CENT QUATRE VINGTIEME JOUR : LE 27 AVRIL 2018





























Encore une nuit de rêve bercés par la bruit de la houle
du Pacifique et le frémissement des cocotiers au dessus de nos têtes .
Et je ne parle pas de la douce caresse d'une petite brise tropicale qui
traverse la chambre de part en part . Comme nous nous sommes couchés
plus tard avec l'anniversaire de mariage de Claire et Roger , nous
jouons un peu les prolongations ce matin malgré les obligations de blog
et les nombreuses photos de coucher de soleil à transférer . Comme le
départ pour la visite de Mazatlan n'est prévu qu'à 9h00 , nous prenons
le temps de déjeuner en terrasse , face à l'océan . Il n'y a pas de
petits plaisirs ...! Ensuite je profite de l'excellente wifi du camping
pour envoyer les deux derniers chapitres . Ensuite avec Dominique nous
profitons de l'accès internet depuis le camping car pour transférer
notre contrat d'assurance ,de ma messagerie sur une clé USB , histoire
de l'imprimer pour le passage de la frontière des USA ; nous le
redoutons un peu avec notre chargement en bouteilles de pisco chilien ,
notre vin argentin et nos bouteilles de téquila !!
Juste au moment de partir en groupe , Claire n'arrive
plus à fermer son véhicule à clé ; résultat Roger décide de se priver de
sortie pour pouvoir réparer sa porte de camping car . De notre côté nous
longeons l'océan en marchant sur la plage sur un kilomètres et demi ,
pour atteindre un petit embarcadère installé sur les rives du chenal de
l'immense port de Mazatlan . En route nous rencontrons beaucoup de
poissons morts rejetés sur le sable : nous voyons au passage un petit
thon et aussi un poisson Lune couvert de redoutables épines mais nous
n'avons pas la chance de Jean Marc qui hier , a trouvé le cadavre d'une
grosse tortue avec une carapace intacte d'au moins 80 cm de long .
Arrivés au bord du chenal , nous nous installons par groupe de huit à
bord de petites embarcations à moteur qui permettent de rejoindre
l'autre côté du port sans être obligé d'en faire le tour . Après avoir
longé un gros ferry qui doit desservir la Petite Californie , c'est à
dire l'étroite bande de terre qui suit la côte ouest du nord du Mexique
, nous débarquons sur le quai ; des véhicules bâchés nous attendent pour
nous conduire en ville . Perchés dans la benne , nous nous installons
sur des deux bancs longitudinaux en compagnie de Christian et Annie et
de Gérard et Isabelle , ainsi qu' un quatrième couple de Suisses . Nous
commençons par grimper jusqu'à un promontoire rocheux d'où la vue
panoramique sur la côte est superbe ; partout des éperons rocheux osent
affronter la houle déchainée du Pacifique , couvrant le moindre rocher
d'un manteau blanc d'écume . Au dessus de nos têtes , des escadrilles de
pélicans ne cessent de passer et repasser en rase-motte, à la recherche
de bancs de poissons . Au loin, de l'autre coté du large golfe de
Mazatlan s'égraine un chapelet de buildings , soulignant en pointillés
l'interminable plage de sable blanc . J ai lu tout à l'heure dans le
guide que Mazatlan est une ville de 700 000 habitants et qu'elle
organise le troisième plus grand Carnaval du Monde . Elle possède 24 km
de plage où on y mange les meilleurs fruits de mer du Mexique . Elle est
aussi spécialisée dans la fabrication de liqueur de mangue et de café ;
Janette nous organise d'ailleurs une petite dégustation lors de notre
second arrêt sur le Malécon (boulevard de la mer ) .
Nous reprenons la route à bord de nos bétaillères
décapotables au son de la salsa pour longer la côte sur quelques
kilomètres , admirant au passage de magnifiques villas accrochées au
bord de falaises , sur les coteaux voisins . Puis nous arrêtons une
troisième fois au pied d'un aiguillon rocheux d'une quinzaine de mètres
de hauteur, pour admirer les exploits d'un plongeur qui imite ses grands
frères d'Acapulco : à la Québrada c'est de 45 mètres qu'ils se lancent
dans le vide bien avant que la vague ne viennent recouvrir les rochers
qui pointent au milieu les bouillons d'écume . Notre acrobate commence
par se déshabiller avant de grimper sur son promontoire rocheux , puis
de faire quelques mouvements d'assouplissement ; ensuite vient le moment
où il se concentre longuement , scrutant la houle qui arrive du large .
Il fait durer l'attente le bougre , histoire de faire monter
l'adrénaline chez ses spectateurs . Avec le zoom en batterie à bout de
bras , je commence à avoir des crampes ,quand tout à coup le voilà qui
fait un discret signe croix et hop , il jaillit de son perchoir
décrivant une magnifique demi parabole , les bras écartés et les pieds
parfaitement joints . Comme la trajectoire est longue , j'ai le temps de
tirer trois clichés avant que notre plongeur soit avalé complétement par
l'écume qui bouillonne entre les rochers, vraiment très proches .
Aussitôt tout le monde se met à fouiller du regard les bouillonnements
de la houle et tout à coup , le stress retombe comme un soufflet , la
tête est là , ballottée méchamment dans tous les sens par les éléments ,
déchainés plus que jamais . Un concert d'applaudissements accueille
notre champion qui lève les bras au ciel . Une fois remis de son
exploit , il lui faut pas moins de trois tentatives infructueuses avant
de parvenir à agripper sur un rocher , puis se hisser dessus . Et tout
ça, pour une petite quête qui lui rapporte une poignée de pésos !
Nous reprenons nos taxis bâchés , toujours au son de la
salsa , pour continuer notre promenade en front de mer jusqu'au bout du
golfe . Un nouvel arrêt d'un quart d'heure nous permet d'admirer
l'architecture moderne de quelques hôtels de luxe tout en nous
dégourdissant les jambes en arpentant le Malécon . Ensuite nous
reprenons les véhicules, qui cette fois, nous déposent définitivement
sur le Zocalo , la place centrale de Mazatlan ,peuplée de grands
cocotiers , de bancs et d'un joli kiosque à musique . Après avoir fait
un peu de lèche-vitrine , nous nous mettons en quête d'un restaurant .
D'un commun accord , nous décidons de retourner sur le front de mer ,où
nous ne tardons pas à trouver une terrasse ombragée ,face à l'océan,
pour déguster des brochettes de crevettes et de poissons . Dès que nous
sortons de table, nous rentrons d'abord en taxi , puis en barcasse à
moteur et enfin à pieds en longeant la plage jusqu'au camping . Il est
temps de blogger en attendant l'heure sacrée de la baignade . Roger
vient tout juste de finir la réparation de sa porte qui lui à causé pas
mal de fil à retordre !Heureusement que Claire , revenue prématurément
de la ballade en ville , lui a prêté main forte pour terminer le chantier !
A 16h30 Jean Marc et Roger viennent me chercher
pour aller se baigner . Nous prenons Annie et Christian au passage ;
aujourd'hui sur les conseils du MNS d'hier , nous nous rapprochons de la
plage surveillée . A peine sommes-nous acclimatés à la température de
l'eau et surtout à la violence de la houle, qu'une série de violents
rouleaux dispersent notre petit groupe . Annie et Christian plus prés du
bord sont les premiers à sortir de la machine à laver . Avec Jean Marc ,
nous avons l'impression de faire du surplace en nageant pourtant à
fond et nous peinons un max pour revenir vers la plage . Derrière nous,
Roger qui était à quelques mètres plus loin ,se trouve refouler vers
large à chaque retrait de la vague . Décidés à ne pas rester sur cette
note amère , nous reprenons la baignade mais cette fois sur la plage
surveillée et en prenant la précaution de ne pas nous éloigner trop du
bord .
A 17h30 Janette nous réunit tous ensemble , Suisses
et Français , non pas pour un briefing commun , mais pour un quizz en 35
questions portant sur tout le périple . C'est amusant de voir tout le
monde se gratter la tête lorsque les questions portent sur des points de
détails précis qui datent parfois de prés de six mois .Il y a aussi des
questions un peu hasardeuse comme le nombre de crevaisons qu'il y a eu
au cours du périple (10 car Janette avait oublié la sienne !) ou le
nombre de passage de frontière depuis Buénos Aires (21 si l'on compte
les deux passés en 4x4 lors de notre expédition au désert de Uyuni )
Puis nous sommes conviés à une soirée tacos : ce sont des tortillas
fourrés à la viande de poulet , de porc ou de boeuf , finement coupée et
cuisinée à la mexicaine , donc bien relevée . Pendant que nous nous
arrachons les papilles à coup de salsa picante , Janette corrige nos
copies : les trois premiers sont des équipages français , cocorico !
Remerciés par une bouteille de mezcal chacun , nous organisons aussitôt
une dégustation générale avec bien sûr une dégustation de cigare qui va
de paire ! Encore une soirée qui se termine en musique et bien tard !
Décidément les adieux sont difficiles !
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