CENT QUARANTE ET UNIEME JOUR : LE 19 MARS 2018



























                La soirée rami corse d'hier soir a eu un effet
soporifique sur moi au point que je dors d'un seul tenant jusque 6h00 du
mat et lorsque je me réveille il fait déjà jour depuis un bon moment .
Sur le parking ça court  dans tous les sens et pourtant aujourd'hui
c'est encore relâche . Je me mets aussitôt à la rédaction du blog pour
l'envoyer au plus vite pendant que la wifi fonctionne correctement .
Dominique reçoit un SMS de Christophe lui annonçant que les chapitres
manquant sur le blog sont bien arrivés sur sa messagerie et qu'il les
publiera dès qu'il a un peu de temps libre . En regardant la carte
routière de plus prés je constate qu'il y a une plage à un peu plus de
100 bornes d'ici sur le Pacifique , la Playa del Coco ; avec un nom
aussi racoleur que çà , je ne tarde pas à craquer : "Eh si nous allions
là plutôt que de faire la ballade à pieds sur le volcan Arsénal pour
voir des coulées de lave , Dominique ? Il faut toujours que tu changes
d'avis , Pierre ! Hier tu voulais aussi aller aux thermes , après la
ballade à pieds ! Oui je sais , mais je n'avais pas regardé la carte
correctement ! Si tu optes pour la plage du Pacifique , il faut que tu
préviennes Monique et Jean Marc avec qui on devait partir et puis
Janette , si nous ne rentrons pas dormir ici ce soir !"

                En allant chez les Bories je tombe sur Roger qui a
trouvé un camping sur une plage un peu plus au nord  que Playa del Coco:
aussitôt il me montre les images  du campement qu'il a capté sur
internet . C'est vrai que tout ce sable blanc et cette mer bleu , c'est
quand même plus tentant que la ballade à pieds , les bains aux thermes
et aussi repasser  une  troisième soirée sur ce parking  pourri !
Monique ne partage pas du tout mon optimisme et  préfère en rester à ce
que nous avions prévu la veille ; en plus, elle ne comprend pas que j'ai
pu  changer d'avis  au vite et pense que Roger y est pour quelque chose
. J'en appelle à Jean Marc pour essayer de faire pencher la balance 
côté Pacifique mais il préfère rester neutre, même après avoir évoquer
la super journée passée avec les trois camping car il y a quelques jours
sur la plage déserte de Pinuela !

                Après le plein d' eau , nous partons aussitôt en
direction de Cagna . Pour cela il faut continuer à contourner le lac 
d'Arénal sur son dernier tiers ,en suivant scrupuleusement les rives .
Par moment la végétation luxuriante nous laisse un court répit entre
deux bosquets pour voir les eaux du lacs , ses rives très festonnées et
même parfois de petits îlots .Malheureusement la route  étroite et très
accidentée , n'est guère propice aux arrêts photos . Nous avons la
surprise qu'un équipage suisse nous accompagne pendant un bon moment .
Nous grimpons ensuite la montagne en laissant derrière nous l'immense
lac et la chaine de volcans qui le bordent . Un peu avant Cagna , nous
faisons le plein de gasoil par prudence . Une fois avoir franchi la
barrière montagneuse qui borde la côte sud du lac , le paysage se met à
changer brutalement en même temps que le thermomètre se met à grimper .
La végétation luxuriante tropicale faite de bananiers et de palmiers
laisse brusquement la place à un paysage de savane africaine ; de
l'herbe jaune , de grands arbres en forme d'ombrelles au feuillage très
clairsemé et bien sûr des troupeaux de zébus avec d'énorme bosse sur le
cou . Nous quittons les 23 degrés de notre Suisse costaricaine
verdoyante pour passer aux 36-37 degrés de cette savane brûlée par le
soleil ! Le contraste est vraiment saisissant .Dans la plaine qui
s'étend entre Cagna et Liberia nous retrouvons l'autoroute C1 : nous
voyons beaucoup de champs d'ananas qui donnent une couleur bleue verte à
la nature . On retrouve aussi la culture de la canne à sucre en même
temps que les gros camions à ridelles qui transportent les précieuses
tiges séchées au soleil vers les sucreries .

                Comme il est relativement tôt , une fois arrivés à
Libéria , nous décidons de pousser jusqu'à Playa del Coco situé à 35 km
à l'ouest de l'autoroute , histoire de satisfaire ma curiosité .
Toujours à travers une plaine couverte de pâtures jaunies au soleil où
paissent sans entrain des zébus de plus en plus faméliques , nous tirons
droit sur Guardia , puis Panama pour atteindre enfin la plage convoitée
au nom accrocheur . En fait de cocotiers , ce sont plutôt de petits
arbres chétifs qui bordent la plage où il est bien difficile de
stationner . C'est vrai qu'avec son sable blanc , son eau turquoise
,elle en fou plein les yeux malgré tout !Nichée au fond d'une baie et
protégée du large par un chapelet d'îlots rocheux aux jolies couleurs ,
on a envi de s'y baigner , mais pour ce qui est de la sauvagerie c'est
zéro . Des restaurants , des hôtels , du monde partout qui grouille sur
les trottoirs , aussi nous n'avons qu'une hâte , s'enfuir loin d'ici .

                Nous rebroussons donc chemin jusqu'à l'autoroute ,
c'est à dire jusqu'à Libéria pour reprendre notre progression plein nord
jusqu' avant La Cruz où nous prenons à gauche en direction de la
Péninsule de Santa Héléna . Au bout de sept ou huit bornes nous tournons
à droite pour tomber sur la magnifique plage déserte de Junquilal où
Roger avait repéré un camping .Nous retrouvons Claire et Roger juste au
moment où ils franchissent le portail . Comme il est déjà 13h30 , dès
que les véhicules ont trouvé leur place à l'ombre , nous fonçons à la
plage . Quelle surprise lorsque nous constatons que l'eau est glacée :
c'est certainement le courant froid Humboldt qui est le grand
responsable . C'est d'autant plus décevant que la plage est magnifique
et qu'il y a trois jours à Pinuela l'eau était presque trop chaude !
Intrigué , Roger y met son thermomètre : elle n'est qu'à 20 degrés ! Dur
, dur le contraste avec l'air ambiant qui est à 37 degrés ! Après une
bonne douche pour nous dessaler , nous déjeunons à l'ombre de grands
arbres et en compagnie de plusieurs gros iguanes à crête et  de superbes
oiseaux blancs avec un plumet noir sur la tête qui n'hésitent pas à
venir voler des biscuits  et des chips sur la table dès que nous  nous
éloignons un peu . Les iguanes , eux , préfèrent la proximité du
barbecue . Au dessert ce sont des dizaine de singes , des capucins je
pense , qui viennent nous distraire en sautant de branche en branche ;
c'est horrible hier nous avons payé plus de 80 dollars US par couple
pour voir 2 malheureux singes cachés à je ne sais combien de mètres de
hauteur . Ici , il y en a une armée , proche à les toucher presque , et
ça dans leur cadre naturel et gratos de surcroît !! Chercher l'erreur !
Il faudra revoir ta copie Janette sur ce coup là ! Avec Roger, nous
multiplions les clichés tant les capucins sont amusants avec leur visage
humain : comme nous sommes proches du point d'eau où ils viennent se
désaltérer ,un vieux mâle monte la garde pendant que les petits viennent
boire à tour de rôle , jamais plus de deux ou trois à la fois . Fatigué
par cette besogne à responsabilités , Roger parvient à le prendre
entrain de bailler à se décrocher la mâchoire .

            Vers 17h00 nous prenons notre courage à deux mains pour
nous lancer dans une seconde baignade , aussi musclée que la première !
Ensuite nous assistons au coucher de soleil sur la baie et sur les îlots
rocheux qui ne tardent pas à s'embraser . Comme à 18h00 c'est nuit noire
et que les mosquitos sont de sortis , nous rentrons dans nos roulottes
respectives pour s'occuper de nos nombreuses photos et du blog . Nous
recevons ensuite Claire et Roger pour l'apéro au cours duquel nous
discutons de nos rencontres animalières et des projets de ballade demain
au lever du jour , histoire de surprendre sur le vif , tout ce beau
petit monde .




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