CENT CINQUANTE CINQUIEME JOUR : LE 2 AVRIL 2018






























Nous qui nous attendions à ruisseler de sueur toute
la nuit sous la végétation tropicale luxuriante du parc , nous avons été
surpris d'être obligé de couper le ventilo une heure après être couché
et aussi d'avoir froid en seconde partie de nuit au point de fermer les
fenêtres et le hublot de la chambre . Chose incroyable , le thermomètre
intérieur affiche à peine 20 degrés ! Décidés à partir tôt pour
retrouver le reste du groupe à Rio Dulcé , histoire de faire avec eux la
sortie bateau d'une demi journée programmée par Janette , nous prenons
le petit déjeuner dès que nous descendons de la chambre . Je prends
malgré tout le temps d'essayer d'envoyer le blog avec le téléphone de
Dominique comme modem, sans résultat . Il faut dire qu'il y a une grosse
mise à jour de l'anti virus à faire , ça ne doit pas aider ! Une fois
nos affaires en place pour rouler, je porte une bouteille de bière et
une Tour Eiffel au gardien , en remerciement de sa bonne volonté à nous
avoir gardé pour la nuit .
A 6h30 tapantes nous franchissons le portail du
parc archéologique de Quirigua , perdu au milieu d'une plantation de
bananiers ,d'une taille démesurée puisqu'ils sont obligés de passer au
dessus de nos têtes sans arrêt avec de petites avionnettes pour
administrer les insecticides . Il parait que c'est l'ancien propriétaire
, au début du XX ème siècle , qui aurait donné les 35 hectares du site
faisant une enclave au milieu de la bananeraie ainsi que les 4 km de
route qui y mène depuis la nationale C9 . C'est donc entre deux rangées
de bananiers avec un volcan au bout que nous démarrons . Nous
bénéficions de la superbe lumière chaude du levant qui incendie la
plaine , offrant une série de magnifiques contre-jours avec les palmiers
, les paillotes et même les clôtures qui se mettent à jouer les ombres
chinoises . De l'autre côté de la route ce sont les verts de la forêt
tropicale qui deviennent éclatants sur les flancs de montagnes . Aussi
ce qui devait être une corvée se transforme en promenade d'agrément
.Arrivés à Franceses , nous laissons la route de Puerto Barrios
continuer tout droit vers la mer Caraïbe en suivant le Rio Motagua ,
pour prendre à gauche vers le nord en direction de Tikal . Encore une
vingtaine de kilomètres et nous voilà à Rio Dulcé où nous trouvons sur
la droite le domaine de l'hôtel Marina Nana Juana . Effectivement après
avoir remonté une allée d'un kilomètres , nous retrouvons les autres
camping cars stationnés au bord d'une marina qui donne sur le lac
Itzabal . Le site est superbe , par contre notre parking en béton risque
de se transformer vite fait en four solaire avec le ciel bleu immaculé
d'aujourd'hui !
Nous apprenons aussitôt que Roger s'est fait piquer
son portemonnaie avec sa carte bleue et son permis de conduire national
quelques heures après que nous l'ayons quitté vendredi , dans la
bousculade de la Procession . Un Suisse nommé Werner a eu aussi la poche
du short découpée au cuter mais lui a eu la chance de le sentir et
d'interrompre le vol à temps . Nous avons tout juste le temps de nous
installer et de préparer notre sac à dos pour le départ en bateau prévu
à 9h00 . Les deux cent chevaux de notre vedette ont vite fait de nous
rafraichir avec le vent vitesse et aussi les embruns lorsque nous
effectuons un virage serré comme pour aller voir le Castillo San Felipé
. Pour cela nous pivotons vers l'ouest et passons sous l'immense pont
qui enjambe l'isthme du lac Itzabal . C'est un fort construit par les
Espagnols au cours du XVI ème siècle pour défendre la région des
attaques de pirates . Avec ses murs crénelés , ses canons et ses tours ,
il a quand même une certaine allure surtout à cause de sa situation au
bout d'une petite presqu'île entouré de grands cocotiers .
Après un mitraillage en règle de la forteresse sous
toutes ses coutures , nous repartons vers l'Est et après le pont nous
remontons El Golfete , un autre lac ,selon son grand axe . Après un
petit quart d'heure de navigation plein gaz qui a le mérite de nous
rafraichir , nous approchons un petit îlot de mangrove où il est
interdit de débarquer car il sert de réserve naturelle pour les oiseaux
: les arbres sont , ou noirs de cormorans, ou blancs d'aigrettes, tant
les volatiles des deux espèces y sont serrés sur toutes les branches
disponibles . Là encore , après un mitraillage photo en règle , nous
remettons plein gaz pour aller voir une zone de mangrove où une
multitude d'îlots sont séparés par des canaux plus ou moins étroits qui
s'enfoncent sous des superbes voûtes de végétation tropicale d'où
tombent nonchalamment des lianes . Par endroit nous traversons des
pare-terres de nénuphars d'un vert tendre , couvert de grosses fleurs
blanches à coeur jaune . Plus rarement , nous en voyons d'encore plus
grosses et mauves celles-la . Sur les berges , nous longeons des
paillotes construites sur pilotis où habitent une vingtaine de
communautés d'autochtones , vivant essentiellement de la pêche et d'un
peu de culture . Nous les voyons lancer leurs grands filets depuis de
petites pirogues creusées dans un tronc . Quelques femmes et même une
petite fille viennent au devant de nous à bord d'embarcations identiques
, pour vendre leur production artisanale : des colliers et des boucles
d'oreilles faites avec des coquillages , des portes-monnaies en noix de
coco , de petites pirogues miniatures en bois ,... Dominique ne peut pas
résister très longtemps à l'envie d'avoir de nouvelles boucles d'oreille
pour 20 quetzales , trois dollars US , une façon élégante d'aider aussi
un peu à améliorer la situation de ces braves artisans . Après une
partie de slalome parmi les immenses racines de la mangrove , nous
regagnons le large pour ensuite nous enfoncer dans d'étroites gorges
bordées de falaises rocheuses . Nous remontons alors une série de
virages assez serrés pour déboucher dans une vaste baie de la Mer
Caraïbe , bordée de nombreuses constructions : nous arrivons à
Lévingstone où nous débarquons pour manger dans restaurant spécialisé
dans la préparation de poissons grillés . Ici la population est
essentiellement noire ; il s'agit de descendants d'esclaves qui
s'étaient sauvés des grandes plantations du Bellise au XVII émé et
XVIII ème siècle et qui se partagent maintenant entre la pêche à la
crevette et le reggay .
De retour au campement vers 14h30 , nous allons
aussitôt essayer la grande piscine de l'hôtel qui domine le lac . Nous
y retrouvons Annie et Christian ainsi que Isabelle . C'est très agréable
de se baigner ainsi au milieu des cocotiers et dans une eau bien chaude
. Puis je m'occupe du blog et des photos pendant que Dominique attaque
la lessive jusqu'au briefing assuré par Jeremy , Janette étant encore à
Guatemala Ciudad avec un couple suisse qui a des problèmes mécaniques .
Nous terminons la soirée en s'occupant des photos animalières et du blog
que nous espérons pouvoir envoyer avec la wifi de l'hôtel .
On découvre l'importance des traditions religieuses pendant la semaine sainte ..!
RépondreSupprimerSans doute un ( parmi les nombreux) moments mémorables de votre voyage .
Bonne route !