CENT TRENTE QUATRIEME JOUR : LE 12 MARS 2018

























Cette fois c'est moi qui ait froid pendant toute
la seconde partie de la nuit : avec toutes les fenêtres grandes
ouvertes ainsi que les hublots du toit , la fraicheur des montagnes
pénètre dans la chambre et le petit drap dont nous disposons me parait
bien léger jusqu'au matin . Comme la veille ,je descends relativement
tôt car j'ai les photos de Jean Marc à charger ainsi que celles du
cheval que j'ai faites et que je dois mettre sur une clé USB pour Annie
. Et puis il y a aussi le blog qui n'est pas terminé à cause de
l'anniversaire de Maya qui a trainé en longueur hier soir .Après le
petit déjeuner je vois Roger pour nous mettre d'accord sur la conduite
pour faire le plein de gaz à la sortie de David .

Une fois le rangement et les préparatifs de
départ terminés , nous commençons par rendre visite à un producteur de
café installé à Boquété .Pendant que nous dégustons un expresso très
corsé , fait avec la production locale , je profite de la wifi de
l'établissement pour envoyer 5 chapitres restés en plan , faute de
pouvoir les transmettre . Cela me rappelle une anecdote rapportée par
notre loueur de chevaux, hier après midi : il nous a raconté qu'un riche
américain avait racheté toutes les terres productrices de café entre
David et Boquété . Puis une fois que le café était ramené chez lui aux
USA , il le revendait comme provenant de ses terres à Hawaï où on
produit le Canot , le meilleur café du monde soit disant , vendu bien
sûr très cher. C'est l'augmentation anormale du volume totale de
production de l'île de Hawaï qui a attiré l'attention des autorités
américaines ! Il parait que Panama produit peu de café en volume mais
que c'est un des meilleurs du monde : il est essentiellement originaire
de la région de Boquété . C'est peut être dû à la présence du volcan
Baru qui culmine à 3500 m : sa dernière irruption date de 500 ans , vue
à l'époque par les conquistadors depuis leurs galions qui passaient au
large des côtes du Panama . Puis nous achetons un petit paquet de 250
grammes , et pas d'avantage , car le nectar coûte quand même 40 dollars
US le kilo !

Une fois le blog envoyé , nous descendons sur David
puis nous reprenons la direction de Las Lajas sur 7 à 8 kilomètre avant
de tomber sur l'usine à gaz Tropigaz où nous retrouvons Claire et Roger
qui viennent de finir de faire le plein . Nous prenons aussitôt leur
place : l'employé nous en met 4 gallons (16litres) pour 12 dollars US
qu'il faut aller régler au bureau . Malgré tout, l'opération totale ne
nous prend pas plus de 10 minutes .Quelle différence avec le dernier
plein de gaz que nous avions fait en Equateur qui nous avait pris deux
heures ! Nous décidons de suivre Roger qui doit faire remplacer ses
pneus avant pour pouvoir bénéficier du compresseur du garage histoire de
nettoyer une bonne fois pour toute notre cheminée de frigo qui rebat de
l'aile depuis hier midi ! En revenant vers le centre ville , nous
tombons sur un garage Michelin : malheureusement ils n'ont pas les
bonnes dimensions dans cette marque . Et en plus Roger ne veut pas
entendre parler d'une sous-marque qu'ils proposent en remplacement .
Comme il refuse tout compromis, nous demandons à l'atelier de nous
prêter leur tuyau d'air comprimé , mais ce n'est pas facile d'expliquer
tout ceci en espagnol , heureusement que les gestes pallient bien au
manque de vocabulaire . Le problème est qu'il faut débrancher la
veilleuse toute chaude pour atteindre le bas du tuyau d'évacuation des
fumées . La pression de leur circuit d'air comprimé est un peu
violente. Comme nous n'avons pas d'embout pour réduire le débit , Roger
qui officie , prend un nuage de poussière dans le nez ! Ensuite il
démonte pour la énième fois la tête du gicleur pour la soumettre aussi
un bon coup à l'air comprimé . Il n'y a plus qu'à remonter le tout en
espérant que ce soit le bon .

Puis nous laissons Claire et Roger continuer leur
recherche de pneus pendant que nous allons faire des courses au super
marché El Rey, installé un peu plus loin . Nous y retrouvons pas mal
d'équipages français et suisses qui arpentent déjà les rayons . Pas
question de se dépêcher pour une fois , c'est ici qu'il fait le
meilleurs ! Dehors le thermomètre atteint déjà 38 degrés à l'ombre et
c'est très dur ,sur le tare-mac du parking par exemple , lorsqu'il faut
ranger les courses ! Dominique va jusqu'à la boutique de bricolage
voisine pour acheter un furet au cas où il faudrait à nouveau ramoner la
cheminée du frigo . Nous prenons ensuite la direction de la distillerie
de Rhum Carta Vieja . Le GPS a décidé de nous faire passer par le chemin
des écoliers et nous fait traverser des immensités plantées de cannes à
sucre à différents degrés de maturation . De gros camions , moins grand
toutefois que ceux de Colombie avec quatre wagons , sillonnent la plaine
à la recherche de cannes à sucre à transporter. Avec tous ces détours
,nous finissons par prendre le domaine à revers ; nous reconnaissons
l'entrée de loin grâce à une énorme barrique de rhum posée à côté du
portail : nous nous installons dans une clairière légèrement ombragée
par des pins filiformes . Seuls Christian et Jean Marie sont arrivés
parmi les équipages français . A peine commençons nous à déjeuner que
Roger et Claire arrivent ; ils ont réussi à faire monter deux pneus
neufs à l'avant . Puis c'est Monique et Jean Marc qui se pointe ; eux
aussi ont fait changer les pneus avant . Nous nous retrouvons pour
goûter le café acheté ce matin : en fait ce n'est pas la même qualité
que celui que nous avons bu sur place ! A 40 dollars US le kilo , c'est
plutôt dur ! Puis un groupe d'autochtone se met à cueillir des noix de
coco dans la palmeraie en face et nous les offrent après les avoir
entaillé savamment à grands coups de machette . C'est sympa mais leur
lait est un peu chaud !

A 15h00 nous partons pour la visite de la fabrique de
Rhum : la responsable qualité nous explique qu'ils font fermenter la
mélasse pendant deux mois avant de la distiller . Celle-ci vient toute
faite de la sucrerie installée un peu plus loin ; la mélasse est un
mélange de jus de canne à sucre obtenu en la broyant et de fibres de
cannes . Une fois la mélasse fermentée , elle est distillée : l'alcool
ainsi obtenu est entreposé dans d'immenses cuves où il repose un moment
avant d'être mis en fûts de chêne blanc des USA qui a servi une fois
auparavant pour le vieillissement du bourbon . Il teint une certaine
maturité entre 4 à 18 ans, au frais et dans l'obscurité . Puis il est
mis en bouteille . Sur le domaine il sorte 1 millions de litres à 90
degrés . C'est la plus vieille distillerie de rhum du Panama . Après la
visite des entrepôts nous avons droit à une petite dégustation où nous
goutons le 18 ans qui parait encore bien alcoolisé pour cet âge là ; de
plus je trouve personnellement qu'il a un mauvais rapport qualité/prix à
38 dollars US la bouteille dans le pays de production !

De retour au camping-car ,nous avons à peine le temps de
regarder la
carte routière que c'est l'heure du briefing où Janette nous parle du
passage de la frontière du Costa Rica fixé à demain matin . Comme au
soir nous sommes libres de choisir une plage le long du Pacifique sans
nous soucier du reste de la troupe pour une fois , elle nous parle
également de l'étape d'après demain où nous arrivons à San José , la
capitale du Costa Rica . Il parait qu'il y a une heure de décalage
horaire et que la monnaie est le colon (1 euro vaut 700 colonés) . Un
petit coup de blog , un peu de rangement et nous nous retrouvons chez
nous pour prendre l'apéro avec les Gruffat et les Bories. Les
discussions vont bon train sur les modalités de passage ce la frontière
et sur le choix de la plage pour demain soir . Puis comme d'habitude ,
l'obscurité nous pousse inexorablement vers nos chaumières.

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