CENT TRENTIEME JOUR : LE 8 MARS 2018

                 C'est bien la première nuit de notre périple où nous souffrons vraiment de la chaleur .Bien que nous ayons laissé toutes les fenêtres ouvertes et que dehors il y ait un peu de vent , nous avons du mal à trouver le sommeil . En plus les coqs du coin y vont de bon coeur dès que la lumière du jour commence à pointer . Aussi je finis par descendre terminer le blog ,alors qu'il n'y avait pas le feu au lac, tant j'en ai marre de me retourner sans cesse sur le padoque . Puis j'attaque la préparation d'un petit déjeuner digne de celui d'un hôtel avec salade de melon , toast grillés , lait glacé au congélateur et café noir bien sûr, que nous prenons en terrasse . Jean Marc , attiré par le bruit ,pointe le nez et nous apprend que Monique , victime d'une intoxication alimentaire , a passé sa nuit aux toilettes .                 Une fois sortis de table Dominique parvient à envoyer le blog avec la wifi du camping . Pendant ce temps j'essaie de réparer le rétroviseur gauche qui est desserré depuis son séjour au port . Comme je ne parviens pas à attraper la tête de vis cachée derrière le miroir , Roger et Jean Marc se mettent de la partie , sans plus de succès . Je finis par immobiliser la coque extérieur du rétroviseur en la scotchant sur la carrosserie . Ce n'est pas esthétique  ,mais ça devrait fonctionner ! Pour me titiller Jean Marie me dit que notre camping car commence à ressembler au sien, qui est le doyen de la troupe du haut de ses douze ans d'âge , comme les whisky . Ensuite nous disposons notre salon de jardin de façon à retenir notre place au camping car nous voulons partir de bonne heure faire l'excursion à El Villé .                 Après 16 bornes sur l'autopista en retournant sur  nos:pas vers La Chorrera , nous prenons à gauche et très vite la petite route se met à gravir la montagne en enfilant virage sur virage sur 25 kilomètres . Un peu partout dans la jungle , nous voyons de jolies petites maisons basses , dotées de grandes terrasses couvertes et admirablement fleuries de bosquets de bougainvilliers de toutes les couleurs . En prenant de l'altitude , la route nous offre de magnifiques panoramas sur les montagnes voisines , couvertes de forêt tropicale jusqu'à mi pente et tout juste couverte d'herbe rase jusqu'au sommet . A voir leurs pentes très abruptes , on comprend tout de suite qu'il s'agit d'un relief volcanique . Il parait que la ville de El Villé est construite au fond d'un immense  cratère de volcan . Une fois en bas de la côte nous traversons le bourg à la recherche de la "Piedra Pintada" , il s'agit d'un ensemble de pétroglyphes dont on ne connait pas encore la signification : carte routière ou complexe de grottes dans les montagnes voisines? Le mystère reste entier .Comme notre point GPS n'est pas exact il faut faire appel aux autochtones et à notre persévérance pour trouver enfin l'entrée du site après quelques demi-tours malgré tout . Après nous être acquittés des droits d'entrée de 3 dollars par personnes , on nous invite à suivre un sentier qui serpente le long d'un torrent . Après huit minutes de marche sous une voûte de verdure très tropicale , nous traversons le rio pour tomber nez à nez avec un bloc de pierre de six mètres de hauteur sur huit de longueur sur lequel sont gravés de nombreux croquis : on reconnait en autre des spirales , une espèce hutte , des chemins .C'est émouvant de penser que c'est l'oeuvre d'une civilisation pré-colombienne qui vivait ici au bord du torrent , il y a quelques milliers d'années . Sur les conseils de l'employée du site ,nous continuons le sentier car plus haut, à 45 minutes de marches, il y a un second site archéologique , et entre deux on peut admirer quelques belles chutes d'eau . Le problème est que le sentier se transforme vite en lit de torrent dans lequel il faut sauter de pierre en pierre pour grimper . Parfois celles-ci sont glissantes avec l'argile du sol et les feuilles mortes qui les recouvrent partiellement , quand ce ne sont pas les lichens ou les mousses . Nous nous arrêtons pour photographier plusieurs jolies cascades et aussi pour souffler un peu car la déclivité est rude, et avec la chaleur environnante on peut dire que nous souffrons et nous transpirons comme ce n'est pas permis . Certains passages sont des pans inclinés de glaise bien grasse , d'autre des tranchées de ravinement , quand ce ne sont pas des champs d'éboulis carrément . Le seul avantage est que  notre voûte de verdure ne nous abandonne pas . Dominique , fatiguée et inquiète pour la descente, reste sur place à m'attendre pendant que je continue seul l'ascension . Après un bon quart d'heure en solo je tombe sur la seconde pierre gravée : les inscriptions sont ici tournées vers le ciel . Elles sont du même style que celles du bas, avec des spirales et des huttes . Comme je commence à voir la lumière du ciel à travers les feuillages droit devant , j'ai envi de continuer encore un quart d'heure pour atteindre le sommet du Cerro . C'est alors que je rencontre un indien pur souche ,armé d'une cognée et d'une machette , avec une jolie provision de bois sur le dos  et son chien qui ne le quitte pas des yeux . En discutant avec  lui j'apprends que le chemin qui me parait tranquille mène au col ,mais que pour atteindre le Cerro , il faut prendre à gauche un sentier très escarpé , le camino del India (le chemin de l'indien) . Du coup je me contente de le prendre en photo après avoir obtenu son consentement et je lui donne une Tour Eiffel en guise d'amitié . Après lui avoir expliqué que j'ai 63 ans ,  que je suis fatigué et qu'il vaut mieux  que je fasse demi tour , je me mets  à  redescendre avec lui jusqu'à ce que je retrouve Dominique . La descente se révèle difficile avec les pierres qui glissent , aussi nous prenons notre temps pour ne pas risquer de dévisser et il est déjà 11h00 lorsque nous retrouvons le camping car .                 En passant en ville , nous arrêtons au marché couvert pour acheter de superbes avocats , très gros et bien murs et aussi 3 grenouilles jaunes , la fameuse espèce en voie de disparition pour offrir à Jean Marc et Roger puisqu'ils ne les ont pas vu , pas plus que nous d'ailleurs . Nous passons ensuite voir un collectionneur d'orchidées très réputé , spécialisé dans les espèces rare et en voie de disparition . C'est un peu décevant surtout par rapport au prix d'entrée  de 4 dollars US pour voir une dizaines d'orchidées , c'est quand même dur !! Nous prenons ensuite la route du retour qui me parait encore plus sinueuse que tout à l'heure mais que nous goûtons avec autant de plaisir, tant elle est fleuries sur des kilomètres et qu'elles offrent de magnifiques points de vue sur les montagnes voisines . Une dizaine de kilomètres avant de rejoindre l'autoroute , nous avons une vue panoramique sur le Pacifique et sa côte rectiligne .                 Nous rentrons au camping après avoir traversé un feu de forêt qui menaçait l'autoroute . Nous profitons de la plancha encore chaude de Jean Marc pour faire cuire notre poisson .Puis nous goûtons aussitôt les superbes avocats que nous venons d'acheter . Au  café, Roger nous rejoint : il a trouvé une plage relativement sympa , la playa Blanca à 5  bornes d'ici , mais pas suffisamment hospitalière pour y rester manger . Puis je blogge un peu mais très vite c'est le briefing  , avancé très tôt car ensuite des enfants du villages viennent nous offrir un spectacle de danses : en fait ils s'agit de folklore africain qui n'a rien de Latinos . On aurait aussi bien pu le voir à Dakar ou à Paris .Entre deux ,nous bricolons sur  notre  frigo avec Roger et Jean Marc : le ventilateur est tombé derrière la cloison avec les vibrations de la route et nous avons un mal de chien pour le récupérer ; ensuite Jean Marc entreprend de le refixer avec des colsons fournis par François , un collègue suisse dont on fête les 66 ans  aujourd'hui . Ensuite Roger bricole un système pour ramoner la cheminée du frigo avec un goupillon fourni par Claire et un porte manteau en fil de fer donné par Monique . C'est impressionnant la quantité de suie que nous récupérons . Puis il refait une révisions de la veilleuse avant de tout refermer . C'est incroyable comme la combustion est déjà meilleure car on ne sent plus le gaz en passant devant l'aérateur et de plus on entend  même le bruit du brûleur maintenant ,  ce qui traduit un meilleur rendement .                 Ensuite , nous nous retrouvons tous pour l'anniversaire de François où nous apprenons que Heinz  et Mirta risquent de récupérer 15 000 dollars US sur les 16 900 piqués par les douanes d'ici demain et que Andy a repris son camping car chez Mercédes pour faire des essais sur route avant de nous rejoindre . Janette commence à respirer un peu ! Aussi ce soir tout le monde est de bonne  humeur autour de notre cher François pour l'aider à passer le cap des 66 bougies .     

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