CENT CINQUANTE SEPTIEME JOUR : LE 4 AVRIL 2018





























                Aujourd'hui est un grand jour car nous devons
consacrer une  bonne partie de la journée à visiter  le site maya de
Tikal . Encore une fois, nous avons eu de la chance cette nuit avec la
température qui a rapidement baissé , ce qui nous a permis de dormir
correctement jusqu'à 3h00 du matin , c'est à dire jusqu'à ce que les
singes hurleurs nous offrent un récital à gorges déployées ,suivi de
celui des dindons pas plus harmonieux d'ailleurs . Malgré tout , nous
arrivons à somnoler jusqu'au lever du soleil vers 5h30 . Maintenant ce
sont les toucans qui prennent le devant de la scène ! Quel bonheur de
pouvoir camper ici au coeur de la forêt du Peten ! C'est un enchantement
! Je me dépêche ensuite de boucler le blog, non pas pour l'envoyer car
ici où nous n'avons pas le moindre soupçon d'antenne , mais pour avoir
l'esprit tranquille et  prendre mon petit déjeuner en tête à tête avec
Dominique , dans le calme , tout en tendant l'oreille et rester à
l'écoute de la forêt .

                Vers 7h45 , nous partons en compagnie de Jeremy à la
rencontre  d'Amado (Aimé) , notre guide, qui doit nous faire découvrir
le site de Tikal : aujourd'hui nous avons droit à un bracelet vert en
échange de notre ticket d'entrée , hier c'était un orange pour le
camping que le gardien a tenu à me mettre personnellement au poignet .
Ils sont vraiment consciencieux ces guatémaltèques ! Nous commençons par
remonter un  large chemin puis une volée d'escaliers en pleine forêt .
Au cours de la ballade , Amado nous montre l'arbre sacré des Mayas ,
l'immense Ceiba qui unit le monde des dieux dans le ciel au monde
souterrain des ancêtres par l'intermédiaire de ses énormes racines . Il
nous montre également  " l'arbre de Ramon " qui produit des fruits de la
taille d'une prune : la pulpe sucrée sert de nourriture aux singes . Le
noyau, une fois écrasé fournissait une sorte de farine, utilisée par les
Mayas pour faire des tortillas au même titre que le maïs . Puis il nous
présente le site de Tikal ,découvert la première fois en 1848 ,et ouvert
au publique dès 1955 . Riche de 3000 constructions , seules 20% sont
dégagées . L'empire Maya qui s'étendait sur 300 000 kilomètres carrés 
comme nous avons déjà vu ,peut se diviser en deux au Guatémala  : les
Terres Basses ici dans le Péten , et les Terres Hautes dans la région
d'Antigua ,riche de 22 volcans .Malgré tout ,les Mayas ont choisi le
site de Tikal car il possède une légère surélévation d'environs deux
cent mètres d'altitude par rapport au reste du Péten et aussi un
réservoir de pierres pour construire leurs édifices . Par contre comme
le site est dépourvu de rivière ou de lac , ils se sont servis du
creusement des carrières pour y faire d'énormes réserves d'eau de 20
millions de gallons , ce qui suffisait pour alimenter la population qui
atteignait 120 000 âmes .

                Absorbés par les renseignements fournis par Amado ,
nous ne voyons pas que nous venons d'arriver à proximité de la première
pyramide , aussi notre surprise est à son comble lorsqu'il nous fait
pivoter de 90 degrés et que nous nous retrouvons face à l'arrière du
Temple I , dont la crête dépasse la cime des arbres . On a beau y être
déjà venu il y a trente ans , le choc reste entier . Quelle majesté ,
quelle force écrasante s'impose tout à coup à nous , petit grain de riz
insignifiant face à ce monstre architecturale ! Mais Amado , pour faire
durer le suspens , nous dirige vers un jolie quadrilatère avec des
voûtes mayas trapézoïdales qui correspondent aux appartement royaux :
nous voyons au passage ,après avoir gravi quelques gradins, plusieurs
chambres et une salle de trône . Là , il sent qu'il est temps de lâcher
le morceau et nous amène jusqu'à une terrasse d'où nous dominons
l'Acropole  Centrale : à droite le Temple I (appelé temple du Gran
Jaguar) est celui du roi : haut de 46 mètres , formé de 9 étages
empilés, complétement restauré (c'est le seul à Tikal) il fait face au
Temple II dédié à l'épouse du roi ,datant des années 720 . Ils sont
séparés par une vaste place décorée de nombreuses stèles et occupée par
deux jeux de pelote . Après être descendu de notre perchoir , nous
traversons la grand place pour contourner la pyramide II et grimper
l'escalier de bois aménagé dans son dos . C'est quand même plus pratique
que de monter l'immense escalier de pierre en façade , dont les marches
sont hautes et peu profondes . Parvenus  au sommet des 3 étages, la vue
sur la place centrale et sur le Temple I est superbe . Derrière, on voit
dépassé de la forêt, la crête du Temple III et celle du Temple IV
beaucoup plus loin , celle-là .

                Une fois que nous avons rejoint le plancher des vaches
, Amado  nous invite à continuer notre ballade en forêt , bien agréable,
car nous bénéficions de la fraicheur de l'ombre et même par moment d'une
petite brise ! Après avoir longé le Palacio de  las Ventanas (palais des
fenêtres ) qui était le siège de l'administration  , nous atteignons le
Temple III : ici la pyramide est encore en partie sous la végétation
tropicale , seul le temple au sommet est restauré . Amado nous explique
que, l'ensemble, pyramide plus temple  , quelque soit le numéro ,était
enduit et peint en rouge , alors que le sol  , tout autour ,était en
stuc blanc . Nous continuons notre progression en forêt jusqu'au pied de
la pyramide IV en cours de restauration . Là aussi ,nous grimpons un
escalier de bois qui mène à la terrasse supérieure, d'où la vue sur
l'ensemble du site est superbe : quel bonheur de voir la forêt du Péten
s'étendre à perte de vue, avec juste quelques crêtes de pierres ocres
dépassées de la verdure .

                Là encore , une fois redescendus de notre perchoir ,
nous retrouvons Amado qui nous conduit  au Mundo Perdido (le monde perdu
, tout un programme !) : il nous explique que de la terrasse supérieure
, on voit trois petits temples : celui du centre correspond au solstice
du 21 mars , celui de gauche au solstice d'été le 21 juin et celui de
droite au solstice d'hiver le 21 décembre  . Comme ceux-ci ne sont pas
encore restaurés , nous partons vers un autre ensemble appelé "La Place
des Sept Temples" : là ,Amado commence son exposé en s'aidant d'une
maquette , puis nous passons aux bâtiments réels, en cours de
restauration également . Ici aussi; le temple central , plus imposant
correspond au solstice de printemps le 21 mars, avec de chaque côté
trois petits temples correspondant aux mois . A gauche , avril , mai et
juin au bout  et à droite février , janvier et décembre au bout . Ce
calendrier permettait de régler les dates importantes pour
l'agriculture  et aussi de pratiquer les cérémonies religieuses et les
offrandes aux dieux , pour avoir de bonnes récoltes .

                Notre promenade en forêt nous fait passer maintenant
devant l'Acropole Sud , encore sous terre ,pour aboutir  au Temple V ,
le plus ancien avec ses angles arrondis , et aussi le plus haut avec ses
70 m . Son escalier est vraiment vertigineux , même vu du bas . Quelle
merveille architecturale , tout le monde reste bouche bée , même ceux
qui n'aiment pas les vieille pierres habituellement . C'est à couper le
souffle ! Nous terminons la visite en apothéose , c'est comme le bouquet
final qui termine les feux d'artifices . Pendant le chemin de retour
nous photographions des toucans avec des becs colorés et démesurés ainsi
que des faisans qui traversent le sentier, juste à nos pieds .

                Il est presque 13h00 lorsque nous terminons la boucle
de huit bornes à travers l'un des sites les plus beaux de l'Empire Maya,
qui s'est développé ici de 800 avant JC à 900 après JC . De retour au
camping il devient urgent de se réhydrater . Puis nous cassons le croute
en terrasse avant d'aller prendre la café chez Monique et Jean Marc en
compagnie des autres équipages français . Ensuite, je profite de l'après
midi pour changer la cartouche de notre filtre à air qui commence à être
triste après 24 000 km de routes , mais surtout de pistes souvent très
poussiéreuses . Puis je m'attelle au blog , copieux après une telle
visite ,surtout que je suis coupé plusieurs fois par des invasions
d'animaux  : d'abord c'est une trentaine de coatis qui viennent boire
derrière ma chaise ,sous l'arbre où je tape . Ensuite, ce sont des
singes hurleurs qui viennent faire leur numéro dans les branches au
dessus de ma tête . Enfin, ce sont les magnifiques dindons, aux couleurs
fluos avec des grumeaux orange sur leur tête et sur leur cou bleu . Et
maintenant , c'est Dominique qui se met à hurler en évitant de marcher
de justesse sur une mygale ,devant la porte du camping car . Difficile
de se concentrer sur son travail dans de telles conditions . Il faudra
donc être indulgent en lisant ces lignes !! Pendant le briefing , dont
je me dispense pour continuer à m'avancer , les singes hurleurs jouent
les troubles-faites  en hurlant à tue-tête . Christian , en allant
acheter un hamac à la boutique du site tombe sur des crocodiles qui
barbotent juste à coté de la tienda . Il vaut mieux ne  pas s'aventurer
de nuit dans le secteur sans torche !! Monique et Jean Marc invite le
groupe français à prendre l'apéro chez eux en compagnie de Janette et de
Jeremy . C'est l'occasion pour nous de parler de notre projet de visite
d'un site archéologique  qui se trouve à vingt bornes  sur le côté
,avant de franchir la frontière du Bélize . Eh oui , demain nous
quittons déjà le Guatémala à grands regrets !!


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