CENT TRENTE ET UNIEME JOUR : LE 9 MARS 2018

                Pas un pet de vent cette nuit pour atténuer la
touffeur et la moiteur tropicale . A chaque retournement et Dieu sait
qu'ils sont nombreux dans ces cas-là les draps restent collés sur le dos
ou sur le torse selon l'appui .Dès que nous émergeons, c'est pour
entendre les coups de freins ou bien le grondement des moteurs de poids
lourds qui n'arrêtent pas de circuler sur la Panaméricaine distante, de
quelques centaines de mètres seulement . Au petit matin , ce sont les
coqs du coin qui  prennent le relais en nous offrant un concert . Aussi
à 5h15 c'est pour moi une délivrance de quitter la chambre pour
retrouver l'ordi  au salon . Comme hier soir j'ai calé vers 22h30 , il
faut bien que ce matin j'en mette un coup pour finir le blog et pouvoir
l'envoyer avec la wifi du camping . Ensuite je prépare le café et le
petit déjeuner mais aujourd'hui nous le prenons à l'intérieur car dehors
c'est  encore nuit noire .

                Dès qu'il fait jour ,  nous allons nous rafraichir en
piquant une tête à la piscine .D'autres membres du groupe font le même
cheminement ; il faut dire que nous avons tous souffert de la chaleur
cette nuit ! Il faut ensuite s'occuper de la vidange des toilettes ,
faire le plein de la réserve d'eau propre , des tâches que nous avions
oublié après deux semaines d'hôtel . Il faut un certain temps pour que
les bonnes habitudes reviennent .  Par chance dans ce camping  , chaque
emplacement possède une évacuation , un arrivée d'eau et d'électricité ,
c'est le panard . Après plusieurs échecs de transmission du blog depuis
le camping-car , je recommence l'opération depuis la réception avec
toujours le même résultat pour le chapitre 127 et 130 . Je commence à me
demander si ce n'est pas parce qu'ils sont trop gros, avec une trentaine
de photos chacun , soit 7,4 MO ! Il ne reste plus qu'à faire chauffer le
moteur et programmer le GPS .

                Nous décollons vers 8h00 , sans trop nous presser car
nous n'avons que 280 bornes d'autoroute au programme . La seule
recommandation de Janette hier était de faire très attention  aux
limitations de vitesse .Effectivement je remarque qu'il y a une moto ou
une voiture de flic tous les 4 kilomètres exactement . En principe nous
ne devons pas dépasser les 80 km/h , sauf aux approches des villes où ça
descend à 60 , voir 50 km/h . C'est vraiment très dur à respecter .
D'ailleurs nous apprendrons à l'arrivée que Roger et Jean Marc se sont
pris une prune ! Nous traversons quelques zones assez pouilleuses avec
de l'herbe jaunie par le soleil et quelques arbres chétifs . Nous ne
voyons jamais de culture , hormis une seule fois  un champs de cannes à
sucre . Il n'y a pas d'élevage non plus , pas de mines , ni d'usine . On
se demande de quoi peuvent bien vivre les quatre millions de Panaméens .
La première ville que nous contournons est Pénonomé , la capitale du
chapeau de paille fabriqué au Panama , reconnaissable par la décoration
en forme de spirale qui part du centre du dessus du chapeau . Mise à
part quelques panneaux publicitaires qui rappellent cette spécialité et
deux ou trois stands d'artisans vanniers, on ne pourrait pas soupçonner
que c'est ici que sont fabriqués les Panamas de Panama  . Nous
continuons notre route sur Aguadulce qui certainement tire son nom "eau
douce" des nombreuses rivières que nous traversons . Nous quittons la
côte pacifique pour traverser la Péninsule de Azuero qui pointe le tête
vers le sud . Je ne sais pas si c'est le fait de se retrouver à
l'intérieur des terres mais la chaleur devient intenable avec le
thermomètre qui indique 35 degrés à l'ombre à 9h00 du matin !

                Plus nous rapprochons de Santiago , plus le paysage
devient montagneux : il y a même des sommets à l'horizon qui flirtent
avec les nuages : d'après la carte , la Cordillère culmine à 2500 m avec
le Cerro Santiago dans ce coin-ci de l'isthme . Un peu avant la ville de
Santiago nous décidons d'arrêter dans un supermarché Rey pour faire
quelques courses de bouche , notamment de l'eau en bouteille car la
dernière fois nous en avions acheté en jerrican de 5 litres ainsi que de
l'agua con gas (eau gazeuse) .En allant dans un magasin d'électroménager
pour acheter une prise allume cigare  couplée avec une prise USB , nous
flashons sur un ventilateur  de compétition de 60 cm de diamètre pour
même pas 35 euros . Le problème c'est que je ne pense pas sur le coup
qu'ici tout est en 110 volts !!

                Il est déjà 11h00 lorsque nous reprenons la route en
direction de Las Lajas ; il faut dire qu'avec le personnel du "Darty
Panaméen" qui a 2 de tension , on perd plus d'une demi heure : il faut
d'abord enregistrer la vente , puis aller payer à la caisse à l'autre
bout du grand magasin, ensuite aller jusqu' à un troisième bureau pour
montrer la facture acquittée afin qu'un commis se décide à aller
chercher le colis à l'entrepôt ; il doit être immense car notre
commissionnaire ne revient plus . Lorsque nous le voyons retraverser le
magasin à petits pas , c'est pour nous faire une démonstration : il faut
ouvrir le carton , brancher le ventilo et ensuite trouver l'interrupteur
. Là , heureusement que Dominique lui montre où il se trouve  car il 
commençait à caler ,le pauvre ! J'ai failli m'énerver ...!!Nous
rencontrons encore de nombreux contrôles de police tout le long de
l'autopista , il faut vraiment être très vigilent car beaucoup sont
équipés de jumelles . Comme indiqué sur le road book de Janette ,nous
tombons également sur un barrage , douanier celui-là : le contrôleur
s'invite à bord surtout pour satisfaire sa curiosité . Il ouvre tous les
placards , joue avec les boutons du gaz ,répète sans cesse "muy bonito
la coché , muy bonito !" et finit par se casser ! Ouf , j'avais peur
qu'il essaie de nous racketter pour un délit imaginaire !Au bout d'une
heure et demi de route la moiteur de l'air, de plus en plus
insupportable , nous indique que nous retrouvons la proximité de l'Océan
Pacifique .Au niveau de San Felix , nous quittons l'autoroute après un
"returno" assez olé-olé , pour prendre à gauche une petite route de
campagne qui traverse des palmeraies et des marigots et arriver à la
plage de Las Lajas ; nous retrouvons Claire et Roger installés à l'ombre
des cocotiers , face au Pacifique . C'est vraiment très dur la vie de
retraité ...!!

Dix minutes plus tard nous sautons dans les rouleaux écumant de
l'océan ; nous ne pouvons pas vérifier mais la température de l'eau ne
doit pas être loin de 30 degrés . La baignade est à peine
rafraichissante , mais quel bonheur lorsque nous relevons la tête et que
nous voyons ce sable blanc à perte de vue bordé d'immenses cocotiers .
Comme la violence des vagues rend la baignade assez musclée , nous ne
trainons pas trop , pour aller ensuite nous dessaler avec le tuyau
d'arrosage qui traine dans notre coin . Ensuite nous mangeons en
terrasse entre les deux camping-cars . Monique et Jean Marc , arrivés
après nous , ont installés la plancha pour faire frire des poissons .
Après le café je me mets aussitôt à la rédaction du blog car le briefing
est prévu à 17h30, suivi d'une dégustation de poissons frits par la
taulière voisine qui nous loue l'emplacement pour les véhicules . Aussi
je m'octroie une seconde baignade avant la réunion, en compagnie de
Roger , Jean Marc et Jean Marie . Claire qui n'aime pas trop la violence
des rouleaux finit quand même par nous rejoindre . Pendant ce temps
Annie coupe les cheveux de Dominique .

Ce soir c'est Jeremy qui s'occupe du briefing , Janette étant resté
sur Panama car la restitution de l'argent de Heinz saisi à la douane
n'a pas eu lieu , l'avocat vereux ne s'étant pas présenté au rendez vous
pour restituer les 15 000 dollars US . D'un autre côté Andy a dû faire
demi-tour et revenir chez Mercédes car son moteur se met sans cesse en
mode dégradé : il a fait enlever le FAP de son véhicule avant le départ
et la ré-initialisation électronique n'est plus possible . Son épouse
Claudia doit prendre l'avion pour aller en Allemagne chercher de quoi
reprogrammer le véhicule . Un troisième véhicule , celui de Ernest , un
autre Suisse ,est également en difficulté : lui aussi est en mode
dégradé . Il doit se rendre sur David , une ville situé non loin de la
frontière du Costa Rica pour faire réparer , mais il roule à 40 km/h ,
le pauvre n'est pas rendu . C'est vraiment la catastrophe ! Aussi
Janette nous demande de rester ici une nuit de plus pour ne pas trop
prendre d'avance et permettre à tous ces problèmes de se résoudre . Nous
aurions pu tomber plus mal comme lieu de séjour forcé !! Puis comme
prévu nous allons manger nos poissons frits chez la taulière ,installés
face à l'océan avec le couchant qui fait doré les cocotiers devant
nous. Puis nous terminons la soirée avec les Gruffat et Monique , par
un rami corse? où pour une fois je gagne 7 parties sur douze !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHAPITRE 5

CHAPITRE 9

CHAPITRE 8