CENT QUARANTE DEUXIEME JOUR : LE 20 MARS 2018


























C'est la lumière du jour qui me tire des bras de
Morphée ce matin vers 5h45 après une nuit formidable au bord du
Pacifique , bercé par le bruit du ressac ! Bien qu'hier j'ai veillé un
peu tard jusque minuit pour classer les nombreuses photos d'oiseau ,
d'iguanes et surtout de singes , ce matin c'est la forme et je décide
d'aller sur le sentier balisé pour voir le réveil de la nature . Celui
grimpe une petite colline couverte de forêt juste derrière la cabane du
gardien . Un tapis de feuilles mortes couvre le sol , comme chez nous en
automne . A part quelques cactus chandeliers et un petit lézard , je ne
rencontre pas grand chose . Heureusement que la petite balade offre une
belle vue sur la baie et sur les îlots rocheux que commence à embraser
le soleil levant . Sur le retour je rencontre Dominique qui vient de se
réveiller . "Je vais voir dans la forêt le long de la plage s'il n'y a
pas plus d'animaux , ici c'est un peu décevant ! OK , à tout à l'heure !"
Ma première rencontre au milieu de la clairière est une
espèce d'oiseau avec un bec de canard et perché sur de grandes échasses
rouges qui tranchent avec son plumage bleu ciel et blanc .Dans la
lumière du matin , il en jette pour un simple canard . Après une volée
de clichés de notre " donald duck ", c'est un groupe de pies à queue
immense et à plumage noir luisant avec des reflets bleus qui
m'interpelle .Elles sautent sur place tout en tournant en rond comme si
elles effectuaient un ballet de danse classique tout en piaillant tout
ce qu'elles peuvent . En m'enfonçant un peu plus loin dans le sous bois
je tombe sur un panneau qui stoppe aussitôt mes élans de photographe
animalier en herbe :"Cuidado aqui viven crocodilos" (prudence ici vivent
des crocodiles!!) En faisant demi tour je tombe sur un couple de petits
rongeurs à pelage roux doré dans le soleil , qui n'hésitent pas à se
dresser debout sur leurs pattes arrières , leurs pattes avant leur
servant à tenir les fruits qu'ils mangent avidement . Ils sont vraiment
mignons , même s'il s'agit d'une variété de rat sans queue ! Plus loin
,c'est un oiseaux de proie qui se dresse très digne , enveloppé dans son
habit noir avec une écharpe blanche ,comme s'il sortait d'une cérémonie
officiel .
En rentrant au campement, je tombe sur Claire et Roger
occupés à tirer le portrait d'un groupe d'écureuils de couleur jaune
clair qui font les pires acrobaties dans les arbres au dessus des
camping cars : et c'est repartis pour de multiples rafales de clichés
tant ils sont amusant à essayer de manger les énormes gousses de graines
qui pendent comme des haricots géants , n'hésitant pas à mettre à
l'occasion la tête en bas , pour mieux les grignoter . Pendant que Roger
et Claire commencent à prendre leur petit déjeuner en terrasse , face à
l'océan , j'entends nos amis les singes d'hier, arrivés du fin fond du
bois . Et ça ne manque pas : alors que je suis entrain de tirer un
dernier cliché d'écureuil , voilà que le premier pointe le nez , fait
une pirouette en avant pour finir attacher par la queue et la tête en
bas juste devant mon objectif . Le temps de sortir l'oeil du viseur en
voilà toute une armée qui prend aussitôt possession de toutes les
branches . Et c'est repartis pour une nouvelle chasse à l'image .Ils ont
l'air contents de nous retrouver, on dirait : pourtant ils sont déjà
venus cette nuit pour essayer notre salon de jardin parce qu'ils ont
laissé derrière eux un paquet de traces de pattes sur les fauteuils ,
les brigands .Comme ils sont de plus en plus familiers ,on commence par
leur donner des bananes qu'ils se dépêchent d'emporter à la cime d'un
arbre pour ne pas partager avec les autres . Pendant que nous sommes
occupés avec le nez en l'air pour les observer quand nous n'avons pas
l'oeil dans le viseur , un mâle plus téméraire que les autres , approche
de la table de Roger , bondit dessus et tente de voler un ananas .
Surpris par le poids et par notre réaction , il préfère abandonner le
fruit de son larcin en route . Un des ancêtres de la tribu parvient à
manger sa banane, tranquillement installé dans une fourche de l'arbre ,
juste devant nous .Il se régale au point de ne laisser que la queue et
très peu de peau . Une fois la tornade des singes passée , nous pouvons
enfin prendre notre petit déjeuner tranquillement en regardant passer
les iguanes d'un côté à l'autre du campement . Quel bonheur d'avoir fait
étape ici ,au beau milieu de tous ces animaux sauvages !
Vers 9h30 nous trouvons quand même le temps de nous
baigner : c'est incroyable , une aussi belle plage de sable blanc qui
passe au second plan tant nous sommes sollicités par la faune locale .
Je ne sais pas si c'est parce que je m'habitues ou si c'est dû au fait
qu'il soit plus tôt qu'hier , mais je trouve que la mise à l'eau est
moins dure aujourd'hui! J'en profite pour aller voir de plus prés une
image qui excite ma curiosité depuis hier : moi qui croyais que c'était
une bouée de balisage surmontée d'un oiseau en plastique , en approchant
en compagnie de Roger je m'aperçois qu'il s'agit du sommet d'un rocher
qui affleure juste la surface de l'eau mais par contre l'oiseau est bel
et bien une mouette vivante, avec un plumet sur la tête . Pour être sûr
, je la chasse en l'aspergeant d'eau : à peine sommes-nous éloignés de
quelques mètres qu'elle reprend possession de son éperon rocheux en
bombant le torse et en redressant la tête fièrement :" je suis chez moi !"
Un peu de blog , un peu de tri de photo et c'est
l'heure de la seconde baignade à laquelle Dominique daigne enfin
participer malgré la fraicheur de l'eau . Puis nous prenons le repas en
terrasse , essayant de profiter de la brise marine pour ne pas trop
souffrir de la chaleur . Il faut dire que l'ombre des arbres , pourtant
assez gros , est bien clairsemée pour fournir une fraicheur suffisante.
A l'intérieur le thermomètre du camping car affiche 35 degrés . Pendant
le repas un gros iguane s'installe tranquillement sous la chaise de
Roger : on a beau le prévenir tout doucement , il a quand même un geste
de répulsion . Il faut dire qu'avec son gros jabot et sa crête à pointes
, il n'a rien de la douceur d'un caniche, notre invité surprise . Comme
nous sommes au dessert il hérite d'abord d'ananas , puis de papaye qu'il
gobe avidement , même les gros morceaux . Puis Dominique lui offre
quelques restes de steak qu'il avale avec autant d'avidité : c'est
impressionnant , il aime tout . Tout à l'heure ,une jeune fille lui a
donné des chips qu'il a aussi mangé avec plaisir . J'ai quand même
l'impression que sur ce coup là , il a un peu exagéré : il repart de
chez nous avec bien des difficultés tant il a le ventre qui frotte
sérieusement par terre , le pauvre ! En vingt quatre heure nous faisons
partis du paysage , tous les animaux nous côtoient tranquillement ,
vaquent à leurs occupations comme si nous n'étions pas là et traversent
le parking devant nous . C'est vraiment formidable de se sentir adopté
aussi rapidement par le règne animal .
Vers 16h00 il faut se résoudre à ranger les salons de
jardin pour quitter définitivement et à contre coeur ce petit coin de
paradis . Nous devons retrouver le reste de la troupe à Sonzapote à 24
km d'ici où nous devons passer la nuit dans une Finca .Nous commençons
par prendre la direction de La Cruz en traversant la forêt qui offre de
temps en temps quelques panoramas sur l'océan . Nous profitons de la
traversée du village pour acheter du pain puis nous reprenons la C1 sur
quelques kilomètres avant de prendre une petite route à droite . Nous
traversons à nouveau une zone de savane africaine où les zébus
paraissent encore plus maigres qu'hier . Nous voyons dans le lointain la
silhouette conique d'un volcan qui se découpe sur la gauche . Quelques
minutes plus tard nous nous installons dans une jungle tropicale qui
occupe la vallée d'une petite rivière où quelques singes font leur
numéro . Ici ce sont des singes araignées que Dominique part
photographier pendant que je termine le blog . Elle prend notamment une
guenon avec son petit accroché sur le dos . A 18h00 Janette nous convie
au briefing en vue de préparer le passage de la frontière du Nicaragua
demain matin . Il parait qu'il faut 5 à 6h00 selon la plus ou moins
bonne volonté des douaniers . Elle nous présente vite fait le Nicaragua
avec 6 millions d'habitants qui vivent essentiellement sur la côte , la
moitié sont sous le seuil de pauvreté . Le salaire minimum annuel est de
1800 dollars US pour 10 000 au Costa Rica . La capitale est Managua .
Ils ont intégré récemment 80 000 Chinois .
Comme la taulière a allumé son four à pizza ,nous en
commandons une pour ce soir que nous mangeons en regardant nos photos
animalières des deux derniers jours .
cette étape va rester gravée dans vos mémoires tant pour le site proche de l'océan et de cette faune extraordinaire dont nous avons eu plaisir à voir les photos.
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