CENT CINQUANTE TROISIEME JOUR : LE 31 MARS 2018


























Ca me fait tout drôle d'écrire cette date , mon
père serait centenaire aujourd'hui ! Ce matin c'est le coq qui nous
réveille après une nuit de 9 heures . Il faut dire qu'hier soir nous
étions rincés avec les trois heures de marche dans les ruelles pavées
Antigula puis les deux heures également à crapahuter sur le site de
Iximché après midi . Et en plus le bol d'air des montagnes doit en
avoir remis une couche car ici nous sommes à 2300 mètres d'altitude .
Comme ce matin nous n'avons aucune obligation étant donné que nous
voyageons en solo , nous pouvons prendre notre café puis notre petit
déjeuner tranquillement . Par contre dehors , dès 6h30 c'est le branle
bas de combat : des piétons passent en groupes , des véhicules
arrivent aussi devant la porte du site , on voit que c'est le week end .
Ce matin j'ai du travail au niveau du blog étant donné le coup de mou
d'hier soir ! Avec l'inclusion des photos et la relecture j'en prend
jusqu'à 8h00 . Dehors le temps gris et nuageux ne pousse pas non plus à
courir : le thermomètre extérieur n' affiche que 13 degrés . Comme nous
sommes en stationnement le long d'un talus , un chien voisin ,
certainement très curieux ,fait une apparition à la fenêtre de cuisine :
épatée par cette attitude , Dominique ouvre celle-ci pour lui donner des
biscuits . Quelques minutes plus tard ils sont quatre à nous observer
depuis leur perchoir !
Malgré la météo un peu grimaçante , nous décidons
de maintenir notre programme , donc en avant pour le marché de Solola
,distant d'une soixantaine de bornes . Il faut d'abord descendre de
notre montagne jusqu'à Tecpan dont le centre se trouve toujours bloqué
par les fêtes de Pâques . Aujourd'hui nous contournons l'obstacle par la
gauche en descendant un dédale de petites ruelles pavées , encombrées de
voitures en stationnement et de toits qui débordent dangereusement . Il
faut faire très attention , surtout quand il faut tourner à angle droit
! Plus d'une fois nous effleurons de justesse les grosses bouches
d'incendie disséminées un peu partout dans le village . Arrivés au
carrefour avec la C1 ,nous prenons à gauche en direction du lac Atitlan
. La quatre voies bétonnée d'une façon discutable est pleine d'ornières
et de crans qui déclenchent un bruit pas possible avec le frottement des
pneus ; je suis obligé de m'arrêter pour vérifier si nous ne sommes pas
crevés . C'est l'occasion aussi de tirer quelques clichés des flancs de
montagne voisins couverts de cultures en terrasses comme le café ou dans
la pente carrément comme le manioc , omniprésent . La route grimpe
sérieusement au point que nous nous retrouvons dans les nuages ; il faut
dire que le GPS indique quand même 2700 mètres d'altitude . Nous
rencontrons beaucoup de circulation dans le même sens que nous , ça
commence à nous inquiéter , le village de Solola étant très étroit .
Arrivés à Los Encuentros , nous laissons la route
de Chichicastenango filer tout droit pour prendre à gauche vers
Quetzaltenango . Ce village carrefour est très animé en ces jours de
fêtes : des stands de restauration rapide fument déjà partout de part et
d'autre de la route : des pyramides de saucisses côtoient des montagnes
d'oeufs durs déjà épluchés , de grand plats de brochettes , des mangues
pelées , des ananas sculptés et aussi des pastèques réduites en salade
. C'est très joliment présenté et très coloré : ça donne envie de
s'arrêter ! Après quelques kilomètres , il faut de nouveau prendre à
gauche pour amorcer une interminable descente sinueuse à souhait jusqu'à
Solola . Arrivés à mi pente ça se met à bouchonner devant nous . Nous
avançons ainsi au pas jusqu'au niveau du marché que nous dépassons pour
nous mettre en quête d'un stationnement . Par chance en descendant vers
le centre historique , nous tombons sur un parquéo privado qui accepte
de nous prendre moyennant 5 quetzales l'heure . Quelle chance car nous
sommes à deux cent mètres à peine de la zone stratégique et de plus il
est gardé ! Pour la première fois depuis que nous sommes au Guatémala
,nous revoyons des hommes habillés avec une jupe au dessus du pantalon ,
une chemise très colorées et bien sur le chapeau de paille vissé sur la
tête .Comme hier aux ruines de Iximché les femmes portent toutes la
longue jupe bariolée maintenue par une large ceinture , très colorée
aussi qui leur sert à mettre le porte monnaie .Sur le dos elles ont
souvent un ninos enroulé dans un grand châle . Après avoir mitraillé les
magnifiques étales de fruits ,nous entrons dans les halles pour voir des
pyramides de cebolas (oignons) de la taille d'un homme , des choux de
toutes sortes , d'énormes tas de carottes toutes propres ,de gros
avocats ronds , des tomates et des piments . Les pick-up rentrent par un
côté , sont aussitôt déchargés et repartent pour laisser la place au
suivant . Les transactions vont très vites et les quantité achetées
importantes . C'est un marché pour particuliers mais qui pratique aussi
apparemment le demi gros . En repartant nous achetons un fruit qui
ressemble à une grosse pomme de terre et qui est orange-brun à
l'intérieur avec deux noyaux noirs vernissés, appelé zapoté . Son goût,
très sucré , fait penser à celui de l'anone en plus fibreux .
Une fois rassasié par tant d'étales colorés , de
costumes variés et de personnages haut en couleur , nous décidons de
prendre notre courage à deux mains et de descendre jusqu'au centre
historique . Arrivés au niveau de la Cathédrale ,des portiques
traversent les rues autour de la place ,d'où pendent des ananas , des
régimes de bananes et des gerbes d'épis de maïs pour célébrer les Fêtes
de Pâques . Comme à Antigua les fenêtres des maisons sont drapées de
mauve . Nous traversons la Place d'Armes , ombragée par de grands arbres
et dotée d'un superbe kiosque à musique pour avancer vers le lac dominé
par le Volcan Atitlan et le Volcan Toliman . Par chance le ciel s'est
dégagé : il reste toutefois un petit chapeau nuageux sur la tête de ces
deux géants de 3500 mètres . Dans le lointain nous voyons la route de
Panajachel encombrée de circulation . Nous nous installons sur des bancs
dans un petit parc de jeu qui domine le lac pour goûter pleinement le
paysage . La lumière bleuté qui englobe la rive d'en face ne permettra
pas toutefois de faire la photo du siècle . Il y a trente ans , à la
même période de l'année , nous avions attendu trois jours pour la
réaliser sans plus de résultat que cette année . Il faudra donc que nous
revenions une troisième fois !! Ce n'est pas grave car le Guatémala est
un pays que nous aimons énormément .
De retour au camping car après une ascension d'une
demi heure dans les petites rues de Solola , nous décidons de laisser
tomber Panajachel qui n'a aucun intérêt pour aller à Chichicastenango ,
berceau de la civilisation quiché . Pour cela il faut d'abord réussir à
sortir de Solola , véritable souricière , où nous héritons d' un sacré
coup de pot en tournant immédiatement à gauche dès la sortie de notre
parking privé . L'ascension se révèle difficile derrière un bus local
qui fume tout ce qu'il peut pour s'extraire de la cuvette . Une fois
revenus à Los Encuentros , nous prenons cette fois à gauche vers
Chichicastenango après avoir eu soin de photographier les magnifiques
bouquets d'aromes présentés sur le bord de la route : c'est vraiment
représentatif de l'Amérique Centrale , on croirait voir le superbe
tableau de Diego Rivera . La route devient rapidement très escarpée avec
des virages qui s'enchainent à un rythme infernal , avec des pentes
épouvantables , l'intérieur des épingles à cheveux dépassant les 25% !
Les voitures peinent , les pick-up fument, certains bus sont scotchés
littéralement . Un vrai parcours du combattant sur trente bornes ! Nous
nous arrêtons au niveau d'un mirador pour admirer la vue d'ensemble de
ce joyaux guatémaltèque avec son église toute blanche , mondialement
célèbre en haut de son escalier , qui en anime le centre . Après une
volée de clichés , nous descendons une pente vertigineuse pour remonter
de plus bel de l'autre côté de la rivière et enfin atteindre la Mecque
du territoire Quiché . Après un essai infructueux de stationnement au
niveau d'une station service , nous en trouvons une un peu moins chère
pour 5 dollars US .
Après une petite marche de vingt minutes nous
retrouvons la place du village telle que nous la connaissions , avec
l'église et ses deux petits clochers blanchis à la chaux . Il y a
toujours quelques chiens qui dorment sur les marches de l'immense
escalier qui mène à la grand porte et aussi quelques mendiants . Nous
traversons le marché pour aller voir l'autre église , plus petite qui
lui fait face .Blanchie à la chaux également avec son portail grand
ouvert elle invite à venir voir les baldaquins qui se sont promenés dans
la ville hier , pour le Vendredi Saint . Un vieux guatémaltèque nous
explique que le clou des festivités ,c'est pour demain, avec la
véritable fête Quiché . C'est vraiment dommage pour nous de ne pas
pouvoir y assister à une journée prés ! En sortant de là, nous achetons
une céramique qui représente l'église de Chichicastenango pour 10
dollars US alors qu'elle était à 250 quetzales avant négociation . Nous
traversons à nouveau le marché où tout le monde s'affaire à la
confection de tortillas : nous en voyons pour la première fois de
couleur presque noire . Nous avançons jusqu'à la porte du village datée
e 1934 et nous rebroussons chemin .
Nous rentrons sur Iximché pour prendre position devant
le portail du site archéologique pour la nuit . C'est impressionnant car
tout le monde nous reconnait déjà et nous salue. Deux jours de plus et
nous mangeons chez l'habitant ! Même les chiens du quartier nous font la
fête , c'est incroyable ! Quelle différence de contact nous pouvons
avoir avec la population lorsque nous voyageons individuellement !
Encore une superbe journée où nous avons renoué avec le Guatémala
profond et aussi par la même occasion avec nos trente cinq ans !
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