CENT QUARANTE TROISIEME JOUR : LE 21 MARS 2018

























Aujourd'hui c'est le jour du printemps chez nous en
France et vu d'ici ça nous parait bien abstrait ! Nous qui redoutions
cette nuit passé dans la touffeur de la jungle au milieu des bananiers ,
des palmiers et sous ces arbres immenses appelés arbres à oreilles
d'éléphant avec prés de 40 mètres d'envergure , nous avons été plutôt
surpris en bien par la petite brise de fin de nuit . Dommage que c'est
ce moment précis qu'a choisi le coq pour nous faire un récital depuis
le haut du tas de sable entreposé devant notre camping car ! Dominique
l'aurait bien passé à la casserole sur le moment .J'ai même dû couper le
ventilateur en seconde partie de nuit pour épargner nos batteries au
lithium qui auront du mal à se recharger demain étant donné que nous ne
parcourons que 120 bornes . Ce matin nous le prenons tranquille car
Janette nous a prévenu que la douane n'ouvrait qu'à partir de 8h00 .Et
puis il faut préparer le camping car sérieusement car nous sommes en
bivouac les deux prochaines nuits : donc vidange des toilettes et des
eaux grises et bien sûr plein d'eau potable au bidon car il n'y a pas
de possibilité de branchement . En tentant pour la énième fois
d'envoyer le blog , voilà que tout à coup ça passe , c'est super !
Résultat je tente le 141 qui était en attente aussi . Et ça marche
également ! Aussitôt rentré au campement , je donne le tuyau à Claire
et à Jean Marc qui se précipitent à la réception . Ensuite un groupe de
singes araignées vient investir les arbres au dessus de nos têtes et
c'est reparti pour une chasse à l'image aux sons des hurlements de nos
acrobates préférés . Comme hier soir plusieurs mères avec leur petit
accrochés dans le dos sautent de branche en branche pour nous distraire .
C'est le départ de certains équipages suisses qui
nous fait enfin démarrer .Il faut dire que comme je bouche le passage ,
même celui de Janette qui veut être sur place à la douane avant tout le
monde , je n'ai pas le choix . Bien que nous ne soyons qu'à 20 bornes du
poste frontière , nous faisons malgré tout pas mal d'arrêts photos tant
la végétation tropicale avec la chaude lumière du matin est superbe au
même titre que les petits villages que nous traversons . A cinq
kilomètres de la douane , nous commençons à doubler une file
ininterrompue de camions en stationnement sur la droite . Une fois en
vue du bâtiment blanc dont nous a parlé Janette hier soir au briefing ,
nous cherchons un stationnement pas trop gênant dans cette cohue
indescriptible . Ensuite , notre premier soucis est de trouver un bureau
où l'on puisse faire la photocopie du papier de migration du véhicule
délivré par le Costa Rica lors de notre entrée, moyennant 200 colones
. Puis nous cherchons avec beaucoup de difficultés, le bureau de
migration où une employée se contente de nous mettre un tampon sur le
passeport ,tout en chantonnant . Nous nous mettons alors en quête du
bureau des douanes . On nous envoie de l'autre côté du bâtiment de
migration , puis en face ,de l'autre côté de la route où nous attendons
l'arrivée du responsable du guichet ; celui-ci ,après examen détaillé de
nos papiers nous envoie cinq cent mètres plus loin , derrière un immense
parking pour poids lourds . Cette fois , c'est bien la douane . Encore
des tampons sur le passeport et sur la photocopie du papier de migration
du véhicule et là enfin , nous pouvons reprendre le camping car pour
rejoindre le poste de douane nicaraguayen en ayant soin entre deux de
passer au stand de fumigation du véhicule .
Une fois stationnés , nous nous mettons en quête
d'un employé en tee-shirt bleu comme nous l'avait conseillé Janette .
Après quelques errances sur le parking , nous finissons par trouver un
vieux monsieur couvert d'un grand chapeau de paille et portant un badge
officiel . Après avoir examiné nos papiers , puis le véhicule , il nous
délivre un formulaire que nous finissons de remplir tant bien que mal
sur le parking . Ensuite il faut s'adresser à la police , portant des
tee-shirt noirs d'après nos instructions . Pour finir les tee-shirts
sont verts et leurs propriétaires réclament 10 dollars US pour nous
délivrer un petit coupon de couleurs vives et un autre coup de tampon
sur le papier de migration du véhicule qui commence à être bien décoré .
Là , nous contournons un bâtiment pour trouver enfin le bureau des
douanes où une employée , après nous avoir laissé mariner un moment ,
daigne s'occuper de nous . Alors que nous avions préparé
scrupuleusement des photocopies de la carte grise , du permis de
conduire international et du passeport , celle-ci s'évertue à en refaire
avec son scanner branlant!! Chercher l'erreur ! Encore une volée de
coups de tampons et elle nous invite à passer au bureau d'à côté , pour
régler les frais de fumigation qui s'élèvent à 3 dollars US . C'est là
que nous tombons sur les autres équipages français , aussi surpris que
nous de voir que nous avons commencé par le bureau des douanes alors
qu'eux sortent du bureau de migration . Nous prenons donc leur place
pendant qu'ils prennent la notre et cette fois c'en est terminé avec les
formalités nicaraguayennes , moyennant encore 24 dollars US. Reste à
changer les derniers colones qui me restent : pour 2000 colones j'hérite
de 100 cordobas . Puis je change 50 dollars US en 1520 cordobas . Encore
sur les conseils de Janette nous allons faire un petit tour au duty free
installé dans un simple conteneur . Comme il n'y a pas grand chose à se
mettre sous la dent , nous achetons un magnum de rhum nicaraguayen
appelé " La Flor de Cagna "
Pour finir nous avons boucler le passage des deux
frontières en un peu plus d'une heure , on est loin des 5 à 6 heures
subies par le groupe d'Allemands qui nous précède de trois jours ! Nous
prenons maintenant la direction de Granada ,ancienne ville coloniale
renommée , située à 100 km au nord . Pour cela, nous suivons l'énorme
lac qui occupe le centre du pays : c'est le dixième au monde par la
surface . En arrêtant pour en faire quelques photos nous voyons dans les
nuages le volcan Conception et le volcan Madéras qui occupent une petite
île . Nous avons déjà eu l'occasion d'en admirer sa forme conique
parfaite hier après midi sur la route de La Cruz au Costa Rica , du
moins pour le volcan Maderas . Très vite le paysage se révèle pouilleux
, encore plus dénudé que celui d'hier qui faisait penser à la savane
africaine .L'herbe y est encore plus rase et plus sèche ,les chevaux
sont squelettiques . On croise beaucoup de char à boeufs dans le
secteur . Quant aux maisons elles se résument le plus souvent à de
vulgaires cabanes en planches sans parabole ni adduction électrique
comme au Costa Rica . Lorsque nous arrêtons pour acheter des avocats sur
le bord de la route , les enfants ne portent pas de chaussures . Partout
ça sent la misère à plein nez et c'est très dur ! Au bout de trente
bornes sur la grand route nous décidons de prendre à gauche vers San
Juan pour suivre la côte pacifique et trouver une playa pour casser la
croute ce midi . Arrivés à San Juan , nous longeons la plage nichée au
fond d'une baie et le petit port de pêche , où nous arrêtons pour faire
quelques photos . Nous retrouvons Monique et Jean Marc derrière nous
sur le front de mer .Ensuite nous nous mettons à la recherche de la
petite route qui longe la côte et qui dessert une série de plage d'après
la carte . Au bout de quelques kilomètres la route se transforme en
piste , puis un peu plus loin nous tombons sur une zone de gros travaux
qui nous pousse à faire demi tour et regagner la route principale de
Granada . Nous constatons ensuite qu' une fois sortis de la route
principale , le macadam n'existe plus et les panneaux indicateurs encore
moins .
Au niveau de Belen nous décidons de rentrer dans le
village pour trouver un supermercado indiqué sur des panneaux
publicitaires . Non seulement nous ne trouvons pas le magasin , mais en
plus nous nous fourvoyons dans un dédale de petites rues à peine
carrossables . Il ne faut vraiment pas s'éloigner des sentiers battues
dans ce pays !! Nous décidons donc de rejoindre notre lieu de bivouac
directement . Pour cela il faut traverser Granada aux magnifiques
petites maisons basses et très colorées qui bordent d'étroites ruelles .
On voit au passage la superbe cathédrale blanche et rose , l'église
de la Merced et de la Guadalupe avant de prendre la direction du lac où
nous stationnons en face , à l'ombre des grands arbres d'un parc . En
établissant un courant d'air à l'intérieur du camping car nous parvenons
à maintenir le thermomètre autour de 32 degrés , ce qui est tout à fait
raisonnable par rapport aux 37-38 degrés extérieurs . Jean Marc et
Monique arrive une demi-heure après , aussi déçus que nous de ne pas
avoir pu suivre la route de la côte . Il n'y a que Roger et Claire qui
se sont contentés de manger à San Juan , qui sont contents de leur petit
crochet ;mais au cours de la conversation ils avouent quand même avoir
fait demi-tour sur la piste ! Nous passons ensuite le reste de l'après
midi à admirer le lac et les échassiers qui pêchent sur le bord ,dans
les roseaux , tout en tapant le blog et en rangeant les photos .
Monique et Jean Marc nous invitent ce soir car ils ont trouvé des
langoustes au petit port de San Juan ce matin . Le barbecue et la
plancha sont donc de sortie devant notre camping car que nous avions
fait équiper spécialement d'un rampe de leds pour les repas nocturnes .
Christian
et Annie nous rejoignent pour le café et commenter cette journée de
passage de frontière . Grâce à leur 4x4 ils ont pu faire en partie la
piste où nous avons fait demi tour et nous avons bien fait car il y
avait des passages à gués pas " piqués des hannetons " d'après Christian!
le 4/4 sur une piste c'est parfait ,christian et annie ont bien fait de l'acheter.
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