CENT QUARANTE HUITIEME JOUR : LE 26 MARS 2018


























Après une nuit particulièrement chaude malgré le
ventilateur branché en permanence , nous sommes pressés de nous lever ce
matin . Débarrassé des obligations du blog terminé hier soir ,nous
prenons le petit déjeuner toute de suite avant de s'atteler aux corvées
habituelles ; vidange des toilettes et plein d'eau propre grâce à un
tuyau d'arrosage que je trouve sur le petit chantier, à coté des
sanitaires, en allant prendre une douche en plein air . Comme elle est
glacée , elle a le mérite de réveiller et surtout de faire baissé la
température corporelle car j'ai l'impression d'être comme une brique
réfractaire qui aurait emmagasiné de la chaleur toute la nuit et qui la
rendrait maintenant que nous somme levés . Puis nous allons jusqu'au
restaurant du parc , fermé à cette heure, pour bénéficier de la wifi .
Le premier contact est décevant car nous essuyons deux échecs
successifs , d'entrée de jeu . Malgré tout ,je parviens par la suite, à
aller sur le blog pour voir si les anciens articles sont bien là et pour
lire un peu les commentaires . De ce fait je retente d'envoyer les trois
derniers articles qui passent comme une lettre à la poste . Il n'y a
plus qu'à s'occuper de charger les points GPS dans le Garmin et nous
pouvons décoller vers 7h00 .
Dès la sortie du parc, nous retrouvons la piste
défoncée sur notre droite que nous évitons, pour prendre tout droit une
petite route un peu macadamisée, mais pleine de trous jusqu'au village
. Là , nous pouvons emprunter à gauche la RN51 , réputée pour ses
ornières profondes et nombreuses, d'après Janette , lors du briefing
d'hier soir . En fait, il n'existe plus que quelques morceaux éparses de
tare-mac séparés par des trous béants . Il faut absolument ne pas
dépasser les 50 km/h si on ne veut pas casser de matériel . Et puis il y
a aussi le fond sonore épouvantable et le confort à bord , très
discutable depuis le départ , qui nous limite . Ca me fait mal
d'entendre gémir la mécanique de la sorte ! C'est affreux ! J'ai beau
m'appliquer à slalomer pour éviter le maximum de trous , nous
bringuebalons dans tous les sens , nous passons littéralement au shaker
! Nous apprendrons le soir que Jean Marc a pété un amortisseur avant
dans une ornière qu'il n'a pas réussi à éviter ! C'est dommage de ne
pas pouvoir admirer le beau paysage qui s'offre à nous tant il faut
rester concentré sur la conduite : nous longeons un moment la jolie
rivière que nous avons vu cascader dans le parc hier. Là elle serpente
gentiment sous les pins qui prennent des couleurs éclatantes dans la
lumière du matin .
Quelle délivrance lorsque nous atteignons la C5
que nous prenons sur la gauche . Bien que ce ne soit quand même pas un
billard , nous avons l'impression de glisser sur du velours . Plus de
tiroir qui s'ouvre , plus de gobelet qui tombe des placards du haut .
Tout parait trop calme tout à coup . Nous pouvons admirer au passage
les plantations de café qui entourent des coopératives , les immenses
champs de cannes à sucre d'où sortent de temps en temps des"tren de
Cagna" , ces gros camions dotés de quatre énormes bennes débordant des
précieuses tiges, que nous avions déjà vu en Colombie . Le problème
,c'est qu'ils roulent à la vitesse d'un homme qui marche dès qu'une
petite côte se présente ; il s'en suit des bouchons indescriptibles pour
le peu que derrière viennent s'agglutiner quelques poids lourds ou un
vieux bus américain ! Nous revoyons également d'immenses champs de maïs
qui avaient disparu depuis bien longtemps . Il doit y avoir également
des rizières dans le secteur car beaucoup d'autochtones font sécher du
riz devant leur maison . Un peu avant San Pédro de Sula , qui a la
triste réputation d'être la ville la plus dangereuse du monde selon
Janette , nous quittons à regrets les quatre voies de la C5 pour prendre
à droite la C4 en direction de la frontière du Guatémala .Aussitôt elle
se met à grimper la montagne au milieu d'une forêt de pins . Ici aussi
nous voyons quelques plantations de café mais beaucoup plus petites : il
s'agit de champs de particuliers parfaitement ordonnés , en rangées
régulières , qui zèbrent les coteaux . Nous arrêtons à Sula, un petit
village , pour acheter une vingtaine de bananes et des tomates pour 20
lempiras (soit moins d'un dollar US!!) C'est vraiment le prix autochtone
que le commerçant m'a fait !
A soixante dix bornes de l'arrivée nous prenons une
petite route à droite , indiquée par le GPS , pour aller voir le site
archéologique El Puente recommandé par Janette . Comme il n'y a aucun
panneau indicateur nous avons des doutes d'autant que la carte routière
l'indique à gauche . Là , il faut l'avis d'un autochtone , c'est plus
sûr : "Donde estan las ruinas de El puente , por favor ? Si segnor ,
esta par aqui , a cinco kilomètros !" Dix minutes plus tard nous nous
installons sur un grand parking ombragé ,où il y a déjà un camping car
suisse . Après quelques soucis de monnaie de la part du taulier qui a de
la misère pour me rendre 90 lempiras sur les deux cent que je lui ai
donné , nous attaquons la visite d'un petit musée consacrée à la
présentation du site qui est d'origine Maya comme son grand frère Copan
que nous visiterons demain . Un grand panneau donne de brefs rappels
sur cette prestigieuse civilisation qui s'est développée de -2000 à 900
après JC et qui occupait un territoire égal à la moitié de la France .
Il y a même eu une période poste classique tardive de 900 à 1200 qui a
disparu complétement bien avant l'arrivée des Espagnols au XVI ème
siècle . Un moulage de la seule stèle retrouvée ici , los Hiros , est
exposé au milieux d'une collection de jolies céramiques , notamment de
superbes urnes funéraires finement décorées . C'est amusant de voir
aussi la photo d'une stèle de Copan que nous voyons tous les jours chez
nous en allant aux toilettes : celles-ci sont décorées d'un batique tiré
de ce bas relief (acheté à Antigua il y a 30 ans ) . Nous examinons
ensuite la maquette du site avant de suivre un long chemin ombragé
jusqu'à une grande clairière .Claire et Roger , arrivés un quart d'heure
après nous , nous rejoignent .Derrière une rangée d'arbres , on
commence à deviner la haute silhouette d'une pyramide dotée de sept ou
huit étages et de quatre escaliers monumentaux occupant le centre de
chacune des faces . La pierre de couleur crème se détache
remarquablement sur le vert de l'immense pelouse qui l'entoure . En la
contournant nous tombons sur la fameuse stèle unique du site , du moins
sa copie . Puis nous avançons jusqu'à une seconde pyramide quasi
identique, en forme et en taille , qui donne sur une vaste place bordée
de chaque coté d'un long bâtiment garni de gradins ; une trappe permet
d'accéder à un petit escalier à chaque extrémité . A l'intérieur on
découvre une longue salle dont le plafond est soutenu par des voûtes
semi-trapézoïdales typiques de la civilisation Maya . A l'autre
extrémité de la place , face à la seconde pyramide , une construction
allongée , dotée également de gradins est en cours de restauration .
C'est très agréable de pouvoir visiter un tel site aussi bien entretenu
et sans le moindre touriste à l'horizon .
En retournant vers l'entrée du site , nous tombons
sur Monique et Jean Marc qui viennent d'arriver . Comme il est déjà
midi et que nous sommes parfaitement bien installés à l'ombre de grands
arbres , nous décidons de rester là pour déjeuner en terrasse . Puis
nous prenons le café ensemble ,avec Claire et Roger, bercés par une
légère brise . Il faut vraiment se faire violence pour reprendre la
route tant nous sommes bien installés .Une fois sortis du site nous
reprenons la petite route sur cinq bornes pour tourner à droite vers
Copan . Malheureusement pour nous , au bout de quelques kilomètres , la
route se transforme en un véritable cauchemar , comme celle de ce matin
: des trous énormes ,des bosses , des déformations affreuses et quand ce
n'est pas ça , ce sont d'interminables portions de travaux où à chaque
fois il faut attendre dix minutes que ceux d'en face passent . Et ne
parlons pas des traversée de villages où les "tumulos" se succèdent tous
les cinquante mètres . Et ils sont costauds , les bougres ! J'ai beau
ralentir à mort , on tape quand même tant ils sont raides . Janette nous
a dit que ça fait dix ans que les travaux sont en cours ! C'est dommage
, là aussi, car on a du mal à lever les yeux pour jouir du magnifique
paysage qui ressemble un peu à nos montagnes de Provence .
Arrivés à Copan , nous nous installons dans le parc
ombragé d'un hôtel : sur les conseils de Roger je me branche sur le
secteur pour voir si notre frigo fonctionne normalement sur secteur
avant de s'occuper de le faire recharger en fréon au Guatémala où nous
avons rendez-vous mercredi après midi . Il faut mettre un transfo en
amont du camping car parce qu'ici au Honduras il fonctionne en 110 volts
. Pendant que j'attaque la rédaction du blog , les autres camping cars
arrivent petit à petit . Nous apprenons par Jean Marc que Roger a crevé
de l'arrière sur les fers à béton qui dépassaient d'un tumulos et qu'il
sera donc en retard . Ce soir Roger sort le barbecue et nous en
profitons pour cuire le dernier morceau de viande qui résiste tant bien
que mal avec la fraicheur du congélo rétrogradé au grade de simple
glacière !
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