CENT CINQUANTE SIXIEME JOUR : LE 3 AVRIL 2018





























                    Encore une bonne surprise cette nuit avec une
douce fraicheur et même un peu d'air , vraiment inespéré sur notre
parking en béton et en plein soleil toute la journée . D'ailleurs quand
nous sommes rentrés de la ballade en bateau, le thermomètre intérieur
frisait les 40 degrés , c'est  dire que la soirée s'annonçait plutôt
chaude ! Pour l'instant on est vraiment très contant de notre sort à ce
sujet , pourvu que ça dure ! Comme j'ai la flemme de ressortir le salon
de jardin , nous prenons le petit déjeuner sur la  petite table  à
l'intérieur , un peu à contre-coeur mais ...! Il faut  aussi se
contenter de tortillas avec le café , car nous manquons de pain . Après
la corvée de plein d'eau , nous profitons de la bonne qualité de la wifi
pour joindre Nathalie par Skype : nous apprenons qu'Antoine et Alexandre
, les deux plus grands de nos petits enfants ont fait le ramassage des
oeufs de Pâques ensemble et que les jumeaux ,qui auront  déjà deux mois
le 5 avril , continuent à bien pousser . C'est alors que nous voyons
Janette arriver de Guatémala Ciudad ,qu'elle a quitté hier soir à 18h00 
. Comme elle s'est  pris d'entrée un bouchon de trois heures à la sortie
de la capitale , elle s'est octroyer une petite pause en route, avant de
terminer l'étape ce matin très tôt .Elle a  passé la journée au garage
Mercédes avec un couple suisse qui a des problèmes mécaniques . Comme
ceux-ci ne  sont que  partiellement résolus , l'équipage helvète va 
shunter Tikal et continuer sa route directement sur Cancun  où en
principe ils auront reçu les pièces nécessaires .

                    Résultat avec toutes ces parlottes , nous partons
une heure plus tard que d'habitude mais ce n'est pas grave car nous  ne
pouvons pas rentrer sur le site de Tikal avant 16h00 cette après midi .
Dès la sortie de la Marina Nana  Juaca , nous prenons à droite vers le
nord et nous traversons aussitôt le village de Rio Dulce , déjà très
animé . Nous arrêtons devant une petite tienda à la sortie du bourg pour
acheter du pain  et de l'eau qui manquent à bord . A peine avons-nous
repris la route que nous empruntons le grand pont qui enjambe le lac
Itzabal au niveau le l'isthme ; hier nous étions passé dessous  en
bateau pour aller voir le Castillo San Felipe .Comme il monte très haut
pour laisser passer d'éventuels gros bateaux , nous avons une vue
panoramique sur les berges du lac : nous y  découvrons une succession de
paillotes construites sur pilotis au bord de l'eau , de petites marinas 
ou des ports privés où se balancent de beaux voiliers . Quelques lanchas
à moteurs , chargées de touristes, laissent derrière elles de long
sillons d'écume blanche qui tranchent sur le bleu-vert du lac . Nous
traversons ensuite une zone  vallonnée où les monts pointus font déjà
penser à la forme des temples de Tikal : pas étonnant, comme nous  avait
expliqué Ramon , notre guide de Copan  , que les Mayas aient construit
des pyramides pour imiter les montagnes qu'ils voyaient et d'où ils
invoquaient leur dieux depuis le sommet pour se rapprocher du ciel . Sur
les pyramides que nous voyons actuellement de part et d'autre de la
route sont plantés des bananiers et des pins .Dans l'enchevêtrement
indescriptible de plantes tropicales qui borde la C3 , on voit pointer
par-ci par-là , la haute toiture de paillotes ; sous l'auvent ,en 
façade , des autochtones finissent leur nuit dans un hamac . Des enfants
, en uniforme marchent sur les bas côtés en direction de leur école ;
toujours peintes en vert, sans porte ni fenêtre, elles ont encore la
même allure que celle où nous avions couché lors de notre expédition en
pirogue il y a 30 ans .

                En franchissant un pont, nous entendons des
lavandières debout dans la rivière , avec de l'eau jusqu'au ventre ,
rire aux éclats en plongeant leur linge dans le courant . Lorsqu'elles
aperçoivent Dominique entrain de les photographier , elles lui font des
grands signes de la main . Plus loin ce sont des champs de papayers qui
attirent notre attention avec leurs hautes tiges complétement
dépouillées de feuille et chargées d'un gros bouquet de fruits jaunes et
verts à leur sommet . Après avoir doublé un cavalier qui trotte sur le
bas côté de la route , un chapeau de paille visé sur la tête , nous
traversons un village spécialisé dans le travail du cuir , notamment des
selles , des courroies , des brides et des ceintures .  Nous y
retrouvons Monique et Jean Marc ,occupés à acheter un chapeau de paille
.Après avoir passé Poptun , nous tombons sur la direction de Dolores à
droite et par la même occasion  de celle du site archéologique de Ixcun
. Après réflexion ,nous laissons tomber la visite de ce site secondaire
sur lequel nous n'avons aucune donnée pour pouvoir  consacrer ce temps à
un site plus proche de Flores , histoire de ne pas nous mettre trop en
retard  tout de suite . Petit à petit le paysage devient plus plat et
plus pouilleux avec de l'herbe plus rase et des arbres plus chétifs
.Beaucoup de troupeaux de zébus paissent dans des prés lépreux qui
ressemblent à la savane africaine . Nous rencontrons même des chèvres .

                Arrivés à l'entrée de Flores, nous faisons des courses
de bouche dans un supermarché où Roger et Claire arrivent un quart
d'heure plus tard . Puis après quelques errances à la recherche d'un
stationnement satisfaisant , nous trouvons notre bonheur sur le quai du
Lago Peten Itza dans l'île de Flores même , et à l'ombre de palmiers de
surcroît ! Comme il n'est que 12h30 nous décidons d'aller balader tout
de suite  dans les petites ruelles de l'île . C'est très agréable de
remonter ses petites rues pavées, bordées de maisons aux crépis de
couleurs vives et dotées de superbes balcons décorés , même s'il fait 38
degrés à l'ombre , n'est-ce-pas Dominique ! Elle n'est pas très contente
car nous ruisselons littéralement au point que notre chemise est trempée
.Beaucoup d'étroites impasses donnent directement sur les eaux bleues du
lac . Après avoir fait un demi tour de la presqu'ile , nous grimpons
vers le centre pour voir l'église blanchie à la chaux  ,entourée d'un
bouquet de cocotiers .Nous profitons du grand nombre
d'hôtels-restaurants pour changer vingt dollars au cas où nous
visiterions un  site car il  ne nous reste que 400 quetzales retenus
pour l'entrée de ce soir . De retour au camping car, nous décidons de
casser la croute avant d'aller visiter un site archéologique à proximité
du lac, en attendant l'ouverture du parc de Tikal  vers 16h00 .
Malheureusement , après examen de la carte routière nous nous apercevons
que le site El Mirador , particulièrement intéressant ,se trouve à plus
de 120 bornes  au nord , donc 250 aller et retour , ce n'est pas jouable
. En définitive nous décidons de nous rabattre sur un site plus petit et
à proximité de notre route tel que Paxcaman .

                Comme nous ne trouvons pas l'entrée de la piste de ce
site , nous décidons de faire une partie du tour du lac Peten-Itza en
empruntant la petite route jaune sur la carte, à gauche en montant vers
le nord . Celle-ci offre de magnifiques panoramas sur les rives envahies
de joncs . Comme elle se dégrade très vite au point de se transformer en
piste , nous décidons de faire demi-tour au bout de 10 bornes .
Résultat, nous sommes devant la porte du site de Tikal à 16h00 tapantes
en compagnie de Monique et Jean Marc pour verser nos 400 quetzales qui
couvrent l' entrée dans le parc  et le camping . A partir de là , nous
sommes invités à faire  les 20 km restants à vitesse réduite à cause des
animaux sauvages : d'après les panneaux indicatifs sur les bas côtés ,
il peut s'agir de serpents , de jaguars ,de dindons et d'une espèce de
rongeur que nous n'avons pas bien reconnu . Une demi heure après , nous
nous installons sur de l'herbe bien verte dans une superbe clairière .
Ce soir Urs , un Suisse que nous connaissons bien, fête ses 62 ans .
Bonne anniversaire Urs !



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