CENT QUARANTE SIXIEME JOUR : LE 24 MARS 2018

























                    Bien qu'hier j'avoue avoir trainé en terrasse
jusque 22h30 pour achever le blog mais aussi  et même surtout pour finir
mon cigare commencé avec le café , je me lève vers  5h15 car aujourd'hui
nous avons du pain sur la planche avec le passage de frontière et 260
bornes devant le pare-choc  .C'est bien la première fois que je fume une
vitole "bio" Avant de venir ici au Nicaragua je ne savais même pas que
ça puisse exister et j'avoue que ça ne m'a jamais manqué jusque là .
Quelques mots de la dégustation : il a une bonne combustion , très
régulière, par contre c'est un cigare monocorde : ici pas de foin , pas
de divin , pas de purin , c'est plat et ennuyeux comme un cigare
dominicain . Je lui attribuerai un 10 sur 20 bien payé  parce qu'il m'a
soutenu tout au long de la rédaction du blog ! (Marco , ne regrettes
rien , ça ne vaut pas le déplacement !) Nous prenons rapidement le petit
déjeuner car il faut s'occuper de la vidange des toilettes et du plein
d'eau car ce soir ,nous logeons dans un parc .

                    Pour finir nous parvenons à décoller un peu
avant 7h00 ce qui est pas mal car nous avons 120 bornes à parcourir
avant la douane et ce sont des endroits où il vaut mieux arriver de
bonne heure pour ne pas trop faire la queue . Comme hier, nous
traversons une campagne envahie de pâtures d'herbes jaunies sous le
soleil où paissent également de petits  troupeaux de zébus . Ce qui est
horrible c'est que les arbres , déjà chétifs à cause du manque d'eau ,
ressemblent en plus à nos arbres en  fin d'hiver car ils sont dépourvus
totalement de feuillage . Heureusement que quelques champs de tabac
amènent une note de verdure dans cet univers de désolation . Nous voyons
aussi quelques fabriques de cigares aux armes de La Placencia  , le
trust cigarier que nous avons visité hier après midi .

                Nous commençons à remonter une interminable file de
camions en stationnement , parfois sur deux rangs , et ça sur plus de 3
kilomètres .  Nous finissons par arriver au niveau de la barrière du
poste douanier nicaraguayen qu'un employé ouvre devant nous  puis
contrôle nos passeports . Une autre employée nous donne une fiche à
remplir et part  ensuite dans sa cabane pour la tamponner  . Elle nous
conseille d'avancer vers un conteneur où sont installés les bureaux de
la migration : là le douanier fait des photocopies de différents papiers
, nous réclame 4 dollars US , garde nos passeports et nous demande de
contourner le conteneur pour aller dans un autre , installé juste
derrière . Là , après un petit quart d'heure d'attente nous récupérons
nos précieux documents pour  aller à l'Aduana de l'autre côté de l'allée
. Là après un examen de la carte grise , il récupère une feuille
délivrée par le premier bureau et nous fait comprendre que nous pouvons
enfin quitter le Nicaragua . Avant de partir je change les 1000
cordobas  qui me restent en 750 lempiras , la monnaie du Honduras . Je
négocie également un peu de dollars US  dont le cours est à 23 lempiras

                Nous récupérons le camping car pour faire deux cent
mètres jusqu'au poste frontière du Honduras : comme tout à l'heure , le
douanier examine attentivement nos passeports avant de daigner ouvrir sa
barrière pour que je puisse stationner correctement . C'est alors qu'un
jeune autochtone propose ses services pour nous diriger dans le
labyrinthe qui nous attend : il possède également les formulaires
nécessaires pour l'immigration ce qui nous fait gagner un temps précieux
. Au premier guichet , après avoir scanné notre  photo d'identité,
l'employé nous demande 500 lempiras soit un peu plus de 20 dollars US
puis nous envoie au bureau des douanes installés cinquante mètres plus
loin . Alors que nous faisons la queue devant le guichet Monique nous
apprend que d'autres n'ont payé que 3 dollars US à l 'immigration .
Roger est dans la même situation que nous . Nous retournons donc voir
l'escroc qui finit par nous rendre notre billets de 500 lempiras contre
6 dollars US . De retour au bureau des douanes où Dominique était restée
pour garder notre tour , la douanière nous délivre un papier muni d'un
carbone qu'il faut aller photocopier en même temps que la page du
passeport portant le tampon du Honduras . De retour au bureau des
douanes , en échange de mes photocopies et 36 dollars US , elle me rend
le reste des papiers . Un porte-carte rouge attire aussitôt mon
attention : en y regardant de plus prêt je constate que c'est la carte
grise de Christian ; l'employée a tout mélangé du fait que mon second
prénom est Christian aussi . Il faut alors  revérifier toute la liasse
de papiers que chacun a reçu et faire les échanges nécessaires !
Heureusement que ce n'est pas un étranger au groupe qui a hérité de la
carte grise de Chistian , il aurait pu chercher longtemps après elle
.Nous donnons ensuite 100 lempiras à notre jeune bienfaiteur qui nous a
escorté tout au long de ce véritable "parcours du combattant" .

                Il est 10h00 lorsque nous prenons la route de
Tégucigalpa , la capitale du Honduras ; une fois de plus, nous nous en
sommes bien sortis avec ce passage de frontière pourtant réputé pour
être long . Nous avons laissé malgré tout une bonne cinquantaine de
dollars US dans la bataille ! Après une zone relativement dépourvue de
relief où nous voyons encore beaucoup de champs de tabac et quelques
fabriques qui travaillent aussi pour La Placencia , nous atteignons
Danli où il faut pivoter vers l'ouest pour rester sur la route de
Tégucigalpa . Dès la sortie de la ville le paysage devient plus
accidenté avec des monts de plus en plus haut , couvert de forêts de
pins : il y a des moments j'ai l'impression d'être sur la route du Mont
Ventoux .C'est plutôt sympathique par rapport au paysage dénudé que nous
supportons depuis ce matin . Il y a même le chant des cigales qui nous
accompagne maintenant. Au fur et à mesure que nous prenons de
l'altitude, le thermomètre baisse régulièrement , ce qui est bien
agréable par rapport aux 33 degrés de ce matin . Depuis le passage de la
frontière nous tombons sur une succession de barrages de police et de
militaires armés jusqu'aux dents : on voit que le pays vient d'être
victime d'une tentative de prise du pouvoir par la force ,par
l'opposition de gauche qui accuse le pouvoir en place d'avoir truqué les
élections . Encore un pays latinos qui n'est pas prêt de connaitre la
démocratie ! En attendant ça glace le dos de voir tout ce déballage des
forces de l'ordre  , surtout quand on sait que la répression a été
sévère avec 80 morts reconnus officiellement et aussi beaucoup de
disparus . La loi martiale est toujours en vigueur mais le couvre-feu
est levé depuis quelques jours .

                Nous descendons  maintenant le versant ouest où la 
forêt de pins est plus clairsemée et nous ne tardons pas à voir les
premiers buildings de la capitale se dresser droit devant nous. Celle-ci
s'étale sur les coteaux de plusieurs collines ainsi qu'au fond de la
vallée . Comme nous commençons la traversée en plein samedi midi et de
surcroît le premier jour des vacances de Pâques , nous héritons d'une
circulation pas possible . Après 10 km de bouchons nous retrouvons la
forêt de pins qui malheureusement est en flamme sur plusieurs pans de
montagnes voisines . Ca nous inquiète un peu car nous devons passer la
nuit dans un parc au milieu de la cette forêt .En nous présentant à
l'entrée de celui-ci nous avons la surprise que le garde ne nous attend
pas : j'ai beau essayer de lui expliquer que nous sommes 17 camping cars
et que  nous faisons partis d'une organisation patronnée par Seabridge ,
il ne veut rien savoir mais se décide quand même à appeler son chef par
téléphone . Celui-ci vient nous chercher avec son pick-up dix minutes
plus tard et nous escorte tout au long de la piste qui mène à une
superbe clairière . A peine avons-nous fini de manger que Claire et
Roger arrivent  : ils ont trainé un peu en route en faisant des courses
et en cherchant  de la wifi dans les stations services . Puis je
m'occupe du blog en m'octroyant une nouvelle dégustation de cigare
nicaraguayen en compagnie de Roger qui ne tarde pas à y prendre goût .

                Vers 17h00 Janette fait son briefing contre vent et
marée car tout le monde n'est pas là ; nous préparons  l'étape de demain
où nous devons visiter un site archéologique et aussi assister à une
procession pour le Dimanche des Rameaux . Ensuite c'est le feu de camp
programmé par Janette avec apéro orchestré par Jérémy . Et on peut dire
que c'est mémorable ...! Il termine d'ailleurs l'apéro en nous parlant
en morse : un mot , un silence , un mot ,... On dirait qu'il a pris un
coup de torchon , le petit ! Nous rentrons ensuite sagement dans nos
roulottes respectives pour casser la croute et finir le blog .





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