CENT CINQUANTIEME JOUR : LE 28 MARS 2018



























                    Au même titre que  la précédente , la nuit a été
fraiche au point que j'ai coupé le ventilo à 2h00 du mat tant j'avais
froid dans la  chambre grande ouverte avec juste un drap . C'est super !
Pourvu que ça dure ! Comme il n'y a pas encore beaucoup d'activité dans
le campement je commence gentiment en faisant le café . Pendant que
Dominique se prépare , je finis la préparation du petit déjeuner que
nous prenons dedans sur la table de salon car hier soir j'ai plié le
matériel de terrasse . Nous avons la bonne surprise de constater que le
frigo comme le congélateur fonctionnent comme jamais : il faut dire que
primo il tourne sur secteur en 110 volts , que deuzio  ça fait deux
nuits où le thermomètre descend à 22 degrés et tertio il a bénéficié
hier d'une super révision par les soins de Roger ! Quand je crie
victoire en rencontrant Claire et Roger ce matin , celui-ci me fait
"chutttt... Ne vends pas la peau de l'ours , Pierre...! Mais tu te rends
compte qu'il y a même quelques glaçons en formation dans notre bouteille
d'eau de boisson ,c'est ...! Chuttt...tu me fais peur Pierre , attends
de voir ce que ça va donner en fonctionnant au gaz pendant la journée !"
De ce fait je commence à ranger mon matériel électrique nécessaire au
branchement , prolongateur ,adaptateur sur circuit américain , transfo
110/220 volts , trépieds de support, tout est simple ici ! Puis comme
nous trouvons une prise d'eau à proximité , nous en profitons pour
refaire le plein  . Même en trainant; nous arrivons à être prêts pour 7h00 .

                    Dès la sortie du parc , nous prenons deux fois à
gauche pour éviter d'une part le centre ville de Copan et d'autre  part
pour prendre la direction de la frontière . Dès la première station
service, nous arrêtons pour finir les 70 derniers lempiras dont nous
disposons et nous complétons le plein d'un coup de carte Visa . Nous
suivons la rivière que les Mayas avait dévié vers le nord pour
construire leur énorme cité . Curieusement lorsque les Mayas
abandonnèrent le site quatre cent ans plus tard la rivière à repris son
cours normal d'après Ramon , notre guide francophone d'hier . D'autres
de ces propos me sont revenus en tête après la rédaction du blog comme
le fait que les pyramides et les temples que nous voyons aujourd'hui en
pierres étaient recouverts d'un enduit et peint de couleurs à dominantes
rouges ! Les stèles , sculptées de façon si fine , étaient également
enduites et peintes . L'ensemble devait en mettre plein la vue dans les
années 700 , un peu avant l'ère Charlemagne chez nous ! Comme la veille
nous serpentons parmi les pins , peut être un peu plus clairsemés de ce
côté pour atteindre le poste frontière , une dizaine de bornes plus loin .

                    Après nous être stationné le long de la route ,
après la barrière qui délimite le no-man's -land entre les deux pays ,
nous avançons jusqu'au bâtiment blanc sur la gauche, indiqué par Janette
. De nombreux autochtones font déjà la queue devant deux guichets de
migrations . Un employé nous invite à présenter nos passeports dans le
bureau au fond . Après examen de nos papiers le douanier décide
d'avancer voir nos véhicules , contrôle nos plaques minéralogiques ,
revient avec nous dans son bureau , met un tampon et nous demande de
passer à la migration du Honduras  . Gentiment les autochtones devant
nous , nous proposent de passer en priorité étant donné notre âge .
Vexés quelque part ,il faut le dire , nous déclinons l'offre par
politesse , mais nous le regrettons vite car parmi eux il y a des petits
malins qui ont des piles de passeports pas possible dans les mains . En
fait les trois ou quatre personnes que nous avions devant nous
représentent quarante personne au moins ...! En discutant avec les
Gruffat et les Bories , nous supportons mieux les 3/4 d'heure de poireau
que nous prenons dans les dents  . Tous ça pour une photo d'identité
,une empreinte digitale  des deux mains et un coup de tampon sur les
passeports  . Là , on nous invite à passer à côté , c'est à dire au
bureau de migration du Guatémala . Le douanier commence par nous
souhaiter la bienvenue dans son pays , nous explique que c'est écrit sur
le tampon qu'il nous met dans le passeport , puis nous souhaite bon
voyage . Entre deux, une guatémaltèque  , certainement commandité par le
ministère du tourisme, nous offre une carte routière du Guatémala et
nous explique grosso modo les différentes démarches que nous devons
effectuer .

                Bardés de nos nouveaux tampons nous repassons au
premier bureau où nous devons nous occuper du transit du véhicule :
après nous avoir pris un papier doté d'un carbone que nous avions eu
lors de notre entrée au Honduras , il nous appose un double tampons sur
le passeport qu'il sort précieusement d'un étui puis nous envoie chez
son collègue du guichet voisin . Celui ci nous demande d'aller faire une
photocopie du passeport avec notre tampon d'entrée au Guatémala . Pour
cela il faut d'abord changer de l'argent ; pour 1 dollars US on a 6,8
quetzales ,comme l'oiseau sacré des Mayas . Après avoir converti 50
dollars US dans la rue , nous allons en face dans une petite taule qui
fait épicerie , bureau de vente de cartes téléphoniques et même
photocopie . Moyennant 1 quetzal et 1/4 heure d'attente, j'obtiens le
précieux document que je me dépêche de rapporter au douanier  en
compagnie de Claire pendant que Dominique et Roger s'occupent d'acheter
et de charger une carte téléphonique .   De retour au guichet je donne
la nouvelle photocopie du tampon du passeport , une du permis
internationale , une du passeport ,une de la carte grise . Le problème
est qu'il n'y a qu'un douanier pour s'occuper de deux guichets . Janette
, arrivée sur place , lui propose de l'aider pendant que son collègue
prend son petit déjeuner ! On nous délivre maintenant une facture de 160
quetzales qu'il faut aller régler dans une banque installée à plus de
500 mètres de l'autre côté de la barrière . Et en plus c'est en plein
cagnard ! Là , nous faisons ne nouveau la queue pendant 20 minutes . Une
fois délestés de la moitié de nos quetzales , nous retournons pour la
quatrième fois,  au même bureau, avec notre facture acquittée . Muni de
nos papiers le douanier sort enfin de son bureau pour nous accompagner
jusqu'au véhicule , histoire de vérifier la plaque moteur et châssis ,
et nous délivre une vignette qu'il nous invite à coller sur le parebrise
et cette fois nous rend notre liberté définitivement .

                Notre premier soucis est de rechanger 50 dollars US car
avec les 160 quelzales de frais de douane et les 90 de téléphone , il ne
reste plus rien de la première transaction ! Puis nous essayons de
sortir de notre stationnement en demandant au préalable à une voiture et
un bus de reculer . C'est alors un grand moment d"émotion que nous
partageons tous les deux : il y a 30 ans dans les années 1988 , nous
sommes passés là sous cette barrière ,de nuit à bord d'un gros pick up
4x4 , en compagnie d'Yves et Patricia Eeckhout . "C'était surement notre
plus beau voyage de jeunesse ...Dominique ! Oui,  une superbe aventure
qui reste profondément gravée dans nos mémoires !" et nos  mains se
rencontent pour s'étreindre . J'en ai presque les larmes aux yeux ! A
cette époque , nous avions fait un périple de plus de 3000 bornes de
pistes , 5 jours de pirogue sur l'Usumacinta pour aller voir 3 sites
archéologiques perdus dans la forêt du Péten (Altar de Sacrificios qu'il
avait fallu dégagé à la machette , Yachilan , et Piedras Negras  ) Trois
palludismes pour quatre personnes , une fracture du poignée déplacée,
opérée sur place pour Dominique et une Shigella  intestinale pour moi ,
un bilan relativement lourd mais qui n'enlève rien à notre bonheur
d'avoir participer à une telle aventure , surtout qu'à l'époque le
secteur était parcourus de guerilleros et de forces armées qui ne se
faisaient pas de cadeaux !

                Nous suivons la vallée de plusieurs rivières où les
autochtones font toujours leur lessive , se lavent , prélèvent de l'eau
pour leur consommation . Rien n'a changé , pas même la taule de l'autre
côté du pont où nous ne pouvons pas faire sans nous arrêter . Il n'y a
que les guatémaltèques dans les hamacs qui ne sont plus les mêmes . Plus
nous avançons plus le paysages montagneux se dessèche , plus les pins se
font rares et plus ils sont petits . Plus l'herbe parait sèche , plus le
thermomètre grimpe à bord pour atteindre 38 degrés . Nous arrêtons dans
un petit village  doté maintenant d'un supermarché Oasis : il a beau
être plus asseptisé qu'à l'époque où il n'exitait qu'une tienda peinte
en vert amande ou en bleu des mers du sud , à l'intérieur on ne trouve
pas grand chose de plus : de la purée de frijoles , des tortillas ,  des
tomates et quelques bananes .Nous reprenons la route jusque Chicimula où
nous trouvons un  vrai supermarché à l'européenne celui là ,où nous
complétons nos courses de bouches . Nous allons ensuite nous installer
dans une espèce de ranch , Los Lorrelos  , où nous trouvons péniblement
une place à l'ombre . Il est déjà plus de 14h00 lorsque nous installons
le salon de jardin pour casser la croute avec Claire et Roger . Comme
Monique et Jean Marc sont installés un peu trop loin et qu'ils ont sorti
la plancha , nous nous retrouvons  seulement pour le café . Le temps de
blogger un peu et d'aller faire un tour à la piscine , c'est l'heure du
briefing où nous préparons l'étape pour rejoindre Antigua où nous devons
assister à la Grande Procession du Vendredi Saint . Encore un peu de
blog et un peu de piscine en attendant le diner , mais de toute façon
nous ne sommes pas pressés de rentrer à l'intérieur de nos roulotte où
le thermomètre affiche encore 32 degrés .


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