CEN T QUATRE VINGT TROISIEME JOUR : LE 30 AVRIL 2018



















Malgré la petite sauterie d'hier soir , nous sommes
d'attaque un peu avant 6h00 ; il faut dire qu'avec le changement
d'horaire à la frontière du Sonora , nous gagnons en lumière du jour le
matin . Une importante rosée a trempé les deux auvents au point que ça
goutte sur la terrasse . Déjà hier soir , pendant le repas de clôture ,
la nappe et les serviettes de table étaient complétement trempées
,l'appareil photo ruisselait ! C'est incroyable comme la proximité de
l'océan peut dégager comme moiteur ! Bien que l'étape d'hier n'était
qu'une liaison entre Los Mochis et Guaymas , un grand pas de plus vers
le nord au cours duquel il n'y avait pas grand chose à se mettre sous
la dent , il faut quand même que je ne traine trop à descendre de la
chambre pour boucler le blog . Il y a aussi les dernières photos de la
soirée à transférer avant d'envoyer le tout avec le modem . Après le
petit déjeuner , je m'occupe des auvents avec Roger : comme ceux-ci sont
aussi bien trempés en dessous qu'au dessus , nous avons les bras casser
; résultat, nous les enroulons en l'état , décidés à les ressortir à
l'étape pour les faire sécher au soleil . Comme nos emplacements sont
bien équipés individuellement , nous en profitons pour faire les
vidanges et le plein d'eau , sans savoir ce qui nous attend ce soir à
Magdalena de Kino , distante de 320 bornes . Pendant que Dominique
achève les rangements à bord , j'en profite pour aller faire mes adieux
au Pacifique ,que nous ne reverrons pas avant notre séjour en Orégon,
d'ici un mois si tout va bien . La crique de l'hôtel, avec sa petite
plage et son ponton privés , ses cactus et ses cocotiers est vraiment
de toute beauté avec la lumière chaude du matin . L'eau bleu marine , le
sable blanc et l'ocre des îlots rocheux qui barrent l'horizon sont
autant de joyaux à contempler . Une petite pancarte aux pieds des
superbes cactus candélabres du jardin m'apprend que ceux-ci avec leur
tête en éventail font partie d'une espèce protégée, correspondant à une
aberration génétique , appelée " El Saguaro Crestado " . D'autres sont
couverts de petites fleurs jaunes pales et servent de nids à des oiseaux
qui y creusent leur habitation .
Après avoir fait la tournée des popotes pour saluer
les autres équipages , nous décidons de partir assez tôt car nous devons
faire le plein de gasoil sur les conseils de Janette , car il parait que
les stations services sont rares dans le nord du pays ; il peut y avoir
150 bornes entre chacune et en plus comme nous en voulons une qui
accepte la carte de crédit , mieux vaut si prendre de suite . Après deux
essais infructueux au centre ville de Guaymas , nous finissons par
trouver notre bonheur un peu plus loin . Ensuite nous prenons la
direction de Hermosillo : comme nous montons plein nord , nous ne
tardons pas à nous éloigner définitivement du Pacifique, en traversant
d'abord une vaste plaine désertique peuplée d'épineux , de cactus ,
quand ce n'est pas simplement de vastes zones de sable et d'herbes
jaunies par le soleil . A la différence de l'étape précédente c'est
qu'ici , en pénétrant dans les terres , nous nous retrouvons avec de
petites montagnes aussi bien à droite qu'à gauche . Les reliquats de
Cordillère des Andes , appelé Sierra Madré dans cette zone de l'Amérique
du Nord , font aussi leur apparition côté océan: c'est d'abord la
Sierra Catneto puis plus au nord la Sierra San Francisco . Arrivés à
Hermosillo , nous nous rendons compte , en traversant la ville , qu'il
s'agit d'une importante bourgade avec son lot de favelas très colorées
,grimpant jusqu'aux pieds des monts voisins . Une cinquantaine de
kilomètres plus loin , nous tombons sur le contrôle militaire dont nous
a parlé Janette au briefing . Après cinq à dix minutes d'inspection du
véhicule , peut être à la recherche de clandestins , et d'un rapide coup
d'oeil aux passeports, nous pouvons reprendre la route .
Nous traversons maintenant une zone un peu plus verte
avec une haie d'arbres jaunes de chaque côté de la route ; on dirait
des mimosas d'autant que par terre il y a un tapis de fleurs jaunes .
Nous arrêtons aussitôt pour satisfaire notre curiosité : en fait , de
plus prés nous nous rendons compte qu'il s'agit plutôt d'une sorte de
genets géants , dotés de fleurs minuscules disposées en grappes .
Derrière ce sympathique rideau, une armée de cactus candélabres semble
être rangés en ordre de bataille, parmi les rochers . Aux pieds des
montagnes qui barrent l'horizon sur notre gauche , ce sont des cultures
et des vergers qui donnent une note verte que nous avions vu en arrivant
dans le secteur . A l'entrée de Magdalena de Kino , les travaux sur la
bretelle d'accès nous font louper l'entrée la ville ; le GPS nous
conseille alors de continuer notre route sur quatre kilomètres pour
entrer de l'autre côté du bourg , hisyoire de trouver le Motel Kino où
nous devons passer la nuit . Bien que le parking de l'établissement ne
soit pas terrible , Dominique préfère rester ici plutôt que de continuer
sur quarante borner afin d'aller visiter des grottes décorées de
peintures rupestres . C'est sûr que la ballade est hasardeuse dans la
mesure où aucun de nos guides n'en parlent . Faire 80 bornes et risquer
de revenir bredouille me ramène à la sagesse et pour finir, nous nous
installons à l'ombre du seul arbre de la cour . Avec l'auvent et la
petite brise qui souffle , nous parvenons à casser la croute en terrasse
. Puis lorsque Monique et Jean Marc arrivent , nous les invitons pour le
café afin d'étudier la carte des USA sur les quatre premières étapes que
nous avions déjà prévues . Ensuite Claire et Roger arrivent et
commencent à changer leurs plaquettes de frein arrière pendant que je
m'occupe du blog et que Dominique se lance dans une vaste lessive . Je
finis par enrouler l'auvent prématurément à cause du vent qui forcit . A
18h30 nous nous rendons au dernier briefing où nous devons préparer le
passage de frontière Mexique-USA qui n'a pas très bonne réputation ,
surtout dans ce sens .Puis Janette nous invite pour un dernier apéro ,
histoire de se délester de quelques bouteilles de téquila qui pourraient
devenir compromettante demain à la douane .C'est l'occasion de discuter
avec elle de nos projets de voyages en Australie que Seabridge propose,
mais uniquement en allemand , et puis aussi de parler avec les uns et
les autres de nos nombreux souvenirs commun .
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