CENT CINQUANTE QUATRIEME JOUR : LE 1ER AVRIL 2018




























                Bonnes fêtes de pâques à tous ceux qui consultent le
blog mais aussi  à nos enfants et petits enfants qui aujourd'hui vont
aller ramasser leurs oeufs au  jardin armés d'un panier .J'espère que le
thermomètre sera un peu plus généreux chez vous qu'ici ce matin , où il
affiche 10°5 . Heureusement que nous avons remis la couette en service
depuis quelques jours ! On voit que nous sommes à 2300 mètres
d'altitude, même sous les tropiques ça dégringole quand même . Comme
hier soir nous nous sommes octroyés un repas guatémaltèque avec des
tortillas , de la purée de frijoles (haricots rouges) , des oeufs au
plat et du tabasco bien sûr , et comme nous adorons ça , nous avons eu
le cataplasme sur l'estomac , propice à un sommeil de plomb .
Heureusement que le magnifique lever de soleil sur les montagnes
voisines et sur la forêt nous a motivé pour quitter la  chambre de bonne
heure. Il y a aussi le fait que nous avons  du pain sur la planche avec
plus de trois cent bornes au programme et en prime la traversée de la
capitale le jour de Pâques , plus la visite d'un site archéologique .
Avant de préparer le café, je me dépêche d'allumer le chauffage à bord 
car nous avons  à peine 15 degrés . Après le petit déjeuner je suis
obligé de reculer d'une vingtaine de mètres avec le camping car pour
pouvoir envoyer le blog : encore un caprice de la communication satellite .

                A 6h30 tapantes nous mettons en route , le coeur gros
de quitter nos montagnes , le site de Ixchimsé , ce petit coin de
paradis où nous commencions à avoir des connaissances parmi les
autochtones . D'ailleurs le chauffeur de taxi que nous croisons  en
partant ,nous fait des appels de phares et de grands signes de la main
en guise d'adieu . C'est vraiment le Guatémala profond ,  celui dès
hauts plateaux intérieurs , celui  des Mayas , celui que nous aimons,
que nous quittons ce matin dans la douleur . Aussi c'est avec des pieds
de plomb que nous descendons sur Tecpan ,toujours coupé en deux par les
fêtes pascales . Heureusement que maintenant je connais le labyrinthe
des ruelles pavées comme ma poche et nous faisons un sans faute jusqu'à
la C1 que nous prenons à regret ,sur la droite cette fois, en direction
de Guatemala Ciudad . Avec la chaude lumière du soleil levant, nous
goûtons pleinement la succession de virages qui offre de magnifiques
panorama sur de profondes vallées , sur les coteaux d'en face cultivés
de façon intensives , sur les villages accrochés au bord des précipices
et sur la forêt de pin qui englobe le tout . A un moment donné , nous
sommes surpris de voir des volutes de fumée noire sortir du cratère d'un
des volcans qui se dressent devant nous : ce doit être le Volcan de
Pacaya qui est en alerte depuis quelques jours comme on nous avait
prévenu à Antigua .

                  Arrivés à Chimaltenango , nous laissons la route
d'Antigua sur la droite pour amorcer une interminable descente sur la
capitale . C'est incroyable après cinquante bornes , juste à l'entrée de
la mégalopole , le compteur indique à peine 10 litres de consommation !
Il faut dire que ça descend raide et que le frein moteur a fonctionné
plein pot . Curieusement les grands axes sont à peine occupés par
quelques voitures bien qu il soit déjà 7h30 . Après 9 km nous tombons
sur notre premier repaire , un Mac-Do sur la droite ; là , nous devons
grimper sur le premier pont qui se présente pour emprunter la C9 et
prendre la direction de l'Est , c'est à dire de la côte atlantique .
Encore cinq ou six bornes et c'en est fini de la capitale guatémaltèque
. Nous sommes agréablement surpris de nous en tirer comme ça pour un
week-end de Pâques . Nous suivons maintenant un autoroute , doté de
chaussées en béton ,qui serpente à mi pente d'une enfilade de coteaux .
Le paysage parait bien désolé avec ces petits monts pelés , couvert
d'herbes jaunies en cette fin de saison sèche, et d'arbres
squelettiques, qui attendent impatiemment la saison des pluies pour
sortir leur feuillage au grand jour . En attendant le spectacle de cette
sécheresse généralisée à dominante ocre-brune n'a rien d'engageant .
Après 50 bornes de chaussées correctes , nous tombons sur
d'interminables zones de travaux où nous renouons avec les plaisirs de
la piste : on saute sur les bosses , on claque dans les ornières , on
mange de la poussière , on slalome comme on peut entre les obstacles en
tous genres mais notre sort reste enviable par rapport à ceux d'en face
qui font la queue pour rejoindre la capitale .

                Curieusement au milieu de cette désolation
poussiéreuse , nous commençons à apercevoir du vert au fond des vallées
, comme des oasis ; d'ailleurs , en y regardant de plus prés ,on
distingue des bouquets de palmiers et de bananiers , blottis les uns
contre les autres , à croire que les places sont chères . Il y a même
quelques rivières qui serpentent parmi la verdure , parvenant à faire
pousser des champs de maïs dès qu'il y a un peu plus de place . C'est 
très agréable de retrouver cette végétation tropicale luxuriante qui,
dès qu'elle peut , envahie tout sur son passage ; la seule chose
désagréable est que le thermomètre grimpe en même temps , et voilà déjà
qu'il atteint les 32 degrés , c'est dur après les 10 de ce matin ! Le
GPS  révèle que nous sommes à 250 m d'altitude à peine , nous avons
perdu plus de 2000  mètres  depuis le départ. Après Estanzuela , nous
suivons la vallée du rio Motagua , un fleuve qui se jette dans la mer
Caraïbe, qui a eu une importance capitale dans le développement de
l'Empire Maya au même titre que l'Usumacinta dans le Yucatan car ceux-ci
transportaient énormément de marchandises par voie d'eau étant donné
qu'ils ne connaissaient pas le cheval . Ce fleuve a permit le
développement de cette civilisation  à Copan que nous avions vu au
Honduras et de Quirigua que nous devons visiter tout à l'heure . En
attendant, le  paysage prend de plus en plus l'aspect d'une forêt
tropicale de développant dans une vaste plaine . Nous arrêtons
rapidement à Los Alames pour retirer 500 quetzales dans un distributeur
. Encore quelques kilomètres et nous trouvons la petite route sur la
droite qui mène au site de Quirigua où nous payons 160 quetzales pour
deux personnes mais avec cette fois la permission de dormir dans le
parc  , ce qui est plutôt sympa !

                    Après le repas que nous prenons en terrasse tant
il fait mal sain dans le camping car , nous attaquons la visite en
commençant par celle d'un petit musée où sont exposés quelques jolis
spécimen de céramiques : on voit des  utilitaires très  peu décorées ,
les autres à visée cérémonielle ou d'offrande offrent un panel de motifs
à couper le souffle . Mais c'est surtout par les renseignements apportés
sur les Mayas et en particuliers sur Quirigua que le musée vaut le
déplacement : nous apprenons que Quirigua a été créé à peu prés en même
temps que Copan vers 426 après JC dont elle était vassale jusqu'à ce
qu'un des rois de Quirigua kidnappe celui de Copan et le face décapité
en 738 . Tout ceci est expliqué sur la plus grande stèle du site qui
mesure 10 mètres de hauteur et pèse 65 tonnes . Il parait qu'à Copan
l'événement est raconté différemment: pour éviter la honte et le
déshonneur on dit que le roi est mort bravement au combat ! Amusant ,non
! Comme Copan , Quirigua s'est développé jusqu'en 805 où le dernier roi 
, par soucis démocratique a voulu partager le pouvoir et a entrainé la
disparition de la cité qui pourtant était la plus importante à l'Est de
l'Empire Maya .

                Forts de toutes ces explications nous attaquons la
visite du site par celle de la place centrale , l'une des plus grandes
du monde maya avec ces 150 mètres de large par 300 de long . Elle était
décorée de 10 stèles . Faites à partir d'un monobloc de pierre provenant
des volcans voisins , elles étaient inaugurées en l'honneur de
l'avènement d'un nouveau roi . Celui qui se distingua en mettant fin à
la soumission de Quirigua vis à vis de Copan vécut 60 ans . Sa stèle
comporte trois dates qui marquèrent son règne : celle où il prit le
pouvoir , celle où il enleva son voisin et celle où il reçut des cadeaux
de la part d'un monarque devenu son allié . Après avoir admiré ces dix
chefs d'oeuvres sous toutes leurs coutures , nous grimpons sur ce qui a
été baptisé "Acropole" par les archéologues . Après avoir grimpé une
volée d'une quinzaine de marches , nous débouchons sur une vaste plate
forme  , sur laquelle sont construits deux temples : c'est ici que
vivaient le roi et certains dignitaires . Derrière, nous apercevons une
seconde place , plus petite , encadrée par quatre bâtiments équipés de
gradins . Ces places servaient aux cérémonies religieuses , aux
sacrifices et aussi aux échanges commerciaux tels que les marchés . En
prenant un petit sentier dans la forêt tropicale nous nous mettons en
quête du groupe Est sans résultat , du jeu de paume , sans résultat
également : pourtant ils sont mentionnés sur le plan mais nous nous
rendons compte, après examen ,qu'il s'agit des monticules couverts de
végétation que nous venons  de longer . Fatigués par deux heures de
marche dans la touffeur tropicale , nous rentrons nous réhydrater au
camping car . Il est temps de faire un peu de relax en tapant le blog et
en s'occupant des photos avant de diner en terrasse .



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