a déjà sorti le barbecue et Jean-Marc la plancha . Encore un dur
moment de la vie de retraité que de siroter un petit coup de blanc 
entre amis , face au Pacifique ,pendant que la barbaque grille !  Après
le café, nous allons goûter au plaisir de la baignade sur cette
magnifique plage de sable blanc bordée de cocotiers . Bien que très
agréable et très rafraichissante, ce plouf se révèle  assez musclée à
cause de rouleaux de plus de deux mètres qui viennent se fracasser sur
la grève à un rythme très soutenu .Lorsque je me laisse porter sur la
crête de la déferlante , j'ai l'impression de voir la tête de Roger et
Jean Marc ,encore dans le creux de la vague ,au moins un étage plus bas
. Après une  heure passée à se faire secouer comme des pruniers , nous
avons la visite d'un MNS en quad, qui nous conseille ne plus nous
baigner à cet endroit , très dangereux selon lui ,car il y a des
courants et des tourbillons , dus à de bancs de sables au niveau du
fond. Heureusement que nous nous sommes bien éclatés avant!. Après la
douche , il ne me reste plus qu'à blogger un peu en terrasse , face au
large  en dégustant un robusto mexicain . A 18h00 nous nous retrouvons
tous pour le briefing au cours duquel Janette nous propose une visite de
Mazatlan pour demain  , avec départ en barque depuis la plage. Claire et
Roger nous invite ensuite à fêter leurs 46 ans de mariage que nous
avions dû annulé à La Paz à cause de la pluie , et puis face au
Pacifique ça a quand même une autre gueule ! Dominique leur a peint une
petite aquarelle cette après midi . Et de surcroît , comme si nous
l'avions commandé comme on pourrait le faire avec un feu d'artifice , ce
soir le coucher de soleil qui accompagne les premiers verres est de
toute beauté . Ensuite dès que l'obscurité s'installe ,  la musique se
met à monter , prolongeant cette petite sauterie qui a commencé à 18h30,
jusqu'au delà de  23h00 .



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