CENT CINQUANTE ET UNIEME JOUR : LE 29 MARS 2018


























Avec le secours du ventilo , plein gaz jusqu'à 5h00
du matin nous parvenons à dormir . Il faut dire qu'hier soir nous avons
mis toutes les chances de notre côté en restant en terrasse le plus
longtemps possible . Au lieu de manger d'abord et blogger ensuite , nous
avons fait l'inverse . J'ai fini dans un premier temps mon pensum
quotidien , puis mon transfert de photos et je prolonge même les choses
, en envoyant le blog depuis le salon de jardin en utilisant le
téléphone de Dominique comme modem . Puis nous soupons avec juste
quelques crudités et des fruits . Nous prenons ensuite le café avec
Claire et Roger , pas plus pressés que nous d'investir le camping car où
le thermomètre affiche encore plus de 30 degrés . Ce matin nous sommes à
24° et c'est parfait pour prendre le petit déjeuner en terrasse face à
la montagne qui s'embrasse dans la lumière du soleil levant . Encore une
fois , c'est dure la vie de retraité ! Une petite douche-karcher à la
piscine , car elles sont vraiment très musclées et nous nous attelons
aux rangements et aux préparatifs de départ . Dominique et Roger sont
inquiets avec les données GPS et le road-book de Janette , d'autant que
nous devons affronter la capitale, Guatemala Ciudad, pour atteindre
Antigua .
Dès que le plein d'eau est terminé , nous prenons
la route d'Ipala sur la droite à la sortie du ranch . Comme hier nous
traversons un paysage méditerranéen fait de montagnettes couvertes de
garrigues et de forêt de pin . Dans les zones cultivées au fond des
vallées nous voyons des champs de tomates et de maïs bien entretenus .
Par contre nous sommes un peu dessus en voyant de nombreux dépôt
d'ordures sur le bord des routes . Comme dans les autres pays que nous
venons de traverser , nous assistons à un déballage de forces de l'ordre
incroyable aussi bien en flics qu'en militaires . Hier , lorsque nous
avons fait les courses dans un petit supermarché nous avions étaient
choqués par la présence de policiers dans chaque rayon, armés de fusils
à pompe . Ce n'est pas classique de demander à un guerrier armé
jusqu'aux dents de se reculer pour pouvoir prendre un paquet de pâtes !
Nous verrons plus tard ,que tout ce déballage entre dans le cadre de
journées portes ouvertes , histoire de sensibiliser les jeunes en vue de
recrutement possible par la "Grande Maison" . Nous voyons même au
passage une scène d'accident reconstitué , avec un mannequin couvert
d'hémoglobine . Dès les premiers kilomètres nous nous mettons en quête
d'une station service qui aurait une pompe GPL . Après cinq ou six
échecs , nous finissons par baisser les bras . Sur les bas côtés nous
retrouvons avec plaisir le chapelet de petits marchands de fruits qui
s'égraine le long de la route : des marchands de mangues en grand nombre
, d'ananas aussi et une chose nouvelle , de pousses de bambou signalisés
par une palme plantée debout .
Arrivés à Jutiapa , nous quittons notre petite route de
montagne , pleine d'ornières, pour retrouver la Panaméricaine et ses
tronçons intermittents à quatre voies ,où nous pouvons améliorer un peu
la moyenne qui n'est pas terrible depuis ce matin, entre les nombreux
virages et le mauvais état de la route . Dominique commence à prospecter
les distributeurs de gaz potentiel sur la capitale et finit par trouver
son bonheur grâce à internet . Nous essayons de prévenir Roger par
téléphone mais malheureusement nous n'avons aucune unité sur notre carte
, l'opérateur n'ayant mis des unités que sur notre abonnement internet !
Comme je sais qu'il n'est pas très loin derrière , je m'arrête au niveau
d'un belvédère pour prendre quelques clichés en espérant qu'il en fasse
autant . Comme au bout de dix minutes , nous ne voyons personne, nous
continuons tranquillement notre traversée de la capitale . Elle a
vraiment beaucoup changé en trente ans : nous ne reconnaissons plus rien
. Partout il y a des Mac -Do , des grands panneaux publicitaires , de
bâtiments en bétons et des voies rapides possédant jusqu'à 4 files de
chaque coté ! Pourtant il parait que sur les 16 millions de
guatémaltèques seuls 1 million habitent à Guatemala Ciudad . Grâce au
téléphone de Dominique nous faisons un sans faute jusque chez le
distributeur de gaz ; j'ai juste une petite marche arrière à faire, au
milieu de la circulation , à grand renfort de warning , pour entrer dans
la cour ; il était temps car en voulant fermer le gaz pour faire le
plein en toute sécurité , j'aperçois le voyant rouge qui signifie que
la bouteille de GPL est vide . Nous en mettant 5 gallons pour 20 dollars
US . Puis nous retrouvons assez facilement la C1 qui nous mène jusqu'à
la sortie de la mégalopole . Là ,nous prenons l'option Janette en
prenant le chemin le plus long pour aller à Antigua Guatemala , car la
route directe pose des problèmes d'encombrement à cause des fêtes de
Pâques . Nous commençons à voir la haute silhouette de deux cônes
volcaniques sur la droite avec une petite écharpe de nuage autour du cou
: je pense qu'il s'agit du Volcan Atitlan qui culmine à 3536 m et le
Volcan Toliman , plus petit avec seulement 3158m .
Nous retrouvons les rues pavées de ce qui fut la
capitale de cette région ,pendant l'occupation espagnole , avec
énormément de plaisir . C'est ici que nous avions acheté le batik qui
décore nos toilettes , copie d'une stèle de Copan . Plusieurs fois
ravagée par des tremblements de terre et des irruptions volcaniques ,
elle fut définitivement abandonnée après celle de 1773 particulièrement
sévère . Laissée à l'état de ruines au profit de Guatémala Ciudad , elle
a connu une réhabilitation récente . Il faut dire que son petit côté
espagnol ne pouvait que plaire à une clientèle un peu artiste qui s'est
mise à retaper les vieilles demeures coloniales . De nombreux
restaurants , des galeries d'artistes et des ateliers d'artisanats se
sont mis à éclore un peu partout dans la vieille ville .Après avoir
traversé une parti de celle-ci, où l'on sent une effervescence
particulière, avec la préparation des grandes Processions du Vendredi
Saint , nous atteignons la Finca Santa Isabella où nous trouvons un peu
d'ombre pour nous y installer . Le temps de casser la croute , voilà que
Jean Marc et Monique arrivent , suivis ensuite de Claire et Roger , puis
petit à petit par le reste des équipages français . Ils sont tous tombés
dans des bouchons pas possible, à cause des festivités qui commencent et
ont de ce fait perdu plus d'une heure . Après avoir pris le café
ensemble en terrasse , nous décidons d'aller faire un tour à pieds en
ville . Après un bon kilomètre , nous tombons sur l'entrée du cimetière
, jolie bâtiment historique en pierres crèmes , décoré pour la
circonstance de drapées mauves , comme d'ailleurs pas mal de maisons de
particuliers . Nous tournons ensuite à gauche , pour remonter une longue
rue qui mène au centre et là, nous tombons nez à nez avec une première
procession . De grands dessins faits avec des pétales de fleurs décorent
le pavé . Un énorme baldaquin en bois sur lequel se dresse le Christ
portant la croix ,est soutenue par une armée de paroissiennes qui
grimacent de douleur sous l'effet de la charge . Elles ont beau balancer
d'un pied sur l'autre, pour se soulager, au rythme des cymbales qui
grondent , on voit qu'elles sont à la limite de la résistance humaine, à
l'image de leur prophète ! En plus les pavés disjoints ne doivent pas
faciliter leur tâche . Après c'est la fanfare ,suivie ensuite d' une
armée de pénitents en robe mauves , puis viennent d'autres baldaquins
avec Marie et Joseph . Une fois le cortège passé, nous tombons sur un
magasin de cigares . En demandant gentiment à la taulière pour pénétrer
dans l'humidor , nous nous mettons à discuter : comme elle voit que
nous sommes français , elle nous explique qu'elle a travaillé dans le
cuir en France , en Allemagne , en Italie et en Espagne : elle
s'occupait de la sellerie chez Mercédès et maintenant ça fait vingt ans
qu'elle vend des cigares à Antigua . Elle me montre des puros
guatémaltèques , du Honduras , du Nicaragua et de Cuba , surement des
copies d'ailleurs qu'elle vend au prix des authentiques . En plus toutes
ces vitoles sont sèches ! Aussi par politesse je lui dis que je
reviendrais demain .
En continuant à remonter la rue jusqu'au carrefour avec
la callé de la Recoleccion nous tombons sur une seconde procession avec
le même déballage de baldaquins , de porteurs grimaçants , de fanfare et
de pénitents à part qu'ici certains sont rouges , d'autre gris bleu avec
des sacs de cailloux sous leur robe . On voit même des figurants
déguisés en soldats romains qui courent à droite et à gauche des
ruelles en brandissant leur lance . Des gens s'agenouillent sur les
pavés de la rue lors du passage du cortège . C'est impressionnant ce
débordement de ferveur , surtout face à l'indifférence de quelques curés
qui passent en toisant leurs paroissiens ! Nous attendons que le cortège
se disperse pour rentrer au camping , juste à temps pour assister au
briefing au cours duquel Janette nous parle du programme festif à
Antigua , Vendredi Saint. Elle nous rencarde également sur la
possibilité d'aller au lac Attitlan en nous prévenant toutefois qu'il
n'y a plus de place au camping à Panarachel .Je lui propose alors
d'essayer le parking du site archéologique de Iximché qui se trouve à mi
distance sur la route de Solola . Puis nous enchainons avec
l'anniversaire de Noldine , un Suisse qui fête ses 56 ans ce soir .
Ensuite chacun regagne sa roulotte car ce soir , curieusement , il fait
frais au point de supporter un pull .
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