CENT QUARANTE SEPTIEME JOUR : LE 25 MARS 2018























Malgré l'apéro musclé de Jeremy d'hier soir ,
je me réveille de bonne heure , vers 5h30 , car nous devons assister à
la procession du Dimanche des Rameaux à Comayagua distante de 50 bornes
. Et puis il y a le blog à terminer et les photos de feu de camp à
transférer avant de préparer le café et le petit déjeuner . Quelle
surprise ce matin en descendant de la chambre ! Il fait 14 degrés dans
le camping car du fait des 1500 mètres d'altitude . D'ailleurs cette
nuit Dominique est allée chercher la couette dans le lit au dessus de la
cabine , le drap ne suffisant pas avec toutes les fenêtres ouvertes ! De
ce fait les fumées de l'incendie de forêt voisin sont venues nous
chatouiller les narines pendant toute la nuit . En sortant dire bonjour
à Roger et Jean Marc, je tombe sur Jeremy ,pas mal chiffonné :"oh , toi
tu as la casquette des lendemains difficiles ! T'as raison Pierre ,
d'ailleurs Janette m'a préparé des comprimés d'aspirine , je crois que
je vais me dépêcher d'aller les prendre!"
Une fois les préparatifs d'usage terminés ,
nous parvenons à partir un peu avant 7h00 . Il faut d'abord reprendre la
piste complétement défoncée pour traverser le parc , retrouver la C5 et
continuer notre progression vers le nord . Nous commençons par gravir
une barrière de petites montagnes ,couvertes de forêts de pins, pour
plonger de l'autre côté de la ligne de crêtes , et constater les dégâts
de l'incendie d'hier qui n'a pas dit son dernier mot car partout les tas
de cendres fument encore . C'est affreux de voir cette armée de troncs à
moitié calcinés qui restent dressés stoïquement, comme pour mieux
rappeler l'horreur du sinistre . D'autres plus atteints , noirs de la
tête au pied , jonchent le sol . On dirait un vaste champs de bataille
le lendemain de l'affrontement ! Même le ciel garde des stigmates de la
catastrophe en charriant de gros nuages de fumée noire. Nous descendons
sur plus de vingt bornes à tel point que le compteur affiche 8 litres de
consommation (rien à voir avec les 15 litres habituels!) C'est superbe
cet enchainement de virages parmi les pins dans la lumière du matin .
Aujourd'hui aussi nous assistons à un déballage des forces de l'ordre
inouï : il faut dire que la région doit être un haut lieu de
l'opposition au régime à en juger par le nombre de graffitis qui
couvrent les murs et les rochers . Il faut sans arrêt ralentir car les
flics comme les militaires se mettent sur les lignes jaunes de la route
entre les voies . Ce n'est pas le quart d'heure d'en monter un sur le
capot , surtout qu'ils sont armés jusqu'aux dents ! Une fois dans la
plaine ,nous retrouvons les immenses champs de cannes à sucres , les
rizières à proximité des cours d'eau , les coopératives qui font sécher
le riz sur de grands parkings avant de mettre les précieux grains en
sacs ou dans des silos . Par contre nous ne voyons plus de champ de
tabac comme les jours précédents . Encore quelques kilomètres et nous
voilà dans les faubourgs de Comayagua où le GPS se débrouille comme un
chef pour nous trouver la cathédrale . Par chance nous arrivons à nous
garer sans problème dans une petite rue à proximité .
Dès la descente du véhicule , nous sommes
abordés par des jeunes qui vendent en guise de rameau , une petite
composition faite de feuilles de maïs taillées en lanières et nouées
entre elles , garnies de petits épis et d'une croix en bois pour 10
lempiras , soit moins d'un demi dollar US . Nous avançons jusqu'au
parvis de la Cathédrale, qui a l'air très ancienne : dépourvue de
clocher , elle arbore au sommet de sa façades deux fenestrons qui
devaient abriter les cloches à l'origine : d'après l'inscription au
dessus de la porte celle-ci daterait de 1640 . Des centaines de gens de
pressent devant le portail ,grand ouvert pour la circonstance . De temps
en temps nous percevons des échos de la messes et alor les autochtones
se dépêchent de brandir leur rameau de maïs pour qu'il soit béni .Des
guirlandes de drapeaux courent des quatre coins de la place vers la
grande croix de bois qui se dresse au milieu de la placette . Après une
bonne demi heure d'attente , nous assistons à la sortie de la procession
avec la statut du Christ en tête . Une armée de fidèles se mettent alors
en route et emboitent le pas des autorités religieuses . Nous les
laissons avancer jusqu'au premier carrefour puis nous revenons sur nos
pas pour jeter un coup d'oeil à l'intérieur de la cathédrale qui se
révèle très sobre .
Après avoir acheté du pain au supermercado du
coin , nous prenons la route de San Pédro de Sula . Nous grimpons de
nouveau à flanc de coteau de petites montagnes voisines sur lesquelles
les pins s'espacent furieusement , laissant apparaitre entre deux de
vastes espaces d'herbes jaunies . Au fond des étroites vallées
sinueuses , des bananiers disposés en files indiennes , profitent
certainement de l'humidité toute relative pour se développer . Une fois
la ligne de crêtes passée , nous descendons sur le lac Yojoa que nous
contournons en suivant la rive Est . Beaucoup de pêcheurs vendent leurs
poissons le long de la route , de même que de nombreux petits troquets
les proposent dans leur menu . Après quelques incontournables arrêts
photos ,nous atteignons l'extrémité nord du lac où nous trouvons la
direction du site archéologique Los Najanros . Une petite route bordée
de magnifiques bosquets de bougainvilliers et d'une quantité de fleurs
incroyables mène à un parking ombragé ,installé au bord du lac :
moyennant 6 dollars US par personne, nous commençons par la visite d'un
petit musée consacré à la civilisation Najanros , très proche des
Mayas qui s'est développée selon trois périodes: la phase Jaral (-800 à
-400 avant JC), la phase Eden (-550 à 400 après JC) et plus récemment la
phase Rio Blanco ( de 900 à 1200 après JC) .Nous pouvons admirer leurs
céramiques et quelques curieuses représentations du corps humain . Puis
nous prenons un petit sentier qui s'enfonce dans la forêt tropicale où
nous voyons des Séïbos énormes et des bananiers géants de plus de 8
mètres de haut . Après quelques errances dans la forêt , nous tombons
sur une première pyramide encore enterrée , puis un ensemble de trois
autres dont l'une montre quelques terrasses de pierres . Une tour en
bois de quatre ou cinq étages ne permet plus malheureusement
l'observation du site tant la végétation s'est développée tout autour .
Avant de reprendre la route vers le parc où
nous devons bivouaquer , je vais faire quelques clichés des rives du lac
envahies de roseaux .Avec les barques de pêcheurs amarrées à côté, et
leur reflet dans l'eau , c'est superbe .Il ne reste que 12 km pour
trouver l'entrée de la piste qui mène à Pulhapanzak où nous nous
installons vers 13h30 pour déjeuner .Un petit coup de blog puis nous
allons faire une petite ballade à pieds jusqu'à la rivière où se
baignent les autochtones. En suivant celle-ci en aval, on peut voir une
énorme cascade qui écume au milieu de la végétation luxuriante . Le
nuage d'embruns vient perler sur les grandes feuilles vernissées des
plantes tropicales pour notre plus grand plaisir . Il est temps de
rentrer au camping car pour assister au briefing avancé à 17h15 en
raison de l'anniversaire d'Annie que nous fêtons dans la foulée .Nous
rentrons ensuite chacun dans sa roulotte pour diner .
Quel bonheur de pouvoir partager ce merveilleux voyage, vous êtes dans des endroits ou il faut redoubler d'attention, les commentaires nous plongent dans l'ambiance des paysages mais aussi dans le comportement humain, du grand STEVENSON;
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