CENT QUARANTE NEUVIEME JOUR : LE 27 MARS 2018





























                   Quel bonheur de bénéficier d'une nuit fraiche alors
que la chaleur étouffante de la journée ne laissait rien présager de bon
. D'ailleurs j'avais mis le ventilateur en batterie dans la soirée par
sécurité . Pour finir j'ai dû le couper en milieu de nuit car nous
avions trop froid  dans la chambre toute ouverte avec un simple drap .
En effet le thermomètre de bord n' indique que 22 degrés lorsque je me
lève pour faire le café vers 6h00 . J'ai la surprise de voir que tout le
monde est déjà sur le pont, alors qu'aujourd'hui c'est relâche à Copan .
Nous enchainons avec un petit déjeuner en terrasse, puis pendant que
Dominique inaugure la douche du camping , je termine le blog , que
j'envoie dans la foulée grâce à la super wifi de l'hôtel El Bosque  (La
Forêt) .Il faut ensuite ranger le salon de jardin et fermer le camping
car car nous partons vers 8h30 pour aller visiter le site archéologique
de Copan. Janette nous intercepte une petite demi heure avant , pour
faire le briefing de préparation du passage de  la frontière du
Guatémala de demain matin . Il parait qu'en général ça se passe
tranquillement et que tous les guichets sont rassemblés dans le même
bâtiment, aussi bien guatémaltèques que honduriens .

                    Nous montons ensuite à bord de taxis collectifs
pour gagner l'entrée du site,  histoire de ne pas se fatiguer
préalablement, car la visite demande deux heures et demi de marche .
C'est avec un certain degré d'émotion que nous retrouvons le bureau
d'entrée , les grands arbres et les perroquets comme lors de notre
premier contact il y a trente ans en compagnie d'Yves et de Patricia
Eeckhout : rien n'a changé , hormis la billetterie et le magasin  de
souvenirs où j'ai d'ailleurs repéré des cigares honduriens . Nous
faisons connaissance avec Ramon , notre guide français, qui nous fait
quelques rappels généraux sur les Mayas ,qui se sont développés sur 3
millénaires de - 1500 à 1500 après JC .  Ici sur Copan les Mayas ont
occupé le site de 426 à 822  avant de migrer vers le Yucatan au Mexique
. Puis ils progressèrent vers l'ouest , civilisation Olmèque dans la
région de Verracruz et ensuite Aztèque dans la région de México jusqu'à
l'arrivée des Espagnols en 1567 . Le premier archéologue à s'occuper du
site arrive en 1839 et finit par acheter les lieux pour 50 dollars US .
En 1890 le gouvernement du Honduras  rachète Copan et le confie aux
archéologues de l'Université Américaine de Harvard . En échange de ses
bons et loyaux service , celle-ci  ponctionne 50% des découvertes .que
l'on peut encore  voir actuellement aux USA .Ensuite , il nous montre au
passage le Céïba , l'arbre sacré de ce peuple, parce que sa stature de
géant et ses racines démesurées qui peuvent atteindre un kilomètre,
mettait en contact le ciel , siège des astres , du soleil ,de la lune et
les profondeurs de la terre où vivent les ancêtres , le tronc
représentant la Terre . Une chose que je ne savais pas  ,c'est que ce
géant des forêts est couvert d'épines lorsqu'il est petit , certainement
pour se défendre de l' agression des animaux  . Il nous apprend que le
vrai nom maya de Copan est "Chupi" , ville des chauves souris .

                   Après toutes ses explications délivrées en marchant
, nous arrivons aux  premiers bâtiments des 24 km carrés du site dont
seulement 2 ou 3 % sont visibles , le reste étant encore sous terre ou
bien livré à la végétation luxuriante. Partout des racines d'arbres
démesurées enserrent des blocs de pierre ou soulèvent les marches des
escaliers : parfois, ce sont des arbres complets qui se dressent sur le
sommet des pyramides ou bien à mi pente , à même les gradins . Nous
commençons la visite par la partie la plus haute du site, dont le niveau
de l'immense place ,est a 35 mètres au dessus du sol .Dessous, 5 km de
souterrains ont été déjà explorés et mènent à plusieurs étages de salles
voûtées, enfuis sous les pyramides qui bordent la  place . Nous
contournons maintenant l'une des bâtiments dont les contre marches sont
décorées de têtes de mort pour arriver sur une seconde place appelée"
Place des Jaguars" en raison de la présence de trois grandes sculptures 
de cette animal qui décorent un des bâtiments latéraux . Celles-ci
portaient des inclusions de morceaux d'obsidienne , très prisé à
l'époque maya .A côté,  dans la partie base du bâtiment voisin , nous
voyons l'entrée d'autres souterrains  . Sur la plateforme du haut se
trouve un temple dans lequel les personnalités de la famille royale
consommaient des plantes hallucinogènes pour entrer en contact avec le
monde des ancêtres  , eux qui étaient au sommet de la pyramide , donc
proche du ciel  . Nous passons ensuite à la visite du jeux de paume qui
nécessitait une balle de latex de 4 kilos . De part et d'autre du
terrain rectangulaire on voit les trois têtes de perroquets qui
servaient de paniers pour cet ancêtre du basket bal . Puis nous avançons
jusqu'à la place des stèles , le clou du site de Copan : hautes de 3
mètres et pesant 2 tonnes ,chacune elles représentent des divinités : la
vieillesse , la jeunesse , la fécondité avec des épis de maïs disposés
de part et d'autre . Des hieroglyphes disposés en formes de carrés
juxtaposés retracent l'histoire de la civilisation dont le départ était
fixé par eux à -3114 avant JC . Ramon nous explique le fonctionnement de
leur calendrier avec des périodes de 400 ans , de 20 ans et d'un an .
L'année était divisée en 18 mois de 20 jours , soit 360 jours au total
et 5 jours néfastes selon les prêtres .Par ce biais il nous fait dater
la stèle qui se trouve devant nous : après des calculs laborieux à
partir des alignements de cinq points ou de lignes , nous parvenons avec
son aide précieuse à déterminer que celle-ci date de 762 après JC , ce
qu'a effectivement retrouvé l'analyse au carbone 14.

                Ramon , après nous avoir montrer l'escalier des
inscriptions, avec ses contremarches couvertes de hieroglyphes retraçant
l'histoire de la civilisation maya , tire sa révérence . Nous décidons
de repasser par la boutique du site pour acheter des "puros" même si je
ne suis pas sûr du coup : je trouve une boite de Robusto et une boite de
Churchill  pour 94 euros ;  je peux prendre des risques à ce prix là .
Puis nous prenons un moto-taxi où nous pouvons monter 3 par 3 pour aller
essayer un resto uruguayen où les grillades de viande se révèlent
excellentes . Après le repas , en attendant le café , je propose à Roger
de goûter les Robustos que je viens d'acheter : un peu sec du fait d'un
stockage des plus discutable , je les trouve piquants au début du foin ,
puis honnêtes mais sans surprise au cours du divin et du purin : en
conclusion ce ne sont pas des Havanes ... mais je partage malgré tout un
moment très agréable avec Roger dans un petit salon , installé  sur des
banquettes à l'entrée du restaurant , où Dominique a la délicatesse de
nous amener le café . Puis nous allons faire un tour en ville pour
découvrir Copan et ses rues pavées de grosses pierres bordées de maisons
basses et colorées , parfois dotées d'un étage et de balcons en fer
forgé . Malheureusement, faute de monnaie nous ne pouvons pas visiter le
musée ; heureusement Gérard, qui a trois dollars en poche ,peut forcer
le barrage et voir par exemple la ceinture de pierre que portait les
joueurs de "jeu de paume" ou le résumé du calendrier Maya .

                Nous rentrons ensuite à l'hôtel à pieds pour nous
réhydrater dans un premier temps puis pour commencer le blog . Comme
Janette arrive pour nous demander si nous maintenons ou non le
rendez-vous guatémaltèque pour le frigo , Roger décide de refaire une
révision complète de celui-ci : ramonage de la cheminée par les deux
côtés , ce qui m'oblige à aller chercher l'échelle de François , un
collègue suisse ,  ensuite réglage et même remplacement du gicleur, qui
se révèle efficace  à en juger par la taille de la flamme de la
veilleuse . Ensuite nous nous rendons à l'anniversaire d'Annie ,fêté
cette fois en petit comité , uniquement entre Français . Puis chacun
rentre dans sa roulotte pour finir la soirée .


Commentaires

  1. ce pays recèle des trésors cachés et surement loin de la foule du machu picchu

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