CENT QUARANTE QUATRIEME JOUR : LE 22 MARS 2018



























Avec les 300 milligrammes de Tramadol LP que j'ai
dû prendre hier à cause d'une très violente douleur dentaire , j'ai
dormi comme un bébé , bercé de surcroît par le vent venant du lac et
par le bruit des vagues. Ce matin il ne fait que 26 degrés dans le
camping car sans aucun artifice technique , style ventilo , c'est super
! C'est le lever de soleil qui me réveille ; aussitôt je bondit sur
l'appareil photo et hop je cours en direction de la plage . Les
premiers rayons embrasent déjà la pointe de la péninsule voisine ainsi
que le sommet des arbres le long de la rive .L'écume qui souligne la
crête des vagues dore également pour le plus grand plaisir de nos yeux .
Et vlan , c'est reparti pour une nouvelle rafale de clichés en essayant
d'utiliser les conseils fournis par Janette . Les flics qui ont assuré
notre sécurité tout au long de la nuit sont toujours là , fidèle au
poste depuis notre arrivée hier après midi , c'est incroyable ! J'espère
qu'ils agissent plus par prudence préventive que par nécessité !
De retour au camping car , je m'occupe de la
préparation du café et petit déjeuner que nous prenons sur la table de
salon à l'intérieur, malgré le grand beau déjà bien installé . Il faut
dire que nous campons sous de grands manguiers dont les petits fruits
encore verts tombent violemment avec le vent et ce n'est pas drôle de se
faire canarder de la sorte . Mieux vaut que ce soit le toit du camping
car qui prenne ! Ce matin Janette nous a donné rancard à 8h00 pour un
briefing matinal, avant de partir visiter Granada en calèche vers 9h00
. Nous nous installons sous une tonnelle, sur la plage, face au lac :
comme décor on a déjà fait plus mal . Elle nous parle de l'étape de
demain de deux cent bornes entre Granada et Esteli où nous devons
visiter une fabrique de cigares . Le temps ensuite de bricoler une fois
de plus sur la veilleuse du frigo , puis de déplacer le camping car pour
que la grille d'aération de celui-ci ne soit pas en plein soleil toute
la matinée , il est temps de grimper à bord d'une calèche tirée par deux
chevaux . Notre cocher, Augustin, m'invite à monter à ses côtés sur le
devant de la carriole, pendant que Dominique s'installe dans l'habitacle
en compagnie de Claire et Roger . Nous commençons par longer le lac
jusqu'à la sortie du parc , puis nous tournons à gauche pour emprunter
le Malécon , le boulevard de la mer de Granada . Arrivés au square où se
dresse la statue de Hernan Cordoba , le conquistador espagnol qui fonda
Granada en 1525 ,nous tournons à gauche pour remonter la calle La
Calzada où nous tombons sur l'église de la Guadalupe , la plus vieille
de Granada . Augustin nous octroie quelques minutes pour l'admirer
l'édifice et le prendre en photo . Nous remontons encore la même rue
sur deux ou trois quadras avant de tourner à droite vers l'église San
Francisco ,doublée d'un couvent qui abrite maintenant un petit musée .
Je profite de cet arrêt pour faire quelques clichés des petites maisons
basses et très colorées qui bordent les ruelles aux alentours . En
revenant vers l'église, je suis frappé par l'emblème de l'ordre de
Saint François comportant une croix avec deux membres supérieures
d'homme . L'intérieur , très dépouillé , dégage une certaine fraicheur
avec des motifs légers qui ressortent sur le fond blanchi à la chaux .
Nous reprenons la calèche pour remonter la callé
Arsenal jusqu'au " Musée du Chocolat" : un employé , un peu excité selon
nous , nous retrace les grandes lignes de la fabrication du chocolat .
Il nous explique qu'il y a 5 grandes variétés d'arbres produisant la
noix de cacao qui font environs 8 mètres de haut . Ils produisent une
centaine de noix deux fois par an : en octobre et en mars . Chaque noix
contient une quarantaine de fèves . Celles-ci sont écrasées à l'aide de
meules , ce qui produit une pâte avec 50% de beurre et 50% de poudre de
cacao , qu'il faut ensuite séparer ensuite en chauffant . Les Mayas
écrasaient les fèves à l'aide de mortiers . Puis ils mélangeaient le
produit obtenu avec des épices telles que le piment par exemple et le
consommaient à l'état liquide . C'est un Hollandais qui a fabriqué le
premier du chocolat comme nous le connaissons en ajoutant du sucre .
Puis nous avons droit à une dégustation de plusieurs types de chocolat,
en fonction du pourcentage plus ou moins important en cacao , allant du
40 au 70 % . Dans la cour , je tombe sur un torcédor entrain de rouler
des cigares . Après avoir discuté un peu avec lui , je lui en achète
deux , un pour moi et un pour Jérémie , l'assistant de Janette qui
venait de me confesser son penchant pour le cigare .
Nous remontons ensuite jusqu'au bout de la vieille
ville pour aller voir le fort "La Polvora" (la poudre) construit en
1746 pour protéger Granada de l'attaque des pirates tels que Morgan et
bien d'autres encore. En traversant la place à pieds pour voir de plus
prés les fortifications , nous tombons sur un paysan portant un grand
panier sur la tête rempli d'aguacatés (avocats) que nous payons 120
cordobas pour 6 , soit 4 dollars US et des fruits que nous ne
connaissons pas encore , des nispéros ; ça ressemble à une pomme de
terre mais c'est excellent d'après Dominique , qui ne peut pas se
retenir de les goûter tout de suite . Nous faisons ensuite un crochet
par l'ancien hôpital construit en 1925 et qui sera bientôt réhabilité :
il abritera une université d'Etat gratuite d'après Augustin . Nous
continuons encore un peu pour aller voir l'église Xalteva dont la
façade fraichement peinte en blanc et en bleu en jette sous le soleil
éclatant .L'intérieur est aussi sobre que celui de la précédente . De
retour dans la calèche , nous descendons la callé Réal pour aller
visiter l'église de la Merced , datant de 1720 . Moyennant 1 dollar US
, nous pouvons grimper l'étroit escalier en colimaçon qui mène au sommet
du clocher . De là la vue est superbe sur une mer de toits de tuiles
d'où émergent les nombreux clochers des différents édifices religieux de
Granada : il parait qu'il n' y en a rien que six dans le centre de la
vieille ville . Nous découvrons également de somptueuses maisons avec
des cours intérieures abritant de magnifiques jardins , débordant de
bougainvilliers multicolores . Puis nous rentrons en passant par la
place centrale , plantée de grands cocotiers et dotée de nombreux bancs
, et bien sûr d'un kiosque à musique . A côté, se dresse majestueusement
la cathédrale, avec son dôme et ses deux clochers fraichement restaurés
. Une fois rendus au campement ,avant de descendre de la calèche , nous
demandons à Augustin de nous conduire jusqu'à un restaurant du front de
mer où on peut manger de El Guanopé , un poisson du lac qui est la
spécialité de Granada . Pour le remercier , nous lui donnons une Tour
Eiffel et deux dollars US de pourboire , ce qui est très généreux pour
le pays .Il nous dépose au Rinchon , vaste préau sans mur installé à
même la plage .Comme nous sommes les seuls clients ce midi , nous
sommes soignés "aux petits oignons". Le poisson frit ressemble à du
Bar et il est servi avec une sauce à l'ail , très goûteuse .
Nous rentrons ensuite à pieds au camping car après
avoir observé des pêcheurs qui trainent un filet en marchant debout ,
l'eau arrivant jusqu'à leurs épaules . A peine arrivé , je me mets à la
rédaction du blog car nous devons repartir vers 15h00 pour une ballade
en bateau sur le lac , histoire d'explorer les canaux , envahis de
nénuphars , qui séparent un chapelet d'îlots couverts de végétation
tropicale . Elles sont toutes privées et habitées . Beaucoup sont
construites , avec de très belles maisons : il parait qu'un îlot comme
çà coûte environs 3 à 400 000 dollars US . Elles disposent toutes
d'électricité , par contre l'eau vient du continent en conteneur . Nous
nous arrêtons sur l'une d'entre elle, où est installé un café-restaurant
, équipé d'une piscine . L'état de celle-ci étant déplorable , nous nous
contentons d'une cerveza (bière) bien fraiche et nous reprenons le
bateau pour voir une petite fortification défendant la baie ,sur l'îlot
le plus au large .Nous passons aussi prés d'une iles qui sert de réserve
animalière avec notamment une colonie de singes araignées qui n'hésitent
pas à monter à bord pour venir chercher des fruits . De retour vers le
port ,nous nous arrêtons quelques instants pour contempler le coucher de
soleil sur les volcans voisins : l'un deux , le Masaya fume très fort et
très noir . Il fait presque nuit lorsque nous regagnons le campement à
pieds . Encore une petite heure de blog , de transfert de photos et nous
cassons la croute dehors malgré l'obscurité ambiante , tant il fait
encore chaud dans le camping car : le thermomètre affiche toujours 30
degrés . En dessert nous goûtons les nispéros achetés ce matin ,qui se
révèlent très agréable : on dirait que l'on mange des petites poires au
sirop avec de la cannelle , c'est plutôt sympa ! Après le repas je
décide de terminer le blog dehors en finissant mon cigare nicaraguayen
qui se révèle assez généreux ,rond en bouche, rassasiant , avec même
quelques notes boisées au niveau du divin et un purin qui ne monte pas
trop en puissance ; je lui attribuerai volontiers une note entre 12 et
14 , étant donné que la combustion est régulière :mon indulgence vient
peut être du fait que je suis sevré depuis bientôt cinq mois . On verra
demain ce que ça donne à la fabrique .
on ne se lasse pas de lire ce blog et de regarder ces photos
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