CENT CINQUANTE HUITIEME JOUR : LE 5 AVRIL 2018




























A 1h52 les singes hurleurs se déchaînent tout à coup
,comme ce n'est pas permis . De vrais déments qui crient à s'en péter
les cordes vocales ! Par chance nous étions déjà sur la défensive à
cause d'un troupeau de pécaris entrain de fourrager dans l'épais tapis
de feuilles mortes de la clairière . Fatigués par l'épuisante visite de
Tikal , nous ne tardons pas à replonger dans les bras de Morphée
jusqu'à 5h00 . Comme nous avons décidés d'aller visiter le site
archéologique de Yaxha ,situé un peu avant la frontière du Bélize que
nous devons franchir dans la foulée , il faut partir d'ici dès que la
luminosité le permet . Une fois le petit déjeuner avalé , nous nous
attaquons au rangement , déjà commencé la veille . Résultat à 6h00 ,nous
sortons du camping après un petit coucou chez Claire et Roger , puis
Chez Monique et Jean Marc qui préfèrent filer directement sur la douane .
Malgré le jour à peine levé , nous ne voyons qu'un
dindon sortir du fin fond de la forêt du Péten que nous traversons au
pas sur 20 bornes , pour respecter la limitation de vitesse à 40,
histoire de ne pas effrayer les animaux sauvages . Arrivés à l'entrée
du parc de Tikal nous nous renseignons sur le prix du ticket du site de
Yaxha qui est de 80 quetzales par personne . Comme il ne m'en reste que
125 , j'essaie de changer 20 dollars au niveau de l'administration du
parc, sans résultat . Nous prenons alors la direction de Santa Helena en
espérant pouvoir trouver une tienda où ils acceptent de faire un peu de
cambio . J'essuie une succession d'échecs jusque Rémini où la taulière
d'un petit super marché daigne faire le change à un taux d'usurier ,
mais je n'ai pas le choix si nous voulons visiter Yaxha . Comme la
lumière du matin est particulièrement chaude sur les berges du lac que
nous longeons , nous multiplions les arrêts photos bien que nous soyons
à la bourre . En effet d'après Janette, les 12 km de piste qui mène au
site ,sont très mauvais et la visite demande deux heures environs, ce
qui nous fait en principe un handicap de quatre heures sur le reste du
groupe pour le passage de frontière .
Nous laissons maintenant la route de Santa Héléna filer
tout droit pour prendre à gauche vers Melchor de Mencos puis au bout de
soixante dix bornes, nous prenons une petite piste sur la gauche qui
mène à Yaxha , mais également à deux autres sites archéologiques , Nakum
et Naranjo , beaucoup plus éloignés de la nationale . Déjà d'entrée
celle-ci ne me plait guère avec son revêtement fait de très gros
cailloux assez pointus qui me laissent craindre le pire pour nos pneus
et qui viennent tambouriner par moment sous le plancher . Après à peine
un kilomètres celle-ci se met à jouer les toboggans : le problème est
que le ravinement a creusé de profonds sillons dans les montées et les
descentes qui se succèdent : la trajectoire désordonnée de ces rigoles
nous oblige à réduire considérablement notre vitesse . Déjà très faible
sur les zones caillouteuses puisque le GPS indique entre 15 et 20 km/h ,
là je suis par moment obligé de passer en seconde , voir même en
première ; je n'en crois pas mes yeux lorsque je le voit indiquer 2,5 à
3 km/h . Malgré ma prudence pour épargner au maximum le matériel
vieillissant , nous rebondissons affreusement dans des ornières de plus
de 50 cm de profondeur. Je ne vous explique pas les bruits de vaisselle
qui viennent des placards ni des craquements qui montent de la soute
jusqu'à nous ! Il y aura du rangement à faire .! Nous mettons 3/4 heures
pour atteindre une barrière installée en travers de la piste , juste au
bord d'un petit lac et gardait par des militaires armés jusqu'aux dents
. Comme il n'est pas encore 8h00 , ceux-ci nous demande d'attendre
l'arrivée du responsable du site .Le temps de tirer quelques clichés du
lac et de ses rives peuplées de joncs , voilà le taulier qui arrive avec
le 4x4 blanc que nous avons dû doubler sur la piste il y a quelques
kilomètres . Moyennant 160 quetzales pour deux , nous pouvons terminer
les trois dernières bornes de pistes qui se révèlent les pires !
Malgré tout ça , nous arrivons à attaquer la visite du
site à partir de 8h15 . On commence par longer une belle pyramide ,
parfaitement restaurée qui joue à cache cache derrière quelques grands
Céibas ; c'est le Complejo Astronomico Menor , copie conforme du
complejo Astronomico Mayor construit à l'autre bout du site à la période
classique . Celui-ci date du début de l'installation des Mayas à Yaxha
qu'ils ont occupé de 600 avant JC à 900 après JC . Nous avançons de
quelques centaines de mètre dans la forêt en empruntant un large
sentier parfaitement aménagé pour découvrir un superbe jeu de pelote
sur la gauche: nous apprenons par les panneaux explicatifs que ce jeu
avait souvent un rôle politique . Il permettait de régler les conflits
entre deux cités en désaccord et d'éviter la guerre . Le responsable de
l'équipe perdante était alors sacrifié sur un autel , au pied de la
pyramide qui se dresse en face . Nous venons enfin de comprendre
pourquoi on en venait à exécuter le capitaine de l'équipe perdante :
cela n'a rien à voir avec l'acte de barbarie comme on nous l'avait
présenté jusque là . C'est du même tonneau que les tournois qui
réglaient parfois les conflits entre deux seigneurs à l'époque féodale
chez nous , rien de plus .
Nous continuons nos investigationS en suivant la
Calzada Este qui servait dans un premier temps à amener les gros blocs
de pierres nécessaire à la construction des édifices , puis pas la
suite les vivres pour nourrir la population de la cité . Nous arrivons
à un complexe qui correspondait à un Grupo Résidencial , lieu de
résidence de dignitaires avec des chambres à voûte trapèzoïdales et des
camas(lits) en pierre sur lesquels ont déposé un matelas .Nous longeons
le complejo Astronomico Mayor encore sous la terre et la végétation
tropicale: sa pyramide comportait un escalier de 90 marche sur les
quatre faces soit 360 comme le nombre de jours du calendrier Maya et
ceux-ci étaient orientés selon les points cardinaux . Nous gagnons
alors l'Acropole Norte : là, c'est à couper le souffle ! Autour d'une
petite place se dressent trois imposantes pyramides , la principale
occupant le côté nord et étant elle-même surélevée d'une autre petite
pyramide. Comme hier à Tikal , nous constatons que ses arêtes sont
rondes , elle fait donc partie des bâtiments les plus anciens , les
arêtes droites étant apparues plus tard . A l'ouest, c'est celle qui
honore le soleil couchant et donc qui met en contact avec le monde d'en
dessous . Celle de l'Est honore le soleil levant et met en contact avec
les divinités du ciel , le monde du dessus .
En repartant vers l'entrée du site par le chemin
balisé à travers la forêt , nous visitons l'ensemble des Pyramides
jumelles ( Pyramides Gemellas) partiellement restaurées, donnant sur une
place dont les angles indiquent les quatre points cardinaux et décorée
de quelques stèles commémorative de katun (période de vingt ans). Puis
nous grimpons au temple de Los Manos Rojas par un escalier de bois
vertigineux : perchés en haut de la pyramide la plus haute du site ,
nous découvrons en même temps un panorama superbe sur le lac et sur la
forêt d'où émergent quelques crêtes de pyramides . De retour sur le
plancher des vaches, nous longeons le Palacio des Quinze Portes décoré
d'une superbe stèle , dédié à Tlaloc , le dieu de la pluie en habit de
guerrier montant au combat . En face, se trouve un complexe
architecturale qui a la particularité de posséder sept colonnes
cylindriques de gros diamètre . Il nous aura fallu deux bonnes heures
pour découvrir ce magnifique site de la période classique que nous
n'avions pas eu l'occasion de voir lors de notre précédent voyage . Une
fois réhydratés et épongés car nous sommes trempés de sueur de la tête
aux pieds, nous reprenons la piste qui nous prend encore une heure dans
l'autre sens , les descentes étant particulièrement dures à négocier .
Nous avalons ensuite les trente dernières bornes qui
nous séparent de la frontière en une demi heure , histoire d'arriver
avant la pause de midi des douaniers ; côté guatémaltèque , nous
rendons la vignette que nous avions du coller sur le pare-brise et nous
prenons un coup de tampon supplémentaire sur le passeport qui commence à
connaitre la crise du logement ! Ensuite nous reprenons le camping car
et nous passons dans un tunnel de fumigation : à peine les jets
terminés qu'un employé m'oblige à ouvrir la fenêtre latérale pour
prendre mon passeport et me réclamer 10 dollars US . Volontairement je
lui donne un billet de 20 sur lequel il commence à vouloir me rendre de
la monnaie du Bélize . Comme je refuse , il finit par me rendre 15
dollars US ! En fait j'apprendrais par la suite que le dollar du Bélize
vaut la moitié du dollar US .Puis nous passons à l'immigration avec bien
sûr le rituel du formulaire à remplir et du coup de tampon sur le
passeport . Ensuite , au guichet des douanes ils nous demandent de
rapporter les produits frais , interdits au Bélize . Pour le contenter
je lui dépose 4 tomates et je constate au passage qu'ils ont saisi un
tas de fruits et de légumes exposés en guise de trophées sur une table
.Nous apprendrons le soir que ce sont ceux de Christian , de Jean Marc
et de Roger !! Janette nous a mal rancardé sur ce coup là en nous disant
qu'il n'y avait que l'alcool qui posait problème ! En sortant du poste
de douane , par chance une employée nous rappelle qu'il faut souscrire
une assurance voiture : aussitôt , nous réparons l'oubli en allant au
bureau des "séguros" le plus proche en souscrire une pour 10 dollars US
, histoire de couvrir les 48 heures passées au Bélize .
A peine avons-nous fait quelques kilomètres que nous
tombons sur une jolie rivière aux eaux bleues vertes qui cascadent parmi
la verdure . On ne peut pas décliner une telle invitation , aussi nous
décidons d'arrêter dans la première pâture venue , à l'ombre d'un gros
arbre . Cinq minutes plus tard nous sommes entrain d'essayer de remonter
le courant en nageant jusqu'aux premières cascades . Quel bonheur après
le bain de sueur sur le site et ainsi qu'au bureau des douanes ! Après
le repas pris au bord de l'eau , je m'installe en terrasse pour boire le
café et commencer à taper le blog . Vers 16h00 , nous reprenons la route
d'abord vers Santa Helena puis Belmopan . Curieusement une fois de plus
nous constatons que le paysage change complétement alors qu'il s'agit
d'une frontière purement artificielle : de ce côté, c'est la Louisiane
,avec ses maisons en bois très colorées , avec de hautes colonnes
moulurées pour soutenir le patio du premier étage où souvent sont
accrochés des hamacs . Avec une majorité de population noire , on s'y
croirait vraiment ,d'autant qu'ici l'héritage britanique a laissé
derrière lui de belles pelouse vertes et des jardins soignés . Nous
arrivons à l'hotel Los Amigos juste pour le briefing de 17h30 . Ensuite
nous suivons les directives de Janette en mangeant en terrasse au
restaurant de l'établissement , étant donné que notre hébergement est
offert par le taulier . Encore une sacrée journée , confirmée
d'ailleurs par ma montre qui affiche 156 % d'activité !
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