CENT TRENTE SEPTIEME JOUR : LE 15 MARS 2018

























On voit que nous sommes autour de 1000 mètres
d'altitude car la nuit a été fraiche au point de ressortir la couette .
Aussi nous avons dormi comme des bébés d'autant plus que nous savions
qu'aujourd'hui c'était relâche à San José . Avec le jour qui se lève
plus tôt d'une heure je descends assez vite pour terminer le blog et
essayer de l'envoyer avec les deux chapitres précédents .Comme il
parait que la wifi du camping fonctionne correctement , je décide d'y
aller tout de suite avant qu'il y ait trop de monde de connecté . Puis
nous prenons le petit déjeuner avant de préparer le sac à dos pour
l'excursion prévu à 8h00.
A bord du bus qui vient nous chercher nous faisons
connaissance avec Werner ,notre guide costa ricain . Comme il avait un
père allemand , il a hérité de ce prénom et comme il avait une mère
française , il parle couramment notre langue . Pendant la route qui
même au Parc Poas , il nous présente son pays d'une superficie de 400
000 km carrés et peuplé de 5 millions d'âmes : 4 millions de Costa
Ricains et 1 millions de Nicaraguayens . Ces derniers viennent surtout
ici pour effectuer les basses besognes comme le travail dans les champs
entre autre . Comme nous traversons des villages peuplés de belles
maisons ,il nous explique que dans son pays le niveau de vie est assez
élevé par rapport au reste de l'Amérique Centrale : selon lui les
revenus d'un couple qui travaille à deux atteint 1500 dollars US par
mois ; ils sont souvent propriétaires d'un petit pavillon avec trois
chambres et un jardin tout autour . Ici on ne met pas de clôture pour
limiter les propriétés mais simplement des haies d'arbustes . L'école
est obligatoire jusqu'à 16 ans et beaucoup de jeunes font des études
universitaires. C'est pourquoi le Costa Rica a besoin de main d'oeuvre
étrangère pour les travaux basiques . En ce qui concerne la santé tous
les gens qui travaillent donne 10% de leur salaire pour la caisse de
maladie et de retraite quelque soit le montant de celui-ci . Les soins
sont accessibles à tous et de qualité égale ; c'est un tableau un peu
idyllique il me semble , mais ...! Ils sont gouvernés par un président
de la République élu pour 4 ans comme les 50 députés de la chambre . Les
prochaines élections auront lieu bientôt en avril 2018 . Les richesses
du pays viennent du café , considéré comme l'un des meilleurs du monde ,
de la canne à sucre , du rhum et des bananes . Ils produisent également
beaucoup de fleurs , surtout des roses exportées surtout aux USA et en
Europe . Mais le plus gros de leurs exportations sont les services ,
informatiques ,téléphoniques , qu'ils proposent aux USA , aux pays
d'Europe et au Japon . Le tourisme également participe à faire rentrer
des devises étrangères , mais dans une moindre proportion . Il y a
malgré tout 10% de chômeurs , non indemnisés , qui vivent de petits
boulots . Puis bien sûr nous parlons un peu d'histoire . Initialement le
pays étaient peuplés par trois tribus indiennes qui subissaient
l'influence des civilisation mayas et aztèque venant du nord et celle
des incas venant du sud . Dans les années 1502 ou 3 Christophe Colomb
foule le sol Costa Ricain mais il faut attendre 1600 pour que les
Espagnols commencent la colonisation du pays . Comme les autres pays
d'Amérique Latine, le Costa Rica acquière son indépendance en 1821 . Le
pays a toujours été attiré par les idées révolutionnaires françaises
dès 1789 . C'est d'ailleurs pour ça que le drapeau national ressemble au
notre fois deux puisqu'il comporte deux bandes de bleu , deux bandes de
blanc et une bande de rouge au milieu avec par contre une disposition
horizontale .
Comme nous commençons à gravir le Volcan Poas , Werner
nous raconte que la dernière irruption date de novembre 2017 et
qu'actuellement nous sommes encore en alerte d'où le fait que nous ne
pourront pas grimper jusqu'en haut pour voir le large cratère . Il faut
remonter jusqu'en 1854 pour retrouver les traces d'une violente
irruption avec des destructions massives et beaucoup de victimes .Son
voisin , plus calme actuellement s'appelle le Volcan Barba . Leurs
sommets sont presque toujours dans la brouillasse . La route est
vraiment très pentue et le petit bus peine tout ce qu'il peut pour nous
hisser parmi les champs de cannes à sucre au début puis parmi les
plantations de café , reconnaissables par leur terrasses étroites qui
strient des coteaux très abruptes . Nous demandons au chauffeur de nous
arrêter pour prendre quelques clichés d'une magnifique cascade . Au
cours de cette petite pose , nous nous faisons littéralement racoler par
le manager d'une exploitation de café , une maison qui date de 1970
baptisée Alsacia : en fait les grands parents fondateurs étaient
d'origine alsacienne . Très volubile , notre hôte nous invite à visiter
les lieux : sur un promontoire dominant la vallée dont les pentes sont
couvertes de caféiers ils ont installés une superbe terrasse couverte où
l'on peut déguster du café tout en prenant un petit déjeuner à base de
pâtisseries et de viennoiseries . Dans cette univers très design , ils
ont également mis en place une espèce de musée du café où est retracé
tout le parcourt de la graine jusqu'à la tasse de café . Après nous
avoir montré les différents stades de la plante , il nous explique que
le pied produit pendant une bonne vingtaine d'années . Il nous remontre
la petite fleur blanche qui ressemble au jasmin , la graine qui passe du
vert au rouge lorsqu'elle est à maturation . Les cueilleurs , souvent
nicaraguayens gagnent deux dollars US pour un panier de 12kg ; il parait
qu'ils arrivent à en faire une vingtaine par jours . La cueillette
s'étale sur 5 mois de novembre à mars . Ici , contrairement à la Finca
que nous avions visité en Ecuador , toutes les machines sont modernes
aussi bien pour enlever la pulpe rouge et que pour faire le trie ou le
séchage des grains de café . Le manager nous invite ensuite à la
dégustation d'un café de force moyenne fait avec une cafetière italienne
. Avec Roger nous le trouvons vraiment bon mais pas meilleurs que celui
que nous avons acheté hier mais celui-ci est vendu 5000 colones les 250g
, soit 40 dollars US le kilo !
Nous reprenons le bus pour aller cette fois
directement au parc Poas car la visite de la plantation de café prévue
par Janette n'est plus nécessaire après celle que nous venons d'avoir
gratuitement (ce qui vaudra par la suite une remontée de bretelles
mémorable à notre pauvre Werner de la part de notre cheftaine ) . Nous
grimpons encore un bon moment jusqu'à atteindre la limite de la couronne
de nuages qui chapeaute le volcan pour trouver l'entrée du parc . Nous
commençons par la visite des singes , d'abord des capucins , puis des
singes araignées qui nous amusent beaucoup avec leurs mimiques , même si
le fait qu'ils soient en captivité gâche un peu notre plaisir . Devant
nous une mère avec son petit sur le dos regarde un mâle qui essaie
d'attendrir une pâte de poulet en la frappant violemment sur le sol .
Nous finissons par les quitter après avoir fait un paquet de clichés
pour aller voir les colibris .C'est vraiment superbe de pouvoir observer
ces oiseaux-mouches à un mètre ou deux ; par contre le travail du
photographe est bien difficile entre les contres-jours , leur rapidité
légendaire et les autres touristes qui n'hésitent pas à passer et
repasser devant l'objectif . C'est un véritable calvaire pour avoir un
cliché correcte ! Nous passons ensuite aux reptiles où nous ne trainons
pas trop malgré les superbes couleurs de certains serpents pour aller
voir les félins : là c'est à celui qui exhibent le plus beau pelage :
les Ocelots , les Pumas , les Jaguars et les Chats Sauvages . Nous
tombons alors sur Jeremy qui nous invite à venir voir les batraciens :
le plus dur est d'arriver à les repérer ; en effet leur défense étant le
camouflage , il est bien difficile de les distinguer de la feuille sur
laquelle ils reposent ! Toutefois il y a aussi de jolies petites
grenouilles rouge vif , d'autres très connues ici couleur verte avec de
gros yeux rouges . Là aussi les photos sont très difficiles à prendre à
cause de la mise au point automatique qui a tendance à se faire sur la
feuille plus que sur l'animal lui même et aussi par le manque de
luminosité .
Nous attaquons alors la partie basse du parc en
descendant un sentier assez raide puis une succession de volées de
marches pour aller admirer de magnifiques chutes d'eau qui jouent à
cache-cache dans la végétation luxuriante , n'hésitant pas à disparaitre
derrière des drapés de lianes ou bien sous des écrans constitués
d'immenses feuilles qui ressemblent à de la rhubarbe : notre guide
appelle ça des" parapluies du pauvre" car elles servent à se protéger
des pluies tropicales lorsqu'on est surpris par celles-ci . Grâce à un
réseau de sentiers on peut approcher des chutes par le haut , ou au beau
milieu et si on ne craint pas les embruns , tout en bas , prés du bassin
de réception, souvent de couleur aigue-marine . Le dernier étage nous
réserve une belle surprise : nous avons un incomparable panorama sur les
trois dernières cascades qui écument à souhait au milieu d'un
débordement de chlorophylle : c'est à couper le souffle ! Et pourtant ce
n'est pas le moment car il faut penser à remonter maintenant .
Heureusement qu'à mi-pente nous avons la surprise de découvrir des
navettes qui assurent l'ascension finale . Ouf ! Quelques minutes de
répit , assis dans un vieux bus très couleurs locales , ça repose un peu
les genoux qui viennent d'être mis à rude contribution avec toutes ces
marches . Une fois revenus au point de départ nous tombons sur Claire et
Roger avec qui nous allons rendre visite aux papillons . Bien que
l'espèce de serre où ils évoluent soit immense , nous n'en découvrons
que 5 à 6 espèces vivantes : de tailles conséquentes , ils arborent de
magnifiques couleurs vives : des bleus ciels métallisés , des oranges
éclatants ,des jaunes vifs ; ils peuvent rivaliser avec les fleurs
tropicales !
Comme il est déjà 13h00 nous nous rendons au self pour
déjeuner : nous y retrouvons le reste des équipages français . Après le
café , nous finissons la visite par la volière où nous retrouvons de
superbes perroquets multicolores , un couple d'Inséparables qui nous
jouent une scène digne des "Amants de Peynet" ! Puis nous terminons par
les toucans : bien que nous avions été rassasiés en allant aux chutes
d'Iguazu , là nous découvrons d'autres variétés inconnus de nous jusque
là , comme ceux avec des becs bleu ciel , d'autres munis de crénelages
le long de leur rostre , et aussi un groupe arborant un subtil dégradé
de vert . Il est temps malheureusement de regagner le bus qui doit nous
emmener visiter des villages costaricains typiques . Après une
interminable descente, faite au pas, pour ne pas fatiguer les freins de
notre véhicule , nous commençons par la visite de Grèce , un village qui
a la particularité de posséder une église faite avec des plaques d'acier
rivetées comme un navire . Werner nous explique comment fonctionne la
place d'Arme qui se trouve devant l'édifice et qui est dotée de nombreux
bancs appelés "pollos" disposés à l'ombre de grands cocotiers . Bien sûr
c'est l'élément essentiel pour la rencontre des amoureux : les garçons
arrivent du côté droit de la place pendant que les filles, assises sur
les bancs du côté gauche, les regardent à la dérobé . Après avoir été à
l'église, tout le monde se retrouve autour du kiosque à musique ,qui
trône au milieu de la place .
Nous reprenons le bus pour aller voir un autre village
, Sarchi , spécialisé dans le travail du bois : les habitants y
fabriquaient des charrettes peintes de motifs très gais et de couleurs
vives . Celles-ci servaient au transport du café jusqu'au port qui
durait une semaine, où les précieux grains prenaient la direction de
l'Europe . Nous commençons par aller voir un spécimen surdimensionné qui
décore la place du village , puis nous allons voir l'église à deux
clochers de couleur vert amande et décorés de fresques . Ensuite Werner
nous emmène dans un atelier d'artisans perpétrant la tradition du bois
taillé et laqué : ils utilisent différentes essences exotiques très
dures dont le teck . Nous voyons les différentes étapes de la
fabrication de roues en bois cerclée de fer. D'autres artisans nous
montent avec quels soins ils peignent les motifs subtiles qui décorent
les charrettes , les roues mais aussi les plats et autres ustensiles de
cuisine . C'est vraiment un plaisir de les voir travailler . Puis nous
entrons dans le magasin de cette coopérative qui se révèle être une
véritable caverne d'Ali Baba . Dommage que la plupart des objets exposés
sont quasi intransportables pour nous , comme ces superbes carrioles
transformées en bar qui pour être superbes dans un salon ou sur une
terrasse .
Il est déjà presque 18h00 lorsque nous rentrons et il
faut que j'allume la lumière du camping car pour commencer à taper le
blog , c'est très dur ! Après le repas, nous nous octroyons une longue
soirée rami corse avec nos voisins jusque tard en soirée .
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