CENT CINQUANTE NEUVIEME JOUR : LE 6 AVRIL 2018




























                Obligé de me lever de bonne heure, vers 5h00, à cause
du blog laissé en plan hier soir après le resto  qui s'est éternisé tout
ça pour une brochette de camerones(crevettes), j'assiste à un superbe
lever de soleil au dessus de la ligne de cocotiers qui barrent l'horizon
. C'est vraiment superbe , surtout au moment où le soleil embrasent les
nuages qui s'effiloche au dessus de lui  !Je n'en prépare pas moins le
café et le petit déjeuner que nous prenons à bord pour nous simplifier
la vie . Comme hier soir la wifi se révèle d'une excellente qualité et
le dernier chapitre passe en un clin d'oeil . Il n'y a plus qu'à
s'occuper des préparatifs habituels  et les rangements indispensables
surtout au niveau de la soute qui a été drôlement malmenée sur la piste
la veille !

                Malgré tout , nous parvenons à décoller vers7h00 en
direction de la capitale , Bélize City , distante d'une cinquantaine de
bornes , que Janette nous a conseillé de visiter hier au briefing .
Comme lors de notre arrivée , nous retrouvons une atmosphère très
Louisiane avec des marigots , de la mangroves , de larges rivières avec
des pirogues et des barques amarrées sous les grandes branches d'arbres
qui font voûtes . Beaucoup de maisons en planches , peintes de couleurs
vives se dressent sur leurs pilotis . A l'étage , dans le vaste patio de
façade pendent des hamacs . Souvent ,une armée de bidons en plastiques ,
alignés au pied de l'escalier traduit le manque d'eau courante . Nous
voyons également des groupes d'enfants en uniforme , se rendre à l'école
en longeant les bas-cotés de la route .Par contre nous sommes surpris
par l'absence de terres cultivées : il n'y a que des prairies avec des
bovins qui paissent ,séparant des zones boisées laissées à l'abandon le
plus souvent où végètent de petits arbres chétifs .

                Nous ne tardons pas à atteindre les faubourgs de la
capitale qui ne compte que 70 000 habitants . Nous laissons la direction
de Corozal sur la gauche, pour filer tout droit ,vers le centre ville
dans une rue très circulante qui se réduit en largeur progressivement au
point qu'il faut commencer à viser pour ne pas laisser un rétroviseur
sur le tapis ! Lorsque nous arrivons à proximité de l'estuaire du fleuve
, impossible de tourner à gauche vers le seul pont qui l'enjambe . Il
faut se résoudre à prendre à droite en évitant d'emporter un balcon au
passage . Dès que c'est possible ,  je tente de reprendre à gauche deux
fois pour revenir sur le pont mais l'opération se révèle délicate, entre
les toits qui débordent sur la rue , les cyclistes qui passent à droite
sans prévenir et les piétons qui se jettent devant nos roues. Par chance
je trouve une place de stationnement provisoire, pour aller vite fait
tirer quelques clichés  de jolis bâtiments en bois , de l'église et du
port . Un cycliste avec une chevelure de rasta que nous avons suivi un
moment au cours de nos tribulations en ville s'approche pour
m'invectiver méchamment : "no parking ... no parking , run ...run ...!
De quoi je me mêle ...patate !" et je continue à prendre mes photos dans
la plus grande indifférence . Un autre, assis sur une poubelle un peu
plus loin, prend alors  le relais . Quelle ambiance anti-blanc ! C'est
très désagréable et ça dure déjà depuis hier, à la frontière, avec des
douaniers infectes : on est loin des mots chaleureux de bienvenue
prononcés par les douaniers guatémaltèques !

                Une fois que je suis revenu au camping car , nous
passons le pont pivotant pour aller au parking indiqué par Janette et le
GPS : le gardien finit par se lever de sa chaise pour me dire de dégager
et vraiment violemment . Comme j'insiste , il me répond que ça ouvre
dans une heure !! Décidés à quitter un tel endroit aussi peu accueillant
, nous commençons à tourner dans les petites rues , pour trouver une
porte de sortie et c'est là que nous tombons sur un autre parking payant
et gardé de surcroît , pour 3 dollars du Bélize de l'heure . Nous allons
aussitôt nous balader dans les ruelles bordées de jolies maisons en bois
avec de vastes patios à l'étage .Nous longeons ensuite la côte jusqu'au
phare puis nous rentrons en suivant les berges de l'estuaire : la vue
sur l'ensemble des grandes demeures en bois construites sur la rive d'en
face est magnifique . Une heure de balade en plein cagnard qui nécessite
une bonne réhydratation dès que nous rentrons au camping car .

                Il faut de nouveau tournicoter dans les ruelles
étroites et en sens unique  pendant un moment avant de retrouver la
direction de Corozal . La route suit alors la côte caraïbe avant de
s'enfoncer vers l'intérieur . Après une cinquantaine de bornes de terres
incultes  où la végétation semble abandonnée à son triste sort ,nous
retrouvons les vastes champs de cannes à sucre qui s'étendent à perte de
vue . On renoue en même temps avec la fumée des sucreries et le vas et
vient d'énormes camions dotés de plusieurs remorques chargées jusqu'à la
gueule . A Orange Walk , nous prenons le contournement de la ville, 
contrairement à ce que nous conseille le GPS . Puis nous laissons San
Esteban et Libertad à droite, pour filer plein nord vers Corozal que
nous atteignons juste pour midi . Nous trouvons un superbe petit coin
d'herbe à l'ombre d'un bouquet de cocotiers devant la  mer Caraïbe , le
panard ! Dix minutes plus tard le salon de jardin est installé , avec
vue à 180 degrés et  juste une petite brise marine pour nous rafraichir
un peu . Dur , dur la vie de retraité !

                Après le repas nous décidons de suivre  la côte en
camping car , ce qui nous permet de découvrir une succession de petites
criques sympathiques jusque l'autre côté de la ville de Coroza . Puis
nous allons nous installer sous les cocotiers du camping prévu par
Janette . Pendant que Dominique s'occupe de la lessive , je me mets à
blogger en terrasse , bercé par la brise marine et un cigare aux lèvres
, jusqu'à l'heure du briefing consacré au passage de la frontière
mexicaine . Il parait qu'il y en a pour quatre heures ! Puis comme il
fait nuit chacun rentre dans sa roulotte !

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