CENT QUATRE VINGT DEUXIEME JOUR : LE 29 AVRIL 2018





























Rien à voir avec les nuits précédentes où nous étions
bercés par le bruit du ressac et caressés délicatement par la brise de
l'océan . Ici sur notre parking poussiéreux à souhait , c'est plutôt le
crissement des coups de freins et le grognement des moteurs de gros
camions qui hachent notre sommeil , quand ce ne sont pas les phares de
ces monstres de la route qui inondent la chambre de lumière comme en
plein jour ! Il y a aussi la lampe torche du garde lorsqu'il passe faire
sa ronde et le bruit de ses chaussures qui crissent sur les graviers du
parking ; ça fait tendre l'oreille lorsqu'on est dans un demi-sommeil !
Aussi ce matin , pas question de faire la grasse-mat , à 5h45 je
descends m'occuper du café et je prépare même le petit déjeuner dans la
foulée, pressé de quitter cet endroit pourri : les étapes se suivent
mais ne se ressemblent pas ! Un petit coucou chez les Bories et chez les
Gruffat et nous nous arrachons dès que le blog est envoyé avec le modem .
Un épais brouillard nous accompagne sur les cinquante
premiers kilomètres , une vraie brouillasse de novembre dans le Pas de
Calais ! Puis tout à coup, un soleil ardent se met à éclairer la
plaine, envahie de champs de maïs à perte de vue .C'est le coin des
grandes haciendas équipées d'une flotte d'avionnettes pour traiter les
cultures . Par endroit on voit aussi des usines agro-alimentaires qui
traitent ces précieux épis avant de les stocker dans d'énormes silos .
Il y a aussi de vastes vergers de manguiers couverts de petits fruits
encore verts . Comme hier, nous longeons une barrière continue de
petites montagnes sur notre gauche qui correspond à la dégénérescence de
la Cordillière des Andes ; elle reprendra de la vigueur aux USA pour
donner les Rocheuses . Un peu avant Navojoa les riches cultures
disparaissent pour laisser la place à un paysage désertique où on ne
rencontre que de grands cactus chandeliers et des arbres chétifs,
complétements desséchés par le soleil . A l'entrée de la ville nous
laissons le panneau " Alamos , pueblo magico" sur notre droite, qui nous
fait rêver un moment, avant de retrouver la dure réalité de la route
dotée de nombreux trous et d' incontournables "topes". Comme hier, les
péages se succèdent à un rythme infernal : ce ne sont jamais des grosses
sommes , toujours entre 100 et 200 pésos, mais multipliée par 6 ou 7
fois , ça devient vite désagréable ,surtout qu'aujourd'hui , comme par
hasard , notre carte de crédit ne passe jamais ! On paie même pour des
tronçons en cours de construction . C'est dommage de laisser une image
négative comme celle-la au moment où nous allons bientôt quitter le pays
. Nous passons un contrôle sanitaire en entrant dans l'Etat du Sonora
sans la moindre fouille .
La monotonie de cette plaine interminable et
semi-désertique est propice à la discussion et surtout à l'évocation de
souvenirs , de moments forts de ce magnifique périple de six mois .
C'est surtout depuis le fameux quizz organisé par Janette , que les
images les plus marquantes me reviennent, pêle-mêle dans la tête : le
Fitz Roy rosissant à souhait dans la lumière du jour naissant ,notre
magnifique camping avec vue imprenable au parc Torré del Painé , le saut
du baleinot de la Pénisule de Valdes , la dégustation de centolla
fraiche à Ushuaia ,les craquements du Périto Moréno , la brume qui
s'écarte en fin de matinée à Machu Picchu , les grondements des chutes à
Iguazu ,.... Mais , même sans entrer dans le sanctuaire des splendeurs
de la planète, simplement en se rappelant de tous ses animaux sauvages
rencontrés au détour d'un chemin ou sur une plage , de toutes ses
fleurs splendides qui coloraient avantageusement la forêt tropicale ,
nous en avons la chaire de poule . Et puis il y eu les décharges
d'adrénaline comme lors des coups d'avionnettes au dessus du cratère du
Volcan Villarica ou à la verticale des lignes de Nazca , avec la
tyrolienne dans la Fivca de café en Equateur ou bien avec le Buggy
jaillissant au dessus des dunes au Chili , et bien sûr l'après midi à
cheval au Panama .
Il n'y a que la contrainte de faire le plein de gasoil
qui nous oblige à redescendre sur terre : par chance l'employé accepte
la "tajeta de crédito", ouf , car notre stock de pésos fond à vu d'oeil
avec tous les péages autoroutiers ! Nous continuons notre remontée
vers le nord en contournant Ciudad de Obrégon dans la même plaine
pouilleuse en suivant une interminable ligne de chemin de fer sur
laquelle on ne voit jamais de train . A la sortie de la ville une
immense statue d'indien attire notre attention sur la gauche ; c'est
impressionnant de voir des camions tout petits à ses pieds ! Un peu
avant d'arriver à Guaymas ,nous décidons de faire le plein de gaz étant
donné les nombreuses stations qui s'alignent le long de la route et puis
c'est peut-être plus prudent avant de passer aux USA .Nous en remettons
une dizaine de litres pour 110 pésos ;Nous longeons ensuite une vaste
lagune bordée d'usine avant d'emprunter une interminable digue bordée de
taules à fruits de mer ; dur, dur de résister à tous ces tas d'huitres
proposées sur les étales , mais il faut rester réaliste , avec les
conditions d'hygiène dans le secteur, ce ne serait vraiment pas
raisonnable ! Nous nous contentons de prendre quelques photos du petit
port de pêche qui jouxte la digue avec sa ligne de paillotes sur le
rivage . Il faut ensuite traverser la ville pour tomber sur les plages
et trouver notre hôtel , le Cortes , un bien triste nom pour un si bel
établissement . Comme nous arrivons en même temps que Claire et Roger ,
nous nous arrangeons pour mettre nos auvents l'un en face de l'autre
pour avoir le maximum d'ombre , inexistante sur le parking . Le temps
d'installer la table , Jean Marc et Monique arrivent et nous rejoignent
à l'ombre pour casser la croute . Puis nous allons nous baigner dans une
petite crique sympathique , juste au pied de l'hôtel . Isabelle nous y
retrouve dans un premier temps , puis c'est au tour d' Annie et
Christian de nous prêter main forte , l'eau étant un peu fraiche .
Ensuite Claire ,Roger et Jean Marc viennent élargir le groupe ainsi que
Suzy et Kurt , un couple suisse . De retour je bloggue une peu en
attendant le briefing de Janette , l'avant dernier ; ensuite , nous
commençons le diner de clôture de notre périple en dégustant quelques
margaritas au sel sur la magnifique terrasse de l'hôtel qui domine la
baie d'où nous assistons à un superbe coucher de soleil. L'établissement
possède vraiment une situation de rêve , face au Pacifique et niché
derrière un premier plan de gros cactus candélabres . Dès que ce
spectacle grandiose se termine nous nous installons sur une vaste table
disposée en "U" afin que tout le monde est "vue mer" . Un orchestre
mexicain commence aussitôt son show pendant que les serveurs s'activent
pour nous amener les plats . Une jolie soirée close par une tournée de
téquila , bien sûr !
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