CENT SOIXANTE DIX HUITIEME JOUR : LE 25 AVRIL 2018






























                Il fait 9 degrés dans le camping car ce matin , c'est
incroyable , alors qu'hier soir il a fallu mettre le ventilo  à fond
pour pouvoir s'endormir . Pas étonnant qu'une trentaine de kilomètres
après la sortie de Tépotzotlan , hier matin, nous avons vu d'épaisses
plaques de neige sur le bord de la route : je n'ai  d'ailleurs été
rassuré qu'au briefing du soir lorsque Roger et Christian ont confirmé
mes dires . C'est vrai qu'à cette endroit nous étions à prés de 2700
d'altitude .Aussi au coeur de la nuit, Dominique est allé chercher la
couette et a commencé à fermer quelques fenêtres .C'est vraiment une
région au climat très contrasté sur la journée car l'après midi ça monte
facilement à 38 degrés à l'ombre . Comme aujourd'hui nous avons rendez
vous à 10 h00 à 60 km d'ici pour la visite d'une distillerie de téquila
, ça ne sert à rien de courir ; d'ailleurs il est presque 7h00 lorsque
je descends faire le café mais comme il fait encore assez sombre dehors
, nous décidons de prendre le petit déjeuner à l'intérieur . Nous
prenons aussi le temps de s'occuper des vidanges et du plein d'eau
propre , d'autant que nous avons ça à porter de la main , sur notre
parcelle .Par contre pour le b:log c'est "nada" , ni wifi ni possibilité
d'utiliser le téléphone de Dominique comme modem .

                Nous parvenons à partir malgré tout un peu avant 8h00
. La circulation est déjà infernale sur le grand boulevard , juste à  la
sortie du camping où il faut faire un riturno tout de suite pour le
prendre en sens inverse . En lisant le guide hier j'ai appris que la
ville où nous logions , Guadalajara , est la seconde du Mexique ; pas
étonnant que je l'avais trouvé grande hier en arrivant ! Il faut jouer
sens cesse avec les cinq files de chaque côté que comporte le boulevard
, les deux de droite étant souvent bloquées par des bus ou des taxi qui
déposent leur passagers un peu n'importe où et surtout sans prévenir, et
à gauche la voie externe est coupée par moment par un riturno vers la
voie d'en face . Après cinq bornes de cul à cul pendant 1/2 heure , nous
arrivons enfin au périphérique . Disciplinés , nous faisons à la lettre
ce que nous indique le GPS , nous passons sous le pont pour tourner à
droite sur la bretelle pour grimper sur le périph . Pas de chance , la
voie d'accès n 'existe plus . Il faut faire deux kilomètres dans la
cohue avant de trouver un riturno et redescendre le boulevard sur deux
bornes . Arrivés au pont du périph , je me prépare à prendre à droite
pour grimper dessus mais la rampe d'accès a l'air d'entrer dans une cour
d'usine . Résultat j'avance un peu sur le boulevard mais malheureusement
la prochaine à droite se trouve  de l'autre côté du pont  , c'est à dire
que nous sommes bien sur le périph mais dans le mauvais sens . 4 bornes
de cul à cul inutile , 1/4 heure de cohue pour rien , il faut
recommencer et ne pas hésiter à entrer dans la cour d'usine cette fois ,
la traverser , pour trouver un chemin qui longe l'autoroute sur 500
mètres avant de trouver une petite ouverture et entrer  sur le périph ,
juste derrière Gérard qui est accroché aux basques de Janette , comme
deux autres équipages suisses d'ailleurs .Ca fait une heure que nous
avons quitté le camping et nous n"avons  que 15 bornes au compteur . Ici
la circulation n'est guère plus fluide sur les vingt cinq bornes
suivantes . Ensuite , nous prenons une petite route à droite qui nous
mène à Amatitan où nous trouvons la distillerie "Tequila Herradura" sur
notre droite après être passé sous un tunnel très bas qui nous procure
quelques inquiétudes au passage .

            A 10h00 tapante ,une cadre de l'établissement nommée
Mercédes , nous prend en charge pour visiter les lieux . Elle nous
explique que l'établissement où nous sommes , fonctionne depuis 1820 et
que nous en sommes à la 7 ème génération qui a vendu il y a 10 ans à un
trust américain produisant le Jack Daniel's et la Vodka Finlandia .Pour
être autorisé à  s'appeler "Hacienda " et avoir le droit de distiller ,
la fabrique doit posséder des logements pour ses ouvriers et une
chapelle . Nous commençons par longer un champs d'agaves : il en existe
136 sortes , mais pour fabriquer la téquila on n' utilise que la bleue
.L'arrosage est interdit . La récolte s'effectue toute l'année mais il
faut attendre 6 ou 7 ans pour pouvoir utiliser le pied . Celui-ci se
reproduit à partir de petits rejets que l'on replantent ou bien à partir
de la graine , en sachant toutefois que le pied d'agave ne fleurit qu'au
bout de 12 ans . Une fois le pied d'agave mature , les "rimadores"
(ouvrier) utilisent une espèce de bêche équipée d'un petit fer très
tranchant appelée "coa" pour débarrasser  le tronc de ses longues
feuilles et de le couper en deux . Le tronc , appelé pigna à cause de sa
ressemblance avec l'ananas(ananas en espagnol) , pèse 45 kg . Un rimador
coupe 120 pignas par jour . Il faut sept à huit kilos de pignas pour
obtenir un litre de téquila . Les demi-troncs sont ensuite passés au
four  et soumis à la vapeur pendant 26 heures . On en met 4000 par four
.Un liquide marron  , appelé miel d'agave ,sort des troncs et coule dans
des rigoles .On récupère aussi les vapeurs  que l'on laissent condenser
. On récupère les troncs qui sont broyés et lessivés pour récupérer
encore un peu d'extrait d'agave . C'est le mélange du miel d'agave ,
d'eau  enrichie de l'extrait de broyat des troncs qui va être mis à
fermenter dans d'immenses cuves pendant 72 heures . Le produit de
fermentation subit ensuite deux distillations successives , la première
de 6 heures donne un produit qui titre 20 à 25 degrés d'alcool , la
seconde de 3 heures environs donne la téquila . Une partie est vendue 
blanche après seulement 45 jours de repos  , une autre partie vieillit
un an en fût de chêne et prend un peu une couleur ambrée , la troisième
partie, appelée Agnéjo reste deux ans en barrique . On ne laisse jamais
vieillir la téquila plus de 4 ans en fût :appelée extra agnéjo elle est
vendue 3400 pésos la bouteille soit150 euros !!

                Sur le domaine on met 60 000 litres en bouteilles de
75cl par jour ; les bouteilles ne sont pas lavées à l'eau mais à la
téquila . Il existe 3 grands producteurs : Sauza , Cuervo et Herradura .
La société emploie 1000 personnes , trois cent seulement travaillent ici
sur place . Ils cultivent 150 hectares eux même et achètent aussi des
agaves produites dans cinq états qui ont droit à l'appellation téquila .
Mercédes nous fait maintenant visité les anciennes installations ,avec
des cuves de fermentation tronconiques en pierres , creusées dans le sol
, des alambiques en cuivre le tout dans une cave voûtée construite en
pierres . Puis c'est le moment tant attendu de la dégustation où on nous
installe sur des pupitres d'écoliers pour goûter les trois téquilas de
maturations différentes : 45j , 1 an de fût , puis deux ans . Etant
donné que j'ai encore des séquelles de la soirée d'adieu de Jérémy , je
me contente de regarder la tête de mes compagnons de voyages lorsqu'il
déguste et d'écouter leurs commentaires . Apparemment les deux premiers
verres correspondent à du vrai tord-boyaux , le troisième étant un peu
plus parfumé, mais on est loin des"pur malt" écossais !!

                Une fois sortis  de là , vers midi ,notre premier
soin est de mettre nos montres sur 11 h00 car nous changeons de fuseau
horaire . Puis nous nous rendons dans une cyber-boutique pour pouvoir
imprimer nos billets d'avions de retour sur papier ainsi que le billet
de traversée de l'Atlantique d'Halifax à Anvers  du camping car ,
papiers indispensables lorsque nous entrerons aux USA dans quelques
jours .Nous cassons la croute vite fait à la sortie d'Amatitan  avec du
fromage , des tortillas et une salade de maïs. En reprenant la route
,nous traversons alors une zone montagneuse où le moindre bout de
terrain est planté d'agaves bleues . Derrière,  un chapelet de monts
couverts d'herbes jaunies par le soleil barre l'horizon . C'est le
domaine de la sécheresse par ici . Je laisse le manche à Dominique pour
pouvoir taper le blog . De temps en temps je relève la tête pour faire
par exemple, la photo d'une étroite vallée  qui crée la surprise en
formant un cordon vert au milieu de cet univers essentiellement minéral
. Nous empruntons l'autoroute payante jusqu'à Tépic puis nous décidons
de prendre la petite route tortueuse qui descend vers la côte Pacifique
en traversant une zone de végétation tropicale luxuriante : on retrouve
avec plaisir les plantations de bananiers qui penchent par moment sur la
petite route , des cocotiers qui se dressent orgueilleusement au dessus
de tout cet enchevêtrement de plantes exotiques . Les bougainvilliers se
mettent en tenue de fête à l'approche des villages , dégringolant des
talus en cascades ; du mauve, du rouge, du blanc , de l'orange en
pagaille , c'est magnifique cess explosion de couleurs . A peine ai-je
repris  le manche que tout à coup le Pacifique appairait derrière un fin
rideau de cocotiers . Même si l'océan n'est pas d'un bleu éclatant , la
surprise de la découverte compense largement sa couleur un peu terne .
Et puis il y a les gerbes d'écume qui viennent mourir  sur les rochers
dans un grondement sourd . Nous longeons la côte depuis  une dizaine de
kilomètres dans un ravissement total lorsque nous voyons tout à coup des
camping cars de chez nous, installés sur une belle pelouse, sous les
cocotiers , face au Pacifique , alors que notre GPS nous indique le
point d'arrivée  vingt bornes plus loin . Cinq minutes plus tard ,nous
sautons dans les vagues en compagnie d'Isabelle , de Gérard et de Jean
Marie . Après une baignade bien sympathique dans une eau tiède , nous
finissons de nous installer pour de bon . Un petit coup de blog en
attendant le briefing puis nous dressons les tables face au couchant
pour une dégustation de crevettes monstre . Une soirée mémorable
accompagnée du bruit du ressac qui se termine  assez tard .Encore un dur
moment de la vie de retraité !




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHAPITRE 5

CHAPITRE 9

CHAPITRE 8